ROUGEOLES
Encouragé par ces premiers résultats, nous avons supposé que nous pourrions en obtenir d’'analogues dans les autres affections aiguës à détermination cutanée, en particulier dans la rougeole, la scarlatine et la variole.
M. le docteur Rabot nous ayant très obligeamment autorisé à pratiquer des essais dans son service de la Charité, nous nous sommes immédiatement mis à l’œuvre,
Les résultats que nous avons obtenus, disons-le immédiatement, n’ont pas absolument répondu à notre espoir, au moins au point de vue pratique, en ce sens, qu'ils n’ont pas d'effet sur les complications si communes des fièvres éruptives. En revanche, ils abrègent manifestement la durée de la maladie, même dans les cas graves, lorsqu'elle ne se complique pas de localisation viscérale.
C’est dans la rougeole que nous avons le mieux. constaté cette étroite spécialisation de l'effet thérapeutique des badigeonnages., |
Cette affection, en effet, surtout chez les nantes cst , toujours accompagnée de troubles pulmonaires variant depuis une légère bronchite jusqu’à la broncho-pneumonie ; et cette localisation influe puissamment sur
la courbe thermique etsur la durée de la fièvre, qu’elle tient en grande partie sous sa dépendance.
Or, c’est seulement lorsque ces symptômes pulmonaires étaient nuls ou insignifiants que les badigeonnages nous donnaient des succès.
OBsERvATION XIII. — Rougeole boutonneuse confluente.
(Recueillie par M. Nodet, externe des hôpitaux.)
T... Jules, 16 ans, garçon de café, entre le 3 mai 1894, dans le service de M. Vinay, salle Saint-Maurice, n° 47. Pas de contagion appréciable.
Pas d’antécédents héréditaires. Pas de maladies graves antérieures. |
A diverses reprises, depuis son enfance, il expulsa ou vomit des ascarides lombricoïdes. Il en vomit quatre le jour de son entrée à l’hôpital.
Depuis trois jours environ, coryza intense, larmoiement, toux, céphalalgie,.
Hier soir, il s’aperçut que son visage présentait une éruption de boutons rouges qui gagna bientôt le tronc et les membres.
Actuellement, sa figure est vultueuse et boursoufflée, Sur toute la face, éruption confiuente, saillante, avec de rares intervalles de peau saine. Le tronc et les membres en sont totalement recouverts.
Les boutons, très rouges, présentent un piqueté hémorragique net.
La gorge présente une rougeur diffuse.
Catarrhe oculo-nasal.
Rien au poumon. Température = 39,2. —— Le soir 39,3.
Le soir même, badigeonnage de spartéine, dont voici le résultat :
5 heures 3/4 soir...... Mas eee 399,3 GROS ET RS RS Era uNn ie 39
TEDOUREESS ANRT SE PRRRE A 38,6 OO POS PO) ie cents lee eee Me 38,9 D HORTESS SA OMR Ro dore een 20 38,4 TOR TESN SE IR RER Ne ee 38,2 SURoUréS MAN: re AS Rte 37,8
Dès le lendemain, l'éruption avait pâli; la température restait normale.
La maladie était terminée.
OBsERvATION XIV, — Rougeole sans complication pulmonaire.
Recueillie dans le service de M. Rabot, par M. Beuf,
externe des hôpitaux.
Pierre G., âgé de 3 ans 1/2, entre le 18 juin 1894, dans la salle des rougeoles, n° 13.
Pas d’affections antérieures. Bonne santé habituelle. L’enfant a une sœur déjà dans la salle depuis quelques jours.
Début de l’affection actuelle, il y a trois jours, par coryza, catarrhe oculaire, vomissements.
A son entrée, éruption confluente sur la face, apparaissant à peine sur le tronc et les membres. Gorge rouge.
Rien au poumon. Pas la moindre oppression.
Température = 40°3
CELEY. 10
Le soir même badigeonnage de spartéine, dont voici le résultat :
GR SOLP ESS ON SUR T ar AOS
DRE REC TIC 42h NE PACE 40 DR Lam nn RE RACE 38,6 D'HAE an e A d ie 38,4 AR NE PSN Er: 37,4
La température ne se releva pas. L'enfant entra immédiatement en convalescence.
OgservaTION XV, — Rougeole sans complication pulmonaire.
(Recueillie par M. Beuf, externe des hôpitaux.)
Francisque P., 3 ans, entre le 19 juin, saile des rougeoles, n° 20,
Père et mère bien portants. Ni frère ni sœur. Bonne santé habituelle,
Contagion à l'école de la rue des Tables-Claudiennes. Un cousin de l'enfant, qui vit avec lui, était depuis quelques jours déjà dans la salle.
L’affection a débuté il y a quatre jours environ, par du coryza, de la toux et de la fièvre,
L’éruption a commencé hier.
A son entrée, éruption rubéolique confiuente à la face, au tronc, à la racine des membres.
La gorge rouge, présente un piqueté caractéristique. Catarrhe oculo-nasal. Toux légère; quelques räles de bronchite. Pas de dyspnée.
Température = 3968,
Un badigeonnage de spartéine, fait le soir, donna les résultats suivants :
OR SORA A a eut -000
LÉ RES Nan 0 SE PRES EN Tv 0 ER Ne ii 00 GhNmmi ne ni 00 DH A RAT ra 38,4 :
La température continua à baisser dans la journée, le soir elle était à 37,2 et ne se releva pas. Guérison immédiate.
OBSERVATION XVI. — Rougeole et broncho-pneumonie.
(Recueillie par M. Beuf, externe des hôpitaux.)
Marie G., 18 mois, entrée le 24 juin, dans la salle des rougeoles, n° 24.
Cette enfant vient de Sainte-Jeanne. Elle avait du catarrhe oculo-nasal, avec forte toux, depuis quatre ou cinq jours.
Elle présente une éruption rubéolique au début, encore peu accentuée, mais nette sur la face. HEAR)
Bronchite intense. Râles fins, surtout au sommet gauche; dyspnée considérable, Le soir même, un premier badigeonnage, resta absolument sans effet, ce qui n’a rien d’étonnant, étant donné la gravité de l’état général.
Le lendemain soir, oppression extrême. Le deuxième badigeonnage, comme le premier, resta sans effet, et l’enfant
mourut dans la nuit.
OBsErvaTION XVII. — Rougeole avec localisation pulmonaire intense.
(Recueillie par M. Beuf, externe des hôpitaux.)
Charles M..., âgé de 18 mois, entre le 28 juin dans la salle des rougeoles, n° 9.
Cet enfant vient de la salle Sainte-Jeanne, où il était en convalescence d’une pneumonie droite.
Depuis quatre jours environ, il présentait de la toux et au | larmoiement.
L’éruption a débuté le 23 juin.
Le 24 juin, on constate une éruption rubéoli que confluente sur la face, le tronc et les membres.
Catarrhe oculo-nasal.
Respiration gênée ; râles de bronchite. Température — 40°4.
Du 2% au 27, quatre badigeonnages furent pratiqués. Comme nous aurions dû nous y attendre, étant donnés les symptômes pulmonaire, ils furent loin de donner des résultats équivalant aux précédents, tant sur la courbe des vingtquatre heures que sur la courbe générale.
1er badigeonnage. re badigeonnage.
23 juin. 24 juin.
CASDITIRE e cn e 40°4 Egaré.
DDR SR ne ones 40,7 A OR ER ES 40,6 SM SE DR et lea 39,6 EN RS Ac A 40,1 1 1 OA DUMAS vo A 39,9 3° badigeonnage. 4 badigeonnage.
25 juin. 26 juin.
Ch SOIT ARR EEE De A0 RE SOIT PE 3902 DUR le ee ne 40,1 2 RL ME NL 38,3 : PARTIR PER Re See IE POSE PA 5 RE ER CRE Se B620 Date este ee D re CE 38,6 AA LE PR sn nn 38,7 GR Erreur MERS ONNE 38,8 SE NE TER SRE Et
À partir du 27 juin, il ne reste plus trace de l’éruption ; mais les symptômes pulmonaires persistent. La respiration
est très soufflante sur toute la hauteur du poumon droit. Râles nombreux, dyspnée intense.
On cesse les badigeonnages, incapables d’aucune action sur la localisation pulmonaire,
OBSERVATION XVIII. — Rougeole et bronchite intense.
(Recueillie par M, Beuf, externe des hôpitaux.)
Jean-Baptiste V..., âgé de un an 1/2, entre le 24 juin, salle des rougeoles, n° 18.
Il vient de Sainte-Jeanne où il était traité de la coqueluche.
Catarrhe oculo-nasal depuis plus plusieurs jours.
Le 24 juin, éruption abondante partout. Gorge très rouge.
La respiration est rapide et gênée ; on n'entend pas de râles, mais une grande rudesse respiratoire.
Agitation très prononcée.
Voici l’effet du traitement :
1er badigeonnage. Ë 2c badigeonnage.
24 juin. 25 juin.
DR SON means es, ADRIAN SOIT RER en 398 OR OS Eine re à Vel 40,3 SE A ane RL ER 39,4 RO A EU nee EL s 40 1200 RS RER En 39,3 D AGE DS PSC MERE ANRE 40,2 2 PA FPE TE PES HR RASE ER 39,8 Or es sienne 39,8 GRR EE 38,3 RL ne bee PAPE UES a 39,5 | DD OR LE ren à … 40 3e badigeonnage. 4e badigeonnage.
26 juin. 27 juin.
Ghirmnss ere eee GRR eue 40°5 RON RUE MAPS 39,7 GE NA re ERNES 98,9 À AN LV AR LOL PAT LEE AA DD ON AO NS PAR NS Le 38,7 AT ANR AN TEA PAL Fe D D Re RE EE ENS 39,1 (A TS RE RAS 39,2 QE Re Na eu ets 38,8
AP
A ce moment, 27 juin, l’éruption est à peu près passée ; ? mais, devant la persistance des symptômes pulmonaires, on : cesse les badigeonnages.
OBsEervaTION XIX. — Rowgeole avec forte bronchite.
(Recueillie par M. Beuf, externe des hôpitaux.)
Aline G..., 3 ans 1/2, entre le 48 juin 1894 à la salle des rougeoles n° 5,
Cette enfant a un frère bien portant; un deuxième est entré en même temps qu'elle, atteint de la même affection. La contagion s’est effectuée à l’école de la rue des Tables- Claudiennes.
Bonne santé habituelle.
L’affection a débuté, il y a 4ou 5 jours, par du coryza, de la toux, des vomissements.
Le 18 juin, éruption au début sur la face et le cou; les jours suivants, eile envahit le tronc et les membres.
Gorge rouge. Catarrhe oculo-nasal.
Toux intense, râles de bronchite des deux côtés. Dyspnée prononcée.
Le traitement est immédiatement institué.
1er badigeonnage, 2° badigeonnage.
118 juin. 19 juin.
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3e badigeonnage, 4° bad'geonnage,
19 juin. 20 juin.
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