OBSERVATION XI
(Due à M. Tixier).
PYo-saLPYNX DOUBLE. — (COLLECTION PURULENTE ET PELVI- PÉRITONITE DANS LE DOUGLAS. — COLPOTOMIE POSTÉRIEURE SUIVIE D'ABLATION DU PYO-SALPYNX PAR LA VOIE ABDOMINALE. — GUÉRISON.
Mme X°..., 24#ans.
Avortement au mois de janvier 1800. Depuis cette époque, pertes blanches abondantes. Douleurs continues dans le bas ventre, exaspérées par la marche et par des efforts. Aucun
travail fatigant n’est possible. Traitement médical pendant six mois. Aucun résultat.
tel —
17 mars 1900. — Poussée de température. Retentissement péritonéal. Vomissement. Glace sur le ventre. Opium. Pas de résultats.
Toucher. Collection dans le Douglas, distendant le culde-sac postérieur. Deux poches, grosses comme le poing, de chaque côté de l'utérus.
Intervention le 21 mars sous anesthésie. Colpotomie postérieure. On trouve une poche grosse comme une petite orange que l'on draine. Mais on s'aperçoit qu’il est impossible, par cette voie, de drainer suffisamment les deux autres poches salpingiennes. Etant donné l’état, plutôt grave, de la malade, qui n’admettait pas de temporisation, étant donné qu’elle avait formellement demandé une guérison complète, on la met immédiatement sur le Trendelenburg, pour procéder à la laparotomie, ablation de deux trompes suppurées. Adhérences intestinales très nombreuses. Devant cette plaie intra-péritonéale saignante, on se décide à un large drainage. La main abdominale pénètre dans le Douglas et le rein. Deux drains dans le vagin. Mikulicz abdominal. Le mieux est immédiat. [1 existe de la température. Le Mikulicz est retiré le 20 mars sans accident. Parles drains vaginaux s'écoule encore une sérosite louche, qui faitqu’on les conserve plus longtemps. Ils sont peu à peu retirés. La guérison est complète. La malade retourne en Algérie, où elle a repris sans inconvénient un travail assez pénible. Elle monte à cheval une partie de la journée sans fatigue.
OBSERVATION XII] (Due à M. BÉRARD.)
SALPINGITE PURULENTE. — OVAIRE KYSTIQUE. — POCHES CLOISONNÉES AUTOUR DE L'UTÉRUS. À
B. D..., cultivatrice à St-Prix (Allier), entre dans la salle Ste-Anne, clinique de M. le professeur Poncet, suppléé par M. le professeur agrégé Bérard.
ET
Elle se plaint de pertes blanches abondantes mêlées, de temps à autre, à des pertes rouges. Le ventre est douloureux à la pression, ballonné de temps à autre, avec des exacerbations violentes si elle se fatigue. Irradiations dans les reins et les membres inférieurs. La marche est difficile.
A son entrée, la malade est très affaiblie, anémiée, sans appétit.
L'abdomen est dur, météorisé, sensible à une pression un peu forte. On ne sent pas l’utérus. Pas de plastron.
Toucher. — Col sain en apparence. Corps en rétroversion, un peu abaissé, difficile à délimiter latéralement, car il est fixé par d'énormes paquets inflammatoires indurés, surtout marqués dans la moitié droite du bassin. La pression du doigt sur ces masses fait sortir, par le rectum, quelques filets de liquide glaireux ou muco-purulent, beaucoup plus abondant, il y a quelques jours, comme si,à ce moment, la collection s'était vidée. Les masses des culs-de-sac sont dures, rénittentes, très inégalement consistantes.
Le toucher rectal ne montre pas l'orifice de communication avec la région pelvienne.
23 mars. — Opération (M. Bérard). Anesthésie avec le mélange de Billroth. Incision large du cul-de-sac postérieur. L'utérus est très difficile à mobiliser. Le cul-de-sac de Douglas est complètement envahi par des adhérences qui exigent un décollement laborieux, en se guidant sur le doigt d'un aide, introduit dans le rectum. On crève ainsi plusieurs poches distinctes et on peut faire l’ablation de la trompe droite, dont le contenu purulent est écoulé au cours des manœuvres. On crève, en même temps, un kyste contenant une sérosité séro-sanguinolente. L'ovaire, réduit à une coque mince, est assez difficile à libérer, néanmoins on l’extirpe. Pince sur le pédicule ovarique. Les annexes gauches n'étant pas senties'au doigt, on les laisse en place.
Tamponnement du petit bassin avec lanières de gaze iodoformée.
Cependant, la température ne descend pas au-dessous de