‹ Des anomalies artérielles, considérées dans leurs rapports avec laChapitre 20 sur 40 · U A>0MAL1LS · texte numérisé non relu

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droites ; à gauche, et toujours dans la luéme direction, provenaient la carotide primitive, et plus haut la sous-clavière gauche.

Des faits assez nombreux attestent la possibihté d'une double origine de Taorte, provenant des deux ventricules. Sténon, Sandifort, Farre, Ring, Cooper, Weston, Lawrence, Meckel, etc., en citent des exemples. Deux fois j ai été à même d'en observer, aussi ai-je étudié les principaux connus dans la science et qui me semblent constituer deux classes bien distinctes : la première, tout-à-4ait exceptionnelle, a trait à un double embranchement ventriculaire de l'aorte, avec intégrité de la cloison inter-ventricu* laire; le second, embrassant la majorité des cas, coïncide avec une ouverture située à la l)ase de la cloison. Cette communication entre deux cavités qui doivent être séparées soulève une question importante, que je formulerai en ces termes: l'ouverture n est-elle qu'un simple arrêt de développement ou, au contraire, la conséquence d'une lésion organique, ayant à la longue, et par voie d'ulcération, détruit la substance du cœur? Tout en reconnaissant que ce mode d'altération ne saurait être nié , avouons aussi qu'il n'est pas commun, alors que le défaut d'occlusion complète des ventricules Test beaucoup plus. Parcourant les détails que renferment les observations relatives à la perforation de la base de la cloison , on s^assure que la communication qu elle établit entre les. ventricules est réellement congénitale; rien n'indique un travail destructeur, que la spontanéité d'accidenis graves annoncerait bientôt. Faut-il d'ailleurs rappeler que les ventricules communiquent entre

DE L AORTE THOAÀCIQUE. 205

eux durant les premiers temps de la vie intra-utérine , et qu'au second mois seulement on aperçoit les rudiments de la cloison , dont la base est la dernière partie parachevée? L'anomalie dont je parle se présente rarement isolée; ses complications les plus ordinaires sont : un état incomplet de la cloison interauriculaire, la diminution et même l'oblitération de lartère pulmonaire du côté du ventricule , la conservation du canal pulmo-aortique, l'hypertrophie du ventricule droit. Il y a un phénomène curieux dans cette dualité, relative à la naissance de Taorte: c'est quen quelques circonstances lenfant n'éprouve point, durant deux ou trois jours , et du côté de la respiration, des symptômes propres à révéler la gravité d'un tel vice de conformation, comme si une sorte d'assuétude de la circulation , pendant la vie intra-utérine, se perpétuait encore quaud l'enfant est séparé de sa mère et qu'une nouvelle fonction entre en exercice.

Dans un cas rapporté par Farre, mais dont la description laisse beaucoup à désirer pour l'exactitode, le sujet était parvenu à quarante ans, prolongation de l'existence qui ne peut guère s'expliquer ici que par la capacité accrue de lartère pulmonaire. N est -ce point encore à la double origine de l'aorte qu'une investigation anatomique attentive a fait rapporter le»observations de seconde artère pulmonaire, se détachant du ventricule droit pour s'aboucher avec l'aorte? Encore une fois, ce n'est qu'une répétition de la bifidité de l'aorte ; lû prétendue artère pulmpnaîre surnuméraire n'est que la racine normale de la grande artère. Il est rarcfde trouver l'artère pulmo-

%H ânqmaues

naire communiquant av^c l^s deux v^ptriq^t^^i Uj^i^ cloison ét£|n|; incomplète ver$ sa base, et je sui^ porté à croire qu'il n'y a guère d avéré, à ce sujet, que le^ deux exemples dus à Cooper.

Un vice de conformation moins fréquçpt que celiii qui vient de nous occuper cpnsiste daqs la transposition des deux ventriculçs et des artères qui en émergent : ainsi le ventricule aoftique se trouve à droite , le pulmopgire à gauche, malfarmation figur^^ par Tiedemann, indiqué^ par Mec^Lcl, Baillie, Farre, Ouo. J'ai vu et étudié à loisir un cas de ce genre, publié par 4. Dugè§ 4an3 le Mémorial des hôpitaMJp du Midi. L'eqfaqt, fortement cyanp^é, ne vécut qu^ trois ou q^atfe jours; le çqpuc était arrondi et plufi volumineux que de coutume; les oreillettes n'offraic^iit riep de particulier, quant à Tinsertion des vciiqi^f eav^s Qt pulçnpnaires. Une cloison complète séparait Igs vep^ irjcule^ : du droit, plus épqjs que T^Ufre, se dét^^h^tf Taorte, et du gauche Tartère pulmonaire, ii|¥^r§iQi) qui avait modifié quelques rapports. Au, lieu d^ se croiser, ces deux gros vaisseaux s élevaient p^fdlèl^ ment et jusqu'à l'endroit de la crosse; l'aorte ét^t rectiligne; l'artère pulmonaice affectait aussi ceU^ direction , de même que le caqal artériel. Au-dessQUf de la naissance des vaisseaux brachio-céphalique# , \p système artériel, à Texception des coronaires, dont ye parlerai plus tard, paraissait sans vfiriétén I4 disposition de l'appareil circulatoire explique id l'existence de la cyanose. La transposition des grandi vaisseaux artériels ne fait- elle pas aussi comprQodrf commeqt le sang noir était sans ces^e v^rsé dai|« le torrent de la circulation? Eq effet, 1 aorte ne vee^

DE l'aortb thoaacique. HT

v^il, à «on origine y qqe 1« sang transmis par les veines caves, et, si 1 on peut s exprimer ainsi, TisoleineBl d«t deuK oirpulations , pulmonaire el générale, remplaçait leur croisement naturel. Que devenait le sang cbs veines pulmonaires? Il retournait aux organes respiramirea , impropre qu'il était h la nutrition , puis* qu'il n^avait point les qualités du sang artériel. Si la frêle existence du nouv^au-né s'est soutenue pendant peu de jours, c'est que le canal artériel projetait dans laorte descendante une petite quantitç de sang Migéné , mais celui qui abordait à la tête était veineux. Il en était autrement dqrant la vie intna-utérine. Presque tout le sang des veines cave inférieure et pmbUîeale passait dans loreilletle gauche, le ven* triei|le du même c^« le tronc pulmonaire çt laone desoendante. Néanmoins la valvule d'Eustadbi n^avait pas assez de développement pour s'opposer au reflux du sang materna, dans loreillette, le ventricule droit et Taorte ascendante ( i ).

Sé^lariié, en même temps qu'anomalie extrême, v^)à les caraetères opposés, rendus sensibles par l'étude anatomique de ce cœur. Quant à cette eanfertmation si exceptionnelle, n est-elle point, suivant la pensée de Dugès , comme une singulière exception an

(i) Notre regrettable et savant collègue A. Dugès arguait de ce cas, au«|uel il en avait annexé trois autMs à peu près semblables ponr P^DUver c|» qa*avait d'esclusil la théorie *^^ U eircitlatioii ^t%|e émise par Harvey et développée par Saba(ier. Habitué à épj^ifer un fait dans toutes ses conséquences, le professeur de Montpellier se sert de son observation pour s'élever contre les idées trop mécaai^ea de ToxigénatioD du sang , telles qu'elles sont géséraiemeat ^imV§ 4n nof iq^v9,

principe de connexion , ainsi qu^à Taffinité élective des éléments organiqnes?

Dans i'état où le cœur est réduit à une seule oreillette et à un ventricule unique, on voit naître de la même cavité ventriculaire Taorte et lartère pulmonaire; si le dernier de ces vaisseaux manque, ses branches sont fournies par Faorte. Une publication curieuse est due à Mauran , de Providence ( États- Unis). Il s agit d'une petite fille de dix mois et demi, sur la peau de laquelle était répandue une teinte bleue passant au noir livide sous Tinfluence du plus léger mouvement, qui entraînait Timminence de suffocation. Le cœur n'avait quune oreillette et un ventricule, communiquant librement ensemble par une large ouverture yamie d'une valvule tricuspide. De l'angle supérieur du ventricule se détadiait l'aorte, donnant ses branches habituelles. L'artère pulmonaire, imperméable à son origine , était ouverte à l'autre extrémité , pour donner naissance au canal artériel , s'ouvrant dans l'aorte descendante. L'oreillette, très dilatée, recevait les veines caves et la veine pulmonaire droite (on ne comptait que deux veines pulmonaires ) ; la gauche débouchait près l'insertion de l'artère pulmonaire. L'on s'étonne, avec cette insuffisance dans le principal moteur de la circulation, de la persistance de la vie, quelque passagère qu'elle ait été. Versé dans loreillette par trois veines, le sang parvenait dans le ventricule, d'où il était projeté dans Taorte et dans l'artère pulmonaire oblitérée. Il est vrai que le sang était noir, niais nous avons mentionné la perméabiUté du conduit pnlmo-aortiqiie : eh bien, c'était par lui et d'une ma-

DE LAORTK THOAAGigUK. 209

ûière rétrograde, qu'une petite quantité de sang abordait aux poumons, pour en être rapportée par les veines. L'oreillette représentait un vaste réservoir commun au sang veineux et au sang artériel. Ce n'est donc en définitive qu'au moyen d'un filet de sang rouge que Fenfant a pu vivre, ou plutôt qu'il a langui au-delà de dix mois, car à chaque instant sa chélive existence était compromise.

Fare a fait connaître Tbistoire d'un enfant à terme , né asphyxié, chez lequel la circulation pulmonaire ne s'érablit qu'au bout d'une heure et demie; la respiration fut toujours accélérée et diaphragmatique. A chaque inspiration le sternum était violemment porté en avant, les accès de suffocation se répétaient avec rapidité , et la mort survint au bout de soixante dixneuf heures. A l'ouverture du thorax, on s'assura que l'oreillette et le ventricule étaient uniques. Un seul vaisseau naissait de ce dernier, et c'était l'aorte envoyant aux poumons deux branches peu volumineuses, représentant les artères pulmonaires. Une troisième branche , d'un calibre supérieur, émettait les vaisseaux, qui ordinairement proviennent delà crosse aor tique.

Ces deux faits ont entre eux plus d'un trait d'analogie, quant au mode de malformation. Ils nous montrent l'arrêt de développement le plus simple du cœur, avec lequel du moins est compatible l'existence , et encore pour un temps assez court. Chez le sujet dont parle Mauran, la prolongation de la vie doit être attribuée à l'existence du canal artériel; chez l'enfent observé par Farre, l'aorte produisant

faitère pulmonaire, te canal artériel manquait nécessairement , et la mort eut lieu par asphyxie.

Le contact du sang noir avec les organes où il remplace le rouge , est-il donc , surtout dans les premiers moments de la vie extra-utérine y aussi léthtfère qu^on s^ait porté à Tadmettre? La persistance du canal artériel y du trou de Botal, la communication établie à la base des deux ventricules, expliquent comment, avec i^ne très minime proportion de sang artértaiisé , Texistence se soutient et même se prolonge. Le beau travail du docteur W.-F. Edwards (i) est bien fiait pour éclairer ce point important de la science.

Il m*eût été facile de multiplier les exemples , en les empruntant à des auteurs connus, et, parcourant l'échelle, tératologique, de m'élever de lunité de Voreillette et du ventricule à la dualité de la première, le second restant toujours simple. A Toccasion. de ces vices de conformation , j'aurais invoqué le fait remarquable de J. Hodgson (2) et de Léadam, dans lequel ils mentionnent un homme qui vécut vingt ans affecté de cyanose, d'orthopnée, etc., etc. Mais en résumé, quoique la présence des deux oreillettes vint modifier la circulation, Taorte et Tartère pulmonaire n'en partaient pas moins d*un seul ventricule.

L^éiude comparative des anomalies où ces deux troncs vasculaires naissent ainsi nous révèle des symptômes qui se manifestent avec une sorte de constance quoique se rencontrant dans d autres vices de conformation du cùeur. Ainsi, à part là cyanopatbie, les

(i) De l'influence des agents f)hjsiquet sur la vfe. Paris, 1B34. (2) Traité des maladies des artères et des veines f traâ. par G. Bri*sch<ft, Paris, 1819.

DE LAORT£ THORACIQUË. 211

pulsations de l'organe sont acèélérées et distinctes dans une grande étendue de la poitrine; le moindre effort locomoteur provoque la suffocation; le sujet semble s'épuiser en grandes et rapides inspirations. On dirait qu'il ne respire plus que par le diaphragme. Des signes d'emphysème pulmonaire se manifestent fréquemment. Le premier battement cardiaque donne un bruit de soufflet , tandis qu'au second battement, on ne perçoit que le bruit normal ; parfois on distingue dans les carotides un bruit de soufflet, mais faible. L'auscultation doit, quoiqu'il n'y ait qu'une oreillette et un ventricule unique , donner cependant la sensation d^un double bruit cardiaque, en raison de la contraction successive de Foreillette et du ventricule; mais la brièveté du mouvement annonce qudque chose d'anormal.

L'on doit à Jackson l'observation d'une petite fîlle de trois ans dont la mort fut subite; l'enfant n'avait jamais présenté de couleur bleue des téguments, mais la respiration était ra[>ide et irrégulière. L'artère puU monaire fut trouvée plus grosse que l'aorte; la première se divisait en deux branches, dont l'une s'ouvrait dans Fartère sous-clavière gauche. Le trou ovale n'était pas oblitéré. Meckel , qui rapporte ce fait dans son mémoire sur les vices de conformation du coeur s'opposant à la formation du sang rouge, ne fait point mention du canal artéiiel, ce qui me porte à présumer que la branche pulmonaire aboutissant dans la sous-clavière gauche le remplaçait.

3e ne parlerai pas de finfluence qn\*u \ycÂnt de vue physiologique Tanonuilie c\ne j'ai citée a dû exercer sur la circulation fœtale, alors qnVHe n été de peu

212 ANOMAIJKS

d'impoi tance. Si^ des fonctions du fœtus, la circulation est la plus connue , on ne saurait la diviser en artérielle et veineuse, bien que le sang apporté du placenta par la veine ombilicale possède des propriétés autres que le reste du sang avec lequel il se mélange. La seule différence à noter ici se rapporte à Tinseï'tion du canal artériel , qui , au lieu de se faire dans la partie concave de la crosse aortique, s*opérait dans l'artère sous-clavière gauche. Le but physiologique n'était-il pas également atteint? je veux dire que la dérivation du sang contenu dans le tronc pulmonaire s'effectuait seulement par une voie plus étroite que de coutume , mais refluait dans la crosse aortique.

Les données anatomiques ont fait prévoir, et l'expérience a démontré , que les anévrismes de la portion descendante de l'aorte thoracique s'ouvrent dans la bronche gauche ; ici l'accident aurait pu s'accomplir dans la bronche droite; de plus, une tumeur anévrismale de lartère pulmonaire tendrait à se faire jour dans la trachée-artère. Si, comme nous en possédons deux exemples, la partie concave de la crosse aortique était devenue le siège d'une tumeur anévrismale, la compression n'eût point porté sur le tronc pulmonaire, comme il arrive ordinairement, mais sur la trachée-artère, dont la position était modifiée. Les vaisseaux émergeant de la crosse aortique , celle* ci même, devaient se trouver plus voisins, en relation plus intime avec la partie supérieure du sternum. La trachéotomie eût été semée de dangers , la trachée devenait, on peut le dire, inabordable pour l'instrument tranchant, surtout à la partie intérieure de la région cervicale.

lib LAOftib TUOKACl^Lil:;. ^t213*

Jusqu'à (H^ésent je n'ai signalé que des aberrations portant sur le système vasculaire à sang rouge , ici se place un autre ordre de fiiits; je montrerai un vaisseau qui, bien que désigné sous le nom d artériel, puisqu'il en remplit les fonctions, qu'il est en réalité afFérent , n'en contient pas moins du sang noir. Ici l'essence de l'anomalie est dans la substitution d'un gros tronc artériel à un autre; l'anomalie a lieu entre des vaisseaux dissimilaires, eu égard à la différence du liquide qu'ils projettent. C'est à Taorte et à l'artère pulmonaire que je feis allusion, et le vice de conformation que je rappelle n'établit nullement un fait exceptionnel à la loi d'alfinité du soi pour soi, créée par notre excellent et vénérable maître E. Geoffroy-Sainl-Hilaire.

Un fœtus de sept mois et demi , atteint de spina bifida , de malformation de plusieurs parties du système osseux , m'a été remis naguère pour être étudié^ et voici les anomalies vasculaires qui ont été consta* tées (i). Le tronc de l'artère pulmonaire ne présente rien d'insolite dans son origine et sa direction , quoique ce vaisseau devienne plus tard le siège d'une double et singulière anomalie; l'une, relative aux branches qu'il fournit; l'autre, au mode de terminaison du tronc. Après avoir gagné la partie postérieure de Taorte et à une distance de 2 centimètres environ, l'artère pulmonaire , loin de se terminer en se bifurquant, donne à gauche une branche dont le volume égale les deux tiers du tronc lui-même; ayant fourni

(i) Ce fœtus offrant plusieurs vices de conformation , ma été apporté de Valparaiso , par le docteur de Gommeiras, chirur- (jicn de la marine royale, cl notre ancien élevé de Vftoole praticpie.

11^ MOHAhîBM

des rameaux au poumon de ce côté ^ elle se diri^ très obliquement en haut et à gauche, pour gagner -la partie postérieure de la bronché correspôndanle. Plus haut le tronc pulmonaire envoie à droite une autre branche, destinée pour le poumon , moins volumineuse que la précédente ^ et se distribuant de la même manière dans lorgane. Voilà déjà une variété ^ quant à la capacité des artères pulmonaires^ la droite étant habituellement plus considérable que l'autre. Cependant le tronc- pulmonaire n'a^ après rémission des deux lirtères^ que peu perdu de son calibre; il poursuit son trajet en avaîH et toujours sur un plan pos** térieur à Taorte. Parveim au niveau de langle de bifurcation des bronches» il se recourbe d'avant en ^rrière^ légèrement de droite à gauche, et re^t par la convexité de sa courbure l'extrémité de la crosse aortique, arrêtée d*une manière abrupte» De cette fusion opérée sous un udgle aigu^ à Tinstar des anastomoses par cou vergence i résulte un troué unique, dont la capacité est supérieure à celle dés dbux vatsr seaux piis isolément, mais moindre que celte des deux réunis. Ce trbuc se dirîge en bas, sur la ^rtie latérale gauche de la colonne dorsale, pour feonstituer Taorte thoracique ; celle ci, après avoir traversé l'ouverture du diaphragme, donne une artère volumineuse qui se rend à la masse iatjestinale et second tinue ensuite avec la crurale droite. Il est facile de se figurer la disposition de laorte; née en arrière de la précédente, elle se dirige en avant et à droite , se teèoïirbe àù-déssoùs d'elle pour former une véritable crosse qui se jette dausTartère pulmonaire ^ comme je viens de l'indiquer. Chez ce fœtus il n'existait donc

DE LAOETS THOAACIQUE. |tf

de Taorteque la portion ascendante et la crosse; de celle-ci se détachaient les vaisseaux qni en naissent habituellement. L*artère pulmonaire la remplaçait donc et représentait laorte tlioracique descendante el Fabdominale.

Quelque bizarre que semble d'abord ce vice de conformation, il n'est point sans analogue, et il place celai qui en est atteint dans des conditions physiologiques spéciales. Si la substitution de lartère pulmonaire à Taorte est peu importante chez le fœtus, puis* que dé\h elle est en communication avec elle, il eessie d en être ainsi pour la vie extra*utérine. N'en résultet-il pas une grande différence, quant à la nature du sang abordant à la tète, aux extrémités supérieures et inférieures? Sons l'influence immédiate de l'aorte, les premières reçoivent un sang plus riche, tandis qu'à une partie de la poitrine, à l'abdomen et aux membres inférieurs, se rend un sang mélangé et contenant beaucoup plus de sang noir, alora que c'est celui qui circule dans l'artère pulmonaire. Il est digpe d attention que, dans un des cas si rares d'insertion de l'artère pulmonaire sur les deux ventricules ^ on ait rcmcontré l'oblitération de l'aorte, après qu'elle avait dcmné les artères carotides primitives et les sous^ clavières. La pulmonaire la suppléait dans le reste de son étendue. Une plus récente observation a été insérée par M. te docteur Gibert, dans le Bulletm de Im Société anatomique de Paris, L'enfant, du sexe »as* culin , est né à terme et bien conformé , la couleur de la peau est violette, il maigrit et est oppressé, les mouvements du pouls sont précipités ; il succombe au bout du quatorzième jour; provenant diu ventricule

216 ANOMALItS

droit, le tronc pulmonaire s'incurve à yauche , après avoir produit les artères des poumons; il se continué le long du côté gauche du rachis se terminant en bas comme laorte descendante, dont il tient lieu, et se bihirquant en iliaques primitives. L'aorte est réduite à la crosse , d*où se détachent les vaisseaux qui en naissent naturellement.

Quand lartère pulmonaire est substituée à laorte, dans certaines régions du corps, on a établi d'une manière par trop absolue que les enfants ne peuvent vivre au-delà de dix jours (i). Sans qu'on puisse déterminer sa durée d'une manière aussi précise, on conçoit que la viene peut être que passagère , parce qu'il est indispensable de respirer, parce qu'il faut que la circulation veineuse et artérielle s'établisse, nécessité qui ne se rencontre plus dans la vie intra-utérine, où les aberrations qui plus tard doivent entraîner la mort n'ont aucun inconvénient.

Ce mode d'anomalie est-il susceptible de quelque explication vraisemblable? Pour cela il faut détacher son esprit des formes, des connexions, enfin des dispositions définitives de nos organes, pour le reporter sur ce qui se passe pendant les évolutions , les métamorphoses de l'embryon. Sans rappeler ce qui s'accomplit durant les premiers jours de l'animation du germe , sans parler de ces conduits vasculaires primitifs, de ces conduits appelés arcs aortiques et si transitoires, nest-il pas une époque où l'on voit distinctement l'artère pulmonaire et l'aorte confondue) dans un même tronc, ou plutôt où l'on distingue

(i) J.-F. Mei'kel, iWmoinectV,

UE l'aoKTE TUUKACigbE. 247

lartère pulmonaire venant dé Taorte? Que les couniuts sanguins précédant les vaisseaux qui doivent les contenir» éprouveot des déviations par suite de quelque obstacle ; que le développement trop précoce des organes voisins gène, annihile même une partie de Taorte, la pulmonaire, acquérant un volume considérable, se substitue à laorte. En défitinive, laberration consiste en ce que la grande artère est oblitérée dans une portion de son étendue et que Fartère pulmonaire la remplace.

L*étude des anomalies si fréquentes de l'aorte et des vaisseaux dont elle est Torigine conduit à une réflexion qui n'est pas sans intérêt : c'est qu'au milieu de tous ces vices de conformation , les gros troncs veineux, si voisins des artères, ne partagent point ces déviations du type normal.

I. artères bronchiques. — Si la connaissance des variétés du système artériel est plus difficile à acciuérir que celle de sa disposition normale, il en est tout autrement pour les artères bronchiques, dont Ruysch revendiquait la découverte en ces termes positifs : Hanc arieriam a nemine esse observatam^ intrépide affir* mo^ et cependant Érasistrate, Galien, Fernel, avaient fait mention de ce vaisseau avant l'illustre analomisle hollandaia.

Les artères bronchiques qui sont en i^pport de volume assez exact avec les bronches varient dans leur nombre, leur origine et leurs anastomoses. A l'état régulier on ne compte que deux artères, une de chaque coté. C'est après avoir colUgé et comparé vingt-cinq cas que Haller admet trois bronchiques , dont deux à gauche. Quelques auteurs en reconnais-

lit AKOMALIES

9toi quatre , qu'ils désignent sous le nom 4e supérieures et inférieures. Les premières, situées plutôt à gauche qu à droite , ne sont que des vaisseaux aberrants qu'il n'est pas ordinaire de rencontrer; ilspnvviennent de la sous-clavière, de la mammaire interne, de la thyroïdienne inférieure. Quant aux bronchiques inférieures, ou mieux encore bronchiques proprement dites , leur tronc est rarement commun. Elles émergent isolément de la portion réfléchie de lare aortique , en devant , sur les côtés , ou du point de jonction de la courbure avec l'aorte pectorale. Dans l'ico* nographie de Tiedemann , la bronchique droite est représentée sortant de la concavité de la crosse aortique. Il n'est pas rare de voir cette bronchique, toujours plus volumineuse que sa congénère , naître en communauté avec la première intercostale ou la deuxième; mais alors l'artère qui se rend à ta bronche est plus considérable que celle destinée à l'espace intercostal.

J'aboi^e un point délicat de l'histoire anatorûique des vaisseaux qui m'occupent, et qui est aujourd'hui encore un objet de controverse dont je me suis plus d'une fois préoccupé. Toujours pénible pour l'esprit, le doute le devient davantage quand il surgit dans une science aussi positive que l'anatomie, quand il faut le justifier pour le transmettre à ceux dont notre mission est de diriger les efforts et tl'éclairer les pre» miers pas. Cette réflexion m'est suggérée par les sen* timénts disparates qui régnent sur le mode de terminaison des artères bronchiques. Haller, Sœmmerring, Rersseîssen, affirment avoir vu, non d'une manière accidentelle, mais commune, de mamfesteê «oasm-

DE L AÔftTË THOKACIQUE. ^1^

ïboses entré les branches des artères bronchiques et celles de Tarière pulmonaire. Sœinmerring ne décrit-il poitit léâ niodes d'inosculaiion, et la contemplation âes planches de Ileisseissen (t) lais,se-t-elle aucun doute sur cette insolite communication de vaisseaut â âang rouge et â sang noir? En supposant ce fait aussi avéré que Tindiquent des hommes d'une imtnetiëé autorité, il vient détruire Tisolementdes deux circulations, consacré comme une sorte d axiome physiologique. Plusieurs de nos modernes . classiques fVan^ais se Contentent de reproduire l'assertion dès auteurs cités, sans approuver ou improuver-. Loin de iDdi la prétention de trancher une question qui reste incertaine; je dirai seulement le résultat àuqût^l je suis arrivé, comme étant, peut être, Texpt*èssion des fiiits les plus généraux. Je ne m'en suiâ pftS Ifàpporlë Seuletnent à ce que jVi étudié par moi<^ même; mettant à profit le zèle et le savoir de jeunes anatomistes placés près de moi , je les ai engagés & vérifier piar èui-mêmes. Avant de livrer cet article à riilipression , quelqties investigations ont été de noutêau pratiquées sous mes yeux, tantôt en injectant les artères bronchiques, laniôt en leS mettant à nu, ^anS me servir de Tinjection, et jamais nous ne sointnes parvenu à découvrir ces anastomoses si évidente^ pxyut d\intres.

J'extrais des notes rédigées par moi , bien antérieu- Irementà l'époque de ces recherches, les deux faits IttivàntÀ : sur un enfant mâle, né à terme, et mort une demi-heure après , dans un véritable état d as-

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phyxie, j'ai aperçu distinclemeiit un rameau de l'artère bronchique droite , accolé à nu conduit aérien , près la hase du lobe moyen du poumon , et envoyant des ramuscules aux parois d'une branche de Tarière pulmonaire qu'elle entourait d'élégantes arborisations; mais il n'y avait point d'anastomoses là où je les supposais d'abord.

Sur un matelot , qui par mégarde tomba dans la mer et n'en fut retiré que le second jour, j'ai démontré semblable disposition, encore sur le poumon droit : elle y était plus visible en raison du volume des vaisseaux. C'étaient de véritables artères nourricières , des vasa vasorum que la bronchique envoyait à l'artère pulmonaire, et je me suis assuré, enpoussant alternativement de l'air et de l'eau , que les artères étaient sans anastomoses En serait-on aujourd'hui à adopter, sur la noii-communicatioa des vaisseaux , l'assertion formelle émise, il y a près d'un siècle, par Wohlfahant(i)?

L'abouchement des vaisseaux artériels avec ceux contenant du sang noir, établissant physiologiquement un phénomène tout-à-fait exceptionnel, ne parait pas moins étrange au point de vue anatomique. Ceux qui ont Thubitude des dissections savent combien il est difficile d'injecter les artères des bronches jusqu'à la vésicule aérienne, tandis qu'on peut aisément, après une fine injection , poursuivre les vaisseaux bronchiques artériels sous la plèvre et dans le tissu cellulaire inter-lobulaire (2). Qu'on n'oublie point qu'un

(1) Haller. De bronchiis ^ vasisque broiichialibusy 174^* (a) (Test une (];ran(le difficulté, même à l'aide du microscope, rpre la démonstration du passage d*un capitluiix* bronchique dan&

DE l'aohte THOItA<iiyr;E. 221

lies camctères de lartère pulmonaire est de ne présenter d'anastomoses que vers sa terminaison. Enfin , le calibre des veines bronchiques est en rapport exact avec celui des artères de ce nom. Il faut néanmoins avouer que quelques conditions rares de malformation du cœur, d'ectopie des gros vaisseaux qui en naissent , conditions dont on ne saurait arguer pour reconnaître normalement Fanastomose en question, nous montrent les artères pulmonaires et bronchiques se suppléant mutuellement. Dans une observation due à Wilson, Fenfant ayant vécu sept jours, le cœur était réduit à une oreillette et à un ventricule; les artères et les veines bronchiques n'existaient pas. Chez nn individu afFecté de cyanopathie, Jacobson remarqua le peu de capacité de lartère pulmonaire, en opposition avec celle très considérable de i aorte.

nne radicule d'artère pulmonaire. L'anatoinie pathologique est-elle favorable à la communication de ces deux ordres de vaisseaux? On serait porté à répondre par Taffirmative en s*appuyant sur les injections de M. Schrœder Yan der Kolk. Quand , dans la phthisie, des masses tuberculeuses envahissant les organes respiratoires rendent les artères pulmonaires moins aptes à la circulation , Tanatomiste hollandais avance <)U*il s'établit un nouveau cercle circulatoire, dont le point de départ se trouve à Tartère pulmonaire , et la terminaison aux veines Ju même nom , passant par les artères et les veines intercostales. J*avoue que ce ^ait est Ténoncé d'une proposi» tion décidément anti-physiologique. On connaît sur le même sujettes travaux si intéressants du docteur Nat. Guillot. Cestau pourtour des tubercules qu'il a découvert un réseau vasculaire s'abouchant, non plus avec les extrémités de l'artère pulmonaire , mais avec les artères bronchiques dans les ras de non-adhérence et avec les artères intercostales, quand il en exi>te. Voir, pour de plus amples détails, Tarticle vHTnisiE, Dictionnaire de médecine ^ t. XXIV, p. Bi» et suivantes.

ii2 ANOMAUM

La pulmonaire , suivie dans le psrencbyipe 4## of* ganes respiratoires, s'anastoinosait avec les artèr^f bfODcbiquès très dilatée?, surtout à gai|che. WiniJpw a parlé de Tanastomose d'une artère broocbique avec lazygos. Bertin a rencontré la première s'inoscijilaiit avec une veine pulmonaire, et Â. Por]U)l dit quop a vu un rameau des artères bro^cbiques s^^na^^ tomosant avec uae branche de la veine coronaire droite.

Parmi les artères se distribuaql ^t m^ visc^rçi», soit aux parois tboracique^, les une^ M^^nf éif^P^ temem leur origine de laprte , \e$ m^iffi^ pr9yi#l)llfQ( d'une source différeote.

H. Jrtérfis thymiqu9$. — Le àé^v df vérito* fi^* taios faiti nouveau)^ avanc^^ par A^tWy Co<^>^^ 4^m sa spleodide monographie sur le thymus, m'a conduit à un ei^amen attemif d^ Forigioe «t da iBod« de àiê^ tribiiiioB des vaisseaux qui se rendent à ee eerps glanduleux (i).

A Tinstar des véritables glande$ qui §.ép^eq| iJl^ corp^y ^t élaboreot une humeur #pécial€ » l» Uifiwif » organe dont lexistence est temporaire , ne possède

(i) On sait que le grand cbirarçien d'outre-Mancbe admet ppvur chaque lubule tbymique une cavité remplie dVn fluide laiteux. Linjectiun de ces cavités semble avoir démon^iré , pour lui, leur succession le jonc d'un conduit sinueux.unique pour chacun des lob^ de Torgane. Astley Gooper suppose que les vaisseaux absorbants prennent ce liquide dans le réservoir pour le transmettre aux ^einç^ jugulaires internes, oy il sert à^la nutrition du foetus. D^s investigations patientes et répétées par d*autres sontloifi d'avoir conjuit a|^ même résultat, et le doute reste toujours sur les fonctions probables do thymus.

DE l'aOBTR THORACIQUE. tt%

pas ordinairement d'artères naissant imniëdiatement de Taorte. Maigre la difficulté de formuler ia règle an milieu des variétés , je dirai qu'une thymique émane de la mammaire interne , et cest la première branche quecelle*ci produit dans le thorax, branche parfois en communauté d origine avec la diaphragmatique su* périeure..Laihyroïdienne inférieure fournit ordinairement des rameaux au thymus , qui en reçoit aussi des bronchiques, médiastines, péricardiques. L'anomalie consiste surtout dans l'émission des bi*anches, se détachant de l'aorte ascendante ou de la concavité de sa crosse. Naibauër a suivi une artère thytmque naissant d'uae carotide primitive. Dans une hypertrophie du thymus dont un enfant de dix-huit mois, enlève par le croup , m'a donné l'exemple , j'ai vu une artère tbymique sortant de la Mus-clavière droite , mode lie naissance signalé par d'autres. Quant au aombre des artères thymiques , il s'élève jusqu'à S , et méoie au* delà^ d'après A. Ilaller.

m. Péîicardkfues. — Le péricarde Eût exception A la phipart des membranes fibreuses, dans l'orgamsatMMi desquelles entrent peu de vaisseaux sanguins. Us sont multipliés, mais ténus dans la poche fibro-séreuse contenant le cœur. Qui n'a vu sur des fœtus , morts dans un état de surcharge vasculaire, le péricarde recouvert de belles arborisations (i )?

( I ) J ai déposé dans le con^enratoin! de FÉcole le ccewr d*iin jeune hoiDinc de dix-hait ans qui succomba à une hydropéricarde, avec desbydntides du genre des acéphalocystes OYoïdes flottants dane le licpûde epancbë. Sur la ftbreuse rampaient des oapillaiies teUeoMOt nombreuK, qu*on anraitdit Qn« membrane vasoutaire superposa «o péricarde. Dans les péricardites 8ur-.ii§në«, les «

334 ANClMALlËS

Les artères péricardiques les plus constantes provieunent de la mammaire interne et de la thyroïdienne inférieure, il n est pas rare que la bronchique droite émette une péricardique postérieure. Le péricarde reçoit aussi des branches des thymiques, des médiastines et particulièrement des œsophagiennes et des intercostales. Il n^est pas rare d'observer des rameaux produits par les sous-clavières et surtout les cardiaques.

IV. Œsophagiennes. — On en compte de trois à six et] au-delà. L'origine la plus régulière se rapporte à Vaorte, au-dessous des artères bronchiques. Sur un sujet servant à mes leçons , les œsophagiennes y au nombre de trois, émergeaient de celle-ci. Il peut n'exister qu'un tronc oesophagien unique, mais d'un volume considérable, et c'est lui qui émet les autres œsophagiennes. J'ai vu ce tronc offrir 3 millimètres , tandis que le diamètre des artères œsophagiennes sortant de l'aorte dépasse à peine i millimètre.

V. Médiastines. — On divise ces artères, dont le nombre n'est pas fixe, en antérieures et postérieures; ces dernières sont plus considérables, et l'on comprend

pés clans Tepaisseur des pseutlo-membrnnes occupent une autre place; c*est entre les feuillets pariétal et viscéral de la screa.se qu'ils !:ont situps. D'ailleurs no sont-ils pas la traduction d'un acte morbide accompli alors que normalemf>ntle8 vaisseaux péricardiques se distinguent en dehors de la fibreuse, dans les replis pleuraux qui entourent la portion du péricarde correspondante au médiastin ? Le tissu cellulaire membraniforme où sont les vaisseaux offre une apparence musculaire ; et je présume que les libres regardées cotnme i-haruues par d'anciens anatomistes pourraient biçn n'être que des vaisseaux nombreux et très rapprochés. I /observation roicroftro* pique appuie cette opinion.

DE L*AORTE TIIORACIQUR. 22 S

parmi elles des branches provenant de la partie anté" rieure de Taorte thoracique, dont quelques unes se consument dans le médiastin postérieur, lorsque d autres se perdent sur les parois de Faorte. J'ai rencontré des médiastines postérieures en communauté d'origine avec des péricardiques.

VI. Diaphragmadques. — Indépendamment des artères de ce nom, dues à la mammaire interne, on en trouve d'autres que j'appellerai diaphragmatiques supérieures moyennes; néanmoins leur présence, qui a lieu à peu près une fois sur trois , constitue la variété. Ce sont les dernières branches sortant de l'aorte thoracique par sa partie antérieure. Ces ar* tères, oubliées par la plupart des anatomistes modernes, dit E. A. Lauth (i), ont été à tort décrites sous la dénomination de péricardio-diaphragmatiques ; elles se ramiBent à la partie postérieure des piliers du diaphragme. Il n'est pas sans exemple qu'elles naissent d'une intercostale. On ne doit pas confondre ces diaphragmatiques supérieures moyennes avec quelques artérioles que les œsophagiennes envoient au diaphragme.

VII. Artères intercostales postérieures. Les artères intercostales aortiques ou postérieures proviennent de la partie postérieure de l'aorte pectorale. Leur nombre ordinaire s'élève à neuf, l'intercostale supérieure fournissant aux deux premiers espaces intercostaux. Le tronc s'étend-il plus bas, il s'ensuit une diminution dans les intercostales inférieures. Sur un homme qui périt dans la force de l'âge, j'ai trouvé dix intercostales à gauche, tandis qu'à droite on n'en comptait que

(i) Afpm. de la Société dthîst nat. de Strasbourg, f, I, a* livraison.

huit. Il y a une évidente solidarité numérique entre les supérieures et les inférieures, et il ne faut pas oublier que quelques anatomistes considèrent la première lombaire comme une intercostale. La variété est ordinairement caractérisée ici par la diminution du nombre des vaisseaux plutôt que par leur augmentation. Sont-ils réduits à huit, même à sept, cette disposition dépend de ce qu'un même tronc envoie à plusieurs espaces intercostaux , ou de ce que la dernière intercostale natt de la première lombaire. Rarement les branches homonymes , des deux côtés, présentent une commune origine, aberration dont j'ai été témoin dans trois circonstances , et toujours pour des intercostales supérieures; alors c'est la branche inférieure qui est la véritable continuation du tronc. Gomme la avancé Meckel(i), jamais les intercostales ne se détachent de Taorte sons des angles droits. Les variétés de volume des intercostales se manifestent durant la lactation et portent plus spécialement sur les branches mammaires venant des deux premières intercostales aortiques, branches que M. Cruveilhier a observées du volume de la radiale. Rien n'est plus propre à donner une idée de la capacité vraiment extraordinaire des artères après l'oblitération d'un gros tronc , que la contemplation des intercostales à la suite de cet accident , accompli dans Taorte thoracique. J'ai eu l'avantage d'étudier un fait de cette nature, et je regrette encore que le hasard ait fait tomber cette pièce si intéressante dans des mains novices qui l'avaient dégradée, de manière à en rendre la

(i) Manuel d'anatomie générale^ descriptive et pathologique^ trad. par Â.-J.-L, Jourdan et G. Breschet, Paris, 1825, t. II, p. 4o9«

DE L^AORfB THORACIQUE. M?

conservation impossible. Sur le cadavre d une vieille femme phthisique, l'aorte était presque entièrement oblitérée au-dessous du ligament artériel. Je dis presque, puisque je pouvais encore introduire dans l'artère un tuy^u dp la diwppsio» de la springue d'Apel, Là où Tartère était froncée, op distingiiait des plis longitudinaux , sans vestige d un ancien coagulum , sans un atome de concrétion calcaire. Les anastomoses des intercostales aortiques avec les intercostales supérieures et les mammaires internes, et celles des mammaires internes avec les épigastriques, s'opéraient par des branches d'un volume plus que triple de celui qui leur est naturel. Les artères occupant les espaces intercostaux, contournées sur elles-mêmes et tourbillonnées, offraient un calibre énorme, principalement les supérieures intercostales aortiques. La seconde du côtédroit, mesurée, avaitune circonférence de 9 millipaètres. La région des c6te3 , en rapport avec ces énormes dilatations des intercostales, se montrait partout abrasée et amincie (i).

(i) Du peu de fréquence des anomalies , quant au mode de distribution des principales branches intercostalet , il résulte que Popération de Tempyème pratiquée suivant les rè^es de Kart n^expo^e guère à la lésion de ces vaisseaux. Que l'on me permette de mentionner un fait que je ne puis oublier, et qui offre quelque intérêt. En i836, me trouvant à Bordeaux, d'honorables confrères me prièrent de vouloir bien examiner avec eux un jeune marin italien. Je partageai leur opinion sur l'existence d'un %aste épancfaement dans la cavité droite du thorax , et, cédant à leur sollicitation, je pratiquai aussitôt l'empyème. Le cas était urgent , le malade étant en imminent danger de suffocation. L'ouverture du thorax donna issue à une abondante sérosité sanguinolente ; quelques assistants crurent officieusement à la lésion d'une artère intercostale. Ne partageant nullement cette crainte, je jugeai qu'une pleurésie aiguë

2ÎS ANOMAUKS

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