‹ Des applications périphériques de certains alcaloïdes ou glucosides: Nouveau procédé de régulation de la thermogenèse. Nouveau traitement des maladies aiguës à détermination cutanée. Nouvel agent d'anesthésie localeChapitre 64 sur 75 · B). — LA PEAU COMME RÉGULATEUR NORMAL DE LA’? THERMOGÉNÈSE · texte numérisé non relu

B). — LA PEAU COMME RÉGULATEUR NORMAL DE LA’? THERMOGÉNÈSE

Ce deuxième principe n’est autre que le rêle considérable attribué à la peau dansle réglage de la chaleur animale.

Pour bien comprendre ce rôle, il faut se rendre compte exactement de deux séries de faits : |

A) Les sources de la chaleur animale et ses procé-

dés d’équilibration ;

B) La mise en jeu de ces propriétés physiologiques. A). — Sources de la chaleur animale et son équilibration.

La chaleur animale trouve sa source première dans les forces de tension introduites dans l’organisme avec les aliments et avec l’oxygène de la respiration.

C’est, avant tout, la combustion intra-organique des éléments divers, organiques ou même minéraux, qui forment la chaleur.

A cette cause principale s’en ajoutent d'accessoires,

tels que certains phénomènes chimiques (actions des acides sur les bases, des sels les uns sur les autres, etc.), tels aussi que l’énergie mécanique de certains organes (appareil circulatoire, pulmonaire, etc.)

Or, normalement, chez les animaux à sang chaud, la température est constante ; il y a équilibration entre la production et la perte du calorique, grâce à un système régulateur qui influence les sources de production et règle la dépense.

Ce système de régulation est sous la dépendance du système nerveux et de centres thermiques dont l’existence est aujourd’hui bien démontrée. C’est ainsi que Pfluger a étudié des centres thermiques bulbaires, dont la relation avec des centres médullaires vaso-moteurs, sudoripares, respiratoires et cardiaques est infiniment probable.

Les centres thermiques interviennent dans le réglage de la chaleur animale de diverses façons:

En exagérant ou en modérant les transformations moléculaires, sources importantes de calorique (Hoppe- Seyler, Libermeister, Landois, Richet).

En agissant sur les forces de tension dont la transformation en chaleur est activée ou ralentie.

En modifiant les mouvements respiratoires, Îles échanges gazeux intra-pulmonaires, et surtout en réglant énergiquement la combustion et la respiration intra-cellulaires (Quinquaud).

En modifiant le système circulatoire en son entier, accélérant ou ralentissant le jeu du cœur, et surtout en produisant de la vaso-constriction ou de la vaso:

dilatation cutanée de manière à diminuer ou à augmenter la surface de la nappe sanguine périphérique qui se refroidit par rayonnement.

Enfin, les centres thermiques interviennenten modifiant les sécrétions diverses, surtout la sécrétion sudorale. On sait quelle cause importante de refroidissement produit l’évaporation de la sueur; cause qui se combine souvent à Ha vaso-dilatation.

Tels sont lesdivers moyens de régulation qu’empioient les centres thermiques.

B) Mise en jeu de l’activité des centres thermiques.

Mais sous quelles influences se manifestent ces divers mécanismes de régulation de la chaleur animale ?

Ce peuvent être, tout d’abord, des impressions directes dues au contact d'agents modificateurs en circulation dans l’organisme.

Ce peuvent être des impressions nerveuses d'origines variables, telles que, par exemple, celles parties des nerfs de l'intestin ou des glandes digestives.

Mais ce sont surtout les excitations périphériques, et particulièrement celles de la surface cutanée, qui, physiologiquement ont la prépondérance sur la mise en activité des centres thermogénétiques.

Normalement, le mécanisme régulateur dela chaleur animale est mis en jeu par l’action de la température extérieure sur la peau, ou par d’autres impressions cutanées passant presque inaperçues.

On sait, par exemple, qu’un froid modéré et passager élève la température du corps ; qu’une chaleur modérée

et passagère l’abaisse. Les impressions cutanées susceptibles d'entraîner des modifications thermiques sont certainement très nombreuses ; qu’il nous suffise de rappeler lés constatations de Mantegazza, Heidenhain, Neumann, Rohrig, Kaufmann, Guinard, etc., relatives aux conséquences des irrilations cutanées sur la température du corps.

L’excitation des terminaisons nerveuses est donc le grand moyen par lequel la nature provoque la mise en activité, par réflexe, des centres thermiques et règle la chaleur animale.

Il n’y a rien d’extraordinaire à penser que cetle excitation et ses conséquences thermogénétiques puissent être provoquées par le contact d’une solution médicamenteuse capable de suppléer, dans un état pathologique, aux influences normales devenues impuissantes.

Nos applications d’alcaloïdes agiraient donc suivant un mode physiologique tout à fait régulier et normal.

Cette interprétation satisfait rigoureusement l'esprit ; elle rend bien compte de l’action régulatrice plutôt qu'antipyrétique que nous avons observée et de tous les faits sur lesquels nous reviendrons dans le chapitre suivant,

Enfin, elle permet de comprendre pourquoi, seule, les substances agissant puissamment sur les terminaisons des nerfs centripètes présentent l’action thermique. Nous avons vu, en effet, que la cocaïne, la solanine, l’helléboréïne et la spartéine ont pour caractères communs d’être des anesthésiques locaux et des médicaments nerveux.

Nous aurions voulu, en terminant ce chapitre, don-

ner une étude complète des divers phénomènes par lesquels se fait la régulation thermique; dire si, sous l'influence réflexe des badigeonnages, la température était modifiée par action chimique (combustions intraorganiques, échanges intra-cellulaires, etc.) ou par action physique (circulation, vaso-moteurs, respiration, sécrétions) ou par action mixte et dans quelles proportions. |

Mais ce sont ià des recherches très délicates et très longues, que nous avons commencées, M. Guinard et nous; mais qui ne nous permettent pas encore des conclusions certaines. n |

Il faut, pour cette étude, des analyses d’urines complètes et répétées; des observations minutieuses des modifications du pouls, de la respiration, des sécrétions, l'analyse des gaz expirés, etc.. etc.

Mais ce qui, dès à présent, nous paraît certain, c’est que les systèmes vaso-moteur et sécrétoire sont influencés nettement et d’une façon constante par nos badigeonnages.

Il est probable que c’est également là qu’il faudra chercher l'explication de l’action curactive des applications cutanées sur les maladies éruptives.

Mais quel est ie mécanisme intime de cette action thérapeutique ? il est bien difficile de le préciser. Il est probable qu'il s’agit d’une modification du terrain sous des influences vaso-motrices d’origine nerveuse; mais c'est tout ce que nous pouvons dire, en l’état actuel de nos expériences.

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