ANUJiALlLS
phyxie, j ai aperçu distinciement un rameau de l'artère bronchique droite, accolé à uu conduit aérien , près la base du lobe moyen du poumon, et envoyant des ramuscules aux. parois d'une branche de Tarière pulmonaire qu'elle entourait d'élégantes arborisations; mais il n'y avait point d'anastomoses là où je les supposais d'abord.
Sur un matelot , qui par mégarde tomba dans la mer et n'en fut retiré que le second jour, j'ai démontré seiQblable disposition, encore sur le poumon droit : elle y était plus visible en raison du volume des vaisseaux. C'étaient de véritables artères nourricières , des vasa vasorum que la bronchique envoyait à l'artère pulmonaire^ et je me suis assuré, en pous« sant alternativement de l'air et de l'eau , que le^ artères étaient sans anastomoses En, serait-on aujourd'hui à adopter, sur la non-communication des vaisseaux , l'assertion formelle émise, il y a près d'un siècle, par Wohlfahant ( i ) ?
L^ibouchement des vaisseaux artériels avec ceux contenant du sang noir, établissant pbysiologiquement un phénomène tout-à-fait exceptionnel, ne parait pas moins étrange au point de vue anatomiqqe. Ceux qui ont Thubitude des dissections savent combien il est difficile d'injecter les artères des bronches jusqu'à la vésicule aérienne, tandis qu'on peut aisément, après une fine injection , poursuivre les vaisseaux bronchiques artériels sous la plèvre et dans le tissu cellulaire inter-lobulaire (2}. Qu'on n'oublie point qu'un
(1} H aller. Dehronchiis^ vasisque brouchialibus^ i74^« (a) Cest une grande difficulté, même à Taicle dn microscope, que la <1«mon$trfitton <Jii : past^age d*un captAmn; broDchi^ns «Un?
DE h AOftTK THORACIQÎJF. 221
des caractères de l'artère pufmonaire est^e lie présenter d^anastomoses que vers sa terminaison. Enfin j le calibre des veines bronchiques est en rapport exac^t avec celui des artères de ce nom. Il feut néanhioins avouer que quelques conditions rares de malformation du cœur, d'ectopie des gros vaisseaux cjui en naissent , conditions dont on ne saurait arguer pour reconnaître normalement Tanastomose en question, nous montrent les artères pulmonaires et bronchiques se Suppléant mutnellement. Dans une obser\-ation due à Wilson, l'enfant ayant vécu sept jours, le cœur était fédùît à une oreillette et à un ventricule; les artères et les veines bronchiques n'existaient pas. Chez un individu affecté de cyanopathie, Jacobson remarqua le peu de capacité de l'artère pulmonaire, eh opposition 'avec celle très considérable de laorté.
wie radicale d'aHère palmondire, I/anatomie pathologique ést-elle favorable à la communication de ces ^eux ordres de vaisseaux? On serait porté à répondre par Paffirmattve en s'appuyant sur les injections de M. Schrœder Van der Kolk. Quand , dans la phihisie, des masses tuberculeuses envahissant les organes respiratoires rendent les artères pulmonaires moins aptes à la circulation , TanatoniTste hoUaodais avance qu'il &*éiablit un nouveau cercle circulatoire, dont le point de départ se trouve à l'artère pulmonaire, et la terminaison aux veines du même nom , passant par les artères et les veines intercostales. J'avoue que ce /ait est Ténoncé d'une propositîou décidément anti-physiologique. On .connaît sur le même sujet les travaux si inte'ressants du docteur Nat. Guillot. Cestau pourtour des tubercules qu'il a découvert un réseau vasculaire s'abouchant, non plus avec \es extrémités de l'artère pulmonaire , mais avec les artèrrs broiicbiques dans les can de non-adhérence et avec les artères intercostales, quand il en existe. Voir, pour de plus amples déiaiLs, Tarticle VHTmgiB, Dictionnaire de médecine ^ t. XXïV^ p, 3ia e{ suivant!^.
333 ANOMAUES .
La pulmonaire , suivie dans le parenchyme des or- Ç9nes respiratoires, s'anastomosait avec les artères bronchiques ti es dilatées^ surtout à gauche. WinUow 9 parlé de lanastomose d'une artère bronchique avec 1 azygos. Bertin a rencontré la première s'inosculant avec, une veine pulmonaire, et A. Portai dit quoii a vu un rameau des artères bronchiques s'anastomosant avec une branche de la veine, coronaire droite.
Parmi les artères se distribuant soit aux viscères, soit aux parois thoraciques, les unes tirant directement leur origine de l'aorte » les autres proviennent d une source différente. ^
II. 4nères thymiquts. — Le désir de vérifier pertains faits nouveaux avancés par Astley Cooper, dans sa splendide monographie sur le thymus, m'a conduit à un. examen attentif de Vorigiae et du mode de dis* tribuiion des vaisseaux qui se rendent à ce «orps glanduleux (ï).
A Tinstar des véritables glandes qui séparent du corps, et élaborent une humeur spéciale, le tliyouis, organe dont lexistence est temporaire , ne possède
(i) On sait que le grand chirurgien d'outre-Mancbe admet ponr cbaque lobule ihymique une caviië remplie d'un fluide laiteux, L*in* jection de ces cavités semble avoir démontré, pour lui, leur saccession le long (i*un conduit sinueux unique pour chacun des lobes de l'drgane. Astley Cooper suppose que les vaisseaux absorbants prennent ce liquide dans le réservoir pour le transmettre «lux veines jugulaires internes, où il sert à la nutrition du fœtus. Dçs investigations patientes et répétées par d'autres sont loin d*avoir conduit au même résultat , et le doute reste toujours sur les fonctions probables du thymus.
DE L^AORlrB THOBACIQUE. SSt
pas ordinairement d'artères naissant immédiatement de laorte. Maigre la difficulté de formuler la règle au milieu des variétés , je dirai qu'une thymique émane de la mammaire interne , et cest la première branché qiiecelle«ci produit dans le thorax, branche parfois en communauté d'origine avec la diaphragmatique supérieure. La thyroïdienne inférieure fournit ordinaire* ment des rameaux au thymus, qui en reçoit aussi des bronchiques, médiastines, péricardiques. L anomalie consiste surtout dans l'émission des branches, se détachant de l'aorte ascendante ou de la concavité de sa crosse. Neubanèr a suivi une artère Uiytnique nais* sant d^une carotide primitive. Dans une hypertrophie dutbymus dont un enfant de dix-huit mois, enlevé parle croup, m'a donné l'exemple, j'ai vu uue artère thymique sortant de la sous-clavière droite, mode de naissance signalé par d'autres. Quant au nombre d^s artères thymiques, il s'élève jusqu a 8, et même audelà , diaprés A. Haller.
HI. Péricardiques. — Le péricarde fait exception à la plupart des membranes fibreuses, dans l'organisation desquelles entrent peu de vaisseaux sanguins. Ils sont multipliés, mais ténus dans la poche fibro-séreuse contenant le cœur. Qui n'a vu sur des foetus, morts dans un état de surcharge vasculaire, le péricarde recouvert de belles arborisations ( i ) ?
( 1 ) J'ai déposé dum le consenratoire de l'École le cœur d'un jeaoe homme de dix-kait^ans qui succomba à une bydropéricarde, avec <les hydatides du genre des acéphalocystei ovoïdes flottants dans le liquide épanché. Sur la fibreuse rampaient des capillaires tellement nombreux, <|«*on aurait dit une membrane yascnlaire superposiie au pf^rir^rde. Dans les péricardites siir-ai^cs^ les vaisseaux dévelop-
324 ANOMAUM
Les artères péhcârdkpies les plus consiantes proviennent de la mammaire interne et de la thyroïdienne inférieure, llfi'estpas^rare que la bronçliique droite émette une péricardique postérieure. Le. péricarde reçoit aussi des branches des thymiques, des médiastines et particulièrement des oesophagiennes et des intercostales. Il n'est «pas rare d'observer des rameaux prckluils par les sous-clavières et surtout les cardiaques. ^ «
IV. Œs&phagiennes : — On en compte de trois à six et' au-delà. L'origine la plus régulière* se rapporte à Faorte, au-dessous des artères bronchiques. Sur un sujet servant à mes leçons, les œso|>hagiennes , au ïiombre de trois, émergeaient de celle-d.' Il peut n'exister qunn tronc œsophagien unique, mais d'un volume considérable, et c'est lui qui émet les autres cesophacjiennes.' J'ai vu ce tronc offrir 3 millimètres, tandis que le diamètre des artères oesophagiennes sortant de l'aorte dépasse à peine i millimètre.
V. Médiastines, "^On divise ces artères, dont le nombre n'est pas fixe , en antérieures et postérieures; ces dernières sont plus considérables , et l'on comprend
|jéë dans Fepaisseuf des pseudo-Diembranes occu|}eDt une autri; place ; cest entre les fetiiVcts pariétal et viscéral de la séreuse qu'ils sont situés. D'ailleurs ne sont-ils pas la tradtiction d'un acte morbide accompli alors que normalement les vaisseaux péricardiques se distinguent en dehors de la fibreuse , dans les replis pleuraux qui eutonrent la portion du péricarde correspondante au méiliastin ? Le tsvnt cellulaire membcairiCerme où sont les .vaisseaux of^e une apparence moscttlaire; eC je pr^snmc que Jes fibres cegardées comoie rJuiniues par d'anoiens onatontstcs pourraient bien n'être que des vaisseaux nombreux et très r»pprockés. L'obserratMn fnicdoscopiqiic .tpptiie celte opinifNi.