‹ Des Anévrismes Artério-veineux du Creux PoplitéChapitre 18 sur 19 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

(Bulletin de la Société de Chirurgie de Paris, 30 décembre 1851.)

M. Reynier présente à la Société les pièces provenant d’un ma- Jade atteint d’un volumineux anévrisme artério-veineux poplité, qui s'étend du canal du troisième adducteur jusque dans le creux poplité, et dont il a fait après incision l’extirpation. Le coup de couteau qui avait déterminé la lésion avait porté sur l'artère et la veine au niveau de l'anneau du troisième adducteur. La dissection a été longue, laborieuse, difficile. Après application de la bande d'Esmarck, on incise la poche que l’on débarrasse des caillots qui s’y trouvent. On introduit alors une sonde cannelée dans les orifices de l'artère et de la veine. On lieles vaisseaux au-dessus et audessous du sac. On pratique alors l'extirpation.

Quinze jours après, le malade est guéri sans complications et sans gangrène. Les douleurs intolérables dues à la compression du sciatique ont disparu.

OBSERVATION V (personnelle).

(Recueillie dans le service de M. le professeur Poncet).

C... Jean-Marie, âgé de dix-sept ans, cultivateur, entré à la salle Saint -Philippe, le 27 octobre 1898. Antécédents personnels nuls, a toujours joui d’une excellente santé. Le 17 septembre 1898, quarante jours avant son entrée, ce jeune homme se rendit dans la boutique d’un cordonnier pour y voir des soldats de passage dans son village. En reculant violemment contre la chaise sur laquelle était assis l'artisan, il recut dans la région du creux poplité gauche un coupde tranchet. À ce moment, par cette plaie longue de 42 à 15 millimètres, le sang jaillit abondemment. On fit une

‘hémostase par compression, et au bout d'environ trois semaines la

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plaie était cicatrise. Mais, dès la fin dé la seconde semaine, après le coup, le malade avait ressenti un frémissement continu, faible d’abord, mais qui augmenta peu à peu en même temps que la marche devenait pénible, douloureuse même, et que le soir toute la région poplitée « s'enflait ». La jambe se plaça en flexion légère sur la cuisse.

Actuellement, on voit dans la région poplitée gauche la cicatrice de la blessure sous la forme d’une ligne rosée, verticale, de 15 millimètres de longueur et occupant la partie inféro-externe du losange.

Elle occupe le centre d’une notable tuméfaction, soulevée par des battements très visibles. Celle-ci est réductible par Ia compression. À la palpation on ressent un frémissement continu, intense, à renforcements systoliques. On sent très bien les battements. À l’auscultation, on entend un souffle très intense continu, renforcé au moment de la systole, véritable bruit de rouet; en comprimant fortement l'artère fémorale, on obtient une grande atténuation de tous ces symptômes. Le pouls de la tibiale postérieure n’est pas perceptible, celui de la pédieuse, sans avoir disparu compiètement, est manifestement beaucoup plus faible que dans l’autre jambe.

Pas de troubles de la sensibilité; le malade sent parfaitement les différences de température, d'objets variés. Il n’accuse pas de sensation subjective de froid. Il ÿ a une légère atrophie du membre malade. Le malade marche cependant, bien qu’il accuse une certaine faiblesse musculaire ; son état général est excellent. Il y a entre les deux membres inférieurs une différence de température de près de 3 degrés. Jambe gauche, 35°4; jambe droite, 32°8,

Au 15 novembre, le malade est certainement amélioré par le

repos hospitalier, Le {6 novembre, l'opération a lieu, faite par.

M. le professeur Poncet, Après esmarckisation, on fait une incision verticale, en prenant la cicatrice comme point de repère; incision de près de 15 centimètres delongueur, découvrant en bas la rencontre des deux jumeaux.

La recherche des vaisseaux est laborieuse; en effet, l’application dela bande élastique a été faite sans que le refoulement sanguin

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ait été assez complet, Le système veineux est encore gorgé de

sang et se dilacère avec une grande facilité, en donnant lieu à des

hémorragies génantes. Cependant les deux vaisseaux sont pincés à

la partie supérieure de la tumeur anévrismale et sectionnés. Après dissection des-parois latérales, on aborde la face articulaire et on rabat en arrière. Les vaisseaux sont pincés à leur sottie de la poche et sectionnés, Les extrémités artérielles sont liées, On pratique

l'hémoitase difficile et longue à cause du nombre des veines déchi-

rées, On laisse des pinces à demeure et on fait un pansement légèrement compressif. Le membre est enveloppé. La sensibilité est normale, à peine un léger refroidissement des extrémités. Quarante-huit heures après, on enlève les pinces. Le pouls de la Eédieuse n’est pas perceptible, mais le membre a très bonne apparence; sensibilité, coloration normales, Pas de troubles moteurs Excellent état général.

Le 25 décembre, l’état général du malade est excellent, la cicatrisation s’est effectuée, et il peut marcher facilement en s’aidant de cannes qu’il pourra sans doute bientôt laisser de côté,

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