DOSAGE DU PERCHLORURE DE FER, .'5K
inoins hémoplastique que le perchlorure, et serait peut-être moins irritant.
M. Ruspini, attribuant à la présence du chlore la plupart des propriétés irritantes du perchlorure, donne la préférence à l'acétate de sesquioxyde, sel tout aussi coagulant, peut-être même plus coagulant que les autres sels ferreux (1) ; mais c'est une vue de laboratoire, et quoique MM. Lussana et Pavesi aient guéri chacun un anévrysme au moyen de cet acétate, il faudrait faire des expériences régulières avant d'adopter l'opinion de M. Ruspini. M. Pétrequin enfin a substitué au perchlorure de fer pur et simple le perchlorure de fer et de manganèse, auquel il trouve des qualités supérieures. Mais M. Valette, de Lyon, très-expert dans la matière, n'approuve pas cette innovation (2). En résumé, on ne connaît bien que l'action du perchlorure , et il ne serait pas impossible qu'en multipliant les recherches, on trouvât un autre sel aussi actif et plus inoffensif.
Ceci dit sur le choix du sel hémoplastique , je ne m'occuperai plus que du perchlorure et j'aurai à étudier successivement plusieurs questions également importantes. Les détails dans lesquels je vais entrer paraîtront peut-être minutieux , mais il est indispensable de les connaître pour appliquer convenablement la méthode de Monteggia et de Pravaz.
Il s'agit d'abord de mesurer la quantité de liquide injectée. Dans la pratique, cette quantité, toujours très-peu considérable, ne peut être pesée, c'est pourquoi on l'évalue d'après le nombre des gouttes employées.
Ici se présente une première difficulté, car rien ne varie comme le poids et le volume d'une goutte. Lorsqu'on fait sortir lentement un liquide à travers une petite canule, le volume des gouttes est proportionnel au diamètre extérieur de la canule. Si on fait former les gouttes à l'extrémité d'un bâton de verre, leur volume peut varier de un â trois, suivant que le bâton est plus ou moins gros. Ainsi s'expliquent les assertions contradictoires des expérimentateurs. Par exemple, Pravaz et Lallemand ont évalué à
(1) Acad. des sciences, 13 fév. 185fi , et Grtz. des Hôpitaux, 1S55, p. 92.
(2) Gaz. médicale de Lyon , 185S, T V, p. 195.
INJECTIONS COAGULANTES.
trois gouttes la quantité de perchlorure nécessaire pour coaguler 1 centilitre de sang; Pravaz était même disposé à descendre audessous de celte limite (1), tandis que lit. Burin-Dubuisson , se servant du même sel, au même degré déconcentration (65° de l'aréomètre), n'a obtenu la coagulation complète qu'en employant dix gouttes par centilitre (2).
Le seul moyen de sortir de ces incertitudes est de recourir à un procédé mécanique et invariable pour mesurer le liquide injecté, sans s'inquiéter du nombre de gouttes. Or, la seringue de Cbarrière et Pravaz permet d'atteindre ce but avec une précision rigoureuse.
Quelques mots d'abord sur la construction de cette seringue (fig. 15), car il est à désirer que tous les fabricants prennent
l'habitude de la graduer d'une manière uniforme.
Le corps de pompe primitif de la seringue de Pravaz était en platine; M. Lenoir l'a fait construire en verre, ce qui est bien préférable, car le chirurgien peut suivre de l'œil le mouvement du piston et voir si le liquide ne reflue pas (3).
Chacune des extrémités du corps de pompe est exactement embrassée par une armature de platine. L'armature inférieure se visse sur une canule trèslongue et presque capillaire. L'armature supérieure est creusée d'un écrou où. chemine une longue vis. C'est cette vis qui sert de tige au piston. Celui-ci ne peut se mouvoir par conséquent que lorsqu'on tourne le volant qui termine la vis.
Cela posé, le corps de pompe contient exactement 1 gramme de perchlorure liquide à 30° de l'a-
Seringue de Charrière et Pravaz.
A. La seringue.
B. La canule du trocart.