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APERÇU HISTORIQUE

L’histoire des anomalies du testicule présente ceci de particulier qu’elle s’est constituée lentement et grâce à des observations isolées publiées à des intervalles souvent longs. Aujourd’hui, aucun travail ne la résume complètement, parce qu’elle comporte un certain nombre de sujets, qui, chacun de son côté, ont été l’objet de recherches spéciales. Celles de ces anomalies dont la connaissance remonte le plus loin ont dû être nécessairement celles qui amènent une modification des formes extérieures du corps; aussi les cas d’absence apparente du

testicule out-ils été vus les premiers. Malheureusement à l’époque où ont été faites ces premières observations, on était absolument incapable de s’en rendre un compte exact; l’anatomie et la physiologie étant à peine constituées ne pouvaient pas fournir à cet égard les renseignements qu’elles ont fournis depuis lors. Aujourd’hui, bien que tous les problèmes ne soient pas entièrement résolus, les matériaux accumulés peu à peu permettent de faire une étude d’ensemble de ce sujet.

Les limites de ce travail m’empêchent de reproduire ici la liste complète de tous les anatomistes ou chirurgiens qui ont concouru cà l’œuvre commune. Je ne veux citer dans cet aperçu historique que ceux qui, spécialisant leurs recherches, ont publié des travaux d’une certaine étendue. Il est, je crois, de toute justice de rappeler tout d’abord le nom de Godard ; beaucoup d’autres travaux antérieurs aux siens méritent une place honorable dans cette énumération, mais personne n’a porté dans ses investigations plus de persévérance; personne n’a réuni autant de faits et cherché avec plus de patience la solution de certaines questions délicates.

Les considérations historiques que renferment ses travaux ne sont relatives qu’cà l’absence du testicule et à ses diverses variétés d’ectopie. Je n’aurai guère à y ajouter que ce qui regarde l’inversion et les observations on mémoires publiés depuis l’époque de ses dernières recherches, et relatives, soit aux différentes anomalies étudiées au point de vue de leurs causes et de leurs effets sur la sécrétion spermatique, soit aux maladies du testicule et des parties voisines, développées sous leur influence ou se rattachant à elles par un point quelconque.

Aucun passage des livres anciens ne permet de croire que les anomalies du testicule lussent connues des niéde-

cins grecs et latins, et pourtant l’histoire nous a transmis un exemple célèbre de monorchidie, celui de Sylla le dictateur (1). Les ouvrages de Rufus d’Éphèse, de Galien, d’Oribaseq de Paul d’Égine, de Guy de Chauliac, n’en renferment aucune mention. Il huit arriver à Nicolas Massa (2) et à À. Paré (3) pour rencontrer les premiers faits bien observés. Dans Regnier de Graaf (4), dans Martin Schurig (5), on trouve consignés quelques exemples de cryptorchidie et de monorchidie. Plus tard, Quelmatz (6) écrit sur ce sujet le premier article dogmatique. Rientôt l’étude de la migration du testicule donne lieu aux travaux de Haller (7), de Wrisberg (8), de J. Hunier (9), de Rœnlinder (10).

Avec le xixe siècle s’ouvre une période nouvelle, féconde en productions ayant rapport à tous les points de la question. En 1820, Rosenmerkel (11) traite pour la première fois des maladies du testicule arrêté à l’anneau inguinal.

Montfalcon, dans le Dictionnaire des sciences médicales , résume l’état de la science à son époque (12); puis Millier publie son livre sur le développement des organes génitaux (13). Isidore Geoffroy Saint-Hilaire reprend le sujet et

(1) V. Virey, Dictionnaire des sciences médicales en GO vol., art. Eunuques.

(2) Nicolas Massa, Anatomiœ liber introduclorius. Venetiis, 1559.

(3) A. Paré, éd. Malgaigne, liv. VII, cap. xvi.

(4) Regnier de Graaf, De virorum organis , 1. II, p. 398.

(5) Martin Schurig, Spermalologia hislorico-medica, 1720.

. (6) Quelmalz, Collccl. anal, de Haller , t. V, p. 1.

(7) Haller, Opuscula palhologica. Lausanne, 1755.

(8) Wrisberg, De descensu lesliculorum, 1779.

(9) J. Hunter, OEuvres complètes, trad. Richelot, 1843, t. IV.

(10) Rœnlinder, De descensu lesliculorum, 1782.

(11) Rosenmerkel, U cher die Radicalcur der in der Weiche liegenden Teslikcl, 1820.

(12) Montfalcon, Dictionnaire des sc.jrued. en 60 vol., art. Testicule, 1821.

(13) Müllcr, üildung^geschichle der Genitalien, 1830.

ajoute aux faits connus des observations personnelles (1). En 4 835,1’ inversion est signalée par M. Maisonneuve (2).

Les recherches de M. Robin, sur le gubernacuhtm testis (3), remettent ta question à l’ordre du jour et, deux ans après, on voit paraître le mémoire très-intéressant de Follin (/i), et une bonne thèse, celle de O. Lecomte (5), renfermant, une étude bien faite delà pathologie du testicule retenu dans l’aine. L’année d’après, un rapport de M. Debout, sur ce travail, soulève, à la Société de chirurgie, une discussion dont nous aurons à tirer parti, quand il s’agira de fixer les règles du traitement des anomalies accessibles à l’intervention chirurgicale.

Bientôt après, paraît le livre de M. Roubaud, sur Y Impuissance (6) ; en 1856, les Comptes rendus de la Société de biologie s’enrichissent des recherches de MM. Goubaux et Follin sur la monorchidie et la cryptorchidie chez l’homme et chez les animaux (7), et de celles de Godard sur ces anomalies chez l'homme (8). La même année, M. Cruveilhrer ajoute quelques observations à la série des faits connus (9), et M. Puech lit, à l’Académie des sciences, une note sur le même sujet,

(1) Is. Geoffroy Saint-Hilaire, Traité de tératologie, 1832.

(2) Maisonneuve, Recherches sur quelques points d'anatomie et de chirurgie, thèse. Paris, 1835.

(3) Robin, Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biologie ,

(4) Follin, Des anomalies de position et des atrophies du testicule ( Archives de médecine , 1851).

(5) 0. Lecomte, Des eclopies congénitales du testicule et des maladies de cet organe engagé dans l’aine. Paris, 1851.

(6) Roubaud, Traité de l’impuissance, 1852.

(7) Goubaux et Follin, Mémoires de la Société de biologie, 1856.

(8) Godard, Éludes sur la monorchidie et la cryptorchidie chez l'Iwmme, in Mém. Soc. biol., 1856; tirage à part, chez Victor Masson, mars 1856.

(9) Gruveilhier, Anatomie pathologique, t. III.

En 1857, la traduction de Curling vulgarise, en France, les cas rapportés par l’auteur (1); puis paraît, à Strasbourg, une thèse sur X orchite inguinale (2).

En 1858, Godard résume dans sa thèse tout ce que la science renferme de relatif à l’absence congénitale des testicules (3).

L’année suivante, l’étude de l’inversion est reprise et traitée à fond par M. Royet (4); enfin, en 1860, Godard publie un dernier mémoire sur l’absence congénitale du testicule, qui est en grande partie la reproduction de sa thèse inaugurale (5).

J’ai laissé de côté dans cette énumération toutes les observations isolées dispersées dans les divers recueils scientifiques, et publiées avant les travaux de Godard. Depuis une dizaine d’années, sauf de rares travaux originaux de longue haleine, on s’est généralement borné, à l’occasion de quelques faits intéressants, à répéter ce qui avait été dit antérieurement. Je n’ai trouvé rien de nouveau dans X Atlas des vices de conformation de Forster, ni dans la Chirurgie de Holmes, ni dans le traité récent du même auteur sur les maladies des enfants (6).

En revanche, des observations curieuses d’ectopie périnéale ont été publiées par Partridge etZeis; uncas de simulation d’ectopie inguinale, par Riche; deux exemples de cryptorchidie avec présence de spermatozoïdes dans le sperme, par MM. Beigel et Valette, de Lyo; une obser-

(1) Curling, Traité des maladies du testicule. Paris, 1857.

(2) Paris, De l’orchite inguinale, thèse. Strasbourg, 1857.

(3) Godard, thèse. Paris, 1858.

(4) Royet, De l’inversion du testicule. Paris, 1859.

(5) Godard. Paris, 1860, Victor Masson, éditeur.

(6) Holmes, Thérapeutique chirurgicale des maladies de l'enfance ; traduit par 0. Larcher. Paris, 1869.

vation montrant l’influence de l’hérédité sur certaines anomalies des testicules, par Berchon (1).

-le terminerai cette courte énumération par l’énoncé de considérations nouvelles, insérées par Curling dans le Medical Times de 1863, sur la stérilité consécutive aux anomalies du testicule; d’un mémoire de Rizzoli, de Bologne, sur les ectopies compliquées de hernie, d’un travail de Wenzel Gruber sur l’anorchidie, publié eu 1868, dans les Medicinische J ahr bûcher, de Braun, Duchek et Schlager; enfin le Lyon médical , de mai, contient un mémoire de M. Valette, lu récemment à la Société de chirurgie, sur les accidents liés à la migration imparfaite du testicule.

Je n’ose me flatter de n’avoir rien laissé échapper dans mes recherches; j’ai du moins l’espoir de n’avoir omis aucune publication importante.

(i) Berchon, Comptes rendus des séances de la Société de biologie. 1861.

LE DENTU

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