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CHAPITRE VIL

SYMPTOMATOLOGIE — DIAGNOSTIC — PRONOSTIC.

Il me reste peu de chose à ajouter, relativement à la symptomatologie, à ce que j’ai dit à propos de l’anatomie pathologique des anomalies du testicule; aussi m’occuperai-je surtout dans ce chapitre de leur diagnostic.

L'hypertophie est caractérisée par l’augmentation de volume de la glande, celle-ci conservant intactes toutes ses propriétés physiologiques, c’est-à-dire sa sensibilité spéciale, sa résistance élastique et égale dans tous les points, sa forme ovoïde. Ces diverses particularités permettent le plus souvent de la distinguer facilement des

(1) Dolbeau, Société anatomique, 1862.

tumeurs de diverse nature, dont le testicule est le siège. On se rappellera en outre que l’hypertophie ne se montre guère que quand l’autre testicule est ou absent, ou situé dans un point anormal. *

L’atrophie se reconnaîtra facilement au petit voluipe de l’organe, que celui-ci soit situé dans les bourses, ou arrêté dans le canal inguinal. On pourrait facilement se laisser égarer par le renflement que forme l’épididyme, lorsque cet organe et le canal déférent sont seuls descendus dans le scrotum; mais généralement le testicule, même atrophié, est plus volumineux, et le scrotum mieux développé du côté correspondant que daus le premier cas.

La polyorchidie apparente étant le plus souvent due à la présence d’un kyste du cordon, il ne faudra négliger ni la compression exercée sur la tumeur pour en explorer la sensibilité, ni la recherche de la transparence.

L’anorchidie double est caractérisée par l’absence du scrotum, accompagnée généralement de petitesse du pénis ; on ne trouve au-dessous des canaux inguinaux aucun corps donnant la sensation du canal déférent et de l’épididyme, à moins cependant que les annexes du testicule se soient développées sans lui et soient descendues dans le scrotum ; mais on sait que cela ne s’observe guère que d’un seul côté.

Quand l’anomalie est unilatérale, la moitié correspondante du scrotum n’existe pas; si le canal déférent s’y trouve, il est un peu indiqué, mais beaucoup moins que du côté opposé. Je parlerai tout à l’heure du diagnostic avec l’ectopie.

Dans les cas douteuxde synorchidie intra-scrotale relatés jusqu’ici, on avait senti dans les bourses une tumeur unique, de laquelle partait de chaque côté un cordon formé

parle canal déférent. Cette particularité empêcherait de confondre cette anomalie avec l’anorchidie unilatérale ; dans ce dernier cas, on ne sentirait naturellement qu’un canal déférent.

C’est surtout le diagnostic de l’ectopie qui présente de l’intérêt au point de vue chirurgical. Il comporte deux points à examiner : différencier l’ectopie, l°des autresanomaliesdu testicule, et en particulier del’anorchidie; 2° des autres maladies de la région qui peuvent la simuler sous quelques rapports.

Le plus souvent, rien n’est plus simple que de reconnaître une des variétés décrites plus haut. L’ectopie estelle cruro-scrotale , le testicule forme à la partie supérieure du scrotum une tumeur ovoïde plus ou moins volumineuse, située hors du canal inguinal et ayant sou grand axe oblique en bas et en dedans, susceptible de déplacements assez étendus, sauf en bas, pouvant même souvent se réduire et rentrer dans le canal. Ceci s’observe surtout quand il s’agit d’une descente tardive.

L’ectopie est-elle inguinale, on sentira sous les téguments de la partie inférieure et latérale de l’abdomen, immédiatement au-dessus de l’arcade de Fallope, une tumeur ovoïde, pouvant atteindre ou dépasser chez l’adulte le volume d’un œuf de pigeon ; tumeur en apparence très-superficielle, mais qu’on parvient à sentir dans le canal même en introduisant l’index dans l’anneau externe; fixée solidement dans sa position, ou au contraire très-mobile en divers sens, parfois réductible dans l’abdomen lorsqu’elle est voisine de l’anneau interne, ou pouvant au contraire sortir du canal, quand elle est près de l’anneau externe. La main qui l’expiore la limite facilement de tous côtés, constate la régularité de sa forme, éprouve en la comprimant la sensation d’une résistance

élastique ei uniformément répartie dans toute la masse, et réveille des douleurs caractéristiques. Qu’il s’agisse d’un monorchide ou d'un cryptorchide, ces signes objectifs sont absolument les mêmes; sauf que le scrotum et le pénis peuvent dans le second cas avoir subi un arrêt de développement, surtout lorsque la cyptorchidie inguinale . est compliquée d’atrophie congénitale des testicules.

Quand l’ectopie est abdominale et que l’organe est à une petite distance de l’anneau interne, on peut encore assez facilement le sentir à travers la paroi abdominale. Mais s’il est situé dans la fosse iliaque ou plus profondément encore, le diagnostic est d’une grande difficulté. En déprimant la paroi du ventre, on peut arriver sur la tumeur jusque dans la fosse iliaque, et réveiller sa sensibilité spéciale ; si le testicule est plus haut, le diagnostic devient absolument impossible par l'exploration. C'est alors qu’il convient de tenir compte de la nature du sperme et de l’état général du sujet. S’il y a anorchidie double, il n’y a point d'éjaculation, les organes externes sont atrophiés et l’individu présente tous les traits caractéristiques du tableau de l'eunuque naturel. Si au contraire il y a monorchidie, les organes seront le plus souvent bien développés, l’aspect général nullement ou peu différent de celui d'un sujet normal, et surtout, l’éjaculation sera possible ; mais le sperme ne renfermera que quelques éléments épithéliaux ou granuleux, à la place des spermatozoaires.

En cas de monorchidie avec ectopie abdominale, l'état général du sujet étant le même que dans l’anorchidie unilatérale, le diagnostic serait tout à fait impossible.

Dansl’ectopie crurale, la tumeur formée par le testicule est située à la partie supérieure de la cuisse, parfois assez loin de l’arcade de Fallope (jusqu’à 10 centimètres).

Sa position exacte n'a d’ailleurs rien de fixe ; tout ce qu’on peut dire, c’est qu’il se trouve en avant et au- « dessous du canal crural, et dans le voisinage de la veine saphène interne.

Enfin, lorsque le testicule occupe le périnée, il se place parallèlement au raphé, l'une de ses faces regardant en bas; il se trouve en dedans de l’ischion et à une assez petite distance de l’anus. Dans ce cas et le précédent, l’exploration de la tumeur donne au doigt les mêmes sensations que dans les autres variétés.

On voit par ce qui précède que le plus souvent, presque toujours, le diagnostic des anomalies du testicule entre elles ne présente pas de difficulté.

Après l’énumération des signes positifs rappelés plus haut, il paraît assez extraordinaire que des chirurgiens, môme éminents, aient pris le testicule situé anormalement pour une autre maladie. Ce fait s’est même produit dans les cas simples que nous étudions maintenant, dans ceux où l’organe n’est ni enflammé, ni envahi par une dégénérescence quelconque ; il n’est donc pas inutile que je m’arrête un instant sur ce point de diagnostic.

L’erreur le plus souvent commise est celle qui consiste à prendre le testicule arrêté dans le canal pour une hernie. Tous les ouvrnges renferment des observations de ce genre, et cette erreur est assez fréquente pour qu’elle puisse entrer en ligne de compte dans l’étiologie de l’ectopie inguinale.

Chez l’adulte, l’examen est facile; la région est largement développée et la tumeur assez volumineuse. On peut donc s’assurer si elle se prolonge par un pédicule vers l’abdomen, ou si elle est arrondie, ovoïde ; si elle résiste au doigt ou se laisse déprimer facilement ou réduire, et, si la toux lui imprime une impulsion, la per-

eussion pratiquée sur elle donne un son mat ou sonore.' Enfin, dernier signe auquel on devrait toujours songer en premier lieu, il faut s’assurer si, du côté où siège la tumeur, le testicule est ou non dans le scrotum. C’est faute d’avoir fait cet examen que bien des erreurs ont été commises. Il ne faut pas non plus oublier de regarder si le scrotum ne porte pas quelque cicatrice indiquant que l’absence du testicule est due tout simplement à une ancienne castration.

Chez les jeunes enfants, toutes ces explorations sont plus délicates; néanmoins, même dans ces conditions, le diagnostic reste facile;

Une autre erreur, commise surtout en cas d’orchite, consiste à prendre le testicule pour un bubon ou un ganglion engorgé ; l’examen du scrotum suffit encore à lever les doutes. En cas d’ectopie crurale, le diagnostic pourrait offrir quelque difficulté, à cause de la rareté même de l’anomalie. Il pourrait très-bien se faire qu’il y eût coïncidence, chez le même individu, d’anorchidie et d’engorgement d’un ganglion crural; alors la compression de la tumeur pourrait éclairer sur sa nature.

Enfin, pour être sûr du diagnostic dans l’ectopie périnéale, il faut se rappeler que le canal déférent peut être suivi, sous les téguments, depuis le testicule jusqu’à l’anneau inguinal externe.

Dans bien des cas, l’ectopie testiculaire n’est la cause d’aucune souffrance, d’aucun inconvénient; mais il n’en est pas toujours ainsi. Pour ne pas empiéter sur la deuxième partie de ce travail, je ne dis rien en ce moment de ces diverses complications.

Quant au pronostic de toutes ces anomalies de nature si variée, il ressortira clairement de l’étude des maladies qui s’y rattachent; il n’y a pas encore lieu de le formuler ici.

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