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CHAPITRE VIII

Pathogénie

RE CHERCHES BACTÉRIOLOGIQUES. — ANGIOCHOLITES ET CHOLÉCYSTITES EXPÉRIMENTALES:

La genèse des angiocholites et cholécystites suppurées est un des chapitres les plus récents de la pathologie médicale. Il y a trois ans à peine, avant les recherches de MM. Gilbert et Girode et la thèse de Dupré, ces pages restaient en blanc dans les descriptions des affections biliaires. Aujourd’hui même, malgré les nombreux travaux qui se sont succédés, il n’y est qu’ébauché et en partie sous une forme hypothétique.

Dans cette deuxième partie de mon mémoire je tächerai d’éclairer les points restés obscurs ou négligés, en m’appuyant et sur les recherches des auteurs qui m'ont précédé et sur les résultats des nombreuses expériences que j'ai faites avec la haute collaboration de M. Gilbert au Laboratoire de Thérapeutique de cette Faculté.

La cause efficiente de toute suppuration biliaire est un microbe. Cette vérité, solidement établie aujourd’hui, a eu à lutter contre le prétendu pouvoir antiseptique de la bile, lequel, admis à la suite d’une fausse interprétation de certains faits d’acholie accompagnés de putréfactions intestinales anormales, éloignait toute sorte d’investigations dans ce sens.

Une étude sur le microbisme du contenu duodénal, qui est celui qui fournit presque toujours les germes aux voies biliaires et une autre sur la bactériologie de la bile, s'imposent comme introduction aux différentes questions ayant trait à la pathogénie des angiocholiles et cholécystites suppurées.

Ï. — MiCROBISME DUODÉNAL.

Les nombreux travaux de Miller, Escherich, Vignal, Gessner, Bovet, Macfadyen, Nencki et Sieber, etc., ont démontré que des espèces microbiennes innombrables, encore indéterminées pour la plupart, habitent normalement le tube intestinal, variant avec le temps de la digestion et suivant la nourriture.

Il est aussi connu qu'à l’état de maladie le germe pathogène spécifique peut se trouver accidentellement, et à plus forte raison si l'affection y siège, dans le canal digestif.

La communication directe des conduits excréteurs du foie avec le duodénum, dans lequel ils se déversent, rend donc possible à tout moment et au moindre trouble fonctionnel, l'ascension de ces germes.

Gessner, conclut en admettant comme habitantes normales du duodénum les espèces suivantes :

1° Le bacterium tholocideum, bacille court, ovalaire, coagulant le lait et pathogène pour les souris ;

2° Le bacterium coli commune, qu'il signale comme étant rare quoique permanent dans cette partie de l'intestin ;

3° et 4° Deux autres bacilles, dont un liquéfie la gélatine ;

5° et 6° Deux staphylocoques jaune et jaune orange, liquéfiant la gélatine ;

7° Le streplococcus pyogenes duodenalis, probablement identique au streplococcus pyogenes ordinaire.

M. Gilbert et moi avons entrepris de faire une numération comparative des germes contenus dans les différentes parties du tube digestif. Nous n’avons pas pu trouver des sujets remplissant toutes les conditions voulues pour cette sorte de recherches : état normal de l’appareil gastro-intestinal et autopsie suivant de très près la mort. Deux chiens en pleine santé ont été sacrifiés, l’un 2 h. 1/2 et l’autre 3 h. 1/2 après un repas composé de pain et de viande. Je reproduis ici le tracé qui résume la moyenne des chiffres ob-

tenus dans nos divers dénombrements. Ces chiffres se rapportent au milligramme ; ils doivent être regardés comme DE à la réalité, étant donnée la présence possible dans l'intestin de cer. {aines espèces microbiennes incapables de se développer dans les

conditions par nous adoptées.

100,000 microbes. | 90-000 DA 80,000 7— 10,0001mE—= 60,000 — 50,000 = 40,000 — 30,000 — 20,000 — 10,000, —

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