‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 16 sur 70 · ET CASE · texte numérisé non relu

ET CASE

montré que la dilatation de la vésicule est la règle pour les cas de cancer de la tête du pancréas.

L’apparence extérieure de la vésicule est très souvent effacée par la présence des lésions de péricholécystite. Parfois d’étroites adhérences l’unissent aux organes voisins; d’autres fois une atmosphère purulente la dérobe complètement à la vue.

A la coupe, l’on constate que la paroi vésiculaire est fortement épaissie ; de petits abcès miliaires sont parfois visibles à l’œil nu et de même de petits foyers hémorrhagiques. Ces abcès pariétaux s'ouvrent dans la cavité cholécystique et laissent sur la muqueuse des ulcérations suppurantes étendues, ou déterminent une péritonite en éclatant dans la séreuse abdominale. Ces ulcérations internes et externes ont été constalées maintes fois par les auteurs.

La cavité de la vésicule est quelquefois le siège d'un cloisonnement inflammatoire qui le divise en loges secondaires plus ou moins isolées. Dans notre cas déjà cité l’organe présentait à la coupe l'aspect d’une ruche dont les alvéoles renfermaient plusieurs petits calculs gros comme des grains d'avoine. Quatre de ces cellules étaient plus grandes et renfermaient chacune un calcul du volume d’une petite noisette, lesquels ont nécessité une dissection soigneuse pour être extraits de leurs loges. Tous les cholélithes étaient entourés par un exsudat muco-purulent épais, gluant, difficile à être aspiré par la pipette.

Lorsque la vésicule est extrêmement distendue, ses parois deviennent très minces ; les couches muqueuse et musculeuse s’atrophient jusqu’au point de donner à toute la paroi les caractères d’une membrane séreuse (Schüppel).

Le contenu purulent du réservoir biliaire est très variable. C’est parfois du pus pur, tantôt louable, tantôt fétide, teinté ou non par la bile ; parfois c’est de la sérosité incolore, fluide, troublée à peine par quelques flocons de muco-pus. D'autres fois il a les caractères décrits plus haut.

L'EXAMEN MICROSCOPIQUE de la paroi vésiculaire montre une désorganisation plus ou moins avancée de toutes ses couches.

La muqueuse est en général la plus atteinte. Elle est tout à fait méconnaissable : les épithéliums de revêtement et glandulaire ont disparu, il n'y a que des vestiges des villosités, si caractéristiques à l’état normal, les éléments du chorion muqueux sont complètement étouffés par l’infiltration parvicellulaire. Cette infiltration se répand aux autres couches et dissocie les éléments conjonctifs et musculaires. Elle se dispose dans beaucoup de points en petits foyers de cellules embryonnaires plus ou moins serrées les unes contre les autres et limitées parfois par une vraie paroi conjonctive. Ces petis abcès siègent soit sous la muqueuse, soit en pleine paroi, soit sous la séreuse.

Les vaisseaux sanguins sont fortement injectés ; cà et là on voit quelques fois de petites hémorrhagies.

Les micro-organismes sont irrégulièrement répandus dans toutes les couches, mais ils sont beaucoup plus nombreux dans Îles petits abcès et à leur voisinage.

Terminaisons. — Les lésions des angiocholites et cholécystites suppurées se terminent souvent par l'établissement de fistules entre la cavité purulente et ulcérée des voies biliaires et celle des cavités voisines ou la surface cutanée. Dans la cholélithiase ces communications fistuleuses ont été observées avec tous les segments du tube digestif, depuis le cardia jusqu'au côlon, et avec l'appareil pleuro-pulmonaire.

L'établissement de la fistule biliaire hépato-bronchique est une des terminaisons les plus intéressantes (cas de Thiroloix, etce.).

La guérison des lésions, c’est-à-dire la régression du processus suppuratif et la cicatrisation des abcès biliaires, n’a pas été bien observée.

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