‹ Des Angiocholécystites typhiquesChapitre 22 sur 33 · SOU · texte numérisé non relu

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mer, et peuvent aboutir à des scléruses péri et intrahépatiques. Certains ‘auteurs,et on tend aujourd’hui à admettre cette façon de voir, considèrent que ces scléroses péri etintra-hépatique peuvent aboutir à des cirrhoses d’origine bihaire qui deviendront ainsi une complication lointaine de l’angiocholiaphite éberthienne.

Nous savons aussi que beaucoup d’ictères infectieux ont été mis sur le compte du bacille d’'Eberth et c’est Mathieu, la première fois,puis Landouzy, qui ont supposé que beaucoup d’ietères simples étaient dus au bacille de la fièvre typhoïde. |

Etant donné d’une part, l'élimination constante du bacille d’Eberth par le foie et, d’autre part. la connaissance de septicémie éberthienne sans dothiénentérie, il était logique de se demander, font remarquer Quénu et Duval, « si bien des ictères fébriles,

‘dits passagers, dits bénins, dits à rechute, si bien des maladies de Weil ne sont pas des infections biliaires causées par le bacille d'Eberth au cours de bacillémies passagères bénignes » et il est bien établi aujourd’hui, après les expériences de Netter et Ribadeau-Dumas, que certains ictères peuvent être la conséquence d’une cholécystite ou d’une angiocholite éberthienne. Comme autre complication tardive,l’infection des voies biliaires peut donner lieu à des récidives ou rechutes. Telle l'observation relatée par Etienne.

PERLE pipe

OBSERVATION XIII (Résumée.) |

(Etienne, in Archives des maladies de l'appendice digestif, , 1912, p. 670).

Femme de quatre-vingt-deux ans, fait une pneumonie du lobe supérieur gauche avec courbe thermique à grandes oscillations et à la suite s'établit le neuvième jour un ictère assez intense avec passage des pigments biliaires dans les urines, ne s'accompagnant pas de décoloration des selles sauf pendant deux courtes périodes, l'une nette du 13 au 45 février, l'autre moins accusée le 26 février sans diarrhée sauf pendant quelques jours, avec légère hypertrophie splénique. Ictére fébrile avec oscillations de 36 à 38,5, présentant des séries de poussées fébriles rappelant le type à répétition de Mathieu Weil. Cet ictère se complique au bout de treize jours qu’il était installé et représentait le vingt-troisième jour de la maladie,d'une deuxième broncho-pneumonie, Le séro-diagnostic est positif pour le bacille d’'Eberth, maisléger le sixième jour de lictère. Elle s’accentue, est intense dix-huit jours plus tard.Puis, après une période d’apyrexie et d'amélioration des accidents, le séro-diagnostic s’abaisse dans les environs de un dixième, puis, ‘remonte brusquement quatre jours après une nouvelle manifestation morbide avec élévation thermique, conséquence peut-être d’une rechute rendue possible, précisément, par l’abaissement trop brusque du pouvoir

d'agglutination.

On voit donc que c’est une femme qui a fait une pneumopathie grave au cours d’une épidémie de pneumonie, Cette femme a dû avoir encienne-

ment la fièvre typhoïde et cette pneumonie a permis au bacille d’Eberth,saprophyte de la vésicule et des voies biliaires,d’y reprendre sa virulence et de déterminer une infection hépatique avec type clinique de l'ictère catarrhal. |

Enfin, nous arrivons à la principale complication lombaire de la cholécystile, nous voulons parler de la lithiase biliaire. Nous rappelons l’expérience de Gilbert et Fournier qui produisirent une lithiase par injection dans la vésicule du lapin d’une culture alténuée de bacilles. Rappelons aussi que cette action lithogénique du bacille demande un certain temps à se produire et qu'il ne faut pas mettre sur son compte, comme le dit M. Quénu, toutes ces lithiases graves survenant pendant la période d’état ou la convalescence de la fièvre typhoïde,

L'observation suivante que M. Launois publiait en 1908 dans la Gazette des Hôpitaux démontre bien ce fait, et nous n’en avons trouvé aucune qui ne soit aussi instructive et aussi démonstrative, puisque c'est sept ans après sa fièvre typhoïde que la lithiase présenta son maximum d'intensité.

OBSERVATION XIV (Résumée) (Launoiïs. Gazette des hôpitaux, 1908.)

Lithiase biliaire consécutive à une ty phoïide Domestique ayant trente et un ans. Elle eut une fièvre typhoïde

à vingt-quatre ans et deux ans après une crise de coliques hépa

tiques,ce dont elle ne s'était Jamais plainte avantsa dothiénenterie.

Depüis, chaque année, nouvelle crise. Depuis un: mois ce sont des crises classiques de coliques hépatiques se caractérisant par une sensation douloureuse dans l'hypochondre droit, irradiant dans l'épaule droite avec vomissements bilieux et décoloration des gardes-robes.

A son entrée subictère, réaction de Gmelin positive, foie gros, douleur à la palpation de la région où le grand droit se rapproche du rebord costal.

Pouis à 66, pas de température. C’est donc une malade qui a eu une fièvre typhoïdeïl y a sept ans et qui, depuis einq ans,

présente des crises de coliques hépatiques.

On voit qu’il s'agit encore dans cette observation d’une femme et coïncidenceimportanlte,la persistance des bacilles est surtout fréquente chez les femmes qui constitueraient 82 oo des excréteurs de bacilles d’après Frosch et, d'autre part, on sait que la lithiase biliaire est plus fréquente chez la femme. Par suite de celte coïncidence, Quénu a dit: «On ne peut méconnaître maintenant le rôle lithogénique prédominant de la fièvre typhoïde », cette infection agissant,d’après Galippe,en provoquant le dédoublement et la précipitation des substances maintenues solubles à l’état normal.

Enfin, la dernière complication de la cholécystite typhique, c'est qu'elle constitue de ces malades,des bacillifères ou bacillophores qui sont un danger de contagion par l'élimination des bacilles hors des voies biliaires.

De nombreuses observations démontrent ce fait :

chez une malade de Chauffard, au cours d’une récidive de cholécystite survenue six mois après une fièvre typhoïde, M. Quénu, par cholécystectomie, trouve le bacille d'Eberth dans la vésicule.

Le bacille est retrouvé sept ans après par Müller, huit ans après par Hunter, vingt ans après par Camac, quarante-six ans après par Buschke. Ces bacillophores deviennent donc des agents de contamination pour leur entourage d’autant plus que les bacilles sont conservés et excrétés de longs mois et même de longues années après la convalescence, de telle sorte que ces bacillophores chroniques restent indéfiniment dangereux, exemple qui est donné dans l'observation de M. Launois.

OBSERVATION XV (Résumée) (Launois. Gazette des hôpitaux, 2 avril 4908, p. 459.)

Bacillifères éberthiens.

Domestique de trente-deux ans, hospitalisée le 21 février pour lithiase biliaire. À vingt-trois ans, a eu la fièvre typhoïde. Deux ans après, première crise de colique hépatique et depuis nouvelles crises tous les six mois. Depuis deux ans, les crises sont plus fréquentes. L'ictère est presque permanent. Les derniers accès sont survenus après la fatigue et sont accompagnés de vomissements biliaires, de douleurs, dans l'hypochondre droit avec irradiation dans l'épaule, avec accès de température, sueurs, ictère, prurit, réaction de Gmelin, décoloration des matières

fécales. Le foie est normal, douleur à la palpation au point de

Flemming (bord externe du grand droit et rebord, costal), selles décolorées. Le séro-diagnostic est positif. Opération faite par M. Cuneo le 2 mars : calculs, cholécystostomie. On trouve

des bacilles dans la bile onze ans après l’infection.

A. Petit 6

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