OBSERVATION XX V
(Dupré. — Obs. IX. Thèse doctorat, 1891).
Rob... Adèle, 45 ans, culottière, entre le 14 juin 1890, salle Barth, service de M. Letulle.
Les antécédents héréditaires de la malade sont dépourvus d'intérêt : son père est mort subitement, sa mère se porte bien.
Les antécédents personnels sont les suivants :
Pas de maladie dans l'enfance.
Règles apparues à 14 ans, normales ; a eu trois enfants etre bien portants.
La santé de cette femme était bonne, lorsque, il y a huit mois, survint une fièvre typhoïde grave, qui suivit son cours normal, sans complications particulières. La convalescence fut assez longue, puisqu'elle dura trois mois ; la malade était bien rétablie, lorsque, au moment de ses règles, il y a trois mois, c'est-à-dire, quatre mois après la fin de la fièvre typhoïde et quelques semaines après la fin de la convalescence, elle fut prise, une après-midi, de violentes douleurs dans l’hypochondre droit, s’irradiant à l’épigastre et dans l’épaule droite, accompagnées de vomissements d'abord alimentaires, puis muqueux et bilieux. Ces douleurs que la malade qualifie de crampe d'estomac, s’amendèrent vers le soir et disparurent le lendemain. Pendant cette crise douloureuse, il n’y eut, au dire de la malade, ni jaunisse, ni matières fécales, ni modification de l’urine. La recherche des calculs dans les selles ne fut naturellement point faite.
Quinze -jours après cet incident, les mêmes douleurs réapparurent
‘ moins intenses cependant, avec des nausées, sans vomissements. En même temps, les matières fécales se décolorent, l'ictère apparait et l'urine devient couleur d’acajou. En quelques heures, les douleurs disparaissent, mais les signes d’obstruction biliaire demeurent; l'urine est toujours acajou, les selles argileuses, et l'ictère persiste.
L’appétit est conservé. IL n'existe pas de fièvre. La malade est mise au lait.
Quinze jours plus tard, au moment des règles, nouvelle crise, qui dure quelques heures et disparaît. Pendant deux mois environ, des coliques hépatiques semblables se reproduisent, au nombre d'environ trois par mois, à chaque fois traitées par des injections sous-cutanées de chlorhydrate de morphine. Entre chaque crise, persiste l’ictère cutané et urinaire, et la décoloration des selles. Puis la malade s’affaiblit, maigrit, perd l'appétit, et voyant décliner son état général, se déeide à entrer à l'hôpital.
Jusqu'au moment de son entrée à Saint-Antoine, la malade ane qu’elle n’a pas eu de fièvre (?).
État actuel, 14 juin. — Ictère foncé, généralisé, chez une femme faible et récemment amaigrie. Douleur continue, au niveau du creux épigastrique, exaspérée par la pression, irradiée vers l'épaule droite en avant, et vers l’angle inférieur de l'omoplate en arrière : pas de douleur au niveau de la vésicule biliaire, qui ne paraît pas distendue. Le foie paraît peu volumineux. Les matières fécales sont absolument décolorées ; il existe un peu de constipation ; la langue est quelque peu saburrale et l’appétit diminué. Les urines, couleur acajou, offrent, au réactif de Gmelin, le prisme caractéristique des pigments biliaires.
Le soir de l’entrée, T° — 38,2, -
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