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pour reconnaître üné analogie complète, entre l'attaque de rhumatisme articulaire aiguë et ce qu’on a appelé le rhumatisme scarlatin. Hénoch s'oppose complètement à cette manière de voir. Bokaï, donne trois caractères de la synovite scarlatineuse : 4° elle est une maladie légère qui guérit pour ainsi dire sans l'intervention du médecin ; 2 elle possède une certaine fixité; 8° elle ne montre aucune tendance à la récidive. En outre, il y a un petit nombre d’articulations prises, et on ne retrouve pas toujours les antécédents arthritiqueset rhumatismaux chez les scarlatineux atteints de manifestations articulaires. Enfin, il faut bien reconnaître que ces arthrites, dans la scarlatine, ont une tendance réelle et fréquente à la suppuration, comme nous le verrons plus loin, et c’est là une différence capitale avec les arthrites rhumatismales.
L'anatomie pathologique n’est pas d’un grand secours ‘pour trancher la question de doctrine ; il ya peu d’exa- “mens d'arthrites scarlatineuses rapportés complètement dans les observations. Dans les cas d’arthrites aiguës non suppurées, on trouve des lésions dé larthrite rhumatismale aiguë: injection de la synoviale, multiplication des cellules des franges synoviales, prolifération des cellules cartilagineuses, et segmentation de la substance fondamentale comprise entre FA capsules primitives.
Dans les arthrites suppurées, la synoviale épaiïssie est très injectée, les cartilages sont érodés, et peuvent disparaître complètement ; on a observé le détachement des ‘épiphyses, et un cas de Tuxation RAee du fémur (Samml).
L'examen bactériologique du liquide contenu dans ces articles, et des tissus qui les constituent, serait une donnée précieuse pour déterminer la nature des arthrites. Le plus souvent on trouve dans le contenu articulaire du rhumatisme scarlatin des coques arrondis, uriques ou accouplés ét adhérents soit à des abcès épithéliaux, soit à des globules de pus. Schüller a vu des bâtonnets cour-
bés avec renflements semblables à ceux de la diphtérie, Î a vu aussi le microbe de Friedlander dans deux cas de scarlatine se-compliquant de pneumonie. En somme il pense avec Loffler que la scarlatine n’a pas une part directe dans la formation de ces foyers parasitaires, il y aurait une infection secondaire, diphtérie, pneumonie.
D'autre part Friedlander a examiné à l’état frais le pus de synovites scarlatineuses multiples, sans affection cardiaque, et y a trouvé des microcoques. A l’autopsie de cette malade, il a trouvé les mêmes micro-organismes non seulement dans le pus, mais dans l'épaisseur de la synoviale même ; en certains endroits les microcoques étaient plus nombreux que les globules de pus. Cette constatation n’a rien que d’attendu, et manque des caractères précis qui peuvent faire attribuer à ce microorganisme un caractère spécifique, en rapport avec la scarlatine. |
La marche clinique des manifestations articulaires dans la scarlatine commence à être bien connue. On en distingue trois formes bien nettes: 4° l’arthrite séreuse aiguë, non suppurée, à allures rhumatismales : c’est ce qu’on a appelé le rhumatisme scarlatin; 2 l’arthrite séreuse qui passe à la suppuration; 3° l’arihrite purulente d'emblée, accompagnée des phénomènes de l'infection purulente. |
La première forme débute ordinairement à la fin de la deuxième semaine, c'est-à-dire au début de la période de desquamation. Peu d’articulations sont prises; le poignet de préférence, quelquefois les genoux, les articulations tibio-tarsiennes; Graves cite quatre exemples de localisation aux vertèbres du cou, et particulièrement à l’articulation atloïdo-axoïdienne. La douleur, la rougeur et le gonflement sont modérés. La fièvre courte et légère ne dépasse pas 390.
La migration des fluxions articulaires est rare, ce qui distingue nettement ce processus des polyarthrites rhuma-
itsmales. Cette manifestation, quelquefois très légère, peu douloureuse, est généralement courte (de quelques heures à un ou deux septénaires) et ne montre aucune tendance à la récidive. |
Bokaï décrit une synovite séreuse à marche subaiguë ou chronique pouvant se terminer par tumeur; il pense avec raison que la constitution scrofuleuse ou tuberculeuse joue ici un rôle prédisposant.
L’arthrite d’abord séreuse, avec tendance à la suppura-
tion, est regardée comme assez fréquente d’après les témoignages de Kennedy, Corrigan, Duchâteau et Trousseau. L’affection débute comme un cas de polyarthrite séreuse simple, puis au bout de trois ou quatre jours, la fièvre, les frissons, l’aggravation des phénomènes généraux, en même temps que l’augmentation de Ja rougeur et du gonflement articulaire, indiquent l'apparition du pus dans l’article. Pour Bokaï la maladie se termine rapidement par la mort, ou passe à la suppuration chronique pour aboutir à l’ankylose. Hénoch dit que cette forme met rarement la vie en danger.
Enfin, on peut observer, avons-nous dit, dans la scarlatine, des arthrites purulentes d'emblée, qui font partie du syndrome de l'infection purulente. C’est une compication qui n’a rien de particulier à la scarlatine, et que nous retrouvons dans beaucoup d’états infectieux graves.
Hébra, Kaposi et Hénoch ont décrit des cas rares d’ar- - thrites purulentes produites par l’irruption d’abcès périarticulaires dans les cavités synoviales ; le dernier de ces auteurs les considère comme des processus emboliques provenant des veines et des lymphatiques du tissu cellulaire du cou (phlegmons), de thrombose de la jugulaire, de gangrène du pharynx, ete. Cette forme, accompagnée de symptômes septicémiques graves, est polyarticulaire et se termine presque toujours par la mort.