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PARALYSIE ET ATROPHIE DU MEMBRE

même occupés, a élé étudiée avec beaucoup de soin \m' M. Luigi Porta, auteur d'un magniûque ouvrage sur la ligature et la torsion des artères (1). M. Porta a démontré par de nombreux exemples, que la ligature de l'artère principale d'un membre peut donner lieu tantôt à la paralysie plus ou moins permanente des muscles, tantôt à l'atropbie pure et simple. Ces deux phénomènes au reste marchent le plus souvent de front.

Quelquefois la paralysie et l'atrophie précèdent la ligature et résultent de la compression que la tumeur anévrysmale exerce sur les troncs nerveux. M. Porta a soigneusement mis de côté les faits de ce genre. 11 ne s'est occupé que des cas où les troubles fonctionnels et les désordres nutritifs débutent seulement après l'application de la hgature. Il a encore écarté les cas où la paralysie et l'atrophie succèdent à la ligature des artères carotides. Je dirai tout à l'heure que la suspension brusque du cours du sang dans l'une des deux grandes artères du cou donne quelquefois lieu à des accidents cérébraux d'une haute gravité, et que les malades qui y survivent peuvent conserver des paralysies plus ou moins étendues. Celles-ci ne résultent pas de l'action directe de la ligature sur la nutrition des parties, et ne doivent pas entrer ici en ligne de compte.

Malgré cette double élimination, M. Porta a pu rassembler quatorze cas où l'atrophie et la paralysie se sont montrées comme conséquence locale et directe de l'oblitération artérielle (2). L'un de ces faits laisse à désirer; le malade, nommé Vincenzo Roveda, avait reçu dans le bras un coup de couteau qui lui avait ouvert l'artère humérale et qui avait très-bien pu atteindre le nerf médian (3). La paralysie, qui n'était pas encore dissipée au bout d'un an, pouvait donc, à la rigueur, être attribuée à la lésion de ce nerf; mais cette objection n'est pas applicable aux autres cas.

L'accident qui nous occupe a été observé à la suite de la ligature de l'humérale , de la sous-clavière , de la fémorale et de l'iliaque externe,

(1) I.uici Porta. Dellc aUerazioiU patulugicUc dalle avterie per la Icgaluva c la torsionc. Miluno, 1845, in-fol., p. 386-301,

(2) Loc. cit., p. Ii05.

(3) Loc. cit., p. 388. l.'anfcre humérale ne fut pas liiic; l'Ii.înioi rliayie fut anùlije par la compression directe ; mais on reconnut, aprts la cicalrisalloii , que l'uriOre était conipliitement oblitérée dans une grande étendue.

502 MÉTHODE d'ANEL,

Lés phéftomènes qui ont été constatés sont relatifs à la sensibilité, à la motilité et à la nutrition. Certains malades éprouvent, peu de temps après la ligature, des fourmillements ou un engourdissement, avec Une sensation de froid qui peut persister après le retour de la température normale. — D'autres conservent une douleur plus ou moins vive et plus ou moins étendue. Un marin à qui M. Vidal, chirurgien de vaisseau, avait lié la fémorale au milieu de la cuisse pour un anévrysme poplité, éprouva dans le talon, après la guérison, une douleur permanente (1). L'anesthésie se montre quelquefois; mais elle est rare et toujours passagère. Les accidents musculaires sont plus communs et plus graves. Quelquefois le malade éprouve dans le membre opéré des crampes, suivies de rigidité des muscles, et plus tard de paralysie plus ou moins complète. D'autres fois, les muscles s'affaiblissent peu à peu , puis s'atrophient , et le membre reste débile ou impuissant.

Quelle est maintenant la cause des accidents que je viens d'indiquer? Cette cause est évidemment locale, puisque l'innervation et la nutrition restent parfaitement normales dans le reste du corps.

Liston s'est demandé s'il ne fallait pas en accuser le développement de vaisseaux collatéraux dans l'épaisseur même des nerfs (2). Cette hypothèse repose sur un fait parfaitement certain; c'est que les vaisseaux des troncs nerveux se dilatent beaucoup à la suite de la ligature des grosses artères. On n'a pas oublié, par exemple, que sur le premier opéré de Desault, Boyer trouva dans l'épaisseur du grand nerf sciatique, onze mois après la ligature de la poplitée , une artère collatérale grosse comme une radiale ordinaire ( 5). M. Porta a eu l'occasion de faire une autopsie qui vient à l'appui de l'opinion de Liston. Le nommé Giovanni Miloni avait subi la ligatm-e de la fémorale au milieu de la cuisse pour un anévrysme poplité, et avait conservé une paralysie de plusieurs orteils, avec un certain degré d'atrophie de la jambe. L'anévrysme ayant récidivé au bout de quatre ans, une

(1] Journal universel des sciences médicales, 1827, T. XLVII, p. 233.

(2) Bdinburgh Médical and Pliysical Journal , 1827, T. XXVU , p, 2.

(3) yoy. plus haut, p, «153,

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