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trémité inférieure de la carotide primitive, s'oblitéra complètement et cessa de battre le quatorzième jour, puis il s'enflamma, suppura et s'ouvrit. Des caillots sanguins mêlés de pus s'échappèrent par cette ouverture, il n'y eut aucune hémorrhagie, et la malade guérit sans autre accident (1). Dans le cas de M. Montgomery , la tumeur s'oblitéra au bout de trois jours. Le huitième jour, les battements reparurent; ils étaient assez forts le treizième jour, et disparurent définitivement trois jours plus tard. Le vingthuitième jour, la tumeur oblitérée s'enflamma , puis elle s'accrut graduellement et s'ouvrit enfin le soixante-neuvième jour, laissant échapper huit onces d'un liquide semblable à du chocolat. Le lendemain, M. Montgomery agrandit l'ouverture, donna issue à huit onces de la môme matière, et retira avec le doigt une grande quantité de caillots infects. Vingt jours plus tard, la cicatrisation était complète et l'opéré avait déjà quitté l'hôpital. Mais de nouveaux accidents survinrent près de quatre mois après l'opération; le malade rendit à plusieurs reprises, par les bronches, une quantité notable de sang artériel et ne tarda pas à succomber. A l'autopsie , on trouva que la carotide gauche était oblitérée dans toute son étendue, et qu'il ne restait aucun vestige de l'ancien sac anévrysmal. La mort avait été la conséquence d'un second anévrysme, gros comme une orange, qui naissait de la crosse de l'aorte, immédiatement au-devant de la trachée (2).
Tout le monde a déjà reconnu, dans les deux observations qui précèdent, les effets de l'oblitération du sac par des caillots passifs. Il ne faut pas croire cependant que le procédé de Brasdor agisse toujours d'une manière aussi défectueuse. Il est certain au contraire que ce procédé fait quelquefois déposer dans le sac des couches fibrineuses jusqu'à complète oblitération. J'ai déjà parlé de la malade de M. Lambert, qui succomba, cinq se-
(1) Wardrop. On Aneurism, etc., p. 28-29.
(2) Gcthrie. On Diseases and Injuries of Arterics. Lond. 1830, in-8°, p. 196. Le texte de l'observation est ambigu, et l'autopsie est fort abrégée. Je m'explique ainsi comment M. Guthrie a été conduit à admettre qu'il n'y avait point eu d'anévrysme carotidien, et que, dès l'origine, le malade avait simplement un anévrysme de l'aorte. A pi es avoir relu plusieurs fois celle observation, et en tenant compte surtout de la rupture du sac et de l'issue des caillots passifs soixante-neuf jours après la ligature , il m'a été impossible d'accepter l'interprétation de M. Guthrie. Je pense donc que l'opéré de M. Montgomery, après avoir été guéri de son anévrysme carotidien par la méthode de Brasdor, a succombé aux progrès d'un anévrysme de la crosse de l'aorte,
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maines après la ligature de la carotide, à une hémorrhagie fournie par le bout supérieur de ce vaisseau : à l'autopsie on trouva que le tronc de la carotide était parfaitement oblitéré, et que le sac était entièrement rempli de feuillets fibrineux. Dans le cas de M. Morrisson de Buenos-Ayres, la tumeur, qui s'était accrue le soir de l'opération, commença à diminuer et à durcir au bout de dix jours, et ne tarda pas à s'oblitérer tout à fait. Vingt mois après la ligature, le malade, qui avait repris la profession pénible de charbonnier dans les bois, mourut subitement; à l'autopsie on trouva que la carotide droite, sur laquelle l'opération avait été pratiquée , était dilatée en forme de sac , et complètement remplie d'un dépôt fibrineux résistant. « 11 est impossible de voir un « type plus parfait des procédés que la nature, assistée par l'art, « emploie pour la guérison de cette formidable maladie. » — Le tronc brachio-céphalique et la crosse de l'aorte étaient plus larges que d'habitude, leurs parois étaient le siège de dépôts calcaires fort abondants , mais ces vaisseaux n'étaient point anévrysmatiques (1).
Ainsi le procédé de Brasdor peut faire oblitérer les anévrysmes, soit par des caillots passifs, soit par des caillots actifs.
2° Étudions maintenant le mode d'action du procède de Wardrop. Ici les collatérales situées entre le sac et la ligature continuent à entretenir dans l'artère anévrysmatique une véritable circulation; seulement celle-ci est beaucoup moins rapide qu'auparavant. Elle a subi dans son intensité une diminution proportionnelle au calibre de l'artère liée. Si , par exemple, dans le cas d'anévrysme de l'artère innommée , on lie l'artère carotide , ou l'artère sous-clavière très-près de son origine, l'activité de la circulation est réduite à peu près de moitié; elle n'est réduite que d'un tiers environ si, dans un cas semblable, on lie seulement la sous-clavière en dehors des scalènes, ou l'axillaire immédiatement au-dessous de la clavicule.
Le vaisseau anévrysmatique par conséquent se trouve dans des conditions propres à favoriser la coagulation fibrineuse du sang, et effectivement à l'autopsie des individus qui survivent quelque temps au procédé de Wardrop , on trouve en général à la sur-
(1) Cas de Morrisson. American Journal ofMed. Sciences, vol. XIX, p. 329, fcb. 1837.
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face interne du sac une couche plus ou moins épaisse de caillots fibrineux. Le malade à qui M. Fergusson lia la carotide pour un anévrysme du tronc brachio-céphalique et de la sous-clavière droite, succomba le septième jour, et on trouva à l'autopsie que la vaste poche anévrysmale était presque entièrement remplie de fibrine. M. Vilardebo lia la carotide primitive droite d'un nègre âgé de 70 ans | qui présentait les signes d'un anévrysme du tronc innommé, et qui succomba le vingt-et-unième jour; à l'autopsie on trouva qu'il y avait deux anévrysmes, l'un sur l'extrémité inférieure de la carotide primitive droite, l'autre sur le tronc brachiocéphalique. La tumeur du cou était très-volumineuse; elle était tapissée de couches fibrineuses stratifiées et très-solides; le centre de la poche renfermait une faible quantité de sang noirâtre et «visqueux. La tumeur inférieure était plus petite; elle naissait surtout de la partie postérieure du tronc brachio-céphalique, et. était remplie presque entièrement de concrétions fibrineuses qui laissaient seulement un conduit central très-étroit pour le passage du sang (1). Dans le cas de M. Dohlhoff, l'opérée succomba à des accidents cérébraux six jours après la ligature de la carotide droite; les signes de l'anévrysme s'étaient déjà amendés d'une manière notable : à l'autopsie on trouva que la tumeur était un anévrysme sacciforme, gros comme le poing, implanté sur la paroi externe du tronc innominé, au niveau de sa bifurcation. Ce tronc avait du reste conservé son calibre normal ; la carotide et la sous-clavière n'étaient pas dilatées non plus. La tumeur renfermait une grande quantité de caillots solides, rougeâtres, paraissant composés d'une solide substance fibreuse {[est Faserstoff) , et constituant une couche d'un pouce d'épaisseur. Au centre, existait une cavité renfermant des caillots passifs ; ceux-ci , selon toute probabilité s'étaient formés après la mort (2). — Dans tous ces cas, l'application du procédé de Wardrop a eu pour conséquence de faire déposer dans le sac des caillots actifs. J'ai cité plus haut deux autopsies beaucoup plus tardives qui déposent dans le même sens : c'étaient encore des caillots fibrineux denses et stratifiés qui oblitéraient la tumeur chez mistriss Denmark, opérée par M. Wardrop plus de deux ans auparavant, et chez la
(1) Cas de Vh.ardfbo, dans les Avcliivcs générales de M éd., 1S'i7, T. XIII, p. 547.
(2) Cas de Dohmioff, dans Rust's Maq .itin fiir die gesamiutc llcill.unde. Dd. 51, s. 536,
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malade à qui M. Fearn avait lié successivement la carotide et la sous-clavière à deux années d'intervalle 1 . Au reste, dans les deux cas . et quoique le travail de coagulation fibrineuse fut depuis longtemps achevé . l'autopsie démontra que l'artère innommée était restée perméable au sang. Ce mode de guérison sans oblitération du vaisseau anévrysmatique . si exceptionnel à la suite du procédé de Hunter méthode d'Anel . semble au contraire le plus ordinaire à la suite du procédé de Wardrop inéthode de Brasdor'. Cela tient à plusieurs conditions particulier D'abord le procédé de "Wardrop n'est appliqué en général que sur des artères très-volumineuses, car la sphère d'application de ce procédé semble devoir se restreindre au traitement des anévrysmes du tronc brachio-céphalique. La largeur de ce vaisseau, que le sang continue à traverser, est déjà peu favorable à la formation du bouchon obturateur. En second lieu, l^s anévrysmes de l'innommée sont très-souvent fusiformes. et on sait que les anévrysmes de ce genre sont plus disposés que les autres à guérir sans oblitération de l'artère. Enfin , et surtout la pression et la rapidité de la colonne sanguine, sont plus considérables ici que dans le procédé de Hunter. Le jour de l'opération l'énergie de la circulation n'est diminuée que de moitié ou d'un tiers dans l'artère anévrysmatique: les jours suivants le courant sanguin devient déplus en plus rapide par suite de la dilatation des collatérales qui naissent entre le sac et la ligature: les conditions deviennent donc chaque jour moins favorables à la coagulation fibrineuse et on conçoit que cette coagulation puisse s'arrêter lorsque le calibre du vaisseau , graduellement réduit , est devenu proportionnel à la quantité de sang qui y pa -
La conservation de la perméabilité de l'artère anévrysmatique expose peu à la récidive, lorsque le vaisseau est peu volumineux et très-éloigné du cœur, et surtout lorsqu'une ligature, placée plus haut suivant le procédé de Hunter, atténue la force d'impulsion de la colonne sanguine : mais il n'en est plus de même à la suite du procédé de Wardrop. toujours appliqué très-près du cœur sur une grosse artère, et laissant l'artère malade exr à toute la violence du torrent circulatoire. Ajoutons à cela «pie
! r«f. jbs haut. p. 619 et 62i.