TRAITEMENT MÉDICAL
Un grand nombre de cas d'appendicites se sont términés favorablement; bien souvent même, si l’on en croitt les constatations de Toffer à l'hôpital de Copenhague, on rencontre dans les autopsies des traces de pérityphlites . anciennes reconnaissables à leurs adhérences caractéristi- . ques et qui semblent avoir passé inaperçues: Mais aussi, combien de cas de morts dus à des appendicites qu’un: traitement chirurgical entrepris à temps aurait probable ment évités. Quoi qu'il en soit, le diagnostic n’est pas encore assez assuré, ni l'usage assez généralisé pour qu'on: interviénne par une laparotomie en quelque sorte préventive.
Quand peut-on s'abstenir? Quand la douleur est modérée, la tympanite peu marquée, que la prostation des: forces est à peu près nulle, que le malade remue à l'aise dans son lit, et que la fièvre ne dépasse pas 38°. Dans ces cas, le clinicien n'a qu’à recourir aux moyens médicaux, mais en soumettant le malade à une observation constante, car l’on possède maintenant nombre de cas où la sitation change du tout au tout avec une rapidité étonnante. L'anatomie pathologique rend compte de ces anomalies apparentes: quoiqu'il en soit, voici les: moyens employés.
Nous croyons avec Maurin et beaucoup d’autres que les émissions sanguines doivent être rejetées ; en effet «sur, 94 cas de mort, on aurait employé 90 fois des ven- . Louses scarifiées ou des sangsues ou même des saignées ; , généralés. Maurin affirme, ce qui n’est pas douteux que leur emploi a eu la plus fâcheuse influence sur les résul- Lats funestes dé là maladie: « On a compris depuis longtemps qu’une semblable thérapeutique ne pouvait qu’atfaiblir le malade et le mettre dans des conditions très défavorables pour résister à la maladie sans procurer le hévéfice de juguler l’inflammation comme on le croyait. » . Cette proscription peut-être un peu sévère nécessite des faits plus convaincants que ceux d’une statistique où tous les faits sont loin d'être comparables entre eux. Il se peut que dans les cas bénins, l'émission sanguine, locale soit utile en diminuant la douleur et peut-être la fluxion de la région ? mais dans tout autre circonstance, se bercer de l'espoir d’une action véritablement efficace est un leurre. ;
Les purgatifs que beaucoup de praticiens emploient encore d’une façon courante, sont non seulement inutiles, mais encore nuisibles. Les mouvements intempestifs qu'ils provoquent dans la masse intestinale risquent fort de rompre les adhérences qui. faisaient de la péritonite une lésion localisée. Loin de recourir à cette dérivation problématique qui peut être si chèrement achetée, il faudrait d’après certains auteurs recourir aux opiacés.
L'emploi des opiacées est diversement interprété par
les auteurs : & priori, l'usage de ce médicament semble rationnel ; Graves le donnait à doses massives et beaucoup de praticiens ont imité son exemple. Wolz devrait deux guérisons à celte méthode; With cite deux statistiques qui semblent tout à l'avantage de lopium : la première où l’on n'avait pas employé ce médicament porte sur 30 cas èt donne 40 pour 100 de mortalité; la seconde où ceremède avait été administré à l’exclusion des purgatifs ne donne plus qu'une mortalité de 16 pour 100. Aussi Maurin croil-il pouvoir conclure : « avec tous ces auteurs nous prescrivons les purgalifs, et nous dirons que la meilleure médication au début sera l’opium sous toutes ses formes, soit seul, soit associé à la belladone ».
Beaucoup de chirurgiens s'inscrivent en faux contre cette opinion. Et, en effet, l'opium, s’il calme les mouvements de l'intestin, a le lort très grave de favoriser la parésie intestinale, et par cela même, le tympanisme; or, une dilatation énorme du ventre par les gaz gêne beaucoup l'exploration physique et même la rend impossible ; cela est d'autant plus fâcheux que l’examen local est de toute nécessité pour fixer le moment de l'intervention.
Que dire maintenant des applications loco dolenti ; lout d’abord, le moyen semblerait excellent, mais le doute vient quand on songe à la situation très profonde du foyer inflammatoire. La glace a-t-elle le pouvoir de
modifier la circulation locale jusque-là ? Nous ne saurions
Sa PT:
l’affirmer. En lous cas, on peut dire que la glace est un -calmant remarquable.
Mêmes remarques et mêmes hésitations quand il s'agit non plus de glace, mais de corps très chauds, par exemple de sachets de sable brûlants qui auraient, paraît-il, amené quelques guérisons.
À côté de ces moyens purement médicaux, il convient d’ordonner au malade le repos le plus absolu. Les grands bains chauds ont sinon donné des succès, du moins ontils diminué les souffrances du malade : leur emploi ne pouvant être qu'utile sera recommandé.
Enfin un régime sévère sera institué. Le malade ne prendra que du bouillon, du lait et en général des aliments liquides. |
IL est incontestable que la typhlo-pérityplite traitée exclusivement par la méthode dite médicale entraîne un pronostic des plus fâcheux. « Les cas les plus bénins se résolvant par la résolution pure et simple sont exceptionnels » (Luton). Des relevés faits par Fitz, Sands, Pravaz, il résulte que celte terminaison se rencontre seulement dans un tiers des cas au plus. Que de complications à craindre : récidives fréquentes pendant des années, ouverture de l’abcès dans les vaisseaux sanguins, dans la cavilé vésicale, fusées purulentes gagnant le tissu cellulaire rétro-péritonéal et se propageant parfois, comme l'a vu Gawitz, jusque dans la plèvre; pyohémie ; et surtout, accident très fréquent, invasion par le pus de la grande
cavité péritonéale. L'ouverture dans le cœcum, considérée
— 492 — k comme un des modes de terminaison les plus favorables es loin d'amener toujours une guérison durable. :
D'après la statistique de Maurin, la mort a été observée 101 sur 117 cas où aucune intervention chirurgicale n’a été mise en œuvre. Sans aucun doute ce chiffre doit être tenu pour exagéré, car les cas les plus graves ont été publiés de préférence. Il n’en est. pas moins vrai que la mort esl une terminaison (rès fréquente de la pérityphlite. RE à
Le nombre des cas heureux se réduirait encore si. l’on y rangeait seulement les faits de guérison définitive. Les récidives sont fréquentes ; l’enquête à laquelle nous nous sommes. livrés nous mêmes :en parcourant un. grand nombre d'observations, démontre la vérité de cette:assertion. De son côté Filz indique comme proportion des récidives, le chiffre de 11 pour 100.
Souvent donc la maladie que l’on croit disparue n'est qu'endormie, toujours prête à un retour offensif. : .