‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 8 sur 70 · EE ON NS CREER US · texte numérisé non relu

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20 Etats infectieux de l'organisme.

Le second groupe de causes comprend les maladies microbiennes qui infectent profondément l'organisme et, qui déterminent sur la sécrétion et sur l’excrétion de la bile des modifications intimes, encore inconnues, qui permettent l'infection de l'appareil biliaire par le germe pathogène de la maladie générale ou par une autre bactérie étrangère à celle-ci.

Toutes les maladies infectieuses pourraient trouver leur place dans cette énumération ; mais, nos connaissances sur la participation étiologique de la plupart d’entr’elles étant tout à fait rudimentaires ou même n’existant pas du tout, leurs cases respectives doivent rester vides jusqu’à ce que des recherches plus nombreuses et des constatations bien établies amènent le moment de les remplir avec des documents histopathologiques et bactériologiques, les seuls qui ont de nos jours une valeur scientifique réelle.

Deux de ces affections générales possèdent seules aujourd’hui ces documents : ce sont la fièvre typhoïde et le choléra. On pourrait peut-être déjà y ajouter une troisième, la pneumonie. Les récents travaux de MM. Gilbert et Girode, d’abord, et ensuite ceux de Dupré et de Chiari, qui ont démontré la réalité de la suppuration des voies biliaires par le bacille d'Eberth-Gaffky au cours ou à la suite de la dothiénentérie ; ceux de M. Girode qui a constaté la présence du bacille-virgule dans la bile, 14 foissur 28 cas, dont un cas de suppuration commencçante de ce même appareil, chez des

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cholériques, fournissent des matériaux suffisamment solides pour ériger cette seconde grande classe des angiocholites et cholécystites suppurées, déjà confirmée expérimentalement par M. Gilbert et moi. ;

A. — Fièvre Typuoine. — L’inflammation suppurative des voies biliaires n’est pas une des complications les plus rares de la fièvre typhoïde.

La cholécystite purulente a été surtout notée. Hæœlscher la rencontre 5 fois sur 2.000 autopsies de lyphiques et arrive ainsi à la même proportion que signale Dopfer, 0,2 pour 100. Il n’est pas douteux cependant que ces chiffres soient trop faibles; en effet, les lésions anatomo-pathologiques des voies biliaires, passent fort souvent inaperçues dans les nécropsies des typhiques. Il faut qu'un phénomène clinique quelconque attire l’attention sur les canaux biliaires pour que ces voies soient examinées à l’ouverture du corps. Or, la participation des conduits excréteurs du foie à l'infection générale reste ordinairement silencieuse au milieu des autres phénomènes qui priment l’ensemble symptomatique de la dothiénentérie.

Il est certain que, à mesure que les pathologistes s'habitueront à examiner indistinctement l'état de l'appareil biliaire chez tous les typhiques, les cas de lésions suppuratives de cet appareil compliquant la maladie générale, deviendront de plus en plus nombreux. Comme preuve de cette assertion il suffit de citer les résultats obtenus par Louis, qui a été un observateur systématique et rigoureux des modifications de la bile et de son appareil excréteur. Chez cinquante sujets morts de l'affection typhoïde, il constata trois fois la cholécystite suppurée, c’est-à-dire, dans un 6 pour 100 des cas, proportion autrement élevée que celle des auteurs allemands, et qui, tout en étant plus ancienne, sera démontrée: plus exacte dans un avenir prochain.

En 1876 Hagenmüller réunit dans sa (hèse inaugurale presque touteslesobservations de cholécystite typhoïde publiées jusqu'alors. Sur les 18 faits rapportés par lui, 8 sont nettement des cas de cho-

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lécysütes suppurées ; à ceux-là l’on pourrait ajouler un cas d’Andral, un autre de Gubler et un autre de Foot. Après, plusieurs autres se sont produits, parmi lesquels ceux de Legendre, Laffon, Schlier, et surtout ceux de Gilbert et Girode et celui de Chiari qui rattachent les lésions à leur vraie pathogénie.

L'étude de ces faits montre que cette complication peut survenir dans une époque très rapprochée du début de la maladie (cas de Louis où la cholécystite a été constatée le 8° jour à l’autopsie, celui de Legendre au 2° septenaire, etc.) ; mais le plus souvent (LA fois sur 18 selon Hagenmüller) c’est à la période de réparation des plaques de Peyer qu’elle apparaît, et même en pleine convalescence. Dans le cas de Schlier elle se présenta vers la fin de la 4° semaine d’une typhoïde grave chez un jeune homme de 19 ans.

Le malade de Chiari, un garçon de 12 ans, présentait à l'autopsie les lésions classiques de la dothiénentérie en voie de régression ; la mort avait été causée par une péritonite aiguë provoquée par une cholécyslite suppurée, et par une pneumonie lobulaire terminale.

Le premier fait de MM. Gilbert et Girode se rapporte à une cholécystite purulente réalisée pendant la période aiguë de la maladie typhique. Celui qui fait l’objet de leur plus récente communication à la Société de Biologie (décembre 1893) est extrêmement intéressant sous plusieurs rapports ; je n’en prendrai que ce qui concerne plus directement cette partie de l’étiologie. « Il s’agit d’une malade de 45 ans, qui avait été atteinte d’une fièvre lyphoïde moyennement sévère, au cours de laquelle des manifestations importantes avaient atliré l'attention du côté de la vésicule biliaire, en particulier de vives douleurs, et le développement d’une tuméfaction qui par ses caractères imposait l’idée d’une affection de la vésicule. Cette tuméfaction avait paru diminuer en même temps que s’amendaient les symptômes typhiques. Mais, après une assez longue accalmie, les douleurs redevenaient très intenses, et cinq mois après la terminaison de la fièvre typhoïde, la malade était admise dans le service de M. Terrier, où l’on portait le diagnostic de cholécystite calculeuse ».

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