OBSERVATION XXVII
(Curari. — Prager medicinische Wochenschrift, 1893.)
Il s’agit d'un garcon de 12 ans qui était souffrant depuis un mois et présentait comme symptômes : fièvre, abattement, assoupissement et constipation.
Le 2 avril, il est recu à l'hôpital israélite de Prague. Température assez élevée, tuméfaction de la rate et des nausées. L'état resta le même jusqu'au 12 du même mois, date à laquelle le petit malade fut pris de collapsus passager. Le 14, mélæna. Le 16, signes très nets de pneumonie. Le 17, mort.
Le diagnostic clinique était celui de fièvre typhoïde avec pneumonie terminale.
AUTOPSIE. — Faite 25 heures après la mort. On constate tout d’abord les lésions classiques de la dothiénentérie. Les bases des deux poumons contiennent des foyers de broncho-pneumonie. La rate était petite, pâle, dure ; les ganglions du mésentère non tuméfiés.
Le fait le plus frappant de la nécropsie fut de trouver la vésicule biliaire remplie de pus et présentant sur sa paroi plusieurs plaques de nécrose de deux centimètres d’étendue. La face externe était couverte d’un exsudat fibrineux, de même que la partie supérieure du péritoine. Pas de modifications du côté des voies biliaires et du duodénum. La surface muqueuse stomacale présente des érosions hémorrhagiques récentes.
L’autopsie montrait donc une fièvre typhoïde à l’état de régression et même de convalescence. La cause de la mort a été la cholécystite suppurée qui s’est compliquée de péritonite aiguë avec pneumonie lobulaire terminale.
L'examen microscopique et bactériologique du pus et de la vésicule, fait avec toutes les précautions habituelles, a montré que le bacille d'Eberth se trouvait en culture pure dans le contenu vésiculaire, et quele même micro-organisme était présent dans l’épaisseur des parois cystiques, bref, qu’il s'agissait d'une cholécystite typhique suppurée.
OBsERvATION XX VII.
(GILBERT et GIRODE. — Société de Biologie, 1893.)
Il s’agit d'une malade de quarante-cinq ans, qui avait été atteinte d'une fièvre typhoïide moyennement sévère, au cours de laquelle des manifestations importantes avaient attiré l’attention du côté de la vésicule biliaire, en particulier de vives douleurs, et le développement d’une tuméfaction qui par ses caractères imposait l’idée d'une affection
de la vésicule. Cette tuméfaction avait paru diminuer en même temps que s’amendaient les symptômes typhiques. Mais, après une assez longue accalmie, les douleurs redevenaient très intenses, et cinq mois après la terminaison de la fièvre typhoïde, la malade était admise dans le service de M. Terrier, où l’on portait le diagnostic de cholécystite calculeuse. La cholécystectomie ayant été pratiquée par MM. Terrier et Hartmann, le contenu vésiculaire et la vésicule nous ont été confiés pour être soumis à l'examen. Le liquide prélevé au moment de l’ouverture de la vésicule est inodore et a l’aspect d’une bile purulente. Soumis à l'examen microscopique, il montre un grand nombre de leucocytes et d'hématies ; examiné immédiatement en goutte suspendue, ce pus montre des micro-organismes de forme bacillaire, présentant dans la culture de vingt-quatre heures une mobilité très nette.
La vésicule contient un calcul du volume d’une noisette ; sa paroi est très épaisse et mesure en certains endroits un centimètre. La surface interne estrouge, assez unie. Sur les sections, les couches internes sont rouges, un peu friables, rappelant l'aspect de bourgeons charnus; les couches externes sont fermes et ont une apparence fibroïde.
A l'examen microscopique, la muqueuse présente sur toute sa surface une nappe embryonnaire uniforme et très épaisse ; des îlots et trainées de cellules lymphatiques infiltrent tout le reste de la muqueuse et même une partie de la musculeuse épaisse.
L'examen bactériologique du contenu vésiculaire et du produit de ràclage de la muqueuse à montré la présence du bacille typhique en culture pure: ce microbe a été régulièrement spécifié par l’ensemble des réactions habituelles.
Les coupes de la paroi vésiculaire, colorées au bleu alcalin, montrent des amas bacillaires caractéristiques occupant non seulement l'épaisseur de la nappe embryonnaire de la surface muqueuse, mais encore la profondeur de cette couche ; les groupes bacillaires profonds correspondent souvent mais non toujours aux ilots et trainées embryonnaires précités.
Angiocholites et cholécystites suppurées cholériques.
Le seul fait de lésions suppuratives des voies biliaires provoquées Chez l’homme par le bacille-virgule appartient à M. Girode.
Le cas de Galliard, que je reproduis ensuite, est malheureusement incomplet en ce qui regarde l'examen bactériologique ; il est en même temps celui où les lésions suppuratives ont atteint le degré le plus avancé.
Oddo dit avoir observé un cas semblable à celui de Girode. Je
laisse de côté les premiers observés par Briquet et Mignot, Pirogoff, Simmond.
Au Congrès des médecins russes, tenu à Saint-Pétersbourg, du 8 au 15 janvier de cette année, Lewine a rapporté trois nouveaux cas de lésions des voies biliaires survenant au cours du choléra. N'ayant pas pu voir l'original, j'emprunte ces quelques détails à La Riforma medica: Le premier cas fut diagnostiqué pendant la vie et à l’autopsie on trouva une phlegmasie intense de la vésicule biliaire et des gros conduits ; dans la vésicule siégeaient quelques ulcérations, dont une qui avait perforé la paroi et produit une péritonite mortelle.
Dans les deux autres cas on trouva à l’autopsie un catarrhe muco-purulent et dans les parois de la vésicule biliaire le bacte-
rium coli commune.