HISTORIQUE
Les premières notions sur les anévrysmes remontent à l'antiquité la plus reculée; mais il n'est alors question que des anévrysmes traumatiques. Rufus d'Ephèse dit en propres termes : « Quelquefois la plaie faite à la peau s'étant réunie, celle de l'artère reste béante, le sang s'échappe sous les téguments et forme la tumeur que les Grecs appellent anévrysme, c'est-à-dire dilatation de l'artère ».
Galien fait connaître les principaux signes auxquels on peut diagnostiquer cette maladie; il insiste notamment sur les pulsations, les battements, et sur l'affaissement de la tumeur quand on exerce une compression sur les vaisseaux. On ne connaît encore que l'anévrysme traumalique; cet anévrysme est regardé comme une complication fréquente des plaies artérielles, et c'est tout au plus si l'on signale à titre tout à fait exceptionnel la cicatrisation d'une artère blessée.
A.ntyllus, qui semble avoir vécu vers le milieu du me siècle, aurait, d'après Oribase et Angelo Mai',
distingué deux sortes d'anévrysmes : l'un consécutif à la dilatation partielle d'une artère, l'autre produit par la rupture d'un vaisseau et le passage du sangdans les tissus environnants. C'est donc à Antyllus qu'il faut attribuer le mérite d'avoir le premier fait connaître l'anévrysme spontané; on lui doit aussi l'indication de deux méthodes opératoires, dont la principale, dite méthode ancienne, et consistant dans l'ouverture du sac, a été mise en usage pendant plusieurs siècles consécutifs. Les auteurs qui ont écrit après lui sur le même sujet, tel qu'Aélius et Paul d'Egine n'ont fait que copier et reproduire son passage sur l'anévrysme.
Fernel est le premier qui accepte, avec preuves à l'appui, la doctrine de la dilatation des tuniques artérielles dans les anévrysmes spontanés. Il y a d'abord simple dilatation sans ulcération, ni rupture des parois vasculaires; et ce n'est que plus tard, quand la dilatation était devenue trop considérable, que les membranes interne et moyenne pouvaient se rompre.
Un anévrysme mixte externe succédait alors à un anévrysme vrai. Cette doctrine ne fut pas cependant admise par tout le monde, elle trouva des adversaires dans les personnes de Scnnerl, Barbette, Dicmerbrucck et Monro, enfin elle fut tout à fait