‹ Des Angiocholites et Cholécystites SuppuréesChapitre 9 sur 70 · SES · texte numérisé non relu

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La cholécystectomie fut pratiquée, et le liquide purulent prélevé au moment de l'ouverture de la vésicule ayant été soumis à une étude bactériologique complète, les auteurs constatèrent la présence du bacille typhique, en culture pure. En même temps les coupes de la paroi vésiculaire enlevée pendant l’opération montraient à l'examen microscopique des amas bacillaires caractéristiques occupant non seulement l'épaisseur de la nappe embryonnaire de la surface muqueuse, mais encore la profondeur de cette couche.

Ce fait démontre avec toute la netteté désirable la filiation directe qui existe entre une fièvre typhoïde antérieure et une phlegmasie suppurative des voies biliaires ne se produisant que plusieurs mois après la terminaison de la dothiénentérie. Il n’est pas le premier relaté. L'observation IX de la thèse de M. E. Dupré se rapporte à un cas dans lequel l’examen bactériologique fut fait dans des circonstances identiques, chez une femme de 45 ans qui avait eu une fièvre typhoïde grave huit mois auparavant. Le bacille d’Eberth rencontré en culture pure dans le liquide biliaire ensemencé au moment de l’opération, fut trouvé comme le seul agent pathogène d'une angiocholite généralisée constatée à l’autopsie et que l'examen histologique montra comme étant à la première phase suppurative. Les canalicules biliaires étaient en effet le siège d’une infiltration embryonnaire abondante ; ils étaient dilatés, leurs parois épaissies, et renfermaient un liquide épais, verdâtre, dont la couleur quelque peu lactescente rappelait celle du pus biliaire. Plusieurs calculs existaient dans les conduits extra-hépatiques.

Cet exemple est d’ailleurs une des rares observations où l’état phlegmasique suppuratif de l'appareil biliaire intra-hépatique soit mentionné consécutivement à une fièvre typhoïde. L’observation XVII de l'ouvrage de Louis parait en fournir un autre; cependant, l'étude anatomo-pathologique étant fort incomplète, le fait reste incertain. Il s’agit d’un homme de 21 ans qui avait présenté de l’ictère au cours de sa fièvre. Le 22e jour il entre en convalescence, retombe malade le 35° et meurt le 408. A l’autopsie, le foie présente une collection purulente de forme aréolaire formée par

LOURDE Cm

un pus jaunâtre et clair, sans odeur ; six autres foyers semblables, mais non purulents à la simple vue, étaient teintés en jaune aussi et présentaient la même forme aréolaire. Pas de lithiase. Bile vésiculaire rousse et épaisse.

Un cas bien plus net est celui de Fauraytier (Soc. Anatom., 184), dont voici le résumé : Malade atteinte de fièvre typhoïde. Convalescence. Apparition de douleurs dans l’hypochondre droit et ictère. Amélioration. 45 jours plus tard mêmes phénomènes.Etat de proStration extrême et mort. Autopsie : Intestin grêle, ulcérations cicatrisées complètement, d’autres en voie de cicatrisation. Dans le foie, plusieurs abcès, contenant un pus phlegmoneux, dans l’un d'eux était renfermé un calcul biliaire. D’autres calculs étaient logés dans la vésicule et dans les canaux extra-hépatiques.

Beaucoup d’autres faits d’abcès multiples du foie au cours ou après une dothiénentérie ont été publiés, mais, l’étude microscopique étant très négligée dans ces observations, on ne saurait faire la part des abcès angiocholitiques et celle des abcès métastatiques.

L'angiocholite et la cholécystite suppurées constituent une des complications principales de la fièvre typhoïde. L’infection biliaire peut se produire dans un quelconque de ses septenaires et évoluer sous une forme aiguë; mais elle peut aussi survivre à la dothiénentérie et apparaître en pleine activité, cinq mois (Gilbert et Girode et huit mois (Dupré) après l’évolution typhique,

Dans plusieurs de ces observations l’existence de la cholélithiase est notée soit antérieurément à la fièvre typhoïde, soit postérieurement à celle-ci. Cette postériorité soulève la question de l’angiocholite et de la cholécystite typhiques lithogènes, question qui ne peut être discutée ici. L'existence de la lithiase biliaire favorise certainement l'invasion éberthienne des conduits excréteurs du foie, comme elle joue le rôle de cause d'appel pour tout autre microbe, sans que l'organisme soit sous l’action d’une infection générale.

Toutes les angiocholites et cholécystites suppurées survenant au cours d’une fièvre typhoïde seraient-elles l’effet de l’envahisse-

ment de l'appareil biliaire par le bacille d'Eberth-Gafky? Non. Domintci 4

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