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à la longue presque à sa rectitude naturelle, laissant peu de traces d'un mal aussi grave; et cependant, après ce changement heureux , Taorte reste toujours infléchie; j'ai placé dans notre musée une pièce de ce genre, pour servir comme de spécimen anatomopathologique. J'ai étudié, avec notre Delpech, plusieurs faits semblables. Il en est un, entre autres, que, dans son Traité d'or thomorphie^ l'illufitre chirurgien de Montpellier a décrit en ces termes : «Tous les disciples de cette école ont examiné avec nous une colonne vertébrale appartenant à un sujet affecté de diKbrmité, dans les vertèbres du bas de la région dorsale et de toutes les lombaires; les fibro-cartilages intervertébraux, d'abord engorgés, s'étaient atrophiés: cependant , considérée par la région postérieure , Tépine ne présentait presque pas de marque de difformité. L'artère aorte et la veine cave inférieure étaient fixées de plus près qu'à l'ordinaire, au-devani des vertèbn s jadis malades, ou mieux à la couche fibreuse recouvrant la portion de l'épine, où les formes étaient altérées. Les deux vaisseaux offraient dans leur longueur des inflexions latérales parallèles à celles de l'c^pîne même, comme elles an<;uleuses, mais bien plus étendues. Les déviations de l'artère et de la veine témoignaient que celles de Tartère avaient été plus considérables ; mais comment est-il advenu que les deux vaisseaux aient suivi les vertèbres déplacées et conservé toute 1 exagération des premières courbures? Pour concevoir ces phénomènes , et bien que Tessence de la maladie n'ait pas été inflaminatoire, force est d'admetlpc que la lésion de l'épine a provoqué un degré quelconque d'inflamuiation qui a iHii
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les enveloppes fibreuses aux parties adjacentes, spécialement aux deux vaisseaux. Dès lors ceux-ci ont dû suivre le destin de Tépine , et tandis que les vertèbres profitaient d'une certaine réduction , les vaisseaux conservaient leur courbure vicieuse, assujettis qu'ils étaient par les points d adhérence devenus désormais invariables. »
Cette digression, signalant un état pathojogique particulier de Taorte, lui-même consécutif à la lésion d*une partie plus ou moins étendue du rachis, n*est pas , comme il le semblerait d'abord , étrangère au but essentiellement pratique que je me suis proposé: ainsi , de nos jours , n'oppose-t-on pas aux métrorrhagies la compression de l'aorte ^ exercée sur la région lombaire, à travers les parois abdominales; et sans accorder d'une manière absolue à une telle méthode hémostatique la confiance qu'elle inspire à d'habiles praticiens, il y a nécessité d'y recourir, alors que l'on doit peu compter sur les autres moyens. Dans la circonstance de ces courbures nortiques accidentelles et permanentes dont je viens de parler, ou encore dans l'ectopie de l'artère, occupant à droite la place de la veine cave inférieure, la compression perd de son efficacité , puisque l'axe du vaisseau doit être fixé sur le plan latéral gauche des vertèbres lombaires, et d'autre part les rapports nouveaux établis entre l'aorte et la veine cave font que la puissance mécanique porte simultanément son action sur les deux. En supposant même accompli ce qu'il importe surtout d'obtenir prorapteiDent, je veux parler de la suspension de l'hémorrhagie , n'a-t-on point à redouter les congestions sanguines, l'hypérémiç et
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d'uutr€S accidents? C'est toujours une factieuse né* cessité que de comprendre Taorte et la veine cave inférieure dans la même action compressive, et pour empêcher une hémorrbagie utérine , il importe aussi de ne pas mettre obstacle au retour du sang, vers les parties supérieures, en agissant mécaniquement sur les troncs veineux abdominaux.
Convient-il, à l'occasion des incurvations de l'aorte abdominale consécutives au rachitisme, par exemple, et entraînant Fadhérence du vaisseau aux vertèbres lombaires , de dire que cette disposition serait une difficulté de plus à vaincre pour isoler le vaisseau, Tembrasser par une ligature, s'il s'agissait d'une opération que la nécessité et l'inspiration du génie chirurgical pourraient ne pas pleinement justifier? Jusqu'à ce jour restreinte, en quelque sorte monopolisée dans la Grande-Bretagne, cette opération ne semble pas être importée dans notre France, sans que décidément il y ait trop à s'en plaindre , et bien que la ligature de l'aorte abdominale prolongeât, dit-^n^ de quarante heures la vie de celui sur lequel le célèbre Â. Cooper pratiqua la première tentative de ce genre : deux autres opérations furent plus incessamment mortelles ( i ). ^
(i) Admettre que le corps humain est une vaste anastomose; apprécier les faits qui ne laissent aucun doute sur la possibilité d*une drcnlation collatérale après Toblicération presque complète de Taorte abdominale et par la seule puissance de la nature; tenir compte de quelques succès obtenus sur des animaux après la ligature du vaisseau : voilà , il t-'aut l*avouer, autant de données qui , prises même collectivement, n'ont peut-être pas assez de valeur pour légitimer une opération tout au moins téméraire Un des hommes qui ont puissamment concouru à nilustration de la chi-
Parmi les artères dont Tinsertion sur 1 aorte abdominale constitue une singulière variété , il en est une que je ferai connaître avec quelques détails empruntés à M. Naugears^ qui, en Taux, publia l'observation dans le Journal de médecine et chirurgie de Corvisart et Boyer. L'auteur, dirigé par le docteur Jadelot , préparait sur le cadavre d'un enfant de sept ans les artères,
raiig;ie française ^ Delpecb^ «exprimait ainsi Uaos le Mémorial des hépitaux du Midi^ à Toccasion d*an article communiqué par moi sur la guérison spontanée d*un anévrisme poplité : « Ce sont des faits de cet ordre qui souienaienl le courag^e du plus célèbre cliîrar> gien de F Angleterre, quand il osa se frayer une voie à trareis les viiçèras et chercher de nouvelles ressources dans la ligature de l'aorte abdominale* Cette belle entreprise est peut-être un écart; mais, à coup sûr, c'est celui d'un homme de (][énie profondément versé dans l'observation de la nature. » Et notre Delpech aussi appe. lait de ses vœux «me circonstance qui autorisât seua le double rapport de l'hunanit^ et de la science «ne semblable énormité opérsitoire. S'il IVût pratiquée, on eût pu lui appliquer avec justice ce qu'il écrivit de son émule d'outre-mer.
Une réflexion naturelle se présente à l'esprit, lorsqu'on songe aux trois seuls cas connus, c'est que le danger de l'opération ftiitoiUtt»' si une telle entrepri^ie chirui^gicale est rationnel lement indiquée» M, Malgaigne, dans son Mémoire sur l'anévrisme de la r^iôn in«guinale (*}, prouve le contraire Je comprends et partagée le sentiment qui le domine, quand, rappelant une tentative de ce genre faite par Murray au cap de Bonne-Espérance, en i834) et sur qb mtX^ heureux n'offrant aucune chance de salut, il proteste en ces termes éneiigiques contre une telle barbarie : « Un Malais ^ Va^oeie \ Rs<- |»é«iit-il Ici rendre la vie en liant l'aorte? Ije membre déjà gai»l^ené! Pe«isait'>on arrêter la gangrène? Je cherche en vain ee <|iie le chirurgien prétendait faire, sinon une misérable expérience sur cet agonisant, afin «ans doute d'attacher soa triste Aom k l'histotre d'une opération excentrique. Considérons donc désormais it ligature de l'aorte comme l'erreur d'un grand talent, et rcieUoas4a y moi us lencore à cause de son danger ^iie de «on ia«tiUté. •
'(*; Jonmtti tte ckina'gie , Wvrîer H!t|§.
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quand il en découvrit une considérable, qui, au premier aspects lui parut n'être qu'une diaphragmatique d'un volume extraordinaire. Bientôt il reconnut son erreur I et s assura que lartère naissant, en haut, en avant ei à droite, de laorte abdominale, était en réalité étrangère au diaphragme, quelle pénétrait dans la poitrine , s'y divisait en deux grosses branches, se distribuant aux poumons. Le vaisseau surnuméraire avait un diamètre de 5 millimètn^s, tandis qu'à l'endroit où il émergeait de laorte , il a'excédait pas I centimètre. Très rapproché du tronc cœliaque , il remontait entre l'aorte et l'cBsophage pour donner, à k millimètres environ de sa naissance , la sous^dia^ phregmatique droite. C'est par louverture œsophagienne du diaphragme que l'artère anormale pénétrait dans le thorax , et là se partageait en deux branches, du diamètre de plus de 3 millimètres ; courbées ver6 lé poumon i elles se dirigeaient obliquement sous un angle à peu près droit. Moins volumineuse que là branche gauche f mais plus longue, la droite s'inofôduiaait dans la pairie intérieure et postérieure du pou>mon de son côté, se consumant dans le lobe inférieur, par deux raoufications principales^ La branche gau«che suivait dans Torgane pulmonaire correspondant la même distribution. Aucune veine n accompagnait ces artères.
Quant à l'artère pulmonaire normale, on remarquait seulement que sa branche gauche était d'uft moindre calibre qu'à l'ordinaire ; mais aussi, en compensation, l'artère provenant de l'aorte et gagnant le poumon gauche était volumineuse. Ce qui est enfin digne d'attention , c'est que le tronc de l'artère puimo»
naire , distendu par une injection , a permis de distinguer plusieurs anastomoses évidentes entre les pulmonaires normales , que par leur position on peut nommer supérieures et inférieures ou surnuméraires. Les veines pulmonaires , comme les artères bronchiques , n'offraient rien qui méritât d'être noté : seulement, le volume et la longueur des poumons avaient quelque chose d'extraordinaire.
Je m'abstiens de réflexions sur ce cas de communication directe entre une portion du système vasculaire à sang rouge et du veineux. On le sait, ce mélange des deux sangs s observe quelquefois dans une plus grande étendue et par des voies plus larges, sans apporter de trouble dans la circulation générale. Na-t-on pas avancé que des artères bronchiques s'anastomosent avec des ramifications de lartère pulmonaire?
il est une anomalie , relative à la veine cave inférieure, que je ne dois pas omettre de rappeler, puis- (|u elle intéresse sa connexité avec l'aorte. J'emprunte ce passage à M. P. Robert, que je cite textuellement: à l'instar de l'anomalie que présente l'aorte, on trouve aussi la veine cave inférieure se divisant sur 1 articu* lation de la première avec la deuxième vertèbre lombaire. Zagorskhy en cite un cas où les veines qui se rendent ordinairement à la veine cave en cet endroit, telles que les rénales, les spermatiques , etc., débouchaient dans les veines iliaques primitives.
Si, à Texemple de sir Aslley Cooper, on voulait tenter la ligature de faorte sur un sujet offrant cette variété, il se pourrait quon ne liât que Tartèreet la veine iliaque primitives.