‹ Des Arthrites InfectieusesChapitre 5 sur 55 · ÉTUDE CLINIQUE · texte numérisé non relu

ÉTUDE CLINIQUE

Les arthropathies infectieuses, étant des manifestations de maladies générales, leur physionomie clinique sera très modifiée suivant les caractères, la marche, la gravité de l'affection protopathique. Aussi est-il difficile de tracer un. tableau d'ensemble de tous les cas particuliers que l’on peut rencontrer.

S 1. Siège. — On peut dire que toutes les articulations peuvent être prises, mais la localisation se fait ordinairement dans les grandes jointures, très rarement à la main, au pied, dans les articulations de la colonne vertebrale. Le plus souvent une seule articulation est prise tout d’abord, puis l'affection se généralise, ce qui rend souvent le diagnostic fort difficile avec le rhumatisme; maïs tandis que chez ce dernier les fluxions articulaires disparaissent sans laisser de traces, dans l’arthropathie infectieuse la maladie imposé une marque de son passage, raideurs articulaires, atrophie musculaire, car elle n’abandonne pas completement la jointure atteinte la première.

De toutes les articulations, le genou est pris, le plus souvent aussi bien dans l'infection purulente, que dans la blennorrhagie ; Swediaur, avait déjà désigné cette localisation sous le nom de gonocèle. Il existe là un point d’appel dont l'explication est loin d’être trouvée. S'agit-il d’une fatigue plus grande, d’une sorte de traumatisme chronique

De Lapersonne. 2

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de cette articulation dont les mouvements sont très actifs ? Doit-on invoquer sa position très superficielle qui la prédispose au refroidissement et à l’action de toutes les causes extérieures? Rapprochant ceci des belles expériences de Max Schüller sur la production des tumeurs blanches, on pourrait se demander si toutes les causes occasionnelles, traumatisme, refroidissement, ne favorisent pas la colonisation des bacilles plus particulièrement sur l'articulation fémoro-tibiale. Étant donné le peu de faits expérimentaux, ce n’est, bien entendu, qu’une hypothèse ; nous ne faisons que la signaler. D'autre part il ne faut pas oublier que la séreuse du genou présente une structure plusparfaite que celle des autres articulations, et qu’elle est comparable aux grandes séreuses splanchniques: les échanges qui se font à la surface sont plus actifs et par conséquent les localisations bactériennes plus faciles.

Le coude, le poignet, l'épaule viennent immédiatement après le genou et sur le même rang. Signalons aussi l’articulation sterno-claviculaire, qui est souvent prise dans la blennorrhagie, le pseudo-rhumatisme infectieux. Le siège au niveau de là hanche est presque spécial à la fièvre typhoïde.

S 2. Signes locaux. — On peut observer différents degrés non seulement suivant l'afféction générale, mais encore pour une même maladie suivant des causes nombreuses dont beaucoup nous échappent, qui dépendent peut-être de la période de la maladie, peut être d’une véritable atténuation de l’agent infectieux.

On peut décrire cinq dégrés d’arthropathies infectieuses; l'arthralgie, lhydarthrose, la polyarthrite subaiguë, l'arthrite aiguë plastique ousuppurée, enfin l’arthrite purulente d'emblée.

L'arthralgie est quelquefois la première et la seule manifestation articulaire. Dans les arthropathies secondaires de la scarlatine, de l'érysipèle, de la blennorrhagie, elle est

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