‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 6 sur 70 · A EN ELE · texte numérisé non relu

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Ils établissent enfin la distinction des angiocholites et cholécystites infectieuses, en ascendantes et descendantes, en faisant une juste comparaison entre les voies biliaires et les voies urinaires.

Rodet, Marchiafava, Bignami, Bastianelli ont revendiqué à tort la priorité de la démonstration du rôle du bacille d'Escherich dans la pathogénie des angiocholites suppurées. Dans le fait de M. Rodet il s’agit d'un adénome de l’ampoule de Vater et d’abcès multiples du foie, mais les mots angiocholites ou voies biliaires n'y sont pas seulement énoncés. Dans ceux des auteurs italiens il est parlé de bactéries analogues à celles qui se trouvent normalement dans l'intestin, mais aucune détermination bactériologique n’a été faite. Ce n’est qu'en février 1891, deux mois après la communication de MM. Gilbert et Girode, qu’ils ont déclaré devant l'Académie de médecine de Rome que le bacille trouvé par eux était le bacterium coli commune.

En mars 1891, MM. Gilbert et Girode font une seconde communication à la Société de Biologie, où ils confirment les conclusions de la première, et établissent, en présentant un nouveau fait, que le bacille d'Escherich est «le grand parasite des voies biliaires ». ils accroissent en même temps les connaissances si rudimentaires encore sur la bactériologie des voies biliaires, en rapportant un cas où l’angiocholite suppurative, localisée aux canaux cholédoque et cystique, était causée par le pneumocoque et par le staphylocoque blanc. Ce cas et celui de Klemperer, qui lui est postérieur d’un an, où le diplocoque pneumonique était associé au streptocoque pyogène, restent encore uniques dans la littérature médicale.

Dans les trois mois qui séparent ces deux communications, d’autres faits sont rapportés ; Charrin et Roger produisent expérimentalement la maladie chez le lapin et Naunyn chez le chien, par l'injection dans les voies biliaires de cultures du bacille d'Esche rich, trouvé par eux dans la bile de sujets atteints d'angiocholite et de cholécystite suppurées ; et l'excellente thèse de Dupré fixe définitivement les idées acquises sur les infections biliaires.

Après, les recherches se sont poursuivies en France, en Alle-

mette magne el en Italie, élargissant de plus en plus la bactériologie des voies biliaires et présentant toutes un accord frappant, pleinement confirmatif des conclusions établies dans les premières publications.

Dans cette période, le groupe des angiocholites et cholécystites. suppurées survenant au cours des grandes maladies générales, dont la fièvre typhoïde et le choléra sont les types, est définitivement formé, grâce aux faits bactériologiques de MM. Gilbert et Girode, de Dupré, de Chiari pour la fièvre typhoïde, et à ceux de Galliard, Oddo et Lewine, confirmés bactériologiquement par ceux de M. Girode, pour le choléra.

Enfin, dernièrement nous avons, M. Gilbert et moi, amené la production de l’angiocholite et de la cholécystite suppurées avec ces deux bacilles, typhique et cholérique, et avec toutes les autres bactéries constatées jusqu’à ce jour dans les suppurations des voies biliaires. Nos résultats ont fait l'objet de plusieurs communications à la Société de Biologie et seront rapportés à la fin de cette thèse, à l'appui des idées qui y sont soutenues.

En résumé, cet historique, fait à grands traits, montre que l'étude de l’angiocholite et de la cholécystite suppurées, relativement récente, esl toute française. Elle est presque entièrement sortie de l'École de médecine de Paris.

Les travaux étrangers, signés en totalité par des auteurs allemands et italiens, y ont contribué largement, mais seulement en confirmant les constatations et les doctrines des maitres français. Je ferai œuvre méritoire si, en exposant celles-ci dans ce travail, le premier où la phlegmasie suppurative des voies biliaires soit étudiée dans un ensemble pathogénique et clinique complet, je réussis à en faire ressortir les grandes vérités et à résumer clairement le moment actuel de l’histoire de cette affection, destinée à avoir un cadre plus étendu non seulement dans la pathologie hépatique, mais aussi dans la nosologie générale de l'organisme.

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