‹ Des Angiocholécystites typhiquesChapitre 32 sur 33 · OBSERVATION XXXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXVIII

(Georges Brouardel et son interne René Giroux, dans /a Société médicale des Hôpitaux du 5 décembre 1913.)

Ces auteurs ont fait 2 injections de vaccin polyvalent à une jeune fille atteinte de fièvre typhoïde très grave. ;

Le lendemain de la première injection cette malade présenta une poussée appendiculaire très nette; quarante-huit heures après la deuxième injection qui fut faite six jours après la première, elle présenta une poussée de cholécystite caractérisée par une tuméfaction très douloureuse de la vésicule et qui persista pen-

dant dix Jours. Malade est en voie de guérison.

Nous ne voulons rien conclure de tous ces faits, et nous préférons dire avec M. Netter qu’il faut attendre le travail du temps, maïs que déjà ces coïncidences

de complications sont plutôt faites pour nous impressionner.

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OBSERVATION XXXIX (Personnelle)

Cholécystite

Dame âgée de cinquante-deux ans, entre à la maison Dubois le 24 décembre 1913 pour une fièvre typhoïde.

Antécédents personnels. — N'a jamais eu de maladies et Jamais de coliques hépatiques.

Elle était malade depuis dix jours chez elle et était alitée.

Elle a présenté del’anorexie, mais pas d’épistaxis,pas d’insomnie. Îl existait une diarrhée assez forte.

La température prise pendant que la malade était chez elle atteignait 38 degrés. Puis elle monta progressivement jusqu’à 39 degrés.

Elle prit alors du pyramidon.

‘A son entrée à l'hôpital, la température est de 39°5. La rate est perceptible. Il reste des taches rosées disséminées.

La langue est saburrale, diarrhée profuse, selles d’un jaune vert et liquide. À ce moment le séro-diagnostic est négatif.

La température reste aux environs de 40 degrés.

28 décembre. — On refait le séro-diagnostic qui est positif au 1/40 en quinze minutes et au 1/100 en dix-sept minutes.

A partir de ce moment la température baisse petit à petit.

Les urines qui étaient de 750 grammes à son entrée montent à 1.750 grammes.

Le pouls reste aux environs de 105.

29 décembre et 7 janvier. — On fait une injection souscutanée d’autolysat Vincent, Aucune manifestation vésiculaire.

La température baisse progressivement.

Actuellement, le 27 janvier, la malade se plaint d’une douleur bien localisée au point cystique. Pas de nausées, pas d’ictère. Il reste une petite tuméfaction à droite.

4e février 1914. — Vive douleur survenant la nuit, localisée à droite, au point cystique. Pas d'irradiation, Pas d’ictère. Pas de matières décolorées.

La température fait un crochet et monte à 39°5, de 37°2 auquel

elle était. Puis le lendemain monte à 38 degrés.

k février. — La malade refait une petite pousse thermique à 39 degrés.

6 février. — On constate comme signe physique :

Une douleur provoquée au point cystique. La malade ne peut faire aucun mouvement vu les douleurs que celles-ci lui occasionneraient. On constate aussi, à ce point douloureux, de la défense musculaire, peu d’hyperesthésie,

La tuméfaction a diminué, mais cependant il existe un plastron.

Submatité à la percussion.

Aux poumons : toux, congestion des bases.

OBSERVATION XL (Inédite)

(Due à l’obligeance de M. Coville, interne de l'hôpital Saint-Joseph.)

Angiocholécystite primitive. — Fièvre typhoïde secondaire.

Malade de huit ans, entrée le 16 octobre pour lassitude géné-

rale.

Antécédents nuls.

Elle est soignée depuis une quinzaine de jours par un médecin

pour phénomènes gastro-intestinaux avec fièvre moyenne simu-

lant une colite aiguë ; selles abondantes, répétées, avec glaires et rien aux autres appareils. Pas de signes nerveux, pas de taches rosées, pas. de phénomènes pulmonaires. La température est restée au-dessous de 39 degrés. Deux jours après on note une augmentation de volume du foie qui coïncide avec celui de la rate en même temps qu'apparaît une légère teinte subictérique.

A l'examen, le foie n’est pas abaïissé et cependant déborde d’un travers de doigt les fausses côtes et est légèrement sensible au niveau du bord externe du grand droit à la région vésiculaire. La rate est grosse et peut facilement être sentie. Pas de diarrhée.

Le séro-diagnostic est positif pour l’Eberth au 1/50.

A la suite se déclare une fièvre typhoïde fruste.

OBSERVATION XLI (Inédite)

(Due à l'obligeance de M. Marie.) Angiocholécystite et périangiocholite. — Mort.

Homme de vingt-quatre ans, entre pour courbature, douleur dans'le ventre et céphalée.

Rien dans les antécédents.

Il y a huit jours, le malade a été pris brusquement au milieu de son travail de douleurs généralisées à tout le ventre. En même temps il était pris de frissons, avait des vomissements. Il s’alite et depuis n’a cessé de souffrir. Il aurait des alternatives de diarrhée et de constipation. Depuis le début il aurait eu de la fièvre, insomnie sans cauchemar.

A son te le 7 octobre on trouve la langue saburrale,

rougeur diffuse du voile du palais. Rougeur plus intense de la

luette. Léger ballonnement du ventre, gargouillements dans la fosse iliaque droite.

Foie gros, débordant de trois travers de doigt les fausses côtes.

Rate grosse. La température est à 40°2.

Les urines sont de couleur normale, pas d’albumine, indica-

nurie et scatol positif.

16 octobre. — Défense musculaire de la paroi à droite,douleur provoquée de ce côté.

23 octobre. — Fusions très fréquents. Température à grande oscillation.

27 octobre. — Hémoculture positif pour l'Eberth. Douleurs abdominales persistent. Tuphos accentué.

2 novembre. — Vomissement jaune-verdâtre. Facies péritonéal. Langue desséchée, pouls filiforme. Tout le ventre est dou-. loureux. Défense généralisée de l'abdomen accuse une douleur plus marquée à l'épigastre. Mort l'après-midi.

Autopsie. — Cavité péritonéale contient beaucoup de liquide purulent très fétide. Rien aux anses intestinales. Le péritoine de la région iléo-cæcale est noirâtre. Pas de perforation.

Dans le côlon transverse perforations au nombre de deux.

Foie : peu augmenté de volume, pas de périhépatite. Vésicule volumineuse, remplie d’un liquide d'aspect séro-purulent.

À la coupe on trouve dans toute l'étendue du parenchyme hépatique, avec prédominance dans le lobe droit, des abcès dont la taille varie entre un pois el une grosse noix. Le pus est très fétide etest Jaune ou chocolat. Les abcès sont développés au niveau des ramifications biliaires, les divisions intra-hépatiques

de la veine-porte paraissent en effet absolument sains.

OBSERVATION XLII (Personnelle)

(Malade opérée par M. Leuret, chirurgien de l'hôpital Saint-Joseph de Paris.)

Mälade âgée de cinquante-deux ans entre à l'hôpital durant la période d’état de sa fièvre typhoïde qu'elle a contractée auprès de son fils atteint de la même affection et mort à la suite d’hémorragie intestinale.

Antécédents héréditaires. — Sa mère était atteinte de coliques hépatiques, son père est mort d’une affection du pylore à quatre-vingts ans et sa grand'mère également du pylore.

Antécédents personnels.— Depuis dix ans souffrait de coliques hépatiques quiétaient très violentes. Après les nombreuses fatigues physiques et morales que lui occasionnèrent la maladie de son fils, elle s’alite le 25 octobre. Elle présente des signes d’embarras gastrique, température à 38°5. Tous les signes d’une fièvre typhoïde. Teinte subictérique, douleur au niveau de la vésicule biliaire, Les jours suivants rien de particulier,sinon la persistance des mêmes signes et l'augmentation progressive de la tempéraea Malgré cela l’état général reste satisfaisant. Le 13, tempéture 40°5. Depuis elle persiste et en même temps il existe une vésicule biliaire grosse et douloureuse. Le D: Leuret est appelé en consultation et conclut le 16 à une cholécystite d’origine typhique et calculeuse. Il conseille d'attendre. I! la fait transporter dans une maison de santé et continue le traitement : glace en permanence sur le ventre, alinientation légère, lavements froids tous les jours. La teinte subictérique diminue peu à peu et la température descend progressivement Jusqu'au 1 décembre. Mais bientôt la température remonte brusquement. Le 5, tempé-

rature à 3908, le 6, à 40°2. Le 8, la malade perdant patience, rentre ee elle. L'état reste le même. Elle rentre de nouveau quelques jours LIRE tard à la maison de santé. La température descend enfin pour quelques jours au-dessous de 38 degrés et, profitant d’une accalmie,. le D: Leuret l’opère le 20 décembre.

Opération. — Incision sur le bord du grand doigt. La vésicule biliaire est un peu volumineuse, adhérente par son fond. En décollant les adhérences ils’écoule un peu de pus qui est vite étanché. Une pince sur l’orifice, la vésicule est décollée de haut en bas, le cystique coupé entre une ligature et une pince. Drainage et quatre mèches. Réunion par fils de bronze. Pendant quelques jours, il s'écoule un peu de bile. La malade sort complètement guérie le quinzième jour. L’ensemencement du liquide de la vésicule donne du bacille d’'Eberth pur. La vésicule contient de nombreux calculs : un gros et beaucoup de petits,

La malade ne s’est jamais plus ressentie de rien depuis son

opération.

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