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CHAPITRE IIL

aNOMALIBS des artères carotides PRIMITIYES ET DES RRANCHBS QUI EN PROVIENNENT.

La ligature de la carotide primitive a pris rang parmi les conquêtes de la chirurgie moderne, et bien que de nombreux succès aient couronné cette opération, nullement innocente parelle-méme, n'en aurait-on point aussi abusé? Elle ne sera sans doute pas imitée , la conduite plus que hardie de M. Preston, qui a lié la carotide primitive dans Fespotr de guérir une hémi-

t. VIII, pag[. ()63 et sniv.). Quant aux observations de M. Liston (Annales de la chirurgie^ Paris, i84a) t. VI, pag. 385^ et du chirurgien hollandais M. Nieps, invoquées par ceux qui ne veulent ici lier qu'un vaisseau, sans trop justifier la préférence accordée à Tnn plu* tôt qu*^ Tautre, je répéterai que quand Finnuminée est anévrismatique, une de ses branches peut être oblitérée par la seule compresftioB de la tumeur. Je suis autorisé à teuir ce langage, alors que j*ai rencontré une fois la sous-clavière imperméable au sang; dans une autre circonstance, c'était la carotide piimitive; mais il faut convenir que le plus souvent il n*en est pas ainsi, et que les deux conservent leur calibre et offrent même une dilatation vers le lieu de leur naissance. Cependant, Valentin Mott a guéri, par la seule ligature de la carotide primitive, un anévrisme de Tinnominée ' The American Journal of the médical sciences^ Rebnay, i83o). Fearn a traité avec succès un anévrisme du tronc innominé, par la ligature des artère:» carotide primitive et sous-cHx'ière {Gazette médicale, t. VIII. 183^, !!• i6.

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plégie, oubliant que cette affection est quelquefois la . conséquence de Topération. M. Liston mérite encore le même blâme pour avoir osé porter un fil sur ce vaisseau , dans un cas de névralgie de la tète, dont les accès étaient annoncés par des congestions cérébrales, et j ajoute que le sujet ne continua pas moins à souffrir de son mal (i).

(i) Ce n'est pas sans surprise que l'on voit un habile physiologiste d*outre-mer prétendre s*étayer de données d'anaiomie comparée, pour concevoir la malheureuse idée d'opposer la ligature des troncs carotidiens à Timminence de l'apoplexie; parce que chez lp.s grands quadrupèdes la carotide forme de nombreuses circonvolutions avant de pénétrer dans la m.isse encéphalique i, ne s*esi-il pan imaginé que la ligature des carotides primitives ^ dans Tespèce humaine, produirait peut-être te même résultat en diminuant la violence du cboc du sang? Celte opinion est assez bizarre pour porter avec elle sa réfutation, et mettre eu (;arde contre la tendance de rapporter à rhomme certaines expérimentations faites sur les animaux : elles nous apprennent, par exemple, que, le cours du sang intercepté dans les deux carotides primitives, les vertébrales porteront au cerveau une quantité de sang suffisante; mais l'encéphale de rhomme n*est-il pas séparé, en rtfison de sa masse et de son admirable développement, par une immense distance, de ctlui dès ani> maux? D'ailleurs le médecin n'a-t-il donc à se préoccuper ici que de la quantité de fluide artériel qui aborde à l'encéphale? Quand on songe que les vertébrales, renfermées daus un canal osseux, sont peu susceptibles de dilatation; quand on réfléchit à celte brusque interruption qu'entraîne la suppression de deux courants sanguins aussi considérables que les troncs carotidiens, on arrive à se persuader que Ton a, en trop généralisant, rapporté à l'encéphale les préoccupaiions que l'on dut tout d^abord éprouver après la ligature des grosses artères, dans les diverses réglions du corps. Ce que l'on redoute toujours, c'est que le sang ne soit plus assez iibondant pour entretenir la vie. Eh bien ! dans un organe mou et délicat comme le cerveau, il y a souvent à ciaindre qu'une condition contraire compromette son intégrité. La distension subite, la force (ont à coup augmentée des vaisseaux auxiliaires, leur ténuité naturelle, les in-

La disposition anatomique de la caroUde primitive ne semble-t-eile pas rendre raison des réussites assez Fréquentes après son oblitération artificielle? Longue, indivise, car il est rare que cette artère dans son trajet fournisse des brancnes de quelque importance, quand une tumeur anévrisraale ne permet point de placer un fil prësdeTorigine du vaisseau, aucun autre ne réunit autant de chances pour 1 application de la méthode de

cmstations calcaires dans un âge avancé , sont surtout des causes dliémorrhag;ies , ou de ramollissements cérébraux, accidents qui ne sont pas illusoires ; et si je les mentionne, c*est que je les ai vus et étudiés, se manifestant même après la ligature d'une seule carotide primitive. Je Tavouerai, pour moi la conclusion qui ressort des observations dont j'ai été témoin est contraire à celles qu'on serait porté à en déduire : le cerveau, assure-t*on, recevait assez de sang : j'affirmerai que, d'une manière relative et pour certaines régions, il en recevait trop. Je rapporterai ici une proposition vraie, émise par Burdach dans son Traité de physiologie à l'occasion des effets du sang guir l'organisme. Ce savant s'exprime en ces termes : Ce n'est jamais à la proportion absolue de sang qu'il faut avoir égard , mais à la proportion entre ce liquide et l'économie. Il peut donc être abondant d'une manière relative et déterminer les symptômes de pléthore, lorsqu'il y a défaut de corrélation entre lui et le pouvoir réactionnaire des organes et la capacité du système vasculaire.

Loin de moi, néanmoins, la pensée que dans des circonstances extrêmes, et ce n'est pas ici le lieu de les indiquer, on ne soit autorisé à lier les carotides primitives. Deux faits significatifs sont là pour donner aujourd'hui la solution du problème relatif au rétablissement de la circulation cérébrale, à la suite de cette double et périlleuse opération : ainsi le professeur Mussay, de Darmouth {^American Journal of médical sciences^ vol. V), a lié pour une tumeur éreclile, et à quinze jours de distance, les carotides primitives , et cel», il est vrai 9 sans profit pour le patient, qui a guéri de l'opération, mais non de la maladie. Maggill {New^York médical and physical Journal^ vol. IV} a mis l'intervalle d'un mois entre la ligature des deux vaisseaux»

Brasdor, ou de la ligature entre la tumeur et le système capillaire. Anastomoses artérielles cérébrales multipliées , liquide sanguin circulant contre Faction de la pesanteur, voilà, certes, autant de circonstances qui préparent le succès : une belle observation de Wardrop ne laisse aucun doute sur la possibilité d'une issue heureuse par cette méthode.

Deux faits du plus haut intérêt sont venus démontrer que des anévrismes, dont on plaçait le siège dans la carotide primitive gauche, alors qu'ils appartenaient en réalité à la crosse aortique , ont été combattus avec succès par la ligature de la carotide primitive. Un caillot blanc, solidement organisé, s'était formé dans Taorte, au point dilaté, amenant les apparences de la guérison. Les individus ont vécu quelque temps, et leur mort a été étrangère à laffection qui nous occupe. Malgré Terreur du diagnostic, si facile en telle occurrence, combien ces observations sont dignes d'être méditées, et ne porteraient-elles pas à penser, du moins à Toccasion de la carotide , que la méthode de Brasdor est peut-être susceptible d'une plus grande extension ?

Déjà j'ai dû, m'occupant de l'artère brachio-céphalique, signaler certaines variétés relatives au mode d'origine des carotides primitives. Quand elles proviennent d'un tronc bicarotidien , quelle que soit la longueur de celui-ci, sa situation entre les artères sous-clavières, ou à leur droite, cette anomalie mérite d'être prise en considération lorsqu'on porte l'instrument tranchaut siir la partie antérieure de la région cervicale. Le troiic anormal à-t-il une certaine étendue, comme dans les observations rapportées par Walter,

TiedciDtUin, Jazorsky, et dans deux cas dont j'ai moimême été témoin, la présence insolite d'un vaisseau considérable au-devant de la trachée-artère, vaisseau qu'il n*est pas permis de prendre pour la thyroïdienne moyenne ou de Neubauer, est annoncée par l'ampleur du calibre artériel et sa force impulsive. Placées alors sur un plan plus antérieur que de coutume, les carotides sont moins divergentes, presque rectilignes , plus superficielles , et embrassent la trachée. C'est surtout la carotide gauche, et au lieu d'émergence, qui perd de sa proftmdeur. Éloignée de la jugulaire interne , du nerf pneumo-gastrique , en même temps que de l'apophyse iransverse de la sixième vertèbre cervicale, elle présente des chances moins favorables pour être comprimée sur son tubercule antérieur, d'après le conseil donné par M. Chassaignac (i).

Que l'artère d'où émanent les carotides devienne anévrismatique, on peut croire au siège de la maladie, existant à la partie moyenne de l'arc aorlique; et si le tronc du vaisseau anormal acquiert une certaine hauteur, il pourrait advenir qu'on l'embrassât dans une ligature , avec toutefois l'intention de ne la porter que sur une des branches qui en naissent, se privant ainsi d'anastomoses importantes. La ligature des carotides primitives serait accompagnée de moins de difficultés, il est vrai, que dans les circonstances ordinaires : en pratiquant Tœsophagotomie , on n'aurait pas à

(i) Cette compression, même dans les circonstances ordinaires, est assez peu exacte et ne saurait être que passagère; cependant Acrell assure avoir goéri, en ciqq uu six mois, un anévrisme vrai de la carotide primitive, en exerçant une compression graduée aussi forte que le permet la position de Fai tère.

redouter le voisinage de la carotide primitive gauche, qui se (rouve ici à une certaine distance du canal œsophagien ; mais la trachéotomie deviendrait d'une exécution dangereuse.

L'absence complète de" Finnorainée entraîne une assez curieuse disposition de la carotide primitive gauche, comme Va montré Walter ( i ). C'est de la crosse aortique que les carotides prennent naissance : la gauche, dont Torigine est antérieure et inférieure à la droite, s'applique immédiatement sur lartère sousclavière du même côté, dans sa portion intra-thoracique, et de telle manière que, par suite de cette insolite connexi té, la lésion traumatique ou organique d'un de ces vaisseaux pourrait être rapportée à l'autre, comme dans la nécessité de lier à l'endroit de leur juxta-position , il serait facile de prendre l'un pour l'autre.

J'ai été à nrême de remarquer, sur deux cadavres où le tronc brachio-céphalique était double, que la carotide gauche se trouvait placée à une distance plus grande de la trachée-artère que la droite , dispDsition qui établissait, quant à la première, des relations plus intimes entre le pneumo- gastrique, la jugulaire interne, et venait favoriser la compression du vaisseau déjeté en dehors.

Il est une anomalie que je ne passerai pas sous silence : elle intéresse encore la carotide gauche naissant de Tinnominée, mais toujours inférieurement aux vaisseaux que fournit ce tronc. L'on voit cette

(i) Mrmoire de V Académie de Berlin^ '7^3) tait reproduit daDi KAilas de Tiedemann

carotide recouvrir et croiser obliquement la trachéeartère, de telle feçon que toute opération pratiquée sur le conduit aérien devient grave ; si un anévrisme occupe la carotide près du tronc innominë, et qu'on ne soit point prévenu de la possibilité d'une semblable aberration, on sera porté à placer le siège du mal dans l'artère brachio-céphalique ou la crosse de l'aorte : la supposition d'une tumeur anévrismale de la carotide gauche, fournie par l'innominée^ n'est point gratuite. A. Scarpa (i) a publié le fait suivant, accompagné d'une planche : les deux carotides primitives venaient de Tinnominée, et un anévrisme volumineux envahissait la gauche au voisinage de son origine. Le sujet était une femme de quarante-quatre ans, admise dans 1 hôpital de Bergame, et placée dans le service du docteur Piccinelle. La tumeur faisait saillie dans l'espace compris entre là clavicule et l'angle du maxillaire inférieur ; la mort survint par hémorrhagie. N'oublions pas que cette observation date de plus de quarante ans, époque à laquelle on n'avait pas osé, même dans la Grande-Bretagne, là où la hardiesse des chirurgiens semble avoir, quant à la ligature des plus gros troncs artériels, dépassé les bornes du possible, on n avait pas encore osé porter un fil sur la carotide primitive. [iCS partisans de la ligatui^e de la brachio-céphalique ne trouveraient -ils pas, dans cet exemple, l'indication de recourir à cette opération? Pour moi, s'il est permis de juger après l'événement, j'estime que la seule chance de salut pour la

(i) Réflexions et observations anatomico-chtiurgicales sur Vané^ vrisme, traduction de Delpech.

malade se rattachait à la^méthode (|e Brasdor; car lier entre la tuitaeut' et le cœur e'tait ici chose impossible. Au reste, tout acte opératoire était subordonné à un bon diagnostic (i). Et que de difficultés pour y arriver daps une semblable circonstance , en écartant même Texistence de Tanomalie !

Enfin on a vu, les carotides primitives manquant tout -à-fait, les carotides externe et interne naître immédiatement de Vaorte; et à ce sujet, qui ne connaît Panomalie si étrange rapportée par Malacarne, et si souvent citée par les auteurs? La crosse aortique représentait un anneau; de la partie droite sortaient la sous - clavière , les carotides externe et interne droites, tandis quà gauche on distinguait la même origine pour les artères opposées.

Ce n est pas toujours suivant une ligne droite que les carotides primitives parcourent leur trajet ; il arrive uelles présentent des flexuosités consécutives à es incurvations de la région trachélienne, flexuosités qui apparaissent le plus souvent comme traduisant Tétat pathologique des os qui la composent. Il ne faut point ici considérer ces courbures artérielles comme le résultat d'une disposition congéniale, et si je les signale , c'est pour établir leur nature et mettre ainsi en garde contre toute méprise de ce

genre.

Sur le corps d'une femme septuagénaire, trans-

(i) Dans ranéviisine Je la carotide gauche provenant de l'inno^ minée, \e poul» doit battre dececèté suivant «on rhythmç normal, tandis que les pulsations de la carotide primitive et de ses branches explorées au-dessus de la tumeur, sont obscures et irrégulières.

portée dans lamphithéàtre de la faculté, la plupart des os longs se faisaient remarquer par cette sorte d*éburnation succédant au rachitisme comme gage de sa guérison, éburnatîon d'ailleurs si bien décrite par le docteur Guérin. Flexueuse, repliée sur ellemême dans toute son étendue, la carotide primitive gauche coïncidait avec un déversement considérable de la région cervicale de ce côté. Les sinuosités décrites par le vaisseau étant efFucées et celui-ci isolé, je le restituai dans sa longueur naturelle presque double de celle qu'il offrait au cou, où il était accidentellement raccourci. Le calibre de la carotide rétréci contrastait avec lampleur excessive de la jugulaire interne; je dois noter que le rachis était le siège de trois courbures latérales, dont la principale occupait les vertèbres dorsales; quant aux autres incurvations, elles paraissaient subsidiaires. M. Chassaignac a publié (i) un Fait analogue à celuici, et un caractère qui les rapproche encore, c'est que le tubercule carotidien était situé en dedans de Tartère, au lieu de Tétre en dehors. Inutile de faire remarquer qu'en raison des circonvolutions décrites pai'le vaisseau, il éludait toute compression médiate Les courbures de la carotide primitive, en brisant la colonne de sang qui la parcourt, n'offriraient-elles point quelque avantage chez les sujets prédisposés aux congestions sanguines ou aux hémorrhâgies cérébrales? Ces courbures consécutives au rachitisme peuvent, à laide du toucher, être reconnues pendant la vie

(I; Bulletin de la Société auatomiquw dt Paris.

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J'ai été à même de constater sur deux sujets âf^és, dont l'un décrépit , des flexuosités très prononcées de la carotide primitive, et c'est encore n gauche qu'elles existaient. Dans un des cas, que j ai soigneusen*ient étudiés avec mon infortuné et illustre ami Delpech, l'inflexion du cou avait, sans nul doute, entraîné les courbures artérielles, et celles-ci provenaient de Tatrophie de quelques fihro- cartilages inter-vertébraux. Dans Tautre cas, le squelette du cou était exempt d'altérations, et c'est à la seule hypertrophie des tuniques artérielles qu'il convient de rattacher les inflexions de la carotide.

Je dois mentionner une variété survenant dans les rapports de ce tronc avec le nerf pneumo -gastrique, variété que j'ai vue se reprodliire deux fois, mais seulement h droite; c'est ainsi que le nerf était placé en avant de la caratide et de la jugulaire interne, tandis qu'ordinairement caché par eux, il plonge dans la couche fibro-celluleuse qui sépare les deux vaisseaux ; une semblable observation a été faite par M. Malgaigne. N'importe-t-il pas, alors c[ue l'on pratique la ligature de la carotide primitive, d'être prévenu de ce mode *d aberration? Quand on isole la carotide de la jugulaire, on court nVque-de léser le pneumo- gastrique, placé sur la gaîne de l'artère, là où Ton distingue le filet descendant de la neuvième paire (i).

(i) A l'occasion du pnruino-gastrique, je dois rappeler qu'il ne fournit pas toujours le nerf récurrent, comme Stetman et Jean Hart, cités par M.P.Roberl, l'ont vu: des filets petits et multiples, «'manant de la partie interne du tronc nerveux , le remplacenf. La lésion de

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Enfin le calibre des carotides primitives est à peu près le même; toutefois la droite a plus d'ampleur, disposition qui se représente assez généralement, même dans quelques unes des anomalies indiquées.

On ne saurait établir rien de fixe, quant à Tendroit de la région trachélienne où s'opère la division de la carotide primitive : pour l'adulte, c'est au niveau du larynx, ou vers le bord supérieur du cartilage tliyroïde; d'après Harrison, au niveau de la partie inférieure de la troisième vertèbre cervicale, ou enfin près de la grande corne de l'os hyoïde. Chez les femmes et les enfants, à cause de rélévation du larynx , on voit la scission du tronc artériel au bord inférieur du cartilage thyroïde, et même plus bas. Dans l'enfance on la trouve à une grande distance de l'angle de la mâchoire inférieure, en raison de son peu de développement. Qn ne saurait d'ailleurs méconnaître certaines variétés individuelles, relatives à l'allongement ou à la brièveté du cou; c'est néanmoins sur des données tant soit peu vagues que l'on a admis^ pour les individus prédisposés à la phthisie pulmonaire, que la bifurcation du vaisseau s'effectue plus bas que de coutume, tandis que le contraiie advient, dit-on y. chez ceux qui ont le cou court, et offrent cette constitution dite apoplectique.

Depuis que Morgagni, dans sa vingt -neuvième Lettre, a signalé un cas de brièveté de la carotide primitive, quelques exemples de ce genre démontrent que l'anomalie est susceptible de plusieurs degrés,

quelques uns de ces fileU pourrait, dans la ligature de la carotide primitive • modifier le timbre de la voix , sans cependant produire l'aphonie.

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se manifestant plutôt d'un côté que des deux. Naguère, sur le corps d'un homme de cjuarante ans, j'ai pu voir la carotide primitive gauche divisée, vers la cinquième vertèbre cervicale , en carotides secondaires, accolées Tune à l'autre et surpassant le volume ordinaire d'une carotide primitive. Cette division prématurée se rencontre à diverses distances de son origine : elle peut même exister à la base du cou. Je pense avec M. P. Robert (i) qu'une telle circonstance deviendrait peut-être heureuse en favorisant la circulation, avantage que l'on obtiendrait, la situation du vaisseau le permettant, par une ligature portée sur la branche atteinte d*anévrisme. Celui-ci occuperait-il le voisinage du tronc, c'est là alors quil conviendrait de lier. Embrasser par un fil le vaisseau affecté, ne serait-ce point exposer le malade à voir reparaître, par les voies collatérales, des pulsations dans la tumeur? On aurait ainsi tenté une opération pour le moins inutile.

Par suite d'une disposition opposée au peu de longueur de la carotide primitive, je l'ai vue deux fois , toujours à droiie, sur un homme âgé et sur une femme jeune, se bifurquer au-dessous de l'angle de la mâchoire inférieure^ et ce qui est digne de remarque, c'est que, chez ces sujets, le tronc carotidien fournissait la thyroïdienne supérieure et la maxillaire externe.

Langenbek parle d'une carotide primitive se divisant en carotide interne et thyroïdienne supérieure;

[i] De tinfluence des variétés anatomiques sur tes opérations cAirurgicales. (Journal des progrès^ t. VII et VIII.)

la carotide externe n^existait pas, et néanmoins les branches qui ont coutume d'en naître se trouvaient Fournies par la carotide primitive.

Une curieuse anomalie résulte de la non- bifurcation de la carotide primitive, et alors toutes les branches qui tirent leur origine de la carotide externe proviennent du tronc carotidien dans leur ordre de succession naturelle; l'artère pénètre dans le crâne pour se terminer à l'instar de la carotide interne. Je ne connais d'exemple avéré de cette aberration que celui cité par Âllan Burns. Le défaut de division de la carotide primitive donnerait lieu à des méprises , si une des artères , née ordinairement de la carotide externe et ne pouvant être liée, on était conduit à découvrir le vaisseau qui la produit, supposition assez gratuite, il est vrai , puis(|ue , à partie développement des tumeurs érectiles, les cas de traumatisme où Tarière est à nu par le fait de la blessure, peu d'indications se présentent déporter un fil sur la carotide externe. Si, dans la circonstance qui nous occupe, la ligature de la carotide primitive suppléaft avec avantage celle de la branche qui en émane, il pourrait survenir une coïncidence qui n'est point rare, considérée isolément ; je veux parler de la vertébrale gauche, naissant de la crosse aortique, très près de la carotide commune, restée indivise, tout en faisant Tolfice des carotides cérébrale et faciale. Veut- on étreindre dans une ligature l'artère dont l'anomalie se rapporte à sa non-division, il devient alors facile de comprendre dans l'anse du fil l'artèi^e vertébrale, et aussitôt la circulation du cerveau est compromise. Quand on voit les artères dont nous parlons si rap-

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procbées et seulement séparées par un feuillet aponévrotique mince, Ton conçoit la possibilité de lier simultauément les deux vaisseaux. C'est en vue de ce grave inconvénient que Ton conseille de diviser dans une certaine étendue la gaine entourant la carotide (i). Lorsqu'elle est ainsi mise à nu, la compression fait cesser les battements , et , dans le cas d'anévrisme , dissipe toute incertitude sur son siège. N'a-t-on point, par erreur, recouru à la ligature de la carotide primitive, quand , seule, la vertébrale avait été lésée?

L'absence de branches émanant du tronc carotidien avant sa bifurcation, sauf quelques rameaux aberrants de peu d'importance, établit un caracièreanatomique remarquable: cependant d'assez nombreuses exceptions ne doivent point passer inaperçues , si Ton apprécie les déductions pratiques qui en ressortent (2).

(1) P. Robert, Mémoire cité,

(2) On ne saurait se le dissimuler, il y a dans la science quelques lacunes à remplir quant à Tanatomie du système circulatoire considéré dans les différentes classes d'animaux : chez les quadrupèdes servant le plus habitnellement aux vivisections, l'indivision de la carotide commune, avant qu'elle se bifurque, est-elle un fait (];énéral, comme dans l'espèce humaine? question qui surgit assez naturellement à la lecture du mémoire du docteur Schomberg sur la Régénération des artères^ après la ligature ou la section des troncs artériels. L'on sait que ses expérimentations ont été faites sur les carotides primitives, et que, parmi plusieurs animaux sur lesquels l'auteur a opéré, il a préféré les chèvres, à cause de la capacité des artères de ce ruminant. Longtemps après avoir coupé la carotide, les branches artérielles entouraient le vaisseau, là où la solution de continuité iivait eu Ii*^u. Étaient-elles de nouvelle formation ou le résultat de cette admirable force plastique qui produit la régénéraion de certains tissus? N'étaient-ce que des capillaires, dont le calibre a pris de Taccioissement après la divi^iiondu tronc carotidien ^ou

Par suite d'une variété, des artères proviennentelles du tronc carotidien, il cesse dès lors de figurer parmi tous les vaisseaux , comme celui en quelque sorte spécial , privilégié , pour l'application de la méthode de Brasdor.

Qui n a rencontré dans ses dissections la thyroïdienne supérieure, qui sort ordinairement de la carotide externe^ environ à 4 millimètres de ,son origine, naissant si près de la division de la carotide primitive, que ce tronc semhle trifide? circonstance sur laquelle j appelle l'attention , alors que la thyrodienne blessée très près de son lieu d'émergence, rhémorrhagie est plus grave, et peut même en imposer comme ayant sa source dans la carotide. Je rapporterai à ce sujet un fait malheureux dont le souvenir m'est toujours présent. Un enfant de sept à huit ans portait au côté gauche du cou un abcès froid de nature scrofuleuse , et qui s'ouvrit spontanément. Avec le pus s'écoulait chaque jour du sang artériel , mais en très petite quantité; bientôt des hémorrhagies peu inquiétantes se succédèrent d'une

enfin ces vaisseaux si^^natés comme de nouvelle création ne provenatent-il» de queK|Ues nrtériolen^, existant dans la gatne fibreuse qui entoure Tartèrp, ménagées dans sa section et ayant acquis depuis un accroissement considérable ? On le voit, lu doutB est permis, quand on songe que chez quelques animaux appartenant, par exemple, à ta classe des carnassiers amphibies, ainsi que le phoque i la carotide primitive, depuis son origine de la crosse aortique jusqu'au larynx, donne des rameaux minces, affectant un singulier mode de distribution : ils su rendent autour (te la jugulaire pour se perdre dans le plexus veineux. (Voir sur le système vasculaire des phoques nn mémoire de Bourrow, traduit de Tallemand par Hciifer et inséré dans les 4nnatei françaises danaiùmit et de physiologie^ t. U.)

manière irrégulière , quand une dernière foudroyante devint mortelle. L'enfant agonisant fut porté chez un praticien instruit, qui n'aurait pas hésité à placer une ligature sur la carotide primitive^mais il était trop tard. J'assistai à la nécropsie : nous trouvâmes la thyroïdienne supérieure gauche ouverte au voisinage de son origine, paraissant d'abord être dans la carotide primitive;mais un examen plus attentif nousapprît qu'elle sortait très bas de la carotide externe , là où elle est fournie par lacarotide primitive. La thyroïdienne, par* tout ramollie, baignait dans le pus; l'application d'une ligature devenait une opération inutile (i).

Je possède au moins quatre observations de thyroïdiennes supérieures , nées de la carotide commune^ à une distance variable depuis 7 ou 8 millimètres jusqu'à près de 27. Trois des vaisseaux se remarquaient à droite, le quatrième occupait la gauche; j'ajouterai que, dans la majorité des cas, la thyroïdienne, appliquée contre la carotide primitive, parcourait avec elle un trajet plus ou moins long, pour Tabandonner ensuite, connexité insolite qui ne doit pas être peniue de vue. Quand il s'agit de découvrir la carotide primitive, ici encore la thyroïdienne pourrait être intéressée ou compromise dans la ligature du tronc.

Comparée à la thyroïdienne supérieure, c'est plus rarement que l'inférieure provient de la carotide primitive {rarissime, dit Haller, exemplovidi thyreoideam

(1) Peut-êtie que si l'abcès scrofuleux avait été ouvert, plutôt qu'abandonné à la nature, Hssue de la inaiadlie n'eût pas été aussi funeste : d';iutres exemples ne prouvent ils pas d'ailleurs que ce nVsipflft toujours avec innocuité (lue les artères croupissent dans des foyers purulents?

in/enoreni a carotide enatam) : cependant cette variété a été plusieurs fois observée, comme on peut s'en assurer, il importe de ne pas ignorer une semblable disposition (|uand la ligature du vaisseau doit avoir lien près de son origine ; voici un cas dont j'ai été témoin. Une femme de moyen âge périt victime d'un cancer utérin ; elle portait un goitre ancien , volumineux ; la thyroïdienne supérieure droite n'apparaissait qu'à l'état rudimentaire, tandis que l'inférieure du même côte, émergeant de la carotide primitive, à ]4 millimètres au-dessous de sa division, surpassait le volume de la carotide externe. La blessure de cette thyroïdienne eût amené une hémorrhagie bientôt dangereuse, si l'art n'était aussitôt intervenu, et ici lier la carotide commune devenait Tiudication formelle.

Comme si ce tronc était destiné à fournir l'exemple de l'origine insolite de toutes les thyroïdiennes, j'ai vu, ce qui m'est commun avec d'âuti*es anatomistes , celle de Neubauer, dite encore la plus inférieure ^ la moyenne, la profonde, thyroidea ima , naissant de la carotide primitive (i).

Sur un sujet de trente-huit ans dont le corps thyroïde était sain, on suivait facilement la thyroïdienne surnuméraire, se détachant de la carotide primitive à un centimètre de distance du tronc innominé; elle montait rectiligne vers la glande, pour s'y consumer, plus rapprochée de la thyroïdienne inférieure que de

(i) Bien que R Uarrison (The mrgical anatomy ofthe atieries) décrive ce vaisseau comme existant ordiDairement, ne peiit-on dire qu'il a pris l'exception pour la rèj^le, puisqu'une statistique auatoinique exacte piouveque ceUe thyroïdienne est surnuméraire?

DES AUTÈIŒS CAflOTIDKS PAIMITIVI-S. 73

la supérieure» et lar^jement anastomosée avec les deux. L'artère que je décris élaitrecouverte par les muscles sierno-hyoïdien et sterno- thyroïdien. Cette aberration vascalaire acquiert une certaine importance dans la ligature de la carotide primitive; et, en effet, employant la méthode proposée parle professeurSédillot, il est douteux que le caillot puisse s'organiser ou offrir même assez de consistance pour résistera Fondée sanguine projetée parle ventricule gauche.

Quand on songe aux variétés de nombre, d'origine des thyroïdiennes, on n'accorde qu'une confiance limitée à la ligature de ces vaisseaux, préconisée dans l'intention d'extirper le corps thyroïde dégénéré, ou de le fléirir lors de son hypertrophie. Ne voit-on pas ([u'une ligature portée sur les quatre artères thyroïdiennes serait peu efficace pour diminuer la nutrition du cotps thyroïde, l'artère surnuméraire restant intacte? Enfin , j'ai observé une carotide primitive droite donnant la vertébrale à 4 millimètres environ au-dessous de la bifurcation de la première. Je reviendrai avec détails sur ce fait quand je traiterai des artères vertébrales, me bornant maintenant à rappeler qu'Hildenbrand , de Berlin , a décrit un cas semblable.

Par la dénomination d'externe et interne, imposée aux branches secondaires de la carotide primitive, on a eu moins égard aux rapports qu'elles affectent dès leur origine, même dans une certaine étendue de leur trajet, qu'à la situation des parties auxquelles elles se distribuent. Continuant la direction de la carotide primitive, l'externe se trouve; , à sa naissance, placée en avant et en dedans de Tautre:

d'abord accolés , ces deux vaisseaux ne sont pas toujours aisément distingués, et c'est là un caractère significatif au point de vue de l'application pratique. Injectées et préparées sur le cadavre, on admet avec quelque difficulté que Ton |)uisse porter sur Tune dés artères la ligature destinée pour lautre. Cependant l'observation clinique est là pour prouver, en certaines circonstances, rembarras du praticien ; compulsant les annales de la science, j aurais plus d*un fait confirmant mon assertion : je me bornerai au suivant : à la suite d'une blessure profonde de la face , des hémorrbagies inquiétantes se manifestent, incoercibles par tous les moyens d'hémostasie médiate, quand un ancien et habile chirurgien de l'Hôtel- Dieu de Marseille se décide à faire lier une des divisions de la carotide commune plutôt que Iç tronc lui-même. Sous sa direction, il confie l'instrument au chef interne ; les deux carotides sont mises à nu ; mais les avis se partagent pour reconnaître l'externe. Il &llut cependant céder à l'autorité du maître; ce fut malheureuseiiient la carotide interne qu'on lia : l'écoulement sanguin diminua sans s'arrêter entièrement. Le malade périt peu de jours après par le développement d'accidents nerveux. L'ouverture du corps vint montrer que les branches artérielles ouvertes émanaient de la carotide externe, et que le vaisseau lié n'était pas celui qui devait l'être ( i ). Avant de porter une ligature

(i) £st-il rationnel de décorer du nom de progrès U substitution delà ligature de Tune ou des deui carotides secondaires , comme devant remplacer Vopération pratiquée sur la primitive ? Peut<on établir comme priircipe que la ligature de Texterne convient surtout pour let tameurt vaicul«ires dont la siège eiiite à la face et à FeK*

DES ARTÈRES CAAOTiOES PRIMITIVES. 75

définitive sur lartèrey n est-i| pas indispensable de Ja comprimer pour s'assurer si l'on parvient à suspendre parcelle manœuvre les battements d'une tumeur anévrismale ou bien à arrêter une hémorrhagie?

L embarras de discerner la carotide externe de l'interne, vers le lieu d'émergence, augmente surtout dans le cas d'anomalie par inversion. En voici un exemple; il a pour objet un jeune homme qui succomba à une phlegmasie sur-aiguë de l'arachnoïde : la carotide faciale ou externe apparaissait tout-à-feit en dehors delà cérébrale, méritant ici, dans la région du cou, le nom d'externe, variété s'observant dans une certaine étendue; car après, les connexions ordinaires se reproduisaient.

Parlerai-je de la capacité respective des carotides secondaires, capacité tout à lavantage de Tioterne dans l'enfance, tandis que chez l'adulte leur différence est peu sensible, à part quelques circonstances individuelles? L'externe, dont le calibre est de 6 milli-

îénear du crâne , tandis qu'il est préférable d'embrasser par un fil la carotide interne à l'occasion des maladies de la même nature , développées dans l'orbite? M. Mayo avance que, contre les hémorrhagies ou les anévrismes de la tête, il est avantageux d'opposer la ligatare des deux carotides secondaires, quand poème une seule est atteinte. Si l'on se décidait à embrasser la carotide primitive, ne s'ex* poserait-on point au retour du sang par le côté opposé, au moyen delà carotide interne? et c'est de bas en haut qu'il revient dans Texierne. Cependant celte crainte ne doit pas toujours arrêter; le fottvenir de quelques faits dont j'ai été témoin , en particulier celui d'une tumeur érectile volumineuse, occupant la région temporale et mastoïdienne droite, tumeur guérie par l'oblitération du tronc carotidien, me fait regarder l'opération qui la provoque comme métbode générale , tandis que la ligature des carotides f xterne ou inKsrM «erait exceptionnelle.

mclres eD%*iron , diminue quand la thyroïdienne supérieure provient de la carotide primitive , ce qui n'est point rare.

J ai été conduit à signaler la plupart des variétés d'origine de la carotide externe, son absence même, alors qu'elle est suppléée par la primitive ; j'ai trouvé Fexterne réduite à la longueur de 55 millimètres, divisée , à une grande distance du col du condyie, en artères temporale, superficielle et maxillaire interne. Par opposition, chez quelques individus, Fétendue de la carotide externe arrive à 9 centimètres et demi , quelquefois plus. Le corps d'un jeune homme m'a offert l'exemple de cette artère (la gauche), ne donnant antérieurement qu'un tronc commun à la linguale et à la faciale; en arrière^ l'occipitale et l'auriculaire |)08térieure naissaient aussi d'un tronc unique, circonstance de quelque valeur quand on doit lier la carotide externe. Qui n'a rencontré, comme dit Theil , des branches données ordinairement par ce vaisseau, n'émergeant plus de lui, mais de la carotide commune et de l'interne? Ailleurs ce sont des artères qui, anormalement, émanent de la carotide externe, comme la palatine ascendante, la transversale de la face^ etc.

F*eu de parties du système artériel offrent plus de variétés que les thyroïdiennes, ei entre elles existe une solidarité qu'on ne saurait nier; c'est en avant et à une hauteur variable de la carotide externe que Ton distingue la thyroïdienne supérieure, qui, accidentellement en communauté d'origine avec la linguale, provient alors de, la carotide primitive : il n'en est plus ainsi quand elle nait avec la maxillaire externe. La thyroïdienne supérieure vient-elle à manquer

entièrement, c'est l'homonyme du côté opposé, dont le volume est acci'u, qui la remplace. On rapporte plusieurs cas dans lesquels une des thyroïdiennes est double : je regrette d avoir négligé de noter le chiffre assez étendu des exemples de ce genre qui ont passé sous mes yeux; mais d'abord la dualité existe-t-elle réellement? S'il m'est permis de m'en rapporter A ce que j'ai observé, je dirai que les artères se trouvaient situées à 4 ou 6 miUimètres de distance l'une de l'autre. La première, j'appelle ainsi la plus supérieure, moins volumineuse, envovait un rameau à la face interne du sterno-cléido-mastoïdien, et se terminait parl'artère laryngée supérieure; la seconde thyroïdienne donnait la crico-tbyroïdienne et tous les rameaux destinés au corps thyroïde. L'essence de cette anomalie consiste plutôt en ce que l'une des branches, émise ordinairement par la thyroïdienne, sort ici immédiatement de la carotide externe. C'est ainsi que je considère cette duplicité, utile à apprécier dans les plaies du cou avec hémorrhagie, ou dans le bronchocèle traité par la ligature des thyroïdiennes ; c'est un vaisseau de plus, sur lequel il importe d'appliquer le même moyen.

Un fait plus rare est l'aberration d'origine, sans cette duplicité, de la thyroïdienne supérieure, que l'on rencontre une fois sur huit d'après Meckel, cinq sur cinquante, d'après Haller : je parle de la laryngée supérieure , provenant isolément et plus haut de la carotide externe. D n ancien marin , tourmenté par des accès de monomanie suicide, se fait, armé d'un rasoir, une plaie transversale, étendue en haut et en avant du cou ; la membrane hyo-thyroïdienue est divisée à gauche et jusque sur la ligne médiane;

78 ASOIIAUES

une liémorrbagie abondante sonrint aossitât. Porté à rbôpital principal cie la marine de Toulon, où je rem« plissais niomentanénient les fonctions de chirurgien en chef, le blessé est en syncope. Bientôt retiré de cet état, le sang coule de nouveau par jets; je crois reconnaître qu'il a sa source dans la laryngée supérieure gauche; cependant je suis surpris de ^a situation élevée deTartère. Introduisant le doigt dans la plaie avant de porter une ligature sur le vaisseau, je distingue audessous de lui des battements que je ne puis attribuer qu'à une tbyroîklienne flacée trop haut pour être Tinférieure. La blessure du cou touchait à une prochaine cicatrisation, lorsqu'au bout de vingt -six heures, et malgré l'emploi de moyens énergiques, le malheureux est enlevé par une angine laryngée œdémateuse. La nécropsie montra l'artère laryngée supérieure, produite par la carotide externe et passant andessous de la grande corne de l'os hyoïde, au lieu de se porter en dessus. La thyroïdienne supérieure gauche était diminuée de volume.

L'artère laryngée supérieure est toujours d'un calibre plus considérable, quand, fournie par la carotide externe, elle représente une thyroïdienne surnuméraire. M. Cbassaignac a mis sous les yeux de la So« ciété anatomique de Paris une pièce dans laquelle le tronc même de Tartèi-e thyroïdienne supérieure n'émettait pas la branche laryngée inférieure, mais passait transversalement sur le ligament crico-tbyroïdien. Il faut prévoir cette variété dans la laryngotomie.

Sur le cadavre dune jeune fille, j ai rencontré l'artère laryngée supérieure s^nrtant de la linguale, la thyroïdienne étant à l'état rudiinentaire.

Sur deux cadavres d'hoinme transportés dans les salles de dissection de la Faculté, j'ai suivi la laryngée supérieure, pénétrant dans une ouverture arrondie, située sur la partie moyenne du cartilage thyroïde droit; arrivé dans la cavité du larynx, le vaisseau se bifurquait. L'une des branches se portait dans Tépiglotte, l'autre dans le muscle thyro-aryténoïdien et la muqueuse. Sœmmerriiig (i) indique la même variété. Quand elle a lieu, la laryngée a moins de développement que de coutume.

Le volume extraordinaire qu'acquièrent les thyroï* diennes supérieures ne doit pas nous occuper , quand il tient à un état pathologique du corps thyroïde: cependant j'ai conservé une thyroïdienne supérieure gauche, égalant presque la capacité de la carotide externe et coïncidant avec l'intégrité du corps thyroïde : seulement, le lobe gauche était plus développé que l'autre : le vaisseau en question était flexueux , superficiel ; pendant la vie il est probable qu'on dis-* tinguaitles pulsations à travers les téguments. H eût été Facile de lier cette thyroïdienne.

Depuis que de récentes tentatives pour lier l'artère linguale entre la carotide externe et Tos hyoïde ont été l'occasion de procédés plus nombreux peut-être que les faits avérés de l'opération elle-même, la science possède des données exactes sur les connexités de ce vaisseau, ses anomalies, et la possibilité de sa ligature est désormais hors de doute. Par un triste retour sur le passé , combien de malheureux atteints d'afFection profonde de la langue ont péri sans être opérés , la

(i) De corpons humant fabrica.

maladie devant être quelquefois curable, alors que la crainte de ne pouvoir maîtriser Thémorrhagie arrêtait la main du chirurgien (i) !

Four lanatomie d application ou pratique, il ne suifit pas de répéter, avec la plupart des auteurs, que la linguale provient de la partie antérieure de la carotide externe, à treize millimètres environ de la thiroï-

^i) Cepciulnnt il y a loin de cette opération roanœuvrée dans les amphilli/^î«^Ires, où l'on finit toujours par trouve** l'artère, aux difficuliés très réelles de son exécution sur le vivant. Dans une thèse Foutenueà Paris, sur le traitement du cancer de la laofjue et la ligature (le Ta rtère linguale, le docteur Vorang(»r rapporte un cas dans lequel M. Flaubert a lié avec succès ce vaisseau et où il préconise cette méthode, comme préventive, quand il s'agit d'extirper une grande portion de la langue. La lectuie de l'observation due à l'habile chirurgien de Rouen nous montre l'opération comme simple et facile. Ce n'est pas ainsi que chacun en juge; tout n'est pas prévu dans cet acte où il y a des écueils ù éviter : il faut ici une connaissance de détaiU aiiatoiiii(|ues, non seulement pour ce qui existe le plus ordinairement, mais encore pour ce qui peut survenir. Les difficultés, qu'on ne saurait dissimuler, nous ont valu un travail du docteur Mir.iult {Mémoires de V Académie royale de médecine^ Paris, i838, t. VII, pag. 577). J'ai fait plus d'un emprunt à ce travad; j'éprouve, c'est justice, le besoin de proposer, comme luoilclcà suivre, la conduite de notre confrère. Consulté pour une jeune fille portant un cancer à li langue, il a^lmeC la pensée de lier les artères qui se rendent à cet organe, espérant y suspendre la circulation. Il échoue dans la première opération, pratiquée du côté gauche, bien que pjUidé par les règles connues. Plus heureux de l'autre côté, l'artère linguale est embrass''e par un fil; mais frappé des ob^tacIes qui l'onjt d'abord arrêté , loin de se rejeter . pir exemple, sur une prétendue variété anatomique, comme il advient quelquefois en telle occurrence, c'est sur un grand nombre «le cadavres que le médecin d'Anners se livre a de iiouvelles et consciencieuses investigations, et il publie, sur les rapports de la linguale, on mieux sur l'anatornie chirurgicale de la région trachélienne du cou, le résultat d'études et de préceptes qu'on ne saurait trop méditer.

dienne supérieure , tantôt d un tronc comrann avec elle, ou la faciale ; ce sont là des indications par trop vagues. Dans le but de préciser, au point de vue de Taiiatomie chirurgicale, Forigine de lartère, M. Mirault la examiné sur trente-huit cadavres ; prenant comme guide Tos hyoïde, il a constaté que, sur ce nombre, vingt et une fois elle était à la hauteur de cet os, quinze fois au-dessus, depuis 2 millimètres jusqu'à 18; deux fois au-dessous, depuis 2 jusqu'à 9. Voilà donc la naissance de la linguale variant de i à 3 centimètres, si Ion prend les extrêmes d'élévation et d abaissement (i).

Enfin on a vu la linguale se détachant de la carotide au-dessus de la maxillaire externe.

Les variétés qui nous occupent s'étendent, en outre, à la direction et au trajet de Tartère ascendante ou descendante, transversale ou flexueuse; ces diiTérences se rattachent à son origine, à sa longueur et à la distance qui sépare la carotide externe de la grande corne de 1 os hyoïde (Mirault). Ce qu'il faut dire, c'est que, près son émergence, les rappor:s de la linguale avec le nerf hypoglosse, là où il la croise, restent constamment les mêmes, malgré les aberrations du vaisseau.

Se dispose-t-on à le lier, il faut encore savoir que son accès peut être rendu difficile par les veines qui le recouvrent, variables par leur nombre comme par leur ouverture dans la jugulaire interne; je parle des veines linguale, de la pharyngienne, parfois double ou triple, et de la labiale, veines constituant un réseau

(i) A/ém, de r.4ca(L roy. Je me'd, Paris, x835, t. IV, p. 56 et suiv

82 AMOMAUES

superposé à lat tère. M. Mirault signale comme difficulté dans ropération, le cas fort rare de Texistence de deux jugulaires internes, parce que dans cette circonstance lantérieure dérobe à la vue rintervalle situé entre la carotide externe et la grande corne de Tos hyoïde. Dans des notes rédigées en 1829, j'ai mentionné, comme ne l'ayant trouvée qu'une fois, Fanomalie relative à la dualité des jugulaires internes : je l'observai sur le côté gauche de la région cervicale d'un vieillard enlevé par une entérite chronique, avec engorgement énorme des ganglions mésentériques.

Lauth le père nous a transmis le fait d'une artère linguale très petite se terminant dans la profondeur de la langue, non loin de sa racine. La maxillaire interne fournissait une branche considérable, divisée en sublinguale et ranine; disposition ciuieuse, si l'on considère que dans une hémorrhagie de ce vaisseau, la ligature de la linguale devenait sans résultat.

Il est assez fréquent qu'elle envoie un rameau à los hyoïde , rameau se distribuant à ses muscles abaisseurs , et qui paraît en antagonisme , quant au volume, avec la branche laryngée supérieure. La dorsale de la langue a été reconnue émergeant delà thyroïdienne supérieure. L'absence de la sublinguale se manifeste fréquemment, et alors une branche de la submentale, située au-devant delà glande subraaxillaire, la remplace, et il faut dire que cette variété se répète des deux côtés, ainsi que damres Font observé. M. Robert a publié un cas dans lequel deux artères raniues analogues aux veines homonymes existaient : si la phlébotomie de la ranine n'était inusitée, on eut été exposé à léser l'une des artères de ce nom.

D£S ARTÈRES CAROTlOEâ PRIMITIVES. 83

[jA faciale ou maxillaire externe figure parmi \eA artères à nombreuses variétés relatives , moins à lori* ({ine qu au volume, à la direction et à la terminaison. Il est digne d attention qu assez ordinairement les auo* malies se répètent ici des deux côtés. C*est de la partie antérieure de la carotide externe qu*eUe prend naissance.Le calibre delafaciale égale celui de Ce vaisseau, par exemple quand elle forme la linguale, ce qui , à la vérité, est peu ordinaire. Si Fartère qui noua ocGupi! donne quelques branches de Tophibalmique, comme celles qui se rendent àlangle interne de Torbite, au nez on même «au front » la faciale, prolongée ddos ces régions 9 est d'un calibre considérable; si la frontale, accidentellement fournie par elle , venait à être lésée ^ Ion se tromperait 9 dit le docteur Robert , en opposant la ligature àrhémorrhagie;lacîompres8ion facilement exercée serait préférable. Dans le cas d anévrisme de la frontale, dont la science possède plus d'un exemple, et dans la supposition d'abeiTation de lartère, il serait rationnel d'opérer suivant Tancienue méthode , c'est-à-dire d ouvrir le sac, en portant* un fil sur le vaisseau en dessus et en dessous de ia tumeur. Le succès obtenu par Brodie confirme ce précepte.

Sur un homme dans la force de Tâge, de constitution athlétique, tnort d'une atfeciion typhoïde, les deux maxillaires externes présentaient plus de 4 millimètres de largeur; chez ce sujet, les lèvres étaient proéminentes comme dans la race nègre. En général, le dévelop|)ement de la faciale est en raison inverse de celui que présente la transversale de la face, branche de la temporale superficielle.

Il sVn Faut que la palatine inférieure provieont

Sk ANOMALIES

constamment de la maxillaire externe ; assez souvent elle émane de la pharyngienne inférieure. Meckel regarde cette dernière disposition comme naturelle; consultant des relevés numériques exacts, je ne puis partager lavis de ce savant. Au nombre des artères Fournies extraordinairemeul par la faciale, je citerai la ranine. Sur un cadavre de femme, la maxillaire externe (j'ai omis de noter le côté), grêle, peu flexueuse, se terminait d'une manière subite , au bord antérieur du muscle masséter; Tartère congénère et la transversale suppléaient les rameaux qui manquaient; semblable aberration a été signalée , mais des deux côtés. Conduit à exercer en telles circonstances la compression sur Tos maxillaire supérieur pour arrêter rhéraorrhagic, ce moyen hémostatique serait sans résultat; la ligature du vaisseau échouerait égale* ment (i).

L'on a avancé, et je puis le confirmer , que la foriale ne fournit point , soit ia labiale supérieure , soit Tinférieure, tandis que par opposition elles peuvent être doubles, même triples. La dualité s'observe néanmoins plus fréquemment pour la lèvre inférieure. Je ne laisserai point passer inaperçue lanomalie siii-

(t) La ligature du tronc de la maxillaire externe, prati(]uce dans la région sus-liyoïdienne ou faciale, mérite peu de confiance, en rnison des fréquentes communications de cette artère, établissant de larges anastomoses entre les carotides externe et interne. J'ai disséqué sur un cadavre une tumeur éreotile , du volume d'une noisette, située dans la moitié gauche de la lèvre supérieure, et je me suis convaincu que des vaisseaux suivis sans injection , venant alimenter la tumeur sanguine, appartenaient au système artériel de Poibite et du nez. Je me demande de qn^l secours devenait la ligature de la faciale.

vanfe, et, si je ne m abuse , elle n'a pexit-élie pas cié indiquée: de la faciale gauche sortait Tartère buccale, branche qui a coutume d'appartenir à la maxillaire interne ; bien entendu que je ne fais pas allusion à ces rameaux buccaux de la faciale, placés entre le bord de In mâchoire et Taile du nez. Le vaisseau aberrant, né à quelques millimètres de la commissure labiale, passait entre les muscles masséter et buccinateur ; après avoir envoyé quelques rameaux au ptërygoïdien interne, il s'anastomosait avec l'alvéolaire, la sous-orbitaire et la transversale de la face ; à droite, la buccale émergeait du tronc de l'artère temporale profonde antérieure.

Lauth parle d'une branche considérable produite par la faciale et gagnant le bord antérieur du masséter, pour sétendre jusqu'à la paupière inférieure, tout en cônnnnniquant dans i.on trajet avec les artères voisines. Le vaisseau surnuméraire suppléait la transversale, d'un très petit volume.

Quant aux divers modes de terminaison de la maxillaire externe, je les réunirai dans ces catégones: rudimentaire, elle se perd brusquement dans le masséter, ou bien ne donne que la coronaire inférieure; tantôt elle se termine sur les parties latérales du nez , en s'annstomosantavec la branche nasale de lophtliaU inique et la sous-orbitaire, tantôt par l'artère de l'aile du nez ou celle de la sous-cloison.

Enfin, s'il s'agissait de jeter un fil sur la faciale en bas et au-devant du masséter, on se rappellerait que, par exception , la veine homonyme , placée ordinairement en dehors et en arrière, peut recouvrir l'artère, depuis le bord inférieur du maxillaire jusqu'à la com-

missure des lèvres, .rajouterai n*avoir rencontré cet état que cliez peu de vieillards.

L'artère occipitale est sujette à plus d'uiic sorte dé variétés. Tiedemann nous apprend que deux fois il la vue naître de la carotide interne; j ai rencontre une senoblable disposition à droite ; le vaisseau, peu volu* mineuxi n^émettait que de grêles et rares branches, à la partie postérieure du crâne, tandis que celles du cou étaient plus considérables. Weber parle d*une artère occipitale droite fournie par la sous-clavière et en communauté d origine avec la cervicale profonde. Tlieile nous rappelle que Schlemma remarqué deux racines pour Toccipitale, ])rovenantrune de la carotide externe, lautre de la vertébrale. Je possjède quelques observations d occipitales,tirantleurorigined'un même tronc que Tauriculaire postérieure, et à cette occasion je mentionnerai un fait qui nest pas sans intérêt. Un jeune militaire, pris de vin, reçoit, en se débattant, un cou]) de baïonnette qui pénètre profondément en arrière et en haut de la région cervicale gauche : la pointe de Tinstrument vient sortir au-dessous de lapophyse mastoïde. Transporté à Thôpital Saint- Éloi , le blessé est placé dans le service de Delpech : hientô: des hémorrhagies se manifestent et deviennent graves [)8r leur répétition. Un gonflement inflammatoire, intense, de nature érysipélateuse , envahit le cou et une partie du cuir chevelu. Appelé en consultation par notre habile collègue (c'était le septième jour de racTidcnt) la question de lier la carotide primitive fut agitée : je combattis cette opinion, lé malade étant déjà dans tm état très fâcheux; car de.% svmptAmes d'aràchnitis sub*aiguë existaient. La môri

DES ARTÈHES CAIIOTIDES PRIMITIVES. ft7

ôrriva le surlendemain. L autopsie cadavérique montra que Tôccipitale gauche était traversée de part en part, et qu'elle provenait médiatement de la carotide externe par une branche qui lui était commune avec l'aurlcu* laire postérieure (i).

Un sujet, dont le système vasculali*e n'était qu'une série d anomalies, a présenté l'exemple d'absence complète de loccipiiale droite, remplacée par des rameaux de la cervicale profonde ( fait communiqué sans autres détails). Les dissections confirment l'assertion de Haller, lorsqu'il a dit qu'il y a antagonisme^ quant au volume, entre la branche cervicale profonde et la dorsale fournie par la vertébrale. L'on trouve quelquefois l'occipitale située plus bas que de coutume : alors .elle passe sur le muscle petit complexus. Les aberrations des branches dues à Toccipitale concernent plutôt les crâniennes ou superficielles que les inférieures ou cervicales; artèfes servant h établir, et à multiplier les anastomoses aux environs de l'épaule , ressource précieuse lors de l'oblitération du tronc sous-clavier.

Enfin, parmi les rameaux nés de l'occipitale, lei

(i) Elles sont rares les circotifltanâes qui nécessitent ta ligature de l'occipital, opération qa*oti sait d'ailletirs A*étr< (iraiiquAbU qu'âu- ^ drisus de Finsertion cépbaUque du «p]<>'niut. Icfina trouve-t'on pas, pour exercer la compression , un point d'appui naturel et inflexe? Néanmoins )-i les parties molles du crâne devieUnent douloureuses, tumëfices, il est prudent de renoncera ce moyen hémostatique. J'ai «ftudié sur le cadavre les artères recouvrant les parties postérieure •t latérale de la tête, artères frappées d'bynerlrophie : les occipitales, entre autres, avaient acquis une capacité énorme» Eh bien! le tissu artériel épaissi, déj^éiiéré se rupturait, même la tunique externe ou fibro-cellulense, sous une striction modérée de la ligature*

i^ A>0<dALtEC

ocvunil'iiifls varient, même qnaot ù leur exislcnce; je veux [Hirler de l'aitère uiasloidieDuc, constituant daus sa portion intru-crânieime une méningi'ennepostérieure. L'on s<iit que l'occipitale ne donne point toujours l'artère qui passe par le iiou déchiré postérieur ; il n'est |)aa rare que la stylo-mastoïdienne émerge de l'occipitale.

L'artère auriculaire postéiieuii; ne uatE pas toujours de la carotide externe; on la voit tirant son origine de l'occipilale. Dans plus d'un cas elle manque, remplacée par des rameaux de l'auriculaire antérieure et de l'occipilale. Lorsqu'au contraire l'aunculaire postérieure olfre un gros calibre, elle fournit assez souvent la liranciie postérieure de la temporale superficielle.

Dans un cas de dilatation unévrisraale de l'auriculaire postérieure, R. Harrisou assista à ta ligature du vaisseau, pratiquée devant l'apophyse masioïde : l'opération ne fut |ias couronnée de succès.

La pharyngienne inférieure OU ascendante doit étic signalée comme une des brandies te.s plus îrrégtdi ; rea de la carotide externe. J'ai suivi la pharyngienne droite venant de l'occipitale, ce qui a- été indiqué parHaller, Tiedemann et d'autres. Elle émerge aussi de la carotide interne ou de la bifurcation de la carotide commune. L'autorité de8œmmerring a fait répéter qu'elle est produite par la thyroïdienne supérieure, aberration fort rare. Ce grand analomiste cite Mayer comme ayant rencontré cette disposition ; toutefois Meckel "■'■"'ite avec raison que l'artère nommée par ;r laryngo- pharyngienne n'est que le ramean igé de la thyroïdienne supérieure, et nullement iharyngienne en plus : quant à celle-ci, il l'appelle

DKS ARTÈRES CAKOTIObS PftLMlTIVLS. 89

aitùc postérieure <le Tarrière-gorge. Lorsque lu pharyngienne manque, elle est remplacée par des branches de la maxillaire externe, dont la capacité est accrue.

Le corps d'un homme de moyen âge, livré à des élèves de Técole pratique pour l'étude de lartériologie, ma permis de distinguera gauchedeux pharyngiennes ascendantes, d'inégal volume : la plus grosse émanait de la carotide interne, l'autre de la faciale. Suivant Sœmmerring, dans la dualité des pharyngiennes, le tronc inférieur sort de la carotide commune^ et le supérieur de l'interne. Je pense, d'après Meckel, que ce mode d'anomalie ne constitue pas la règle. Le souvenir des méprises dans lesquelles je suis tombé me porte à prévenir qu'il ne faut pas regarder comme pharyngienne surnuméraire la palatine ascendante, branche accidentellement fournie par la carotide externe , et non par la faciale. Plus d'une fois j'ai dû me prononcer sur ces prétendues pharyngiennes doubles, quand en réalité le vaisseau était unique. Les différences de son calibre semblent se montrer, suivant le professeur Cruveilhier, en raison inverse du développement de cette palatine.

La temporale superficielle y branche terminale de la carotide externe , présente assez peu d'anomalies par ella-roéme ; mais il n'en est plus ainsi d'une de ses branches , la transversale de la face. Néanmoins , la temporale étant à peu près le seul vaisseau sur lequel on pratique Tartériotomie, j'entrerai dans quelquesdétails quant aux variétés dont elle peut offirir l'exemple. On a vu la temporale, d'un volume considérable, fournir les labiales et les nasales, cas qui, |X)ur être rare,

n'en est pas moins avéré. L'on comprend qn*en telle circrnstance la compression exercée sur la maxillaire externe devient tout-à-fait sans résultat. Le peu de volume de la temporale est quelquefois dû à ce que la transversale émane de la carotide externe. C'est à la distance de 1 3 à 28 millimètres de Tarcade zigô« matique que la temporale se bifurque. J ai sur deux Sujets, et du tnême côté, le gauche, constaté la divi* sion de Fartère an voisinage du tragus , là où existe lé tronc temporal, et par contre M. Malgaigne (i) a trouvé l'artère parvenue indivise jusqu'à la limite supérieure de la région temporale. Enfin le vaisseau, au lieu de se bifurquer, se partage en trois branches petites, inégales. Néanmoins, surune pièce du conser* vatoire de la Faculté, la bronche antérieure de la temporale est trifurquée et remarquable par le nombre et la richesse des rameaux artériels qu*elle répand sur le front, les régions temporale et pariétale. La temporale antérieure est le vaisseau choisi pour lartériotomie. La veine satellite es! placée en dehors ou en arrière : dans quelques^ dispositions exceptionnelles, elle est double. Aussi peut-on être exposé à arriver à l'artère après avoir traversé une des veines, danger qui serait plus imminent si on ouvrait la temporale au voisinage de l'arcade zigouiatique, où elle est ordinairement en partie recouverte par la veine : un anévrisme variqueux serait la conséquence de cette opération. A part la blessure de la veine, qui doit être rat^e, il n en est plus ainsi de Tanévrisme succédant à l'ouverture de la temporale. Plusieurs années se sont

(i) Traité d*anatomie chirurgicale et Je chirurgie expérimentale^ Pnni\ i83é, f. I, pa^. xgi et suiv.

écoulées depuis que, pratiquant dans un hôpital maritime rartériotomie sur un aliéné atteint de congestion cérébrale subite, je ne pus distinguer au tact la branche temporale que Ton a coutume de diviser : je me rapprochai de Tarcade zigomatique, et fis Tincision trop bas (j'exécutais lartériotomie pour la première fois). Le sang coula en quantité suffisante et fut facilement aiTétë par un bandage compressif; mais (jnelques heures après, dans uu accès de délire furieux, le malade arracha Tappareil . Thémorrhagie fut abon« dante avant que le chirurgien de garde parvint à larréter par un pansement méthodique. Quand, trois jours après, on l'enleva , il était facile de reconnaître une tumeur du volume d'une noisette, à pulsations isochrones à celles du pouls, et sur la nature de laquelle il n'y avait nullement à se méprendre. Diviser complètement Tartère en travers, en lier les deux bouts , me sembla tout de suite l'indication à remplir : cependant le chef du service rejeta formellement toute opération, et sa volonté, plus puissante que la mienne, du moins en hiérarchie médicale, me contraignit à Texpectation quand, certes, il fallait agir. J'ignore quelle a été l'issue de l'anévrisme, car je perdis bientôt rhoiume de vue : je sais qu'il recouvra momentanément la raison et retourna dans sa famille (i).

(i) Je ne puis omeltre de rappeler une observation pleine d'intérêt transmise par Allan Burns, et relative à un anëvrisme de la temporale, suite de l*artérîotomie, pratiquée deux fois. Le frère de Tauteur fut chargé de l'opération; il enleva une partie du muscle temporal^ parce que la tumeur ^ qui paraissait circonscrite avant d'être découverte .f s* étendait en dessous de l'arcade xj^gomatique; le sang était infiltré dans tépaisseur du crotaphite. L'impossibilité de lier le vaisseau conduisit à exercer la compression , à t'iiide d'une

Si Kartèrc temporale postérieure soperficielle manque , elle est remplacée par Fauriculaire postérieure.

Souvent la transversale de la face doit son origine à la carotide externe; Sœmmerring considère cet état comme le plus ordinaire. Quand il en est ainsi , la transversale croise obliquement le masseter, pour gagner la commissure labiale. Il serait possible, dit le docteur P. Robert, de la léser dans la résection du maxillaire inférieur , près la branche verticale de Tos. J ai rencontré plus d'une fois lartère qui nous occupe double : des deux rameaux , le supérieur lougeait en haut le canal parotidicn, Tinférieur côtoyait en bas ce couduit. Il importe de ne pas oublier une telle aberration, quand il s agit d'établir un canal salivaire artificiel. Lorsque la transversale de la face est réduite a Tétat rudimentaire, elle a coutume de se consumer dans le muscle orbiculaire des paupières, en même temps que les rameaux massétérins viennent alors de la temporale.

Fidèle à la pensée qui m'inspirait, quand je conçus ce travail, de ne m'occuper spécialement que des

épon(|re, laUsée pendant quelque temps dans la plaie. La plus légère réflexion ne tarde pas à convaincre que ce ne peut être la branche superficielle temporale antérieure qui avait été intéressée dans l'art^riotomie, m.iis le tronc temporal lui-même; et encore probablement Tapuncvrobe a-t-elle été incisée en même temps que Tartère, puisque le san(r était infiltré dans le muscle et que la temporale est placée entre l'aponévroiic et la peau. L'auteur ajoute, je traduis textuellement, que la tumeur anévrismale, quoique liée à la temporale supei^ fîciclle^ était plus intimement unie aux brandies de la maxillaire interne, et, comme s*il était peu satisfait de cette opinion sur le siège dtj la maladie, il se demande si la tumeur sanguine n'existait pas sous Taponévrose temporale, avant Tonverture de Tartère.

artères accessibles aux moyens chirurgicaux, je n'ai point à parler ici de la maxillaire interne, si difficile à préparer et à graver dans la mémoire, autant par la multiplicité des branches que par la profondeur de leur situation; et cependant je possède sur quelques unes d'entre elles des exemples de variétés plutôt afférentes, il est viai, à lart anatoniique qua la pratique chirurgicale.

Les uns ont considéré comme état normal le pas^ sage de la maxillaire interne euti*e le ptérygoïdien externe et les insertions du crotaphite, àTos maxillaire. Sans contester la fréquence de ce rapport, je crois qu'il est plus ordinaire de voir le vaisseau cheminer entre les deux muscles ptérygoïdiens. Gomme la dit Bourgery, l'artère est-elle entre le ptérygoïdien externe et le temporal, on la voit former une anse sous rinsertiou condylieune, alors que, située entre les ptérygoïdiens, elle poursuit son trajet en dehors des nerfs dentaire inférieur et lingual ; après s'être recourbée, elle passe entre les deux faisceaux du petit ptérygoïdien.

Les variétés de direction relatives à la carotide interne ne sont pas sans importance; c'est ainsi que les inflexions qu'elle peut présenter ne se bornent point à celles observées dans son passage à travers le canal du rocher qui porte son nom. Ordinairement rectiligne dans la région cervicale, elle devient curviligne chez certains : Prius vero quani attingai cana/em suum^ dit Huiler, sœpe neque tandem semper ùifiectiiur. Au moment où elle pénètre dans le temporal, on distingue une courbure dont l'existence est presque constante; ici la convexité est antérieure et

Hiterae, tMhiiA que u a mo arrrne. o« tôt après, k \sû^uAu %\u&cxiuXj b oiavcxiiê ie oBoctre ca arrière ec en dehors. Ce se aai pus ki des détails isoles, nayaut trait i|aa U partie ^npcJcpK da laisiCBU : aînM les crjorbures àcot-ei.cs ores pronoacées au voisinage da pharyin es data am^rvdaies, i'artire se rapproche île ceiLes -ci pur le MiaiDet d'une de ces coarbiires. Cest en à«in:[:l«iLie arconâtance <|ae la carotide interne a da éire lésée par l instrument tranchant, lor^ de rexiirpadcHi d«s toosiileSr on tnéme en ooTrant no abcès déTeioççjé dans kor épaisseur. Il arrÎTe néanmotn^, à b 9aiie d'opérations pratiquées snr les amy^^dales, des hêfi^orrfaa^ies inquiétantes par leur persistance, sans tjne la source puisse en être rapportée à la carotide interne. J*ai \u sur un homme dans la force de Fa^e, mort d une pueuinonie chronique, les amTodales fortement hTpertrophiées , sans dégénérescence de ti .«su ; les artères avaient un trolume double de celui qui leur est naturel , et TaUa* tion d ime portion de la grande devait entraîner tme hëmorrhagie grave , si Fart ne possédait des moyens d^y remédier.

Enfin on affirme avoir constaté Tabsenoe d*nné carotide interne ; j*ai déjà signalé des branches pro* venant accidentellement de cette artère.

On sait qne Xarière opkihalm^ue n*entre point dans l'orbite avec la veine homonyme : la première y pénètre avec le nerf optique par le trou du même nom, croisant le nerf ordinairement , sans que cette disposition soit constante. L artère ne s'introduit pas tottjoars dans le trou optique, mais tantôt en dehors de lui, par un t^nal particulier, ou encore dans la

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fente sphéQOïdale , av€C la veine qui se trouve à une certaine distance et en dedans.

L artère ophthalmiquenetire point invariablement son origine de la carotide interne : deux faits que j ai recueillis en sont la preuve; leur rareté m'engage à entrer dans quelques détails. Le premier exemple que je rapporte a été observé dans Tamphi théâtre de Técole, sur le cadavre d'une femme injectée pour des démon* strations d angéiologie(pl.V, fig. i et 2). La carotide in* teruedroiteavaituncalibred'untiersaumoinsiuférieur à celui de sa congénère. La méningée moyenne ou sphéno'épineuse offrait, à sa naissance, un développement si considérable quelle apparaissait comme branche de bifurcation de la maxillaire interne, Tégalant presque en volume. Après son passage dans le trou sphéuo-^pineux , lartère méningée moyenne, arrivée dans le crâne, s'y divisait en deux branches, antérieure et postérieure. La première, d'une gros* seur extrême, -traversait un conduit osseux pratiqué sur langle antérieur et inférieur du pariétal, et, après avoir fourni les branches normales, elle donnait le tronc de lartère ophthalmique , dont la direction, les rapports et le mode de distribution étaient les suivants : entrée dans Torbite par l'extrémité externe de la fente sphénoïdale, elle était au-dessus du droit externe de Toeil, près son attache interne, et émettait successivement^ au niveau du bord supérieur de ce muscle, les artères lacrymale et centrale de la rétine; plus loin elle croisait obliquement le nerf optique, et fournissait l'artère surciliaire, les uvéales, iriennes et musculaires. Accolé à la partie interne de Torbite, le vaisseau changeait de direction pour

derenir horizonUil , flexueux, ef se porter d arrière en avanl, en longeant le bord inférieur dn grand oblique, au voisinage duquel naissaient les ethmoîdales postérieure, antérieure, et les palpébrales. Au-devant de Tangle rentrant que forme la paroi orbitaire supérieure avec Tinteme, rophthalmique se terminait en se divisant en nasale et frontale. Je ferai remarquer que les branches collatérales du tronc ophtbalmique étaient numériquement les mêmes , sans qu'il y eût rien de changé a leur direction, comme si elles venaient de la carotide intei-ne : Tanomalie n'avait lieu que d'un côté.

J'ai déposé dans le conservatoire de l'école une pièce injectée, bien préparée, qui reproduit d'une manière exacte la variété précédente (i). Ici, il s'agit encore de l'ophthalmique droite; la méningée moyenne, dont la capacité est considérable, vient fournir rophthalmique, et sa distribution analogue à celle que je viens de faire connaiti^ me dispense d'une nouvelle description .

Après des recherclies dans les auteurs d'angéiologie, sur les planches qui représentent les artères et dans les catalogues publiés de quelques musées, je n'ai rien découvert d'analogue au fait en question.

Quelque étrange que paraisse d'abord l'anomalie mentionnée, on y est en quelque sorte conduit en songeant que la lacrymale, branche des plus consi-

(i) Je dois celte pièce intéressante à Tobligeance de M. le docteur Tribes, ex-chef interne de l*H6teUDieu de Marseille et I'uq de nus anciens élèTes distingnés de FÉcole pratique.

DES ARTÈHEâ CAROTIDE.^ PRIMITIVES. 97

(lérabiescle ropbtI)altiiic|ue, vient souvent delà méningée moyenne. On Ut clans Haller : Inter sepienkde" cim tamen cadavera , omnino quatuor fuerunt in quibus arteria meningea. propago exteniœ carotidis, ex prœcipuo suo truncOy perjoramen, aut per hilum in extrema fissura lacera^ arteriam lacrymalem adorbitam missit. N'y a-tii point, d'ailleurs, une sorte de solidarité entre ces artères? La lacrymale ne s'anaslomose-t-elle pas ordinairement avec la méningép par un lameau que son trajet a Fait désigner sous le nom de méningien récurrent?

Si un anévrisme par anastomose, ou une tumeur érectile , se manifestait dans Torbite cbez un sujet offrantcette variété relativeà Forigine deTopUthalmique, la ligature de la carotide interne serait une opération dont Tinutilité ne deviendrait peut-être pas le seul inconvénient. Sans aucun doute, l'indication est ici de lier la carotide primitive, opération qui compte de beaux résultats en semblable circonstance. Que Ton suppose, d autre part, Tartère méningée moyenne fournissant toujours Tophtbalmique, et atteinte d'ané* vrisme, la capacité augmentée du vaisseau ajoute encore au danger. La maladie peut exister longtemps sans qu aucun signe révèle sa présence : cependant, à la longue, Tabrasion de Tos s'opère, la tumeur anévrismale fait saillie dans la région temporale ou pariétale : eh bien, à cette période avancée, il est encore difficile de diagnostiquer la nature de TafFection. Le docteur Krimer a publié dans le Journal de chirurgie deGraefe l'observation suivante : une tumeur enkystée, de lu grosseur d'une noix, apparaît dans la région temporale, où elle est recouverte par le tendon

98 ASOUAUES

du musde crotaphite. Le cbirurf^ien excise la tumeur : la malade, paysanne vigoureuse, perd environ 750 grammes de sang artériel, et deux heures après cette fatale opération, elle avait cessé de vivre. !

L*autopsie cadavérique montra la méningée moyenne |

anévrismatiqne et égalant la grosseur du doigt. La conséquence à déduire de ce (ait, c^est qu'alors qu on est assez heureux pour arriver à un diagnostic exact , il convient de s^abstenir de toute tentative opératoire sur le mal lui-même, et d'embrasser par un fil sur la carotide commune.

Dans l'extirpation du globe oculaire , la variété connue d'origine de l'ophibalmique n'a aucune influence sur l'emploi des moyens hémostatiques. Témoin de plusieurs ablations de l'œil, j'ai vu le sang s'arrêter d'une manière presque instantanée, et s'il n'est guère possible de lier l'artère, l'orbite est favorablement disposé pour permettre le tamponnement.

A l'occasion des branches émergeant de l'ophthalmiqoe, je rappellerai que Lauth le père a trouvé la centrale de la rétine fournie par la carotide interne (i).

Pour terminer ce qui a rapport aux branches de cette artère, je dirai que j'ai été surpris du volume considérable de la communicante postérieure d'un côté surtout, plutôt que des deux, et cela chez des personnes avancées en âge; je dois ajouter que lu cérébrale postérieure était grêle et semblait avoir perdu de sa capacité, en proportion de celle exagérée qui distinguait la communicante postérieure. J'ai

(1) Ce fait est cité par E. A. t.<auth dans les Mémoires de la Société (Thiitoire nnturelle de Sirashour^^ i. I, 2* livraison, in-4.

DES ARTÈRKS SOtJSCLAVIÈRËS. 99

constaté labsence de I antérieure, et il y avait fus'uiii (les artères cérébrales antérieures. Suivant ]a remarque de Krause, les deux cérébrales antérieures émergent d'une carotide, et les deux cérébrales postérieures de lautre. Meckei signale la cérébrale moyenne gauche comme naissant de la carotide interne droite.

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