‹ Des anévrysmes et de leur traitementChapitre 159 sur 217 · PÉRIODE IRLANDAISE. — BELLINGHAM · texte numérisé non relu

PÉRIODE IRLANDAISE. — BELLINGHAM

d'un fait récent et notoire, une fable si facile à réfuter? La réfutation indirecte donnée par M. Bellingham prouve qu'il n'avait pas jugé convenable de prendre sur ce point des informations directes, ce qui eût beaucoup mieux valu. Mais à quoi bon discuter plus longtemps là -dessus ? Laissons M. Wilde réclamer pour Robert Hoey, qui s'en inquiète sans doute assez peu, et M. Bellingham réclamer pour lui-même , une idée acquise à la science depuis 1825, idée logiquement déduite alors de la physiologie pathologique des anévrysmes , et développée avec tant de détails dans la thèse de Guillier Latouche. Le procédé en question ne portera dans l'histoire ni le nom de M. Bellingham, ni celui de son pays; et le seul nom qui lui convienne, ainsi que je l'ai déjà prouvé, est celui ûe procédé de Belmas.

Mais reprenons notre narration , interrompue par cette discussion oiseuse. Une année entière s'écoula sans que les chirui-giens irlandais eussent l'occasion de faire de nouvelles tentatives et d'obtenir de nouveaux succès; mais déjà leur méthode avait trouvé, à Londres, un partisan des plus influents dans la personne de Liston. Ce chirurgien célèbre avait traité et guéri, dans son service à University Collège Hospital, au mois de juillet 18^3 et au mois de janvier \SMi, deux malades atteints l'un et l'autre d'anévrysme de l'artère fémorale. Sur le premier malade , la compression avait duré cinquante-six jours; sur le deuxième , les choses avaient marché un peu moins lentement, mais il s'était produit des eschares sous les pelotes et les contre-pelotes (1). Quoi qu'il en soit , la méthode compressive comptait deux succès de plus , ce qui faisait six succès consécutifs depuis sa résurrection; elle se présentait, par conséquent, sous les auspices les plus favorables. Mais pour quiconque analysait ces six observations et les confrontait entre elles , il devenait évident que les chirurgiens avaient agi pour ainsi dire au hasard, sans doctrine fixe, en procédant par tâtonnements. En un mot, le traitement avait été jusqu'alors plus empirique que scientifique. Pour assurer l'avenir de la méthode , il fallait qu'un homme , à la fois de science et de pratique, se chargeât de comparer les procédés ; de choisir, parmi

(I) The Lancet, 18Ji3-18î|ii , vol. I, p. 105. — Tlie lancet , 184fi , vol. I, p. 21*. Celte seconcie observation est très-défectueuse.

les idées émises jusqu'alors , celles qui étaient conformes à la vérité; de les grouper, de les coordonner, et d'en faire une doctrine régulière. Cet homme, je suis heureux de le reconnaître, ce fut M. Bellingiiam.

Déjà, en 18^3, en publiant l'observation de James Hayden, son premier malade, M. Bellingham avait cru devoir ajouter de courtes réflexions sur le mode d'action de la compression indirecte (1). Quelques recherches bistoriques, très-incomplètes encore, lui avaient appris, chose jusqu'alors fort peu soupçonnée en Irlande, que cette méthode thérapeutique avait, depuis longtemps déjà , pris naissance sur le continent, qu'elle y avait donné des succès, mais que, le plus souvent, elle y était demeurée inefficace. Cherchant la cause de ces nombreux revers, il crut reconnaître que ses prédécesseurs, ceux du moins dont il avait consulté les publications, avaient appliqué les appareils compressifs d'une manière vicieuse, avec l'intention de supprimer totalement le passage du sang dans l'artère. Les vives douleurs, les érosions de la peau, les eschares et autres accidents qui avaient si souvent découragé les malades et les chirurgiens , lui parurent susceptibles d'être évités ou du moins atténués à l'avenir, à la condition de comprimer l'artère avec moins de force. La simple diminution de l'énergie du courant sanguin dans l'anévrysme devait suffire pour y provoquer le dépôt graduel de la fibrine jusqu'à complète oblitération du sac, et M. Bellingham se demanda même si cette compression partielle, qui avait déjà sur la compression totale l'avantage d'être moins douloureuse et moins dangereuse , n'avait pas, en outre, l'avantage d'être plus certaine et plus rapide dans ses résultats (2).

- Ce fut seulement au mois de juin 1844 que M. Bellingham eut l'occasion d'appliquer les principes auxquels l'avait conduit l'analyse raisonnée des faits parvenus à sa connaissance.

43^ Observation ( Bellini^ham) (3). — Anévrysme poplilê. — Invention du jioids compresseur. — Compression double et alternative. — Guérison très-prompte.

Le nommé James Hayden, ce même malade que M. Bellingiiam avait

(1) Dtiblin Joiivnal of Med. 5fiV)ice, july 18^3 , vol. XXIII , p. «i60.

v2) Dublin Joui mil of .Med, Science, vol. XXUI, p. UOo.

(3) Dublin Joxtrnal of M éd. Science, vol. XXVI, p. 2'i8, nov. 18Jii.

Page 1