CHAPITRE XI
ANOUUIIS Dl LU&TtRB FSUORiLK KT DIS JMANCUS
QUI EN NAISSBNT.
i I. Art^rt fémorale.
Intermédiaire à Tiliaque externe et la poplitée, Tarière fémorale (i) s'étend de la partie inférieure du ligament de Fallope jusqu'au lieu où elle pénètre dans l'anneau du troisième adducteur, ou du corps du pu-
{x) G090ti9 médwU é/9 P^m^ n* XXf war« 1 844* (i) Il serait plus rationnel, si Pusage n*avait ici, comme en beaucoup d'autres choses, force de loi , de dénommer, à Finstar de Murray {Descriptio arUriarum eorporh humant^ in tab. redaeta, p. ii$j
DE L^AàTÈRE PÉMORALfi. I^St
bis, m tli^H hi(ëri!&ur de ifl cuisse. La directioi) du vai»l«au oblique de haut en bas, de dehors en dedanéj d'avant en arrière , est représentée par une ligne spî* roïde à Taxe du fémur, disposition qui admet peti d*exoeptions. Ainsi, dans sed rapports avec eet os, Tartère en haut est située en avant de lui , sfu milieu, vers son côté interne. Elle se porte en arrière , là oti elle perd son nom , pour prendre celui de poplitée, connexion que Ton doit se rappeler quand on veut comprimer la fémorale. Ses rapports avec la Veiné rarieilt suivant la région du membre où on leâ examine. C'est ainsi qu'au tiers supérieur la veine occupe ie côté interne de Tartère, empiétant parfois sur sa partie antérieure, Surtout dans l'âge avancé. A une distance de 54 à 68 millimètres de larcade crurale, la veine est accolée en arrière à l'artère, et tetîd tou*jours, à mesure qu'elle descend, à se rapprocher du côté externe du fémur. Sur trois cadavres, et des deujt côtés , j'ai été à même de constater que la veine crurale se trouvait tont-à-fait postérieure à l'artère, et cela dans l'étendue des deux tiers supérieurs Ab, membre (i).
La veine est contenue dans la même gaine que
Leîpsik, 1794)9 tronc fémoral ou crural, le vaisseau depuis la terminaison de l'iliaque externe juSqu^il la division , en fémorale superfieielle et fëmonik profonde.
(i)Le 37 janvier 1 839, me trouvant à rhôpital de Ntmet,j'ftiftit^ tai à une ligature d'artère crurale, pratiquée par le docteur Pkindoux, dans le triangle in(;uinal. Le malade, qui était jeune, portait à la partie inférieure de la cuisse une tumeur anévrismale , suite d'iiiie blessure datant de trois mois. Je fus surpris de l'épaisseur et du développement des parois de la veine dévjée en dehors. L'habile chirurgien ne s'y trompa point: après avoir isolé les deux vaisseaux^ il étreigait Fartère dans la ligature.
mO ANOMALIES
Tartère; mais il arrive, comme j'en ai été témœn une fois et sur le corps d'un vieillard, qu à S i millimètres du ligament de Fallope, la veine (côté gauche) s'écartait d'elle, traversait obliquement le moyen adducteur, et gagnait ensuite la région postérieure de la cuisse. M. Velpeau rapporte un semblable exemple (i). Cette variété serait fieivorable dans le cas de ligature de Tartère crurale ; mais, par compensation , une lésion traumatique au tiers interne de la cuisse entraînerait une hémorrhagie veineuse abondante.
L'on a signalé la dualité de la veine fémorale, lartère étant unique, comme la représente R. Quain (a). Les deux veines constituant l'anomalie se réunissent à peu de distance du ligament de Fallope, pour former un seul tronc ; lartère est entre les deux veines • plus voisine de l'interne. Dans un axitre cas de dupli'^ cité de la veiné (même planche, figure 2), l'artère restant simple, le tronc veineux résultant de la fusion des deux vaisseaux, recouvre une petite portion de l'artère. En ces deux circonstances, la saphène interne débouche dans la crurale, au-dessus de l'endroit où elle reçoit les veines en question. Elles sont indépendantes l'une de l'autre , ou , communiquant entre elles, elles enlacent lartère d'un réseau dont les branches seraient nécessairement divisées, s'il s'agissait de mettre à découvert et d'isoler la fémorale superficielle,
La fig. 5 de la même planche montre, avec l'unité de la veine fémorale superficielle, quatre rameaux se détachant de sa partie antérieure pour aller se jeter
(i) Anat, c/iirur.) a* é<]it,, t. II, p. ^49*
(a) The anatomy ofthe arterits. Pi. LXXIII, fig. 3.
DE LARTÈAE FÉMOBALE. 341
dans son côté postérieur. Ils forment des portions de cercle, et circonscrivent Tartère dans les deux 'tiers inférieurs du triangle inguinal.
Vers le bas de la cuisse, il nest point rare quune veine, plus petite que la crurale, Taccompagne, se plaçant entre elle et lartère , variété indiquée par le docteur Manec (i); comme la fait observer le profesleur Cruveilhier, il existe, vers la moitié ou le tiers inférieur de la cuisse , un ou deux canaux veineux collatéraux, très valvuleux, marchant parallèlement à sa direction , et auxquels aboutissent des branches de communication venues de la saphène interne et des veines musculaires.
Vers son origine, Tartèrë fémorale superficielle n a point de connexion aussi intime avec le nerf qu avec la veine. Émané du plexus lombaire, on le voit d*a* bord en dehors du tronc artériel , sans être contenu dans la gaine des vaisseaux fémoraux, dont le sépare laponévrose iliaque. Faut -il rappeler qu'arrivées sous le ligament de Fallope les branches nerveuses , dont la réunion constitue le crural , deviennent divergentes? A quelque distance du pubis, le grand nerf saphène s'isole des rameaux cruraux, se rencontre en dehors et en avant de lartère , qu'il n'abandonne qu'alors qu'elle s'engage dans l'anneau du grand adducteur. Sauf quelques légères variations , ces rapports ne laissent point que d'être assez constant^. L'on peut voir, planche XIII de notre atlas , la représentation d'une anomalie aussi curieuse qu'importante, relative à la position du nerf crural, anomalie
(I) Voir Traité théorique et pratique de la ligature des artères. Varii^f i833, in-fol.^ pl« X.
découverte sur W corps d*un jeune homuie injecté jlQUr des préparations anatoqiiques. G est non loin du ligament de Fallope qtie l'artère fémorale superficielle émet la profonde; mais au lieu d occuper sa situation naturelle I en dehors du vaisseau , le nerf crural droit ist déjeté en dedans , entre la veine et Fartère, qui, pfès de lareade, émet la profonde* L artàre épigastriqua 30 détachant ici de la fémorale superfidelie, croiie en traver» le nerf crural, dont Fectopiene déjpmd nullement d un changement dans les rapports da Tartère ou de la veine satellite , puisqu'ils n'ont point éprouvé la moindre inversion. Celle du nerf deviendrait embarrassante, dans la ligature de la erurala à son tiers supérieur* Quand on découvre ce WMeaUi le9 rapports n'étant pas intervertis» et que Von tombe «ur le ni^rf crural ou ses divisions , c'est alon au coté interne de l'incision qu il fout porter 9es recherches « pour arriver à lartére, tandis quici die était du côté opposé , e'eal^à<dire en dehors du nerf; en dedans , on était sur la veine : une lame fi3>reuse épaisee eéparait le nerf des vaisseaux cruraux.
8H1 est un muscle qui , par sa connexité avec ime artère» mérite le nom de satellite, c'est sans doute le noutuiîeri guide assea fidèle quand on pratiqua la Ugeture de la crurale dans diverses régions de la euisseï il est néanmoins dévié dans sa direction, qui peut être plus oblique de dehors en dedans, de telle manière qu il dinsintie beaucoup la largeur et la longueur du triangle inguinal, recouvrant la orurale dans une étendue insolite.
C'est ainsi que, pour la saisir, il serait nécessaire de déjeter fortement le muscle en dehors , ou mieux
OE L A^llUlK FÉMORALE. |fc|
peut'étr^ d€ le couper ea travers, tandis ^m ordinairémwt on est dirigé par Je bord interne que côtoie U fémorale* Je ne connais qu'un exemple de cette déviation extrême, et il est figuré dans la 4* figure de la 74* planche de R. Quain, T^ fait est d'autant plus intéres* sant qu'il me paraît la conséquence d'une vériiable hypertrophie du couturier.
Doit^n faire figurer parmi les anomalies de lartèrf fémorale superficielle les exemples consaorant sa dua* litéf exemples qu'il faut se garder de confondre avec ceux autrement fréquents de la fémorale profonde, naissant très haut, méprise dont n'ont point été exempts Morgagni , Haller et Sandifort. Ces prêtent dues artères crurales surnuméraires ne sont en réalité qu'une continuation de la profonde, laquelle, après avoir donné les perforantes ^ conserve un volume suffisant pour descendre au-desstis du genou, il y a lieu néanmoins d'admettre deux catégories, l'une embrassant les cas où la grande fémorale est réputée double, l'autre ceux concernant la profonde, avec émergence beaucoup plus haut qu'à l'ordinaire.
La première série se compose de rares observations, Tune due à Quain, planche 7 1> figure a. Vers le sommeit du triangle inguinal droit , la fémorale superficielle, après avoir fourni la profonde, se divise en deux artères d'égal volume et à direction parallèle. L'interne reproduit les rapports naturels du vaisseau avec sa veine satellite, tandis que l'externe conserve les relations que la fémorale affecte avec le muscle couturier. Ces deux artères descendent dans un contact immédiat, jusqu'au tiers inférieut* de la cuisse, où elles se réunissent, constituant, par cette fusion,
ihb AROMALIES
l'anîté naturelle du vaisseau. Une fois seulement , et sur un nombre de douze cents cadavres j le professeur d anatomie au Collège de Londres a été témoin d^une anomalie vasculaire de ce genre. Il en cite cependant quelques autres « l'une décrite par Houston (i); Faiitre, recueillie par Tyrell , relative à un fœtus , est inédite. L'observation la plus remarquable, je l'emprunte àCbarlesBell (3}. Un nègre de quarante-cinq ans portait un anévrisme poplité, dont les battements se suspendaient par la compression exercée sur la^crurale, dans la région inguinale, alors qu'ils persistaient si on la pratiquait à la partie moyenne du membre. On reconnut à l'opération qu'il existait deux fémorales ; une seule fîit comprise dans la ligature; les pulsations <X)ntinuèrent à se Caire sentir dans la tumeur jusqu'au troisième jour, et disparurent spontanément. Des accidents du côté de la poitrine amenèrent la mort le huitième jour de l'opération. L'examen de la cuisse montra deux crurales superficielles méconnues jus* qu'alors ; une seule avait été liée. L'anévrisme contenait des masses fibrineuses, ne recevant plus de sang liquide. Il a été évident que la circonstance exceptionnelle de deux crurales n'a exercé ici aucune influence sur le sort de la tumeur anévrismale,qui était en voie de guérison. En telle occurrence, reconnaissant la présence de deux vaisseaux , et leur rapprochement facilite cette découverte, il faut sans hésiter intercepter la circulation dans chacun des troncs.
L'exposition de ce mode d'anomalie montre que
(1) Dublin hospital reports and communications in mfdicine and surgery^ 1 887, uoL 4*
(1} Lonjon mtdicai and physicalJournaL Vol. 56, an. i836.