A) LA TEMPÉRATURE N EST PAS SENSIBLEMENT MODIFIÉE
I. Chez les individus sains, à température normale. Chez eux le badigeonnage n'amène guère, dans la courbe thermique des 24 heures qu’un changement de quelques dixièmes tendant très légèrement, suivant le moment du jour où il est fait, à exagérer la descente du matin ou la montée du soir. Très souvent, même, on ne constate aucune influence.
II. Dans la période d’état des affections aiguës présentant une gravité particulière et dans la période préagonique. Dans ces cas, les applications cutanées restent impuissantes; les fonctions physiologiques
sont trop troublées pour pouvoir être régularisées sui- vant leur mode habituel.
‘Comme exemple, nous cilerons le cas suivant:
Eos
Salle Saint-Maurice n° 9. Alcoolisme. Cirrhose. Pneumonie, — Ce malade, entré à l'hôpital au début de son affection fut soumis aux badigeonnages de spartéine. Le 1e badigeonnage (n° v du tableau de la spartéine), avait abaissé la température de 1° 1/2.
Trois jours après, l’affection avait pris un caractère de gravité extrême, et l’on n’obtenait plusd’abaissement (n° xx et xx1 du tableau de la spartéine).
III. L'on n'obtient qu’un abaissement insignifiant dans les affections aiguës dont la réaction thermiqueest restée modérée. C’est là un fait qui plaide en faveur de l'explication que nous donnons plus loin de l’action des badigeonnages.
Comme exemples, citons le n° xx11 du tableau de la sparléine;lesn®v, vi, et vi du tableau del’helléboréine.
B) ACTION HYPOTHERMISANTE.
L'action hypothermisante est de beaucoup la plus fréquente ; elle constitue l'effet habituel de nos badigeonnages et présente un caractère de netteté indiscutable.
Son intensité n’est pas constante ; elle varie suivant le malade et suivant la maladie.
Suivant le malade, il en est de cette action comme de celle de tous les médicaments ; il y a là une question
de susceptibilité individuelle sur laquelle nous n’insisterons pas.
Les variations suivant la maladie sont autrement importantes et méritent de nous arrêter longuement,
EN
Dans les affections aiguës, hyperpyrétiques, à localisation viscérale précise (pneumonie, fièvre lyphoïde,' elc.) l’abaissement est très marqué dans la période de début dela maladie, alors que les lésions centrales n’ont pas encore acquis toute leur gravité.
Dans la période de défervescence de ces mêmes affections, il en est de même, parce que les lésions locales atténuées ne sont plus en rapport d'intensité avec la fièvre.
Dans la période d'état, l’abaissement est bien moins prononcé même en cas de température élevée.
. {Voir, dans le chapitre suivant, les observations 1, 11.)
Dans les affections aiguës sans localisation centrale (grippe, rhumatisme articulaire aigu, etc) l’abaissement est très prononcé à toutes les périodes de Ja maladie (exemples n°% vir, x1, xXv1, X vin du tableau de la cocaïne ; n°11 du tableau de la spartéine et nos courbes d’érysipèles).
L'action hypothermique est également très marquée à toutes les périodes des affections à courbe thermométrique irrégulière, affections dont le type est la tuberculose pulmonaire.
Enfin, nous avons noté des abaissements considérables et constants dans l’érysipèle de la face et dans les affections aiguës à détermination cutanée. Nous reviendrons plus loin sur cette action qui nous a paru : toute particulière dans ces cas, et toute différente de la simple régulation que l’on obtient dans la courbe thermique des autres maladies.
On le voit, l’abai ssement obtenu présente une grande
variabilité. Il va, suivant les cas de 1/2 degré à 3 degrés et plus, le chiffre moyen étant de 1 degré à 1 degré 1/2.
Il est certainement plus fort avec la spartéine qu’avec les autres alcaloïdes ; el quelquefois même ces derniers n’agissent plus tandis que le premier présente encore une intensité remarquable.
Comme exemple, nous citerons le cas suivant :
Salle Montazet, n° 8. Fièvre typhoïde soumise aux badigeonnages.
Au début, badigeonnages d’helléboréïne (n° xx et xxr du tableau) et de solanine (n° xr, xt, xt du tableau).
Ces alcaloïdes n’agissaient plus à la période d'état (20 avril 1893 n° xvn du tableau de la solanine).
Le lendemain, un badigeonnage de spartéine ramena la température de 40°1 à 38°6 (n° 1v du tableau).
La spartéine serait donc au point de vue de l’inten-
sité, comme au point de vue de la durée, l’alcaloïde de
choix.
C) ACTION HYPERTHERMISANTE,
L'action hyperthermisante, beaucoup plus rare que l'action hypothermisante s’observe essentiellement dans deux cas :
I. Chez les individus dont la tempéralure est habituellement au-dessous de la normale ; comme on le voit dans la goutte, le rhumatisme chronique, certaines formes d’hystérie, et généralement dans toutes les affections torpides accompagnées de nutrition retardante. Chez ces malades, un badigeonrnage a pour effet
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constant de ramener la température, momentanément, à la normale.
IT. L'action hyperthermisante se manifeste dans les affections aiguë:, lorsque la réaction thermique est nulle ou insuffisante, On sait que chez les brightiques, les artério-scléreux, une pyrexie intercurrente, telle qu’une pneumonie, peut évoluer sans fièvre ou à peu près.
M. le professeur Teissier a même cité des cas de pyrexies apyréliques survenues chez des individus indépendants de toute diathèse. Nous n’avons pas eu l’occasion de pratiquer nos essais chez de pareils malades ; mais chez les premiers, les badigeonnages élèvent nettement la température. (Exemples : n°5 xIX, XX, et xx1 du tableau de la cocaïne, n°% xvIr, XVIII, XIX, XXHIT et xxiv du tableau de la spartéine.)
III. Nous n'avons pas eu l'occasion d’expérimenter nos badigeonnages sur des malades présentant une hypothermie considérable, comme on l’observe, par exemple dans l'urémie. Mais nous croyons fermement qu'on obtiendrait, dans de pareils cas, une élévation marquée de la température, Dans un de nos cas, la température s’éleva de 35°7 à 37°1. C’est le chiffre le plus fort que nous ayons observé.
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