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Quand l’induration augmente, il faut opérer, car de nombreux cas recueillis prouvent que l'inflammation de l’appendice ne s'accompagne pas toujours d’adhérences péritonéales, et ce serait s'exposer à se trouver bientôt en pré sence d’une périlonite généralisée que de vouloir temporiser ; car, dès que le malade est en proie à une lésion de cette nature, que l'état général indique l'existence d'une septicémie intense, malgré les quelques succès que l’on peut retrouver dans la littérature médicale, les chances de sauver le patient sont bien faibles. .

Quant à la date de l'intervention, qu’il suffise de savoir qu'une hâte excessive serait infiniment moins préjudi-

ciable au malade qu’une patience poussée à l'excès. °

D'après une statistique de Fitz, la mort s’observerait

56 fois sur 100 dans le cours de la première semaine. Faut-il intervenir au cours d’une appendicite simple ? A l'heure qu'il est, la plupart des chirurgiens répondent par l’affirmative, à la condition toutefois que l'affection récidive.

Voici comment Reclus envisage cette question : «€ Ilne suffit pas, dit-il, d'une douleur légère dans la fosse iliaque droite et même d’une tuméfaction appréciable du processus, car cette poussée peut céder sans laisser de traces ; les corps étrangers, les sécrétions franchi ssent parfois la valvule et se vident dans le cæcum. Nous trouvons dans les auteurs américains et anglais quelques observa-

tions où, malgré une ou plusieurs attaques successives,

NOT us

la laparotomie a montré l'organe sain, sans menace de perforation et même sans épaississement notable. »

Il nous semble donc qu’en ce cas il faut s'abstenir, car l’ouverture du péritoine n’est pas sans dangers et de plus l’'appendice vermiculaire peut échapper aux recherches, entouré qu’il est par des néo-membranes dont on ne saurait le dégager.

Même indécision, plus marquée, encore s’il est possible, quand, au lieu d’avoir affaire à une affection aiguë, . l’on se trouve en présence d’un malade qui deux ou trois fois déjà, plus souvent même, a été pris de symptômes de colique appendiculaire, symptômes qui se sont amendés sous l'influence d’un traitement médical approprié.

S'il est pénible encore pour quelques praticiens d’intervenir dans les cas indiqués plus haut, nous comprenons leur hésitation en face d'une manœuvre opératoire qui gagne à être faite dans l'intervalle de deux accès. Le malade à ce moment semble complètement guéri et recule parfois devant une intervention sanglante si son médecin ne lui force en quelque sorte la main ou semble lui-même hésitant.

Nous croyons pouvoir affirmer que l'opération s’impose dans ces cas ; outre que l'individu atteint de cette affection peut voir survenir à la suite d’un excès ou de toute autre cause occasionnelle une nouvelle atteinte du mal, il peut se faire que les accidents à rechute qui jus-. qu'alors avaient été bénins, suivent à une attaque ultérieure une marche plus grave ct quelquefois mortelle.

Benoit 6

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