‹ Des anéurysmes et de leur traitementChapitre 181 sur 220 · TRAITEMENT PRÉPARATOIRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT PRÉPARATOIRE

§ VI. APPLICATION DE LA COMPRESSION INDIRECTE ET PIIÉNOMENES QUI EN RÉSULTENT.

Lorsqu'on se décide à traiter un anévrysme par la compression, on doit d'abord se demander s'il convient de soumettre pendant quelques jours le malade à un traitement préparatoire.

Dans un cas fort remarquable, qui est resté l'un des plus beaux succès de la méthode compressée (n° 19), M. Bellingham soumit le malade, pendant quatre jours, à une diète presque complète d'aliments et de boissons; il y joignit un repos absolu et quelques minoratifs. Ces moyens avaient pour but d'affaiblir l'énergie de la circulation, de diminuer la masse du sang et de rendre ce liquide plus épais et plus plastique. Au bout de quatre jours on appli qua la compression, et l' anévrysme fut soblitéré en vingt-trois heures.

Ce fait serait de nature à faire accepter le principe du traitement préparatoire, s'il n'y en avait plusieurs autres où ce traitement n'a paru exercer aucune influence sur les résultats de la compression , et s'il n'y avait huit exemples d'anévrysmes guéris aussi promptement ou même plus promptement encore sans préparation préalable. (N° 59, en 24 heures; n° 143, en 24 h. — N° 38 , en 16 h. ; n° 161, en 16 h. ; n° 158, en 12 h. , n° 159 , en 11 h. ; n° 78, en 10 h. ; n° 84, en 7 ï h.) Il serait donc possible que M. Bellingham , dans le seul cas où il ait appliqué le traitement préparatoire dans toute sa sévérité , eût rencontré précisément un de ces malades chez lesquels la solidification de l'anévrysme a de la tendance à se faire avec une très-grande promptitude. Ajoutons que M. Bellingham, contrairement à sa doctrine, et à sa pratique habituelle, s'est servi ici de la compresion totale, bien capable à elle seule d'expliquer la rapidité de la cure.

Je m'empresse de reconnaître que le traitement préparatoire est de nature à favoriser ensuite l'action de la compression. Je l'accepterais sans arrière-pensée s'il y avait dans la science beaucoup de faits semblables à celui de M. Bellingham. Mais ce fait est unique jusqu'ici. On ne doit pas oublier, d'ailleurs, que la méthode compressive, plus que tout autre traitement peut-être, met à une rude épreuve la résignation des malades. Je crois qu'il vaut mieux réserver leur patience pour le moment où elle est lo plus utile,

6àk COMPRESSION. INDIRECTE.

que de les décourager par une préparation sévère. En outre, il y a des cas où les progrès de l'anévrysme sont assez rapides et assez inquiétants pour qu'il soit nécessaire d'agir tout de suite.

Je pense donc que la compression doit être commencée d'emblée ; mais cela n'exclut pas l'idée d'un traitement médical. Il faut, au contraire, à partir du jour où on place les pelotes, mettre en usage certains moyens empruntés en partie à la méthodede Valsalva. On conseille de saigner de temps en temps les malades; de tirer le premier jour environ 300 grammes de sang , et de répéter cette évacuation trois ou quatre jours plus tard. La saignée a l'avantage de diminuer l'énergie de la circulation, mais on peut craindre qu'elle n'ait pour résultat de rendre le sang moins fibrineux et moins plastique. J'en dirai autant de la diète, qui a de plus l'inconvénient d'épuiser la résignation du patient. D'ailleurs , le traitement peut durer longtemps, et la diète ne pourrait être prolongée impunément au delà de certaines limites. Tout bien considéré, je conseille de mettre le malade à la demi-ration pendant les premiers jours, et de lui rendre ses aliments si l'oblitération se fait attendre plus d'une semaine. Il faut, au contraire, surveiller les boissons avec beaucoup de sévérité : diète absolue de vin, de liqueur, de café; boire seulement la quantité d'eau, de lait ou de tisane rigoureusement nécessaire pour apaiser la soif; si la soif est trop vive, sucer de temps en temps de petits morceaux de glace. Gela a pour but de rendre le sang moins séreux et plus coagulable. Mais on est souvent obligé de transiger avec l'impatience des malades, et de leur accorder une plus grande quantité de boisson pour ne pas les décourager.

On ne doit jamais négliger d'administrer, la digitale, et d'en continuer l'usage pendant toute la durée du traitement. Ce médicament est destiné à ralentir et affaiblir les contractions du cœur. Peut-être agit-il encore favorablement en activant la sécrétion urinaire et en dépouillant le sang de ses parties aqueuses. On donnera chaque jour, en plusieurs doses, 1 à 2 grammes de teinture alcoolique de digitale , ou encore 1 à 3 granules de digitaline. Du reste, on maniera avec prudence ces préparations, dont l'action, comme on le sait, n'est pas la même sur tous les sujets.

On a proposé d'administrer de temps en temps des purgatifs

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