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DISPOSITION DES CAILLOTS ACTIFS

couche de lymphe plastique sécrétée par la surlace interne du sac ; mais c'est là une hypothèse dont il doit être bien difficile d'établir l'exactitude. Cette adhérence, au surplus, est loin d'être toujours la même. Il arrive quelquefois que l'effort du sang déchire en un point la couche fibrineuse et que ce liquide, arrivé au contact de la membrane du sac , se fraye un passage entre elle et la concrétion anévrysmale. Ce décollement peut être partiel ou général; le plus souvent il n'est que partiel; le sang liquide soulève alors en un point la paroi du sac et forme une seconde tumeur qui surmonte la tumeur primitive , et qui est située en dehors des caillots ûbrineux. Lorsque le décollement est général, ce qui est fort rare, la masse librineuse peut devenir complètement libre dans la cavité de l'anévrysme (1). Mais ce sont là des éventualités exceptionnelles; presque toujours les caillots ûbrineux tapissent exactement toute la face interne du sac.

Telle est la disposition des caillots actifs qui se déposent dans les anévrysmes sacciformes. Il y a lieu de se demander maintenant pourquoi la fibrine qui les constitue, au lieu de former une niasse homogène , se divise en feuillets superposés de densités différentes. Je ne crois pas que cette question ait été étudiée jusqu'ici; elle ne manque cependant pas d'un certain intérêt, et mérite peut-être de nous arrêter quelques instants.

Toutes les fois qu'un dépôt se compose de couches distinctes , on est autorisé à admettre qu'il ne s'est pas effectué d'une manière continue, qu'une première couche s'est formée à une certaine époque, et qu'au bout d'un temps variable une seconde couche est venue s'y juxtaposer. On comprend ainsi l'existence d'une ligne de démarcation bien tranchée entre deux stratifications successives qui se sont formées à des époques différentes.

Si on réfléchit maintenant à la constitution des couches fibrineuses imbriquées, lesquelles sont d'autant plus minces, d'autant plus résistantes, en un mot d'autant plus anciennes qu'elles sont plus extérieures , on arrive à cette conclusion que le dépôt des caillots actifs a dû s'opérer d'une manière intermittente. Il me

(1) Ainsi s'explique sans doute un t'ait très-singulier publié par M. Jules Ooquet : un anévrysme de la crosse de l'aorte était rempli de caillots actifs. Les couches libiiueuses les plus dures et les plus anciennes étaient au centre, les couches les plus récentes occupaient la périphérie ( J. Cloqdet. Exposé de ses titres scientifiques. Paria , 1855, in-£»° , p. 23. )

semble impossible d'expliquer autrement la singulière disposition de ces caillots. Mais il reste une autre difficulté, ou plutôt la difficulté n'est que reculée. Pourquoi la solidification de la fibrine n'est-elle pas continue ? Pourquoi ces interruptions dans la production d'un phénomène dont les causes semblent permanentes ?

Elles semblent permanentes, mais elles ne le sont pas , attendu que la formation d'une première couche fibrineuse change, pour quelque temps du moins , les conditions de la circulation anévrysmale.

Il suffit de se souvenir des circonstances à la faveur desquelles s'opère la coagulation de la fibrine, pour reconnaître l'exactitude de cette assertion.

La fibrine ne se dépose pas indistinctement dans tous les anévrysmes. Certaines influences générales, liées à l'état du sang de certains malades, peuvent faire que ce phénomène ait plus ou moins de tendance à se produire chez eux ; mais je néglige ici les conditions individuelles. Je ne veux tenir compte, pour le moment, que des conditions locales où se trouve la poche anévrysmale.

Toutes choses égales d'ailleurs , le dépôt fibrineux dépend de la lenteur avec laquelle le sang se renouvelle au voisinage des parois du sac ; mais cette lenteur elle-même dépend des dimensions relatives du sac et de son orifice.

Si l'orifice est large, le sac étroit, le sang ne stagne pas assez pour se coaguler.

En général, l'orifice d'un anévrysme présente peu de variations pendant l'évolution de la tumeur; il peut s'arrondir, devenir plus lisse, plus régulier, mais il ne s'élargit guère; en tout cas, ses dimensions sont beaucoup plus permanentes que celles du sac.

Le sac, au contraire, tend à s'accroître d'une manière continue; au bout de quelque temps, sa capacité est doublée, triplée, décuplée et au delà.

Dans l'origine, l'orifice est relativement assez large pour entretenir dans le sac une circulation active ; alors il n'y a aucune tendance à la coagulation.

Mais, à mesure que le sac s'élargit, la circulation devient plus lente ; le moment arrive enfin où le renouvellement du sang n'est plus suffisant pour maintenir la fibrine à l'état de fluidité, et

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