‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 126 sur 184 · PÉRIODE FRANÇAISE. — ROBERTSON · texte numérisé non relu

PÉRIODE FRANÇAISE. — ROBERTSON

quant un appareil compressif sur la fémorale (1). L'impossibilité décomprimer l'artère résultait évidemment du volume trop grand de la pelote employée. 11 n'est pas étonnant qu'avec des instruments construits sur ce modèle, avec l'idée de suspendre totalement le passage du sang, et avec la prétention de faire oblitérer l'artère par rinilammation, il n'est pas étonnant qu'avec une telle théorie et une telle pratique les chirurgiens anglais contemporains de Freer et de Hodgson n'aient pu réussir à maintenir la compression appliquée au delà de quelques heures.

11 y avait une contradiction évidente entre le volume des pelotes employées et le Lut qu'on se proposait d'atteindre. Arch. Rol)erlson, de Greenock, sentit cette contradiction, et s'eflforça de la faire disparaître en se servant d'une très-petite pelote plate pour comprimer la fémorale sur le pubis (2). L'anévrysme, situé sur l'artère fémorale, très-près du ligament de Fallope, étai't trèsvolumineux et donnait lieu à de très-vives douleurs. Robertson fit construire l'appareil représenté sur la fig. 17. La fesse du malade reposant sur la planche, onflt descendre la pelote sur l'artère i fémorale dans l'aine, c'est-à-dire immédiatement au-dessus de la I tumeur. Celle-ci cessa aussitôt de battre, et la douleur disparut; mais, au bout de quarante-huit heures , la pression exercée par la pelote provoqua lune douleur intolérable, et l'on fut obligé Fig. 17,

d'enlever l'appareil. Appareil de Robertson.

Deux jours plus tard, le 2k juillet 1817, Robertson lia l'artère Iliaque externe , et le malade guérit.

Le cas était tout à fait défavorable; l'appareil était des plus déec tueu,, et cependant le résultat fut bien supérieur à tous ceux I>ion avait obtenus en suivant les indications posées par Freer U compression fut tolérée pendant quarante-huit heures; elle

(2) EdlnburT r / 1 ^^"-""OCTe. Gentve, 182G, in-8», T. Jll, p. 509. l ) MlnOtu au Med. and Surg. Journal, 1817, vol. XlJl, p. uoi.

ggO COMPRESSION INDIRECTE.

commença môme par soulager le malade, et il n'est pas douteux que cela était dft au peu de volume de la pelote.

Telles furent les tentatives faites en Angleterre par les successeurs de Blizard. Dominés par une théorie erronée, les chirurgiens anglais n'avaient eu que des insuccès. Ils avaient fait reculer la question, et retardé la solution du problème.

Cependant, la compression indirecte faisait son chemin en France , où on l'appliquait d'une manière moins vicieuse , et où elle donnait des résultats uuportants.

On a vu plus haut que Boyer n'était pas sans quelque souvenance du mémorable succès obtenu par Eschards. Quoique peu partisan des innovations chirurgicales en général, et de celles > qui concernaient en particulier le traitement de l'anévrysme , le professeur de la Charité se décida pourtant à mettre la compression indirecte en usage sur quelques malades , et les résultats . qu'il obtint ne sont nullement à dédaigner. Tout le monde a lu dans son hvre l'histoire de son premier malade. Je la reproduis ■ cependant en abrégé, parce que cela me permettra de la compléter:

28« Observation (Boyer) (-1). — Anévrystne poplité droit. — Compression de la crurale. — Guérison en vingt et m mois.

Jean-Claude Michaud, manœuvre. Au mois d'octobre 1804, cet homme, âgé de 39 ans (2), vit survenir dans son jarret droit , à la suite d'une extension forcée, une tumeur pulsatile qui s'accrut assez promptement.

Le i\" février 4 805, il entra à la Charité. Son anévrysme avait le volume, d'un œuf. Il était mou, et s'affaissait quand on comprimait la fémorale. La jambe était œdémateuse. Quelques jours de repos suffirent pour dissiper cet engorgement.

Boyer comprima la fémorale au-dessus de l'anneau du [troisième adducteur, à l'aide de la machine de IJunter [sic), sans qu'on puisse savoir en quoi consistait cette machine. On comprima d'abord très-peu, seulement pouil maintenir l'appareil en position. Tous les deux ou trois jours, on faisau^. avancer la vis d'un pas. Au bout de deux à trois mois , la peau était marbrée de rouge , le membre engorgé et douloureux , la tumeur ne battait plus. L(, malade relâcha lui-même son appareil , et cessa dès lors de se soumetlm exactement au traitement. La vis ayant été de nouveau serrée , il lui arrivti

(1) Boyer. Malad. cMnirg. Paris , 181û, T. Il, p. 205.

(2) Boyer (lit quarante-quatre ans; mais les registres tic Bicôtre que j'ai consultés, porieivi que Micliaud est nC le 19 février 1700.

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