CONSÉQUENCES DE L'OBLITÉRATION PASSIVE
sidérable et plus ou moins dangereux , semblable à ceux qni seront décrits tout à l'iieure.
Quelle est la nature de la masse solide qui persiste à la place do l'anévrysme? Quoique peu considérable en égard aux dimensions primitives de la tumeur, cette masse est trop volumineuse pour qu'on puisse la considérer comme formée purement et simjilement par les parois du sac. D'ailleurs l'anatomie pathologique démontre qu'elle se compose d'un noyau d'apparence fibreuse , sans cavité intérieure , recouvert par les restes de la poche anévrysmale, qui y adhèrent solidement.
Ce noyau fibreiLx ou fibroïde provient le plus souvent des caillots actifs déposés dans la poche avant le début de l'inflammation qui a fait précipiter dans le sac des caillots passifs, mais on ne saurait lui assigner cette origine lorsqu'il s'agit d'un anévrysme qui était entièrement réductible avant l'inflammation. On peut se demander alors si la petite tumeur dure qui succède à la grosse tumeur fluctuante ne serait pas constituée par la fibrine du caillot passif, laqueUe aurait seule résisté à la résorption. Mais si on veut bien se rappeler que la fibrine ue forme pas même les trois millièmes de la masse totale de ce caillot , on est obligé de renoncer à cette hypothèse. D'ailleurs ïï ne me semble guère probable que la fibrine , solidifiée au moment de la coagulation , puis réduite en une masse gélatineuse lorsque le caillot s'est rai molli, se soit solidifiée de nouveau à la fin du travail de résorpitioD; Je pense donc que la poche anévrysmale, au contact du • sang décomposé qu'elle renfermait, a sécrété lentement une 1 masse de lymphe plastique qui a seule persisté après l'entière 1 résolution du foyer sanguin. Ce phénomène , au surplus , n'est pas exclusivement propre aux anévrysmes oblitérés par des caillots passifs. Il s'observe fréquemment à la suite des contusions qui ont fait épancher dans les tissus une notable quantité de ■ sang. La tumeur, comme on sait , peut alors se résoudre sans accident, mais il arrive quelquefois qu'elle ne disparaît pas tout à. fait et qu'il reste à sa place un noyau solide plus ou moins volutnineux et susceptible de persister indéfiniment. Telle est l'origine des prétendues tumeurs fibrineuscs qu'on a attribuée à l'organisation de la fibrine du sang épanché. M. Verneuil a fait jusf'ce de celte erreur gi^ossière, et a démontré que les prétendues
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tumeurs fibrineuses étaient constituées par de la lymphe plastique sécrétée autour de la masse sanguine, à la faveur de la sourde inflammation provoquée par la présence de ce corps étranger (1). En pareil cas , au surplus , l'inflammation prend quelquefois des proportions lîlus inquiétantes ; elle devient suppurative , et il en résulte des abcès où les caillots se retrouvent au milieu du pus. Ces abcès sanguins ont d'autant plus de chance de se produire que le foyer du sang est plus considérable.
Dans les anévrysmes oblitérés par des caillots passifs, on doit toujours craindre la suppuration consécutive , et cette terminaison fâcheuse devient très-probable lorsque la tumeur est volumineuse.
En général , la présence des caillots passifs est assez bien supportée pendant les premiers jom^s. La tumeur reste indolente , elle ne donne aucun signe d'inflammation , et tout marche d'abord comme dans le cas qui précède ; mais au bout de quelques jours, de quelques semaines, de quelques mois, même au bout de plusieurs années , les choses changent de face : les caUlots ramollis se décomposent; quoique soustraits au contact de l'air, ils peuvent finir par se putréfier ; ils provoquent alors une inflammation violente qui aboutit promptement à la suppuration. D'autres fois, sans putréfaction préalable, les caillots, par leur shnple contact et en leur quahté de corps étrangers, détermineni l'inflammation de la poche anévrysmale. La marche et la rapidité de cette inflammation consécutive sont variables.
Tantôt l'inflammation est lente, peu intense, peu douloureuse, limitée à la membrane du sac. La tumem-, restant touj oui circonscrite , s'accroît peu à peu , refoule les tissus voisins , sou^ lève et amincit la peau qui devient violacée et qui finit par si' rompre. Il s'écoule quelquefois un temps assez long entre le début de l'inflammation et le moment de la rupture. L'ouverture laisse échapper une petite quantité de pus mêlée à une grande quantité de caillots nou-s , irréguliers , extrêmement friables ; jusqu'alors le malade a peu souflert, mais si on ne se hAte pas
(1) VERNEOii. Vn mot sur l'éliologie (/« tumeurs fibrineuses, àam Moniteur des Hôpitaux, 185(1, T.]I, p. 113.