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Cette pyohémie peut aboutir aux accidents les plus variés. Le cas de Brieger (Obs. XXIID) est un exemple de phénomènes de métastase purulente survenant dans le poumon droit, le cerveau et la moelle, au cours d’une angiocholite suppurée calculeuse.
2° Angiocholites et cholécystites suppurées dans les maladies microbiennes.
L’anatomie pathologique des phlegmasies suppurées des voies biliaires appartenant à cette catégorie présente encore de nombreuses lacunes à combler. L'expérimentation peut certainement aider à la construction de ce chapitre, mais, d’une facon toute provisoire, dans l’attente d'observations où l’élude anatomique des lésions soit mieux faite chez l’homme.
Les germes pathogènes de la dothiénentérie, le choléra, la pneumonie, produisent en ascensionnant les voies biliaires les modifications générales déjà décrites. Quelques détails spéciaux à chacun d'eux méritent néanmoins qu'on divise la description en autant de paragraphes.
Il va sans dire que les lésions de ces maladies autres que celles qui atteignent les voies biliaires ou y trouvent leur origine, ne seront pour rien dans cette description.
A. ANGIOCHOLITES ET CHOLÉCYSTITES TYPHIQUES. — Le foie est généralement augmenté de volume. Son aspect extérieur est celui du foie dit infectieux. Il présente à la coupe une apparence qui participe, dans les observations que nous possédons, de celle qui est due à l’engorgement biliaire par obstruction. Ainsi, dans le cas de Dupré, le parenchyme hépatique apparaît à la section vert en certains points, jaune brunâtre en d’autres, avec des saillies granitées, irrégulièrement disséminées sur le plan de la coupe, alternant avec des petites cavités dont la plupart se continuent nettement avec les canaux biliaires dilatés et imbibés de bile brunverdàtre. La consistance du tissu est dure en certains points, friable et ramollie en d’autres.
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Le bacille d’Eberth produit d’abord une angiocholite desquamative aiguë ayant les caractères généraux déjà décrits. Mais il semble que ce germe conserve dans les voies biliaires les propriétés ulcératives qu’il possède vis-à-vis de l’intestin.
Les nombreuses observations de cholécystites typhoïdes font ressortir l'état ulcéreux des parois vésiculaires. Dans le cas de Guarnieri, d'angiocholite due au bacille typhique, cet auteur constata ces ulcérations nécrotiques et dans les conduits biliaires préexistants et dans les fines canalicules néoformées (Voy. obs. XXVI). Souvent la lésion intéressait tout le conduit, autour duquel existait une grande infiltration cellulaire ; d’autres fois la lésion était limitée à des points isolés de la paroi, transformés en autant de petits foyers ulcératifs. Ces lésions initiales étaient le siège de grandes accumulations bacillaires.
Le lobule hépatique est aussi le siège d’altérations nécrotiques assez remarquables. Ces altérations partent des espaces conjonctifs et empiètent sur les cellules marginales du lobule ; il en existe cependant près de la veine centrale. Ces foyers de nécrobiose, constitués par une substance granuleuse, contiennent des amas de cellules réfringentes et teintes de pigment biliaire. 1ls sont entourés par une infiltration de cellules embryonnaires qui les sépare du reste du tissu lobulaire. Les cellules hépatiques saines sont déformées, aplaties.
En examinant ces éléments cellulaires avec un plus fort grossissement on trouve, selon Guarnieri, qu'ils sont atteints d’un degré plus ou moins avancé d’atrophie. Quelques-uns n'ont plus de reticulum protoplasmique ; d’autres ont leur corps cellulaire plein de vacuoles, leur noyau déformé, acculé à un des angles, ou plus ou moins fractionné. De grandes quantités de leucocytes infiltrent ces zones de nécrose.
La méthode de Loeffler montre les micro-organismes pathogènes au milieu de ces amas cellulaires, au milieu des zones nécrobiotiques, entre les éléments marginaux des lobules, dans les plus fines ramifications biliaires intercellulaires.