‹ Des Arthrites InfectieusesChapitre 33 sur 55 · IE; ROUGEOLE · texte numérisé non relu

IE; ROUGEOLE

L'histoire des arthropathies qui peuvent se rattacher directement ou non à la rougeole appartientà la pathologie chirurgicale.

En 1845, Bonnet, dans son Traité des maladies des articulations, s’occupant des fièvres éruptives, disait : « Lorsqu’une fièvre éruptive, telle que la rougeole, la scarlatine ou la petite vérole, suit un cours irrégulier, et surtout lorsqne l’éruption cutanée est incomplète, il sé manifeste quelquefois des douleurs. et des inflammations disséminées dans diverses jointures. Le rhumatisme artieulaire qui sur-

vient alors doit, sans doute, être distingué du rhumatisme aigu primitif. De même que la scarlatine et la petite vérole sont des maladies spéciales dont les causes, les symptômes et le traitement ont un caractère à part, de même les rhumatismes qui leur sont consécutifs ont un caractère spécial et présentent des indications particulières. »

Rilliet et Barthez ne parlent pas des déterminations articulaires de la rougeole; mais, à propos de l’action de la rougeole sur la tuberculose et sur la scrofule, ils rapportent deux observations intéressantes.

En 1865, Marjolin présenta à la Société de chirurgie un fémur provenant d’un enfant mort de rougeole après avoir présenté tous les symptômes d’une coxalgie. Valette, dans l’article Coxalgie, du Nouveau dictionnaire de médecine et chirurgie pratique, cite deux exemples de coxalgie succédant l’un à la variole, et l’autre à la rougeole.

Ollier, indique la possibilité d’inflammations articulaires dans la convalescence des fièvres éruptives. « Dans la convalescence des scarlatines, des rougeoles, des dysenteries, du typhus, on à observé des inflammations articulaires qui ne paraissent pas mériter une description spéciale. »

Untenberger rappelle le cas d’une jeune fille qui fut atteinte de douleurs articulaires six jours après la disparition de l’exanthème.

Thomas admet comme possibles, mais bien rarement observées, les lésions internes, les inflammations des séreuses et des articulations. Il cite, à ce propos, un cas dû à Meyer-Hoffmeister, dans lequel se développa une arthrite tibio-tarsienne, un autre cas dù à Koller dans lequel existait une double arthrite fémoro-tibiale, une troisième observation rapportée par Wagner où les lésions arthropathiques se localisèrent à la hanche, enfin un quatrième fait de Niemeyer dans lequel la désignation des articulations atteintes n’est pas spécifiée.

M. Descroïzilles déclare, dans son Manuel, à propos de la rougeole, qu'il n’est pas rare de voir se développer des

arthrites ou des tumeurs blanches dans le cours de cette pyrexie,

M. Jollet (Thèse de Paris, 1884) pense, que la rougeole ne paraît pas avoir de tendance à affecter les articulations, et il ne craint pas d'ajouter: « L'opinion des auteurs qui donnent cette maladie comme le point de départ fréquent d’arthrites nous semble très exagérée. »

Étant admis, avec la plupartdes contemporains, ce fait que des arthrites peuvent, assez rarement, se développer dans le cours de la rougeole, il nous reste à rechercher la nature même de ces arthropathies. Tout d’abord il faut reconnaître, ici encore, deux types bien différents : tantôt l’arthrite qui s’éveille est une arthrite à tendance suppurative aiguë, subaiguë ou même chronique ; tantôt, au contraire, l’arthrite est légère et tend vers la guérison sans laisser trace de son passage.

Comment se produisent toutes ces manifestations arthropathiques ? En 1865, à la Société de chirurgie, lors de la discussion sur la coxalgie, M. le professeur Verneuil soutenait que la rougeole n’est pas une cause directe d’arthrite ; elle n’agirait qu’en déprimant l’état des forces « en faisant descendre rapidement la santé générale jusqu’au niveau de la scrofule confirmée. »

Pour Ollier, il faudrait tenir plus grand compte du froid. Toutes les arthrites secondaires aux pyrexies « semblent le résultat de la sensibilité au froid que présentent les convalescents en général, anémiés par une maladie antérieure et par une diète prolongée. »

Pour E. Mathieu et H. Strauss, il y a lieu d'expliquer les arthrites par la tendance qu'ont les fièvres graves à engendrer l’hyperhémie. Martin et Collineau estiment que l’hypérinose du sang doit jouer un rôle qui explique l’imminence de l’arthrite phlegmasique.

Follin'et Duplay admettentqueles arthropathiesnon suppurées se développent sous l'influence de l’affaiblissement général de la constitution qui amène une susceptibilité

plus grande à l'influence des causes extérieures, et tout spécialement du froid.

Actuellement on peut conclure que la rougeole ne se complique pas volontiers d’arthropathies ; que ces arthrites, quelquefois suppurées, sont souvent des arthrites tuberculeuses et exceptionnellement des arthropathies spécifiques.

Si la rougeole peut favoriser l’éveil de la scrofulo-tuberculose, ce n’est pas à dire pour cela qu’ily ait de véritables arthrites morbilleuses.

Ici encore, comme pour la variole, il faut attendre des documents ultérieurs et réserver son jugement.

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