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Il semble aujourd’hui démontré que la blennorrhagie virulente est sous la dépendance de micro-organismes arrondis, de volumes relativement assez considérables et découverts par Neisser (1879-1882) qui les a appelés les gonococcis. L’exactitude de la description de Neisser a été vérifiée par tous ceux qui ont examiné le pus blennorrhagique. L’inoculation des cultures paraît même avoir réussi chez l’homme entre les mains de Bokaï et Bockhart.
Quelques observateurs ont alors cherché dans le liquide retiré par la ponction des articulations, le gnococcus de Neisser et sont arrivés à des résultats assez démonstratifs. Parmi ceux-ci, nous signalerons le travail de Petrone qui est partisan déterminé de la nature parasitaire. Il a trouvé dans le sang et surtout dans le liquide provenant des genoux de deux malades atteints de rhumatisme blennorrhagique les mêmes microcci en chaînes, en 8 de chiffre et en colonies qu’il a observés dans le pus ‘de l’urèthre. Pour lui, il y aurait donc une infection locale dans le canal de l’urèthre, suivie du transport des microbes dans lesang. Le rhumatisme blennorrhagique est subordonné à l’action du micrococcus qui passe du sang dans les séreuses articulaires.
Ces résultats ont trouvé beaucoup d’incrédules ; on à dit que les microbes du liquide articulaire n'avaient rien de spécial, ce qui dépend peut-être de l’époque à laquelle on a examiné ce liquide. En effet, Kammerer, à la clinique de Fribourg, à étudié dans deux cas le liquide de l’arthrite blennorrhagique. Dans les deux cas, le contenu était louche : dans l’un on voyait distinctement des microbes semblables à ceux décrits par Neisser : au bout de 18 jours on dut pratiquer l’incision, le liquide ne contenait plus de microbes : pour lui les nombreux résultats négatifs des auteurs s'expliquent, parce qu'ils ont examiné des cas trop anciens.
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Signalons enfin une observation récente, présentée par M. Bousquet à la Société de Chirurgie (25 octobre 1885) et dans laquelle cet auteur, ayant eu l’occasion d'examiner le liquide retiré d’ane articulation sterno-claviculaire, a retrouvé nettement les gonocoques de Neïsser.
En somme, l’arthrite blennorrhagique, si l'on en croit les travaux les plus récents est bien d’origine parasitaire et par conséquent infectieuse, aû sens que nous avons attribué à cette expression. Un argument en faveur de cette origine infectieuse est d’ordre purement clinique. Admettons an instant que l’altération de la muqueuse uréthrale crée de tonte pièce une prédisposition aux manifestations articulaires, que dire alors de ces rhumatismes blennorrhagiques qui ont été signalés à la suite d’inoculations de la conjonctive contre le pannus granuleux? Nous en possédons quelques exemples fort remarquables. Un des plus intéressants et des plus curieux nous a été rapporté par M. Testelin (du Nord (4).
Un individu de 20 ans, sans antécédents blennorrhagiques et indemme de rhumatisme entre dans son service pour un double pannus granuleux. Après quelques temps de séjour à l'hôpital et après divers traitements il fut inoculé. Au bout de peu de temps l’ophtalmie pu rulente prit une grande intensité. Dix jours après l'inoculation, alors que l'ophtalmie étant encore dans toute son intensité, le genou devient douloureux, rouge, tuméfé, en un mot présente tous les caractères d’une arthrite rhumatismale. On examine soigneusement le cœur qui n’est atteint d'aucun phénomène morbide. Il y eut une fièvre modérée. Le rhumatisme resta borné à l'articulation du genou et ne subitaucune espèce de déplacement; il disparut progressivement et, au bout de trois semaïnes environ, il n’en restait plus trace. Au bout de six semaines, le sujet quitta l'hôpital, débarrassé de son ophtalmie granuleuse.
Une autre observation très analogue a été publiée par M. Poncet (de Cluny) dans les Archives d'Ophtalmologie (1881).
{1) Nous sommes heureux d’adresser ici nos remerciements bien
sincères à M. le D: Testelin, qui, avec une obligeance extrême, nous a communiqué cette observation.