DETTE
OBSsERVATION VII. — Erysipèle de la face.
(Recueillie par M. Jarsaillon, externe des hôpitaux.)
J. Marie, 26 ans, domestique, entre, le 9 juin 1894, dans le service de M. le Dr Vinay, salle Sainte-Marie, 43.
Son père et sa mère sont morts de tuberculose pulmonaire.
Elle a eu la rougeole à 12 ans.
Depuis l’âge de 12 ans, elle est très sujette aux érysipèles de la face; il ne se passe guère d’année sans qu’elle en soit atteinte, Elle a remarqué que ces érysipèles successifs augmentaient chaque fois de gravité.
Le dernier qu’elle eut, il y a deux ans, l'aurait tenue malade pendant plus d’un mois!
L’affection actuelle débuta dans la nuit du 7 au 8 juin, par un frisson violent. Dès le lendemain, rougeur intense autour de l’angle interne de l’œil gauche, point de départ habituel de ses érysipèles.
A son entrée à l’hôpital, toute la face, sauf le menton, est le siège d’une turnéfaction rouge, violacée, s'étendant derrière les oreilles jusque vers la nuque, et sur le front gagnant le cuir chevelu.
Etat général mauvais. Pas d’albuminurie.
Les badigeonnages sont aussitôt commencés.
Ci-contre la courbe,
Il fallut ici trois badigeonnages pour la guérison définitive ; et le premier n’avait abaissé la température que de 2, ne la ramenant pas tout à fait à la normale.
Dès le premier badigeonnage, l’érysipèle cessa de s'étendre et pâlit le lendemain.
Badigeonnages de Spartéine. e? Erysipèle de la face.
Traitement commencé le 3me juur,
COURBE GÉNÉRALE
EFFET DE CHAQUE BADIGEONNAGE
1er badigeonnage, 2me badigeonnage. 3e badigeonnage.
OgservarTion VIIL. — Ærysipèle de la face.
(Recueillie par M. Jarsaillon, externe des hôpitaux.)
M. Charles, 21 ans, jardinier, entre le 12 juin, dans le service de M. le D: Vinay, salle Saint-Maurice, n°8.
Son père et sa mère sont morts probablement de tuberculose pulmonaire.
Aucune affection antérieure. Très bonne santé habituelle.
Le 9 juin (trois jours avant son entrée), il s’aperçut, en se levant, que l’angle interne de l’œil gauche était douloureux et tuméfié.
Il n'eut à ce moment, ni frisson, ni céphalalgie.
Dés le lendemain, la rougeur avait gagné toute la face, et le retentissement sur l’état général était des plus accentués.
À son entrée, on constate une bouffissure rouge, intense, de toute la face ; le cuir chevelu, envahi, est très douloureux. On note de grosses phlyctènes au niveau des oreilles.
L'état général est mauvais. Obnubilation intellectuelle, Grande agitation. Subdélirium. Température, 41°.
Urines fortement albumineuses,
Les badigeonnages sont aussitôt commencés.
Ci-contre la courbe.
Ce cas présenta une évolution un peu particulière : la guérison locale fut assurée par quatre badigeonnages (du 12 au 15 juin).
Le 15, l'érysipèle affaissé, était en pleine desquamation et le malade semblait guéri. Jusque-là, il s'agissait d’une observation analogue à nos observ. VII et VIII.
Mais à partir du 16 juin, on nota de brusques ascensions thermiques, précédées de frissons violents, et absolument inexplicables par l'état local, ni par l'examen approfondi du malade. Ces hyperthermies cédèrent d’ailleurs, sans aucune peine à trois nouveaux badigeonnages. Elles se produisirent
le 16, au matin, le 17, dans la soirée, et le 19, dans la matinée.
dr