‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 32 sur 70 · A. — CONSTATATIONS MICROBIENNES · texte numérisé non relu

A. — CONSTATATIONS MICROBIENNES

Les angiocholites et cholécystites suppurées par obstruction sont généralement produites par un des germes habitant physiologiquement le duodénum., Parmi les propriétés de ceux-ci une surtout mérite d’être mise en relief, la mobilité. Elle est caractéristique de l'espèce nommée par Escherich bacterium coli commune, que nous avons, M. Gilbert et moi, trouvé comme étant la plus nombreuse dans le duodénum du chien.

Ces deux conditions, grande mobilité et extrêmeabondance, font du bacille d’Escherich, le parasite migrateur par excellence des voies biliaires. Il à été constaté, en effet, dans cet appareil un nombre de fois de beaucoup supérieur aux autres. Je ne citerai ici que les cas où il a été franchement pyogène (angiocholites et cholécys. tites suppurées) :

Gilbert et Girode, 3 cas Bignami, À cas Bouchard, 4 » Marchiafava, A »

-Rodet, 1 > Bastianelli, 1»

DOMiNICI 14

Rodet et Renaut, 1 cas Kærte, 1 cas Girode, ES Legendre et Raoult, 4 »

Macaigne, PS Barbacci, :

Létienne, 1h 5» Stern, 10 Lévy, À > DmochowskietJanowski2 »

Naunyn, 2 » Gilbert et Dominici, 4 »

Fraenkel, 4 »

Je n'ai compris dans cette liste, bien entendu, comme dans celles qui vont suivre pour les autres microbes, que les cas où le colibacille a été nettement déterminé par une étude bactériologique complète, et dans lequel il a produit les lésions histo-pathologiques propres aux angiocholites et cholécystites suppurées. Le bacterium coli y a été trouvé comme seul agent de la suppuration.

Dans quelques-uns de ces cas (Bouchard, Naunyn, Barbacci) le germe constaté ne parut pas être complètement identique au coli bacille. MM. Charrin et Roger confirmèrent en approfondissant son étude l'identité des deux germes dans le cas de M. le professeur Bouchard. Pour ceux de Naunyn et Barbacci, les différences étaient si peu importantes que ces auteurs considèrent leurs faits comme étant produits par le bacille d’Escherich.

Les signes distinctifs que Stern signale entre le micro-organisme décelé dans son cas et le bacterium coli, sont tout simplement les caractères d’un coli-bacille virulent (voyez observation XIV).

IL est aujourd’hui bien établi que l'intestin renferme un certain nombre de types microbiens confondus sous la dénomination de bacterium coli commune. Les légères différences qu'ils présentent ne suffisent pas, à mon avis, pour élablir des espèces distinctes. La mobilité, qui parfois est extrême, égale au moins à celle du bacille d'Eberth, constitue pour eux un caractère commun, le seul qui aujourd'hui permette de les distinguer de certaines formes bacillaires immobiles contenues normalement dans l'intestin (Gilbert et Lion).

Cette mobilité est signalée par presque tous les auteurs déjà nommés dans leurs cas respectifs.

Pour notre part, dans nos observations d’angiocholites et cholécystites suppurées, nous avons, M. Gilbert et moi, toujours trouvé

un bacille mobile, ne liquéfiant pas la gélatine, donnant sur pommes de terre une culture épaisse jaune, mais faisant fermenter la lactose, coaguler le lait, et donnant la réaction de l’indol, tous caractères attribués au bacterium coli commune.

MM. Gilbert et Girode les ont constatés aussi dans leurs cas, comme d’ailleurs tous les autres auteurs, sauf les légères restrictions faites pour un cas de Naunyn et un autre de Barbacci.

D’autres cas de phlegmasie suppurative biliaire pourraient être ajoutés, où ce bacille n’a pas été nettement déterminé, mais où il est presque certain qu'il s'agissait de lui (Potocki, Netter et Martha, Thiroloix, etc.). Dans d'autres il jouait un rôle pyogène secondaire (Michel-Dansac, Pépin, etc.).

Les faits publiés où il a été constaté dans les voiés biliaires sans avoir produit des lésions suppuratives, soit que le terrain ne lui était pas favorable, soit que le colibacille n'ait pas eu le temps d'agir, sont aujourd'hui extrêmement nombreux. Il n’y a pas lieu de leur donner place ici.

Ces 26 observations bien avérées, publiées dans un espace de temps à peine supérieur à trois ans, par des auteurs francais, italiens et allemands, accordent au bacille d'Escherich la primauté dans la genèse des angiocholites et cholécystites suppurées.

Le pouvoir pyogénique du colibacile est actuellement hors de contestation. Nous sommes loin du temps où ce parasite élait considéré comme un simple saprophyte innocent. Tous les jours de nouveaux faits étendent de plus en plus son champ pathologique. Je ne saurais m'arrêter à discuter ses propriétés pathogènes et je renvoie aux récentes revues générales de Lesage et Macaigne et de Wurtz.

Une objection est venue tout d’abord à l’esprit des observateurs en ce qui concerne l’action pathogène du colibacile dans la suppuration biliaire. Ce bacille n'envahirait les canaux excréteurs du foie qu'après la mort. Cet argument, facile à opposer, est plus facile à détruire. En effet, les ponctions et les différentes cholécystotomies que ces maladies réclament fournissent heureusement de nombreuses constatations de ce micro-organisme dans l'appareil

biliaire de l'homme vivant. Ainsi MM. Gilbert et Girode l’ont trouvé deux fois, Naunyn cinq, M. Gilbert et moi, encore deux fois, Lévy, etc., soit dans de. simples rétentions biliaires, soit dans des cholécystites suppuratives. Ce bacille étant toujours constaté seul,

comment expliquer alors la suppuration ?

D’autres micro-organismes ont été signalés comme agents des lésions suppuratives des voies biliaires. Ainsi Leyden, Rovighi, Dupré ont constaté la présence du streptocoque pyogène ; Brieger, Barbacci celle du staphylocoque doré; Gilbert et Girode celle du pneumocoque associé au s{aphylocoque blanc et Klemperer celle du preumocoque associé au streplocoque ; enfin Guarnieri à publié un cas où la phlegmasie suppurée était due au bacille typhique, sans que la malade eut présenté aucune lésion dothiénentérique.

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