DEUXIÈME PARTIE
Une des plus grandes difficultés dans l’étude des arthrites infectieuses c’est de les classer suivant un ordre bien défini. En effet, si on s'adresse à l'examen bactériologique des éléments contenus dans la jointure, on répond évidemment au desideratum des études contemporaines, mais on s'aperçoit qu'il n’y a qu'un très petit nombre d’arthrites qui présentent des caractères suffisamment nets pour mériter cette épithète; nous ne sommes peut-être pas éloignés du moment où on déerira des arthrites gonococciques, pneumococciques, etc., ete., mais cette heure n’est pas venue.
S’applique-t-on, au contraire, à les grouper suivant les types cliniques, on remarque bientôt que certaines arthrites échappent à toute classification : dans l’état actuel de la science, il est évident que quelques faits doivent être considérés comme des observations d’attente, dont il est impossible de reconnaître l’essence et auxquelles s’applique bien l’expression de maladies innommées au point de vue étiologique et pathogénique (Landouzy). Nous ne citerons, comme exemple, que le pseudo-rhumatisme infectieux.
Les notions de marche, de lésions plus ou moins considérables, de tendance variable à la suppuration ne pourraient pas nous servir davantage. Dans la fièvre typhoïde, dans la blennorrhagie et dans bien d’autres affections nous pourrons avoir de simples hydarthroses, des arthrites
SET. 2 plastiques ankylosantes ou des arthrites suppurées, suivant une foule de circonstances que nous aurons à passer en revue.
Il ne nous semble done pas possible d'établir une classification définitive des arthrites infectieuses, nous nous contenterons, suivant une distinetion un peu spécieuse de Lasègue, d’un simple classement provisoire qui rapprochera entre eux les états similaires et. laissera la porte ouverte aux nouvelles acquisitions.
Nous placerons comme en-tête de chaque chapitre les faits les plus connus et les mieux démontrés, et nous grouperons autour d'eux les cas, plus ou moins rares, qui paraissent s’en rapprocher par quelque analogie clinique. Ceci étant établi, voici dans quel ordre nous étudierons les arthrites infectieuses en particulier :
I. — Pyohémie chirurgicale et médicale, dite spontanée. — Ostéomyélite. — Angines septiques ou infectieuses non diphthéritiques. — Lymphangites. — Kystes hydatiques.
IT. — Blennorrhagie. — Maladies des organes génitourinaires. — Puerpéralité.
IT. — Morve, farein, — Charbon.