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DISPOSITION DES CAILLOTS ACTIFS

celle-ci se dépose sur la paroi de l'anévrysme, en formant une couche régulière.

Quelles seront maintenant les limites de cette coagulation ? Le dépôt, une fois commencé, continuera-t-il à s'effectuer, jusqu'à ce que l'anévrysme en soit entièrement rempli ? Trop heureux s'il en était ainsi ! Jamais la nature n'obtient un semblable résultat.

Dès que la couche fibrineuse a une certaine épaisseur, la capacité de l'anévrysme se trouve diminuée d'autant. Les conditions de la circulation anévrysmale sont donc ramenées à ce qu'elles étaient lorsque la tumeur était plus petite, c'est-à-dire lorsque les dimensions relatives du sac et de son orifice permettaient au sang de se renouveler assez vite pour ne pas se coaguler.

Le dépôt des caillots actifs ne peut donc pas s'effectuer indéfiniment; il doit nécessairement s'arrêter à un certain moment, lorsque la couche solide qu'il constitue a une épaisseur suffisante. En général, cette épaisseur ne dépasse guère 1 à 2 millimètres.

Mais l'anévrysme, pour renfermer une couche de fibrine, n'a pas perdu pour cela ses autres caractères ; il continue à présenter des pulsations et tend toujours à s'accroître. Les caillots actifs, incessamment comprimés, s'amincissent et se condensent; puis la paroi du sac, bien que renforcée par ce dépôt solide, cède de nouveau graduellement sous la pression des ondées sanguines ; la poche s'élargit peu à peu et finit par se trouver dans des conditions semblables à celles où elle se trouvait d'abord, c'est-à-dire que la circulation n'est plus assez rapide pour maintenir la fibrine à l'état de fluidité. Dès lors un nouveau dépôt s'effectue; il s'étale sur le dépôt précédent, et ainsi de suite.

C'est ainsi que l'accroissement incessant de la tumeur donne lieu à la formation de couches fibrineuses différentes quant à leur densité et quant à leur ancienneté.

Si j'insiste tant sur l'origine et la nature des concrétions fibrineuses qu'on trouve à une certaine époque dans la plupart des anévrysmes sacciformes, c'est parce que ce phénomène tient sous sa dépendance non-seulement la symptomatologie , mais encore et surtout la thérapeutique des tumeurs anévrysmales. J'ose dire que la plupart des chirurgiens en ont méconnu l'importance, et il en est résulté qu'ils se sont fait une idée très-

inexacte des indications qu'il importe de remplir dans le traitement des anévrysmes.

On a cru pendant longtemps , et beaucoup de personnes pensent encore que les caillots fibrineux des anévrysmes reconnaissaient pour origine une coagulation pure et simple du sang, semblable à celle qui produit les caillots passifs. On voyait bien que les feuillets concentriques des concrétions anévrysmales différaient entièrement des caillots ordinaires par leurs caractères pbysiques ; mais on supposait que cette différence dépendait simplement de l'ancienneté de la coagulation. On supposait que le caillot , constitué dans l'origine par une masse de globules emprisonnés dans un réseau de fibrine, se modifiait, se transformait peu à peu ; que les globules étaient résorbés ou détruits, et que finalement la fibrine persistait seule. Je montrerai plus loin les fâcheuses conséquences de cette doctrine, qui a souvent engagé la thérapeutique dans de mauvaises voies.

Ce qui a beaucoup contribué à entretenir cette erreur, c'est qu'on trouve le plus souvent à l'autopsie, dans la cavité du sac, une masse de caillots passifs noirs et mous , irrégulièrement déposés à la surface des caillots fibrineux. On s'imagine aisément que si le malade eût vécu plus longtemps, ces caillots passifs se seraient condensés , aplatis , décolorés , étalés sous forme de membrane , et qu'ils auraient fini par constituer un nouveau feuillet fibrineux ; or, si le malade eût vécu, ils ne se seraient pas formés du tout. Le sac, privé de contractilité propre, ne se vide pas après la mort comme le font les artères ; une certaine quantité de sang y demeure renfermée , et s'y coagule passivement comme dans les veines et dans les cavités droites du cœur ; le réseau de fibrine qui emprisonne les globules entre aisément en continuité avec la couche fibrineuse la plus interne. Ce phénomène n'a rien que de très-naturel; et voilà pourquoi les caillots passifs semblent quelquefois se continuer avec les caillots actifs.

La différence capitale qui existe entre les caillots actifs et les caillots passifs , sous le rapport de leur structure , de leur composition chimique et de leurs propriétés , a été méconnue par la plupart des auteurs classiques , et il y a vraiment lieu de s'en étonner, car il y a longtemps déjà que J.-L. Petit l'a signalée. Cet illustre chirurgien fut conduit, par l'étude des hémorrhagies

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