‹ Des Applications Pratiques du Drainage Abdomino-VaginalChapitre 12 sur 39 · DONS · texte numérisé non relu

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cul-de-sac rempli d’un liquide séro-purulent. Un drainage abdomino-vaginal, facilement pratiqué, amena une amélioration considérable.

Dans ces diverses observations, en somme, nous sommes toujours en présence du même mécanisme : accumulation de liquide dans un cul-de-sac plus ou moins cloisonné; perforation de ce cul-de-sac et drainage; lavages quotidiens par le drain; retrait progressif du drain au fur et à mesure du cloisonnement et guérison.

Mais — et c'est ce point que nous voulons mettre en relief — dans toutes ces interventionsil était nécessaire, pour unsuccèsrapide, d'offrir au pus cette facile voie de dérivation. On aurait pu laver et assécher par l’abdomen, après avoir ouvert largement, mettre des drains dans les points déclives, de la gaze ailleurs, tout ceci aurait été excellent et la guérison aurait été possible. Mais l'ouverture du Douglas pouvait seule amener ce changement si net dans l'état général, cette chute brusque de la température, car seul il donnait à l'écoulement du pus la sécurité et la rapidité quelquefois exigées par l’état général d’un sujet très affaibli.

S II. — D'après les exemples que nous avons rapportés on peut entrevoir quel est le mode d’action du drainage abdomino-vaginal et pourquoi il agit rapidement dans des cas où le Mikulicz n'aurait qu’un effet insuffisant ou nul.

Ce mode d’action est double. Soumis à l'action de la pesanteur, les liquides sont entraînés vers la par-

TAG tie la plus déclive, quelquefois le cul-de-sac antérieur, le plus souvent la fosse de Douglas. S'ils trouvent, àce niveau, un orifice par lequel ils puissent passer au dehors, il est évident que leur écoulement sera rapide et assuré. Tandis que l'ouverture abdominale ne pourra être atteinte qu'en grimpant échelon par échelon à travers les mailles de Îa gaze, l'orifice vaginal se trouvera, au contraire, à leur point même de sortie normale, indiqué par la pesanteur et la topographie de Îa région.

Cependant il est certain que l'ouverture par Île cul-de-sac postérieur ne suffit pas toujours, et que la déclivité n’est pas tout dans le drainage. Il est des cas —nous en possédons trois — où la première opération a été faite dans le cul-de-sac postérieur. Les suites opératoires sont mauvaises, l'écoulement se fait mal, une laparotomie est faite secondairement, et le mieux arrive presque de suite avec écoulement abondant. Ace point de vue l'observation XIII estdes plus intéressantes. C’est un hématocèle qui,le lendemain de l'ouverture du cul-de-sac postérieur, avec évacuation du Douglas, présente 4004. Une laparotomie, avec enlèvement de la trompe gauche déchirée, est faite six jours après. La température persiste. Enfin, quatre jours plus tard, M. Villard établit un drainage abdomino-vaginal. Amélioration immédiate suivie de guérison rapide.

Ilen est de même pour la malade de la salle Ste- Marguerite opérée également par M. Villard dans les mêmes conditions (Obs. XIV). Depuis sa première opération (incision du cul-de-sac postérieur, enlève-

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ment de caillots) la température était restée autour de 39°, plutôt au-dessus qu'au-dessous.Un mois après celle-ci, M. Villard se décide à faire un drainage abdomino-vaginal allant de la fosse iliaque gauche dans le vagin. Ecoulement très abondant pendant les deux jours qui suivent, chute de la fièvre à 38°, enlèvement des drains huit jours après et guérison après trois semaines.

Dans un autre genre la malade opérée par M. Bérard (Obs. XII) et dans les mêmes conditions. Par une large incision du cul-de-sac postérieur on avait crevé deux poch2s et fait l’ablation de la trompe droite. Cependant les phénomènes douloureux per- Sistaient, il fallut aller, par l'abdomen, nettoyer la cavité et établir une longue mèche de gaze abdomirovaginale, remplacée peu après par deux drains aveugles, enlevés le 15 mai.

Dans ces cas-là il est certain que l'action de déclivité n'est assurément pas tout. Outre le fait que l'opération peut être faite beaucoup plus complètement par l'abdomen, peut-être y a-t-il une action de refoulement de la part du Mikulicz mis dans le ventre, et d’aid2 de la part de la pression atmosphérique. Mais ceci est un peu hypothétique. Ce qui est beaucoup plus certain c’est l’action utile des lavages que l’on peut exécuter dans ces conditions. Quelques œillets étant pratiqués le long des drains, il devient, dès lors, facile de laver tous les jours la cavité du petit bassin, et de désobstruer en même temps Île drain s’il avait quelque tendance à se boucher.

Les lavages ne sont pas applicables dans tous les

Lee cas. Il faut que l’on ait affaire à une cavité cloisonnée déjà en totalité ou en partie, de telle façon que l'on ne craigne pas l’effraction dangereuse d’une certaine quantité de liquide dans la grande cavité péritonéale.

Un cas bien type est celui de cette péritonite suppurée entièrement cloisonnée (voir Obs. XIX) chez laquelle on commença, dès le lendemain de l’opération, des lavages au permanganate de potase, à dose faible, une ou deux fois par jour. Malgré j’ampleur de la cavité et la quantité de pus quotidiennement éliminée, la malade a guéri en cinq semaines.

La possibilité de faire tous les jours de grands lavages doit donc être prise en considération et n’est pas un des moindres avantages du drainage abdomino-vaginal, tout particulièrement dans ces cas de grandes cavités suppurées, à parois suintantes, où un nettoyage quotidien par un liquide antiseptique est un appoint sérieux pour la bénignité des suites opératoires et la rapidité de la guérison.

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