IT, — VARIOLE
C'est à Rülliet et Barthez que commence l’histoire des lésions articulaires aiguës concomitantes de la variole. Ces observateurs distinguent judicieusement les arthropathies causées par la propagation des manifestations cutanées de la maladie aux tissus et organes sous-jacents, et, les arthrites varioliques proprement dites. Ces dernières se réunissent en deux groupes bien différents : les arthrites suppurées et les arthropathies simples. Les abcès articulaires de la variole ressemblent à tous ceux que nous avons déjà vus dans le cours des maladies infectieuses pyogéniques. Ils se rattachent bien manifestement à l’état pyohémique secondaire causé par la suppuration de l’éruption exanthématique ; ils ne nous arrêteront donc pas. Il nous suffira de rappeler avec Rilliet et Barthez que la guérison peut survenir même après évacuation de la collection purulente au dehors.
Les seules manifestations articulaires intéressantes de la variole sont les arthropathies à forme rhumatismale. Voyons cemment ellesse présentent en clinique: « Plusieurs fois, disent Rilliet et Barthez, nous avons vu la phlegmasie se circonscrire autour des articulations qui étaient gonflées, rouges et douloureuses. Semblable alors au rhumatisme articulaire qu’elle simulait à s’y méprendre, l’inflammation envahissait une jointure et passait rapidement à une autre, ou elle en occupait plusieurs à la fois et disparaissait dans un intervalle de trois à dix jours, sans laisser trace de son passage, etc. » s'agit-il donc là vraiment d’un rhumatisme proprement dit ? C’est à cette opinion que semblait se rattacher le professeur Brouardel qui observa cinq cas de rhumatisme secondaire : « Vers la fin de la période de desquamation une complication nouvelle, un rhumatisme articulaire aigu, vient assez souvent enrayer la convalescence et cela, aussi bien chez les malades qui ont eu des va-
rioles discrètes que chez ceux qui ont eu des varioles cohérentes ou confluentes. » — « Ces rhumatismes occupent les grandes et petites articulations, parfois. le périoste des os longs ; ils s’accompagnent de fièvre, sont peut être moins mobiles dans leurs manifestations que le rhumatisme aïgu primitif, et lorsqu'ils donnent naissance à des endo-péricardites, celles-ci revêtent tous lés caractères des lésions cardiaques rhumatismales. Dans lés deux autopsies (non compliquées de pleuro-pneumonie) que nous avons faites, les cavités splanchniques séreuses et articulaires ne contenaient pas de pus. »
Bourcy, dans sa thèse, réduit à deux types les déterminations articulaires de la variole. Le premier, véritable pseudo-rhumatismé erratique, se caractérise par des arthropathies toujours légères, disparaissant au bout de huit à dix jours sans laisser tracé de leur passage ;les douleurs, plus où moins vives $’accompagnent d’une tuméfaction modérée et d’une rougeur légère des régions atteintes. La seconde forme, dont Guersent cite une belle observation, arthrite suppurative au premier chef, se localise d’emblée à un petit nombre de jointures, parfois même n’attaque qu'une seule articulation, mais devient rapidement purulenté, ét ne tarde pas à $e faire jour à l'extérieur. Souvent alors, comme dans les cas rapportés par Bidder, des fragments osseux sont éliminés et la guérison n’est pas impossible, malgré la gravité extrême de la situation.
C’est d'ordinaire au décours de la variole, au moment de la période de dessiccation, alors que la convalescence semble s’annoncer sous de bons auspices, qu'éclatent toutes ces manifestations arthropathiques, légères ou graves.
La nature de ces accidents articulaires est aussi discutable que leur pathogénie. Pour Rilliet et Barthez il est impossible de ne pas voir dans la multiplicité des phlegmasies, dans leur dissémination, dans leur passage rapide
d'un point à un autre, dans « la fréquence et la facilité du dépôt purulent, l'influence d’une cause générale, sorte d’infection analogue à la diathèse purulente. » Pour Bidder, qui observa cinq cas d’arthropaties suppurées secondaires à la variole et développées chez des enfants au-dessous de 5 ans, il y eut toujours formation d’abcès cutanés et souscutanés concomitants. Aussi, pour cet auteur, s'agit-il de la propagation des lésions inflammatoires suppurätives des parties superficielles aux articulations sous-jacentes. Bourcey rejette les théories de la métastase, celle de Finflammation propagée couche par couche aux séreuses articulaires ; il n'accepte que pour un petit nombre de cas la résorption purulente, et, repoussant l'hypothèse d’un vrai rhumatisme que rien ne permet d’acéepter, ilarrive à conclure que l’intoxication variolique elle-même est la cause déterminante de ces pseudo-rhumatismes. Quant à nous, nous demandons de nouvelles observations concluantes : Je jour où les mierobes de la variole bien étudiés, cultivés et reproduits expérimentalement, auront-été décelés dans la sérosité inflammatoire des articulations variolisées, la preuve sera faite; jusque=là il nous Rte logique œ attendre, pour nous prononcer: y