SIGNES DE LA PHLÉBARTÉRIE SIMPLE
nique avec l'artère, les veines superficielles se dilatent peu ou ne se dilatent pas du tout ; l'ampliation variqueuse ne se produit que sur les veines profondes de l'avant-bras, qui sont peu importantes et qui ne sont accessibles ni à la vue ni au toucher; de sorte que la dilatation des veines échappe quelquefois à l'examen le plus attentif. Ainsi ce caractère est inappréciable dans certains cas déterminés, et peut, par cela même, être utilisé pour le diagnostic. Si le thrill et le souffle continu-saccadé existent sans dilatation, on en conclut que l'artère communique avec l'une des veines humérales; si, au contraire, les veines superficielles sont dilatées , cela veut dire que la transfusion s'eiTectue de l'artère humérale dans la veine médiane basilique.
L'étendue et la gravité des dilatations variqueuses sont en proportion de l'importance de la veine qui est le siège de la lésion primitive. A la cuisse, où le système des veines superficielles est moins développé qu'au bras , et où la veine fémorale , au contraire, est trôs-voluminense, l'existence d'une phlébarférie donne lieu en général à la formation de varices très-prononcées et trèsapparentes , parce qu'elles ne tardent pas à gagner les veines sous-cutanées de la jambe suivant le mécanisme que M. Verneuil a si bien étudié. Ici une autre cause favorise la dilatation des veines : c'est la position déclive du membre affecté. On connaît l'influence que la pesanteur exerce sur la circulation en retour. Les varices ordinaires s'affaissent lorsque le membre est placé dans l'élévation. Les varices anévrysmales se comportent de la même manière , et celte particularité n'avait pas échappé à William Hunter qui , comme personne ne l'ignore , a la gloire d'avoir découvert l'anévrysme variqueux (1).
L'un des cas les plus remarquables de dilatation veineuse consécutive à la communication d'une artère avec une veine est celui que M. Duménil a présenté à la Société de chirurgie, et sur lequel M. Gosselin a fait un rapport fort intéressant (2). Un coup de couteau avait ouvert à la fois la veine iliaque primitive gauche et une grosse artère qui était très-probablement l'artère iliaque primitive droite. On sait que ces deux vaisseaux se croisent en se
(1) Médical Observations and Inqtiiries, vol. Il, p. 399. London , 1762 , in-8, Ij (2) Bulletin de la Soc. de chirurgie, T. IV, p. 138 ( 1853-185îi ).
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touchant, et qu'un instrument piquant peut les atteindre l'un et l'autre au niveau de leur point de contact. Sur le malade de M. Duméril, le coup de couteau avait pénétré à 9 centimètres audessous de l'ombilic et à 6 centimètres à droite de la ligne médiane. Le thriJl et le bruit de souffle avaient leur maximum à ce niveau, et cependant c'étaient les veines du membre inférieur gauche et de la moitié gauche de la paroi abdominale qui étaient devenues variqueuses. Cette dilatation était très-considérable ; en outre , la peau et le tissu cellulaire sous-cutané étaient le siège d'une sorte d'œdème dur qui simulait un éléphantiasis ; le mollet avait ÔS centimètres de circonférence , et la cuisse , mesurée à sa partie moyenne, n'avait pas moins de 88 centimètres de tour. M. Gosselin jugea sagement qu'il n'y avait lieu de pratiquer aucune opération.
La dilatation veineuse était encore très-considérable sur un malade que j'ai vu à la Chanté, dans le service de M. Giraldès, suppléant de M. Gerdy. Quatorze ans auparavant, cet homme avait eu l'artère et la veine crurales ouvertes par un instrument piquant à 3 centimètres au-dessous du ligament de Fallope. A cette époque, il était encore adolescent; sa croissance n'était pas terminée, et l'obstacle opposé par la lésion au retour du sang veineux eut une singulière conséquence. Le membre infériem^ du côté malade prit plus d'accroissement en longueur que celui du côté sain , et il en résulta entre les deux membres une différence de longueur de 3 centimètres. Le tiers environ de cet allongement portait sur le fémur ; les deux autres tiers sur le tibia. Le pied lui-même était allongé de plus d'un demi-centimètre. Le malade boitait un peu, mais il était loin de soupçonner que cette claudication eût pour cause l'inégalité des membres, il croyait simplement qu'elle était due à la faiblesse de la jambe malade. Ce phénomène que je fis constater par M. Giraldès, et que M. (iiraldès, à son tour, fit constater par la Société de chirurgie , n'avait pas encore été signalé, et s'il n'a qu'un intérêt secondaire sous le rapport de la pathologie , il me semble digne de la plus sérieuse attention sous le point de vue physiologique.
J'ai eu l'occasion de constater un phénomène de même ordre et tout aussi curieux : je jveux parler de l'hypertrophie du système pileux qui survient quelquefois à la longue sur les mem-