‹ Des anomalies artérielles, considérées dans leurs rapports avec laChapitre 7 sur 40 · DU TRONC MACHIO-CÉPHALIQUE · texte numérisé non relu

DU TRONC MACHIO-CÉPHALIQUE

cbocèle de la partie drmte du corps thyroïde, îl couvient» si Yon a recours à la pouctioa ou à TiiiGÎsiiN^» de se tenir en garde contre la variété indiquée (i). Par une assez triste compensation des dangers qui Ini sont inhérents, est-on conduit à tenler la l^g^ature du tronc innominé, ropératiou devient moins difficile^ et, le vaisseau découvert, il n'y a guère à s'y méprendre; la bifurcation s'effectuant très haut, on saisit lartère sans qu elle ait à subir ces tiraillements si souvent funestes ; enfin, la ligature se trouve placée à une certaine distance de laorte, et, certes, voilà quelques chances desuccès, si tant est qu une indication précise légitimi? lopération et qu elle réjississe un jour.

Envisagée au point de vue du diagnostic, Télévation insolite du tronc brachio-céphalique devient, dans quelques circonstances pathologiques, cause d'erreur : par exemple, qu'une tumeur anévrismale ayant déji acquis un certain volume existe non loin de la terminaison de Tinnominée et dans la direction de la carotide primitive, il y a lieu à é(|uivoque sur le véritable siège du mal, que Ton place assez naturellement vers lori* gine de la carotide; et si Fou porte une ligature audessous de la tumeur» c'est la carotide qu'on croira avoir embrassée , tandis qu'en réalité ce sera Tinnominée.

Assez fréquemment, le tronc braçhio*céplmlique dépasse un peu l'échaocrure sternale, sans toutefois qu'il y ait exagérauon dans le diamètre longitudinal du vaisseau, disposition qu'il importe de signaler comme fréquente chez la femme, et qui, en réalité, dépend moins de la longueur absolue de l'artère que de la

({) La vue et le toucher |)réierveront (]e tonte m^prist.

brièveté et de raplatissement de la poitrine en avant.

Sur deax jeunes filles , Tune morte d affection scrofuleuse, l'autre de pneumonie chronique, j'ai été frappé de la brièveté du sternum. Chez Tune, il n'avait pas tout-à-fait i6 centimètres, tandis que la longueur de l'artère s'élevait à 4 centimètres; sur lautre, Tes offrait I centimètre de plus, et l'artère seulement I millimètre : ainsi, chez le sexe , ta ligature du tronc brachio-céphalique deviendrait d'une exécution plus facile (i). Je ne balance point à publier une méprise que j'ai commise : voici dans quelles circodstances. Je fus consulté, il y a deux ans environ, par un de nos confrères, pour une femme mariée, âgéede trentedeux ans, et d'une bonne constitution. L'on distinguait et Ton voyait, pour ainsi dire, sous les téguments recouvrant la fourchette sternale, les pulsations de Tinnominée. Le sujet éprouvait, dit-on, des congestions cérébrales, et avait, depuis un mois, été saigné trois fois du bras. Ma première pensée fut de confirmer lopinion du médecin traitant; plus tard, de nouvelles investigations me firent remarquer le raccourcissement du sternum. Je reconnus mon erreur quant à la prétendue lésion organique artérielle : tout traitement fut cessé, la femme reprit ses occupations habituelles; mais il fallut quelque temps pour la convaincre qu'il n'y avait pas anévrisme.

Chez certains individus , l'artère , sans être accrue dans ses dimensions, vient battre au-dessus de l'é-

(i) Chez quelques femmes maigres et âgées, on perçoit assez distinctement les pulsations de rinnominér, plus élevée que de coutume, la tête légèrement fléchie et inclinée à gauche, en refoulant en avant vt à l'aidedes doigts l'insertion sternale d« muscle sierno-mastoïdien.

DU TRONC BRACHtO'CÉPHALiQUE. 49

cbancrure sus-stemale, surtout alors que la première pièce du sternum est plus courte que de coutume.

Faut-il rappeler que, chez les personnes avancées en âge, la dilatation du tronc brachio-céphalique, spécialement vers son origine, peut devenir considérable par la capacité augmentée du grand sinus de laorte, et dans cette circonstance , le tronc innominé bat plus ou moins haut, dans la région cervicale droite, quoiqu'une partie du vaisseau soit cachée dans le tboi*ax? L'on sait que la crosse aortique se rapproche du sternum en raison directe de lage. J ai mesuré comparativement plusieurs artères bracbiocéphaliques d adultes et de vieillards : le diamètre du vaisseau varie de i o à 1 2 millimètres chez les premiers, et pour les autres de 12 à 18 millimètres.

L'exagération de longueur du tronc brachio-cépha tique me conduit à signaler un état opposé de Tartère, géhre d'anomalie moins fréquente, il est vrai, que la première. Le vaisseau peut varier depuis 6 millimètres jusqu'à 7 centimètres, la largeur étant la même. La carotide primitive et la sous-clavière gagnent en longueu r ce que le tronc d'où el les viennent a perdu . Les rapports avec les parties voisines subissent des chan* gements : ainsi, le tronc veineux brachiocéphalique du côté gauche recouvre presque entièrement l'artère. Sur deux sujets où j'ai rencontré ce vaisseau , une fois long de 1 centim., l'autre de i3 millim., la veitébrale gauche, artère si variable dans son origine, naissait de la crosse aortique. Ici, la présence d'une tumeur anévrismale, développée près du lieu d'émergence des carotide et sous-clavière droites, induirait en erreur, quant au siège de la maladie, faisant rapportera Tinno-

SO ANOMALlElf

minée ce qui eicisterai tailleurs. La ligature de la bràchio-céplialique ne deviendrait^elle point impraticable à cause de sa brièveté? Et si Ion prétendait la lier, il est probable que le fil serait plutôt porté sur la carotide primitive que sur l'autre vaisseau.

Des observations assez multipliées attestent que le tronc brachio-céphalique peut manquer même des deux côtés et constituer une anomalie qui, loin d'être unique, en entraîne d'autres j et se confond avec les variétés d'origine isolée des carotide et sous-clavière.

Il advint, par un singulier hasard, que, pendant que je décrivais dans mes leçons la crosse de laorte, en rattachant à son étude les variétés qu'elle présente, on transporta à Tamphithéâtre le cadavre d'un enfant mâle, venu à terme, d'un beau développement, et qui avait succombé peu de jours après sa naissance (i). Je cherchai vainement Tartère innominée. Du point le plus saillant de la courbure de la crosse aoitique, visà-vis la trachée-artère, naissaient deux vaisseaux se portant directement en haut : c'étaient les carotides primitives, ne provenant pas immédiatement de l'aorte, mais d'une sorte de tubercule qui, certes, ne mérite pas le nom de tronc, puisqu'il n'offrait à peine que 4 milhmètres de longueur. A gauche, la sous-clavière de ce côté avait son mode d'origine accoutumé; tandis que la droite, dont nous parlerons plus tard, naissait de la partie postérieure de l'aorte thoracique.

Après de nombreuses recherches , je pense que la science possède des faits analogues à celui-ci, sans

(i) J'ai déposé la pièce (dans le Musée anatomique de notre ti- •ûlté.

DU TRONC BHACHIO-CÉPHALIQUE. Si

être peut-être identiques. Il en est utt , entre autres, qui a ]^tnd d'un trait de ressëiHbldhce avec Itii; on le voit représenté par Tiedemann (i) : il s'agit d'un fdétus dé huit mois, cMez le<|uel oh trouve Finveréiôn de 1 artère brachio-céphalique dônhant les carotide et âdus-clavière gauches. Ici, la sitnilitude âe trouve dans Térdergence de la souâ-clavière droite : j'ignore quelles étaient les connexions dans la pièce mentionnée par le professeur d'Heidelberg , car les artères figurent isolées et sans le cœur; tandis que, dans la dôtre^ là veine innominée existait avec ses rapports ordi naires.

Sur le corps d'un hotbme de clnquafite-six ans, j'ai constaté de nouveau la non-existence de lartère brftchio-céphahque ; les carotides primitives naissaient d'une sorte de tronc rudimentaire, long à peu près de 5 niinimètres. Quant aux sous-clavières, la gauche venait de la partie antérieure et supérieure de la croisé aortique ; la droite se voyait à 5 millimètres au-dessous de l'autre, et gagnait dans une direction transversale le membre supérieur. Comparant le dessiil qui retrace cette disposition à celui que Tiedemann a emprunté de Walter (2) , on est d'abord surpris de la parfaite ressemblance qui réunit cesdeu^t observations; mais, avec quelque attention , on saisit bientôt certains caractères différentiels. Ainsi, dans lanomalie rencontrée par le professeur de Berlin , les carotides prennent naissance d'un tronc distinct , et la manière dont la sous-clavière droite croise l'aorte n'est plus la même ;

(i) fahulœ nxUriaiQim^ pL 11.

(a) Planche II, n« 8.

dans le cas qui UOU6 appartient, les vaisseaux tendent à converger : la disposition contraire se remarque dans Fautre.

En résume, l'absence du tronc brachio-céphalique se présente ou complète, ou remplacée par une saillie peu marquée, un lé^jer relief, situé plus près du centre de la crosse, et pouvant être nommé bi-carotidieriy comme dans les observations que je viens de citer.

Raisonnant dans la pensée que la nature, lors même quelle s'éloigne le plus du type normal, ne perd jamais ses droits, mais conserve toujours quelque vestige de ce qui est ordinairement, prétendrait -on reconnaître ici une ébauche, un rudiment de lartère innominée?Il suffira de rappeler que les. vaisseaux qui en proviennent ne se distribuent nullement aux membres supérieurs , mais au cou et à la téte.,Je n'hésite donc pas à rattacher cette variété à la catégorie de celles relatives à l'absence du tronc bracbiocéphalique.

Deux fois j'ai rencontré ce qui a été indiqué par plusieurs anatomistes, c'est-à-dire deux troncs brachio-céphaliques, placés parallèlement sur la crosse de l'aorie, l'un à droite, l'autre à gauche , et dans cette dualité d'une artère ordinairement unique, il y avait rapport organique entre elles dans les dimensions comme dans le lieu d'émergence : chaque tronc produisait la carotide primitive et la sous-clavière de son côté. Cependant une telle disposition n'est pas la plus fréquente; quand il existe deux troncs brachio-céphaliques, le droit est le plus volumineux. Cette variété rappelle l'état normal de certains animaux, et semble,

Page 1