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CHAPITRE VII

Traitement.

L'origine des angiocholites et cholécystites suppurées est l’infection ascendante des voies biliaires. Cette vérité est la base du traitement rationnel de ces affections.

Deux principes de thérapeutique clinique en découlent: 1° Tout malade atteint d’obstruction des voies biliaires, et par conséquent menacé de l’ascension hépatique des germes duodénaux, doit être rigoureusement soumis à la médication antiseptique du tube digestif.

20 Étant donné que l'infection biliaire peut rester latente, dans ces circonstances, pendant un temps plus ou moins long, administrer aux biliaires des substances qui, en s’éliminant par la bile puissent combattre la pullulation des germes dans les voies d’excrétion du foie.

Ces indications ne sont donc que préventives de la suppuration des voies biliaires. Je vais passer en revue les moyens de les remplir. Je laisse de côté la liste bien connue des antiseptiques intestinaux, dont l'étude m’entrainerait trop loin, et d'autant plus que nous possédons dans le régime lacté exclusif, le moyen par excellence d'obtenir l’asepsie absolue du tube gastro-intestinal.

Tout récemment nous avons montré, M. Gilbert et moi, dans une communication faite à la Société de Biologie, cette action si intéressante de l'alimentation lactée sur le microbisme du canal digestif. Voici le résumé de nos recherches, faites chez l’homme et chez les animaux.

Un homme adulte normal, dont les fèces renfermaient dans les conditions de l’alimentation ordinaire 67.000 germes par milligramme, à été soumis au régime lacté intégral pendant cinq jours.

Rottest Au bout de deux jours ses fèces ne contenaient plus que 14.000 microbes par milligramme.

Au bout de trois jours, 5.000 ;

Après quatre jours, 4.000 ;

Et après cinq jours, 2.250.

Le poids du bol fécal, qui, lorsque ce sujet suivait son régime alimentaire habituel, atteignait 175 grammes, était descendu à 13 grammes et le nombre des microbes quotidiennement éliminés par la voie intestinale était tombé de près de 12 milliards à 164 millions. Le régime lacté avait eu pour effet de réduire le microbisme des fèces au 1/71 du Laux physiologique.

Nous avons soumis de même une femme, atteinte d’ulcère rond de l'estomac, au régime exclusif du lait stérilisé, et obtenu des résultats identiques. Chez le chien et le lapin les effets du régime lacté sont aussi démonstratifs.

Mais, cette action se réalise-t-elle d’une facon aussi marquée tout le long du canal digestif? C’est ce que nous avons démontré en soumettant un chien pendant deux semaines au régime lacté exclusif, et en le sacrifiant, le quinzième jour, deux heures après l’ingestion de 300 grammes de lait stérilisé. Nous avons fait, immédiatement après, les ensemencements, selon le procédé que nous avons indiqué ailleurs, et nous constatâmes que :

L’estomac au lieu de 50,000 germes par milligr. en contenait 100

Le duodénum 30,000 — — — 50 — jéjunum — 50,000 — — — 100 — iléon — 100,000 — — — 1,300 — grosintestin — 30,000 — — — LE

Le régime lacté intégral amène donc une asepsie presque absolue de toutes les portions du tube gastro-intestinal.

Cette asepsie presque complète du canal digestif n’est pas due à une action directe du lait sur les germes, car, ainsi que nous avons pu nous en assurer, les microbes de l'intestin cultivent deux fois plus abondamment dans le lait que dans le bouillon nutritif ordinaire.

L'action du régime lacté est toute indirecte et doit résulter de

facteurs multiples. Le principal consiste certainement dans la DOMINICI 42

grande digestibilité du lait, dans son absorption presque complète, dans la faible proportion et dans la pauvreté des résidus nutritifs qu'il laisse. Peut-être aussi le chimisme digestif du lait favorise-t-il l’action naturelle des sucs digestifs sur les microbes.

En diminuant les pullulalions microbiennes gastro-intestinales, le lait arrête aussi la production des toxines et allège par conséquent la tache antitoxique de la cellule hépatique. Cette action bienfaisante est surtout remarquable lorsque le foie plus ou moins altéré dans ses éléments cellulaires, ne suffit plus à remplir son rôle défensif, ainsi que cela est Le cas presque constant dans les angiocholites infectieuses.

Le lait remplit donc deux grandes indications en pathologie hépatique : l’une préventive de l'infection des voies biliaires, l’autre adjuvante de la fonction défensive physiologique de la cellule du foie. Le premier principe établi au commencement de ce chapitre pour la thérapeutique des affections des voies biliaires peut être posé ainsi: Z'out malade atteint d'obstacle au cours de la bile, ou menacé de toute autre facon d'infection biliaire, doit être rigoureuse-

ment soumis au régime laclé intégral.

Pour remplir le second principe, c’est-à-dire, l'antisepsie des voies biliaires, il faut recourir à des médicaments qui en s’éliminant par la bile exercent une aclion microbicide sur les germes qui l’ont infectée, ou des médicaments qui, en augmentant la sécrétion et le déversement du suc hépatique, contrarient mécaniquement l’ascension bactérienne.

Le salicylate de soude, le salol, l'essence de térébenthine et ses dérivés, le terpinol et la terpine, qui augmentent la sécrétion biliaire en s’éliminant par la bile, dans laquelle ils ont été constatés par Prévost et Binet, en même temps qu'ils sont capables d'exercer une action antiseptique constituent des médicaments de choix.

Le salicylate de soude réunit des propriétés précieuses qui lui donnent dans l’espèce une haute valeur thérapeutique. Son action cholagogue fut reconnue et préconisée d'abord par Rutherford et

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