CHAPITRE V
DES ANOMALIES DU TESTICULE QUI CORRESPONDENT A UNE DISPOSITION NORMALE CHEZ LES ANIMAUX.
C’est un fait aujourd’hui reconnu partout le monde que toutes les anomalies comprises sous ce titre correspondent à l'état normal dans une des classes des vertébrés. Afin de rendre ce rapprochement plus saisissant, il m’a semblé avantageux d’attendre ce chapitre pour dire quelques mots du développement de la glande séminale chez les animaux.
Que nous apprend l’anatomie comparée? D’abord il y a un certain nombre d’animaux qui ont, comme l’homme, les testicules dans une poche spéciale située à l’extérieur ; tels sont : « Les quadrumanes, la plupart des carnivores ; chez les didelphes, les kanguroos et le phascolome ; les gerboises, la plupart des ruminants et des solipèdes (4). » Aux derniers degrés de la série des vertébrés, nous trouvons des dispositions qui s’écartent considérablement de celles-là ; mais le point où se développe le testicule reste toujours le même .
Les poissons ont généralement deux testicules placés dans l’abdomen, et munis d’un canal excréteur; mais chez VAmphioæus (2), celui-ci fait défaut; les œufs ou la semence tombent dans la poche viscérale, et sont entraînés au dehors par le courant expiratoire venant des branchies, fait important, et qui peut expliquer un certain nombre des cas connus d’absence du canal déférent et de l’épididyme, le testicule s’étant développé séparément. Jamais, d’après M. Milne Edwards, les testicules, même dans les espèces les plus dégénérées, ne se confondent entièrement; ils se mettent quelquefois en contact , et semblent se fusionner; mais la coalescence n’est qu’apparente, et la séparation des deux glandes est possible ; en revanche, les ovaires sont quelquefois intimement unis . Il n’en est pas de même chez les batraciens (sauf le triton et la salamandre); les deux testicules ne peuvent plus être séparés par la dissection ; ils forment une masse unique.
Les oiseaux font également partie de la section des animaux testicondes , c’est-à-dire ayant les testicules dans
(1) Cuvier, Anatomie comparée,}. VIII, p. 102.
(2) Milne Edwards, Leçons sur la physiologie, t. IX, lro partie, 1868.
l’abdomen. Ils ont cela de commun avec certains mammifères, entre autres les monotrèmes, les cétacés vrais et herbivores, les amphibies, les édentés et quelques pachydermes (éléphant, rhinocéros).
Les espèces chez lesquelles les testicules situés ordinairement dans l’abdomen, descendent, à l’époque du rut, dans l’aine ou sous la peau du périnée (taupes, chauves-souris, rats, agoutis et plusieurs autres), servent comme de transition entre les premiers et ceux qui ont normalement les glandes séminales dans l’aine (certains rongeurs, quelques ruminants, pachydermes et carnassiers). Les civettes et le cochon les ont sous la peau du périnée, au-dessous de l’anus.
Le scrotum n’exisle que dans les espèces qu’on peut rapprocher de l’homme; lecrémaster manque chez toutes celles qui ont les testicules dans l’abdomen ; enfin,, dernière remarque qui trouvera son application un peu plus tard, la tunique vaginale reste toujours en communication avec le péritoine chez tous les animaux, excepté le chimpanzé d’Afrique.
§ I. — Synorchidie ou fusion des testicules.
J’ai dit plus haut quelle raison m’autorisait à placer ici l’étude de cette anomalie.
Sous le nom de synorchidie , on désigne la fusion de deux testicules en un seul. Les exemples connus de cette anomalie sont extrêmement rares. Cette fusion s’opère tantôt dans l’abdomen, tantôt dans le scrotum ; la première variété, observée une seule fois par Is. Geoffroy Saint-Hilaire, rappelle, ainsi que nous l’avons vu, une dis-
position normale chez les batraciens; la seconde a été constatée par plusieurs anatomistes (Alandus, Hermanus, Gummenus, Leal-Lealis, Séd illot). Elle ne serait que l’exagération de ce qui existe chez les didelphes (kanguroos), dont les deux testicules sont en contact dans un scrotum non cloisonné. M. Cruveilhier élève des doutes à l’endroit de son existence :
« On comprend la possibilité de l’adhésion des testi* » cules, lorsqu’ils sont encore contenus dans la cavité » abdominale; on ne saurait nullement admettre leur » adhésion dans le scrotum, car les testicules ne descen- » dent dans les bourses qu’à la fin de la vie intra-utérine, » et ce n’est pas à cette période que se font les adhésions » ou fusions d’organes. Je pourrais encore moins conce- » voir la descente dans les bourses de testicules adhérents » dans l’abdomen. Commentée double testicule pourrait- » il parvenir jusque dans les bourses? Je suis donc forcé » de révoquer en doute l’authenticité de quelques faits » sans détails, sans preuves, que possède la science à cet » égard. On ne saurait toutefois révoquer en doute un » fait de réunion des testicules encore contenus dans » l’abdomen, communiqué à M. Is. Geoffroy Saint-Hilaire » par MM. les docteurs Breton et Chauvet (de Grenoble). » En voici le résumé ; Un enfant naquit à Vizille en 18/j2. » Plusieurs médecins de Grenoble, consultés sur le sexe » de l’enfant, furent d’avis différents. Il fut inscrit comme » fille sur les registres de l’état civil, et mourut à dix-huit » mois. A l’autopsie, MM. les docteurs Breton et Chauvet » (de Grenoble) reconnurent un hypospadias. Le scrotum » bifide était vide ; les deux reins, les deux capsules sur- » rénales et les deux testicules étaient réunis sur la ligne » médiane. Les veines et artères spermatiques, les vési- » cules séminales et les canaux déférents, étaient doubles ;
» chaque moitié du double testicule recevait ses vaisseaux » particuliers (t). »
Les réflexions de M. Cruveilhier, relativement à l’impossibilité de comprendre la synorchidie intra-scrotale, sont certes pleines de justesse ; mais ne peut-on pas admettre que, dans les cas décrits, .il y avait absence de la cloison des dartos, et que le contact des deux glandes et leurs frottements réciproques ont pu amener entre elles des adhérences assez intimes pour faire croire à une fusion parfaite? Eu tout cas, celle-ci ne serait qu’apparente, comme chez certains poissons dont j’ai parlé plus haut.
§ II. — Anomalies liées à la migration du testicule. — Ectopie. ' — Monorchidie. — Cryptorchidie.
Les dénominations dont on se sert le plus communément pour désigner l’anomalie qui consiste en ce que l’un des testicules ou les deux sont situés dans un point plus ou moins éloigné du scrotum, sont généralement défectueuses. Goubaux et Follin n’emploient que le mot cryptorchidie; ils y ajoutent l’épithète simple ou double , suivant que les deux glandes ou une seule est dans sa position normale. Mais il y a des cas où le testicule non complètement descendu se trouve sur les côtés de la verge ou dans l’aine ; il n’est donc pas caché, ainsi que semblerait l’indiquer le terme de cryptorchidie ; à le prendre dans toute sa rigueur, il ne devrait désigner que l’ectopie abdominale.
(1) Cruveilhier, Anatomie pathologique générale , t. I, p. 301.
Godard appelle monorchide tout individu qui n’a qu’un testicule dans sa position normale ; il comprend même à tort, sous cette dénomination, quelques sujets dont la seconde glande manquait absolument. 11 y a, je crois, grand intérêt à séparer ces cas des premiers, comme je l’ai fait. Il réserve le mot crypiorchide pour ceux dont les deux testicules se sont arrêtés dans leur migration, qu’ils soient ou non apparents à l’intérieur.
Lecomte appelle inclusions ces variétés d’anomalies : inclusions abdominale, inguinale, etc.’; mais ce terme prête à la confusion, parce qu’aujourd’bui il rappelle tout d’abord à l’esprit l’inclusion fœtale. Le mot ectopie, employé depuis longtemps, me paraît celui qui répond le mieux à ces différentes exigences, bien qu’on puisse lui reprocher de faire naître l’idée du déplacement d’un organe fixe, plutôt que celle de l’arrêt d’un organe qui doit normalement se mouvoir.
Ainsi, les mots monorchidie, monorchie, cryptorchidie, cryptorchie ou cryptorchisme simple , désignent l’absence de l’un des testicules de sa position normale; les mots cryptorchie, cryptorchidie, cryptorchisme employés seuls, s’appliquent à cette anomalie lorsqu’elle est double; enfin, le terme plus général d’ectopie, convient à toutes les positions anormales du testicule. Je m’en servirai plus particulièrement.
A. Fréquence. — Les diverses variétés d’ectopie, envisagées dans leur ensemble, sont bien plus fréquentes que les autres anomalies étudiées jusqu’ici. Le nombre des observations publiées est tellement considérable qu'il faut renoncer à les reproduire. Ce vice de conformation, le plus apparent de tous, est celui qui devait frapper le premier les regards ; et bien que les premiers cas cités ne
remontent guère qu’à À. Paré et à N. Massa, on peut affirmer qu’on en avait déjà vu antérieurement. L’intéressant est de savoir quelle est la proportion de ces anomalies relativement à un grand nombre d’individus. On ne possède, sous ce rapport, que des documents bien incomplets. La statistique de Wrisberg (1), faite d’après 102 enfants nouveau -nés, n’a pas de valeur, puisqu’à cet âge le testicule n’a pas toujours terminé sa migration ; en effet, sur ces 102 enfants, 12 étaient dans ce cas. La statistique de Marshall donne un chiffre bien inférieur , car il s’agit là d’ectopies définitives. Sur 10800 conscrits, un seul était cryptorchide; 5 n’avaient pas le testicule droit dans le scrotum ; chez 6, c’était le gauche qui manquait (2).
Pour avoir à ma disposition des documents plus étendus, je suis allé au ministère de la guerre consulter les tables de recrutement; elles ont été mises à ma disposition avec beaucoup d’obligeance, mais je n’y ai malheureusement pas trouvé ce que j’espérais, les cas de réforme étant partagés en grandes catégories qui comprennent toutes les maladies d’un organe ou d’un système.
Beaucoup plus fréquente que l’ectopie bilatérale, l’ectopie unilatérale a été vue 36 fois par Godard (3), 20 fois par Oustalet (2), et un certain nombre de fois par tous les auteurs qui ont écrit sur ce sujet. On peut dire qu’il suffît d’avoir suivi les hôpitaux pendant quelque temps pour en avoir observé quelques exemples. On ne peut même pas juger de sa fréquence par le nombre des observations
(1) Wrisberg, Olservationes de testiculorum descendu. Comment, vol. I, p. 174.
(2) Godard, Études sur la monorcliidie et la cryptorchidie, p. 36.
(3) Ousialet, Descente tardive du testicule (Gaz. méd., 1843).
publiées; les cas compliqués sont les seuls qui méritent aujourd’hui d’être insérés dans les recueils périodiques.
Sur les 36 cas de Godard, il y en a 1Z| à droite et 22 à gauche ; Pétrequin, Oustalet ont constaté un rapport inverse. En réunissant tous les exemples observés par ces trois auteurs, on arrive au chiffre de72,serépartissanten 38 ectopies à droite et 3 h à gauche. A côté de ce chiffre, les observations de Wrisberg et de Camper, portant sur 155 nouveau-nés, donnent 10 cas d’ectopie à droite et H à gauche. Ces différences ne me paraissent pas assez fortes pour trancher la question.
Quant à la fréquence relative de l’ectopie unilatérale et bilatérale, elle serait plus facile à établir en faisant un relevé de toutes les observations publiées; malheureusement le temps me manque pour traiter convenablement ce point spécial de la question.
Ce qui résulte des statistiques de détail faites par ces auteurs, c’est que la monorchidie se présente beaucoup plus souvent que la cryptorchidie. Marshall n’a vu qu’un cas de cette dernière anomalie sur ses 10 800 conscrits; Godard en a fait connaître un certain nombre, dont plusieurs lui sont personnels; mais on sait avec quelle infatigable persévérance il se mettait à la recherche de tout ce qui touchait à son sujet; il n’est donc pas étonnant qu’à lui seul il ait vu plus plus de cryptorchides que bien des auteurs réunis.
B. Siège de l’ectopie testiculaire. — Le testicule frappé d’ectopie se rencontre dans trois régions principales : tantôt il est inclus dans l’abdomen, tantôt il reste engagé dans le canal inguinal, enfin il est situé hors de
l’anneau, il est sous-cutané, plus ou moins voisin du scrotum, et placé à une distance variable |de l’orifice superficiel du canal inguinal.
Ectopie abdominale. — L’ectopie abdominale comporte deux variétés, selon que l'organe occupe le point où il s’est développé ou qu’il s’est porté plus ou moins bas vers le canal inguinal. A la première variété se rattache le cas de Geoffroy Saint-Hilaire, cité à propos de la synorchidie: il y avait en même temps fusion et ectopie des testicules. C’est donc un cas mixte, mais chez lequel la première particularité primait beaucoup la seconde et a motivé la place que je lui ai assignée.- D’autres exemples ont été mentionnés par Ollivier d’Angers (1) et Cruveilhier chez des monorchides. L’ectopie, dans un des points de la fosse iliaque interne, est bien plus fréquente. Assez souvent la glande est située à une petite distance de l’orifice profond du canal inguinal. Tel est le cas célèbre de cet élève d’A. Cooperqui se donna la mort, quand il eut appris que sou infirmité était une cause de stérilité (2). Il portait une ectopie iliaque double. J. Cloquet, Wrisberg, Simpson, Jobert, rapportent des exemples analogues. Dans un cas de Cruveilhier, la proximité était plus grande encore (3). Celui dont parle Pétrequin, où l’organe était à moitié engagé dans le canal inguinal, sert de transition entre l’ectopie iliaque et l’ectopie inguinale.
Ectopie inguinale. — On trouvera dans la thèse déjà
(1) Ollivier d’Angers, Dictionnaire en 30 vol., t. XXIX, p. 432.
(2) Curling, loc. cil., p. 27.
(3) Cruveilhier, Traité d,' Anatomie pathologique. Paris, 1849, t. I, p. 301.
citée de Paris (1), un tableau qui résume toutes les variétés connues et que je crois utile de reproduire ici.
L’organe peut occuper tous les points du canal; on l’a vu également dépassant un peu l’orifice superficiel et placé en partie sous les téguments. L’ectopie est par conséquent tantôt inguinale interne, tantôt interstitielle, tantôt inguinale externe. Parfois, il est assez facile d'imprimer des
ECTOPIE TESTICULAIRE INGUINALE.
Temporaire..
t Testicule à l’anneau dans la position horizontale.
I Testicule dans le scrotum, dans la position verticale.
incomplète.. Testicules flottant soit à l’intérieur, soit à l’exté-
rieur du canal.
Permanente .
complète . . .
1° Persistance du canal vagino- péritonéal.
Intra- 6. inclusion inguinale./ inguinale
2° Absence de ce canal.
intersii tielle.
3° Tunique vaginale propre.
Le testicule peut apparaître derrière l’aponévrose du grand oblique et simuler une ectopie complète sous-cutanée.
(1) Paris, thèse. Strasbourg, 1857, p. 4.
mouvements au testicule et de modifier sa situation ; on peutle réduire dans l’abdomen, ou le faire sortira l’extérieur du canal (1); mais une variété très-curieuse est celle dans laquelle ces changements de situation se produisent d’eux-mêmes. Pendant la station, le testicule franchit l’anneau externe et se place dans le pli de l’aine; dans ]e décubitus dorsal, il se réduit et rentre de lui- même dans le canal (2).
Ectopie cruro-scrotale . — Dans celle-ci, le testicule a franchi l’anneau, mais il n’a pu parvenir jusqu’au scrotum ; il reste dans le pli situé entre celui-ci et la cuisse. Assez souvent on peut le faire remonter dans l’anneau, mais non l’entraîner vers le scrotum. Cette variété n’est décrite que par Godard; cela tient à ce qu’elle est trèsfacile à confondre avec F ectopie inguinaleproprementdite. Je l’ai observée, il y a quelques jours, chez un jeune enfant de vingt mois, dont les bourses et la verge sont très-petites bien que régulièrement conformées ; les deux testicules sont situés au-dessus des bourses et à une certaine distance de l’anneau, le gauche un peu plus haut que le droit.
Jusqu’ici, je n’ai décrit que des positions du testicule correspondant à un des points de son parcours. Il y a encore deux variétés qui ne peuvent trouver place dans cette catégorie de faits; ce sont Fectopie crurale et la périnéale.
Ectopie crurale. — Elle n’est due parfois qu’à ce que le testicule, arrêté dans le canal, a passé à travers sa paroi antérieure et est descendu vers la partie supérieure
(1) Curling, p. 24.
(2) Dumoulin, Annales de chirurgie, mai 1844.
de la cuisse. Chassaignac a observé un fait de cette nature; j’avoue que ce mécanisme me paraît suspect, surtout après la lecture de ce que dit M. Gosselin, relativement à la laxité de l’aponévrose du grand oblique, dans le cas d’inclusion inguinale. « J’ai examiné, dit M. Gosselin, plusieurs malades, chez lesquels on aurait pu être induit en erreur, et je suis resté convaincu que chez eux le testicule est non pas sous la peau, mais derrière l’aponévrose du grand oblique 11 faut donc expliquer autre-
ment ces apparences de position. Je les attribue à la faiblesse et à la laxité de la paroi abdominale antérieure, et particulièrement de l’aponévrose du grand oblique. » Ces réflexions ne peuvent- elles pas s’appliquer au cas sus-indiqué, ainsi qu’à celui de Gama (1)?
La seconde variété d’ectopie crurale est plus certaine ; elle consiste en ce que la glande sort de l’abdomen par l’anneau crural et vient se placer sous les téguments de la partie supérieure de la cuisse, ou sous le fascia cribriformis, tantôt secondairement, après être rentrée dans le ventre par le canal inguinal (2), tantôt d’emblée sans être antérieurement apparue à l’extérieur (3). Le cas de Vidai offre l’exemple singulier d’un déplacement secondaire en haut, vers les couches sous-cutanées de l’abdomen.
Eclopie périnéale. — 11 arrive quelquefois qu’un des testicules va se placer sous la peau du périnée un peu en avant de l’anus \ il n’est pas question de ces déplacements accidentels qu’on a observés dans quelques cas rares et
(1) Voyez Curling, p. 56.
(2) Scarpa, Traité des hernies , p. 200. Eckart, Loder’s Journal fiir die Chirurg., IIe vol., p. 187.
(3) Vidal, Pathologie externe , 2° édit., I. V, p. 431. — Curling, p. 50.
dont je dirai un mot tout à l’heure, mais bien d’ectopies congénitales ou remontant aux premiers jours de l’existence. Godard en cite trois exemples, dus à Vidal (1), Ledvvicli (2) et à lui-même (3). J’y ajouterai doux faits dus à limiter et une remarquable observation publiée en Aile magne par Zeis (à).
Ce chirurgien s’apprêtait à pratiquer la taille chez un enfant de quatorze ans, lorsqu’il s’aperçut qu’un des testicules manquait; ce ne fut qu’après des recherches infructueuses du côté de l’abdomen et du canal inguinal, qu’il le découvrit au périnée, là même où il allait faire son incision ; la taille fut faite, mais du côté opposé.
Je signalerai encore deux cas de M. Ricord et une observation do Curling (5). 11 est à remarquer que jamais cette anomalie n’est bilatérale.
Je laisse de côté la dernière variété de Godard qu’il appelle inclusion scrotale; le seul fait qui y rentre est manifestement un exemple d’anorchidie ou tout au moins d’atrophie du testicule; celui-ci, représenté par une petite masse cellulo-graisseuse, était dans le scrotum avec l’épididyme.
Je ne crois pas devoir faire une place à part aux ectopies accidentelles, observées à l’aine ou au périnée ; ce sont plutôt des déplacements traumatiques que des anomalies proprement dites; il en sera question seulement à propos du mécanisme.