OBSERVATION XV
(Gizserr et Dommicr. — Résumée dans Bull. Soc. Biologie, 1894.)
Aul... Marie, âgée de 52 ans, profession couturière, entre à l’hôpital le 8 avril 1893.
Rien à noter dans les antécédents héréditaires.
Réglée à l’âge de 15 ans. A eu quatre enfants dans l’espace de 4ans 1/2 ; n’a jamais fait de fausses couches, De ces quatre enfants deux sont morts, Pun en bas-âge, l’autre à 5 ans d'une broncho-pneumonie. :
À 24 ans, à la suite d’une peur, elle est devenue jaune et cet ictère a persisté deux mois.
A 26 ans, son mari est mort, et à la suite de cela, la malade dit avoir souffert de la poitrine, des nerfs et de l’estomac.
Quelques mois après elle eut la variole.
Depuis longtemps déjà l'appétit avait diminué progressivement ; et,
dans ces derniers mois, elle était arrivée à se nourrir presque exclusivement de légumes qu’elle préférait à la viande.
En juillet 1892, elle a eu des douleurs violentes au niveau de la région épigastrique, douleurs presque continues ; mais avec exacerbation après l’ingestion des aliments. Ces douleurs ont persisté douze jours.
En janvier 4893, des douleurs semblables se reproduisent, qui s’irradient dans la région du foie. Elles ne durent que deux jours.
En février, la malade est reprise d’un ictère très intense, verdâtre, les matières fécales sont décolorées, blanchâtres. La coloration jaune de la peau disparait dans l’espace de trois semaines à un mois.
8 avril. — À son entrée à l'hôpital on trouve la malade dans l’état suivant :
Elle est très amaigrie, les traits sont tirés, les yeux excavés, et les conjonctives présentent une teinte ictérique de moyenne intensité. La peau est jaune, peu foncée, sèche au toucher. Le début de cet ictère remonte à trois semaines.
L’appétit est complètement disparu ; la malade trouve que les aliments ont mauvais goût, semblent être de la terre, aucun ne lui plait.
La langue est sèche et rotie. Constipation opiniâtre, à la palpation de l'abdomen on constate que le foie est hypertrophié, qu'il dépasse les fausses côtes de la largeur de la main. On ne rencontre à sa surface aucune bosselure, il est lisse. À la pression, on provoque sur toute la région hépatique une douleur très vive. La zone de matité du foie remonte jusqu’à la ligne normale.
Cette femme est en proie à une dyspnée assez vive ; à l’auscultation du poumon on n'entend cependant que quelques râles muqueux à la base et en arrière de chaque côté.
Le cœur est normal. Le pouls est rapide et la température de 390,8 le soir de l’entrée.
Rougeur au niveau de la région sacrée, menace d’escharre. Les urines sont très foncées et, par l’action de l’acide nitrique, on y décèle la présence du pigment biliaire.
Pas d’épistaxis, ni d'hématémèse, ni de melæna. Pas de pétéchies.
Un peu d’ædème de la paroi abdominale et au niveau des malléoles.
Les matières fécales ne sont pas décolorées.
TRAITEMENT. — Régime lacté. Eau de Vichy.
A1 avril, — 2150 grammes d'urine. Incontinence des matières fécales
qui sont colorées, Ne boit pas son lait. Demande bière. Eau de Vichy. Petite escharre sacrée médiane.
Soir. — Cataplasme laudanisé sur le ventre.
La malade dort jusqu'au lendemain matin.
12. — Ictère un peu moindre. Teinte jaune paille, concomitante.