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OBsERvATION IX. — Erysipèle de la face.
(Due à l'obligeance de M. Bart, interne des hôpitaux.)
S. Jeanne, 30 ans, ménagère, était, dans le service de M. le D: Drivon, rs femmes, n° 3, en convalescence d’un érysipèle de la face qui avait duré dix jours. Elle était apyrétique depuis plusieurs jours et la desquamation était presque achevée, lorsque brusquement, le 14 juin au soir, elle fut prise de frissons et de maux de tête. Presque immédiatement l'oreille droite fut envahie par une rougeur érysipélateuse qui envahit toute la face et le cuir chevelu. Cet envahissement se fit très rapidement, dans la nuit. |
Le lendemain, 15, on applique, sur la surface même de l'érysipèle, une couche de pommade à la spartéine à 1/20. Aucun effet sur la température qui était de 4093. — Léger soulagement local.
Le 16 au soir, application sur la cuisse de 3 gr. environ de
la même pommade, et enveloppement imperméable. Effet immédiat.
Ci-contre la courbe.
Deux badigeonnages ont donc suffi pour juguler la maladie.
Ce cas est encore intéressant par ce fait de l'impuissance totale des applications de spartéine sur la surface même de l'érysipèle, 3 à 4 gr. d’une pommade de spartéine à 1/20 n'avaient eu aucune action thermique. (Voir la courbe cicontre.) Le lendemain, la même quantité de la même ponmade appliquée sur la cuisse faittomber la température à la normale.
En même temps l’érysipèle cessait de s’é âlissai et desquamait ea De
La durée totale de la maladie avait été de trois jours.
Badigeonnages de Spartéine (pommade à 1/20).
E’rysipèle de la face.
Traitement commencé le 3me jour.
S Badigeonnage.
Ogservarion X. — Ærysipèle du membre inférieur gauche.
V. Marguerite, 48 ans, ménagère, était à l'hôpital depuis quelques jours, dans le service de M. le professeur Ollier.
Atteinte d’une tumeur blanche du genou, elle avait subi, neuf mois auparavant, une résection de cette articulation et était venve se faire enlever un bandage silicaté.
On constata un état local parfait. La peau du genou présentait seulement une légère éraillure.
Le surlendemain, dans la nuit du 15 au 16 juin, la malade fut prise brusquement d’un très violent frisson qui dura 2? ou 3 heures et s’accompagna de vomissements répétés.
Le lendemain matin, on constata une plaque rouge, saillante, à la face interne de la cuisse gauche, à 10 centimètres au moins de l’éraillure cutanée signalée plus haut. Cette plaque s’étendit rapidement aux faces antérieure et latérales de la cuisse, jusqu’à la hanche, gagnant de là une partie de la fesse et le pli de l’aine.
On ne constatait rien au dessous du genou.
Le traitement par les badigeonnages de spartéine futinstitué le 17, le deuxième jour par conséquent. Dès le 18, la température était tombée à 38° de 40°3 où elle était. L'état général était très amélioré et la surface érysipélateuse avait cessé de s'étendre et pâlissait.
Le soir du 18, la malade eut un nouveau frisson, la température remonte à 40%, et le lendemain on constatait que toute la jambe, au dessous du genou, était envahie par une vaste plaque érysipélateuse, très douloureuse, Le traitement fut continué régulièrement.
Il fallut en tout sept badigeonnages ; mais, il esi à remarquer que nous eùmes à faire à deux poussées successives : la première guérie par deux badigeonnages ; la deuxièrne par cinq. Dès le 21, l'érysipèle s'était affaissé et avait pâli. L'action PÉAOUQNE fut des plus nettes dans ce cas dont le pronostic UE évidemment, grave. Toutefois, il est à noter qu’elle fut moins rapide que dans l’érysipèle de la face, et qu’elle n'empècha pas une deuxième poussée de la maladie,
Badigeonnages de Spartéine.
Erysipèle du membre inférieur gauche.
Traitement commencé le 2me jour.
EFFET DE CHAQUE BADIGEONNAGE
OgservarTion XI.— Érysipèle de la face (récidive).
(Recueillie par M. Dénarié, interne des hôpitaux.)
Marie M..., 28 ans, ouvrière en soie, était en convalescence d'un érysipèle de la face datant du 6 juin dernier ettraité par les badigeonnages de spartéine (observ. IV). ”
Comme cette malade, enceinte de quatre mois, avait présenté, pendant son affection, des menaces d’avortement, on l'avait engagé à rester au repos à l'hôpital, salle Sainte- Marie, n° 41. |
Le 4 juillet, elle eut, vers le soir, de petits frissons et une sensation de malaise général. Léger mouvement fébrile.
Le 5, tuméfaction rouge et douloureuse des aiïles du nez. Cette plaque se généralise très rapidement, et le 6 juillet, lérysipèle occupait toute la face, sauf le menton, Les oreilles étaient envahies. Douleur locale très vive.
Grande agitation. Fièvre intense.
Deux badigeonnages enrayèrent net la maladie,
Ce cas est intéressant, en ce sens que le traitement put être appliqué dès le dé but, et que la durée totale de la maladie a été évidemment et considérablement abrégée.
Pas de menaces d’avortement,
Badigeonnages de Spartéine. — Erysipèle de la face.
Traitement commencé le 5me jour.
EFFET DE CHAQUE BADIGEONNAGE
OBsERvATION XII. — Érysipèle grave de la face.
(Due à l'obligeance de M. Paul Chapuis, interne des Hôpitaux.)
Marie P..., âgée de 20 ans, entre le 26 juin 1894 à l'hôpital de la Croix-Rousse.
Elle était malade depuis le 21 juin, souffrant d’une amygdalite aiguë très douloureuse, accompagnée de dysphagie très accusée et d’otalgie droite.
Le soir du 23 juin, apparition d’une plaque érysipélateuse au niveau de l’orifice du conduit auditif externe droit, Il s'agissait donc, très probablement, d’une infection propagée du pharynx par la trompe d’Eustache et l'oreille moyenne. En même temps on notait l'écoulement de pus par le conduit auditif.
Le 26 juin au soir, l’érysipèle présente l’extension suivante :
Assez régulièrement symétrique, il occupe les deux côtés de la face; le milieu du front, les lèvres, le menton sont intacts.
Les narinessont rouges extérieurement, mais il ne paraît rien y avoir dans les fosses nasales, Le bourrelet limitrophe passe à 3 ou 4 centimètres derrière chaque oreille; remonte en avant à 4 ou 5 centimètres au--dessus de chaque arcade sourcilière, de façon à s’arrêter à peu près à la ligne d’implantation des cheveux.
Du côté de la gorge, on trouve l’amygdale droite encore un peu grosse, et la paroi postérieure du pharynx rouge, mais non tuméfiée et ne paraissant pas participer à l’érysipêle extérieur.
Céphalée intense ; température = 41° 2, Inappétence absolue, état nauseux, abattement très considérable, En somme, -état général grave.
Le soir même, on fait un premier badigeonnage avec 4
- grammes de la solution de spartéine à 1/20. Cette solution était vieille, depuis longtemps dans le flacon.
Le 27 juin, nous employons une solution fraîche. Le 98 et le 29, nous pratiquons un badigeonnage chaque soir.
Dès Je début du Han l'érysipèle n'a pas fait un
- lution au début. Il n° y a pas eu d’ autre médication. L’état général, le 29, est meilleur; mais la céphalée et : l’insomnie persistent.
A partir du 30 juin, nous faisons, en outre, du badigeonnage du soir, une application à 6 heures du matin. Cette application n’empêche pas l’ascension thermique, tandis que, chaque fois, celle du soir donne une chute qui atteint ou dépasse 3°.
Le 1:r juillet, poussée passagère et immédiatement RYoriée, -sur la joue gauche et autour du nèz.
À partir du 2 juillet, apyrexie ou hypothermie. La guérison locale et générale est un fait accompli.
Voici les tracés thermiques (à la suite des badigeonnages du soir) :
1er badigeonnage. 2e badigeonnage. 3e badigeonnage.
26 juin. 27 juin. 28 juin.
6 h. soir.... 412 | 6h. soir.... 40°2 | 6h; soir.... 40°5 DAMES DO TRISER tete cents 4) 12h... 0... 38,1 . 6h. matin.. 39,4| Gh. matin... 88,4| 6h. matin.. 37,2 : RUN PATTES 40/9 12h00 PORCR LE PR CNE 38,7
4e badigeonnage. 5e badigeonnage.
À 30 juin.
29 juin.
(Poussée nouvelle.) OhiSOoe Re. er 44e GR SOA 208 Er 40°5 12h Lee AOROL TRE 38,2 | 12h ce AO NT 37,2
GHHAmMAtn PSC 0 lACD MAO MESLEERAS 39 AN NA rec te do Te LAN es entame 40
mn
Se
6e badigeonnage. 7e badigeonnage, der juillet, 2 juillet.
DINASDIT EN en 40° OMSOIT RE en ie 40°5 ODA RENE En 39,6 4 12h Te emeeese es se 38,8 Gama Res sure 38 Chester Sat AE SE 37,2 | PAR ARANEERE Rnb TES EE 396% 12hEnrr Pi chemins 36,9
Il y eut en outre, nous l'avons dit, trois ou quatre badigeonnages du matin, absolument sans action, et que nous ne . donnerons pas,
La courbe générale fut la suivante :
Matin, Soir SOUS RUE eme ice 4192 PA PRET ET Pet SOU co 40,2 ea re Rey OA LITRES 40,5 DORA ENS Do TPE RE 41 (poussée nouvelle) SUR rt ie a DIS RENE 40,5 déniniliel 072 nee 40,7 PA RE APR re RER a 40,5 SL OR nn SD Ne Verne 37,8
Cette observation de notre excellent ami Paul Chapuis, si complète et si soignée, est certainement l’une des plus intéressantes de notre thèse.
Elle montre bien la puissance d'action des badigeonnages, dans un cas très grave et très rebelle, Il s’agissait certainement d’un érysipèle beaucoup plus malin qu’on ne les observe généralement, et nous n’en avons pas personnellement rencontré d'aussi tenace.
Enfin l'inaction des badigeonnages du matin s’ac: corde parfaitement avec les faits que nous avons observés nous-même, et mérite d’être retenue.
On le voit, dans tous les cas d'érysipèle que nous : avons pu traiter par les badigeonnages, l'action théra peutique de ces derniers a été des plus nettes.
Ce fait n'a rien qui doive surprendre. Déjà, M. Bard (1) avait signalé l’action favorable des badigeonnages de gaïacol sur cette affection, dont la durée lui avait paru nettement abrégée.
Or, l'effet du gaïacol étant éminemment transitoire et ne se manifestant que pendant quatre ou cinq heures au maximum, il est admissible à priori, que l'effet de la spartéine,quise prolonge jusqu’à dix ou douzeheures, doit influer davantage sur la courbe générale et la marche de la maladie ; et c’est en effet ce qui ressort clairement des observations précédentes.
On peut voir, par nos tracés, qu'il a suffi le plus souvent de deux, trois ou quatre badigeonnages, pour obtenir la guérison complète.
Il semblerait que l’on puisse, d’après l’abaissement produit par le premier badigeonnage, prédire la durée totale de la maladie : s’il abaisse la température aux environs de la normale, un deuxième suffira probable: ment. S'il ne l’abaisse que de un degré environ, il en - faudra encore deux ou trois ; très rarement davantage.
L’effet local n’est pas moins remarquable que l'effet thermique ; dans tous nos cas (sauf l’érysipèle chirurgical de la jambe qui se fit en quatre poussées) l’exanthème cessa immédiatement de s'étendre et rapi-
(4) Bard. Lyon Médical, 25 octobre et 5 novembre 1893,
dement pâlit et disparut. L'action thérapeutique a été constante, quelle que fut la période de la maladie.
Il va sans dire que, dans tous les cas que nous cilés, nous ävons soigneusement évité de donner à nos malades des médicaments internes, afin de bien jugerde l'effet des seuls badigeonnages.
Toutefois, rien n’empêcherait évidemment de prescrire, en même temps, les médicaments habituels (quinine, naphtol, purgatifs, etc), mais c’esl au moins inutile.
Lorsque la douleur locale, trop vive, demande un prompt soulagement, on se trouve très bien de l’application, sur .la surface même de l’érysipèle, de ia pommade suivante : |
Me Re ne, 0 gr. 50.
Chlorh. de cocaïne....., 1 gramme.
Canchne se Une id.
VASE Rates ee 10 id,
(Eviter les yeux, à cause de la sensation de cuisson qu’y produit le menthol.)