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presque’ constamment observée : elle est caractérisée par des douleurs très vives, exagérées plutôt par les mouvements que par la pression, siégeant au niveau de la jointure mais s’irradiant à des distances variables.
L'hydarthrose proprement dite, c’est-à-dire lépanchement de sérosité sans inflammation apparente, est très rare, même dans la blennorrhagie. Ceci est en désaccord avec lPopinion des premiers observateurs, mais ressort très nettement de la lecture des faits journellement observés. Lorsqu'on a eu l’occasion de faire une ponction, on a trouvé non pas une sérosité albumineuse, mais un liquide plus ou moins louche, contenant des flocons de fibrine et une assez grande quantité de leucoevytes, indiquant bien un état inflammatoire de la synoviale. Il existe en outre une induration précoce, sorte d’œdème inflammatoire, des tissus périarticulaires, enfin quelques douleurs. On est bien loin de lidée qu’on doit se faire de l’hydarthrose pure.
Ce que l’on observe bien plus fréquemment, ce sont des polyarthrites subaiqués, envahissant très vite plusieurs segments, s’accompagnant de douleurs peu intenses, de gonflement avec où sans épanchement, disparaissant sans laisser de trace, où se localisant à une seule jointure et produisant alors des phénomènes d’arthrite plus intense, dont nous allons parler tout à l'heure. Cette forme qui constitue bien souvent ce que l’on désignait naguère sous le nom de rhumatisme blennorhagique, ou scarlatin, est la plus difficile à reconnaître. C’est à propos d'elle qu'ont eu lieu les plus vives discussions sur la pathogénie, et les confusions qui ont été faites avec le rhumatisme france.
Nous avons dit qu’on rencontrait surtout des arthrites aiguës, caractérisées par le gonflement rapide, la douleur très vive, souvent par des traînées rougeâtres de la surface cutanée en rapport avec l’article. Puis, la marche évolue différemment : tantôt le liquide épanché, tout d’abord, semble se résorber ; la fluetuation devient moins
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nette, sans que le volume de la région diminue. Les mouvements sont plus douloureux et difficiles, c’est la forme plastique ankylosante décrite par Gosselin et que l'on retrouve surtout dans la blennorrhagie (Duplay-Brun). Tantôt, au contraire, les phénomènes inflammatoires paraissent moins intenses, mais l’épanchement est très abondant et la fluctuation très nette. Une première ponction ramène un liquide louche contenant une grande quantité de globules blancs. De nouvelles ponetions donneront un liquide plus épais et finalement du pus mal lié, floconneux. Déjà à ce moment on pourra constater des mouvements anormaux, des craquements articulaires ,indi— quant une profonde altération de tous les éléments de la jointure.
Enfin, dans les cas les plus graves et surtout dans l’infection purulente, on voit se former très rapidement un abcès articulaire, sans que les phénomènes locaux réactionnels soient intenses.
Dans un genou plein de pus, distendu par le liquide, c’est à peine si on constate quelques douleurs. Comme nous l'avons vu à propos de l’anatomie pathologique, les lésions de la synoviale ne sont pas en rapport avec la quantité de l’épanchement. Plus tard, il existe une altération secondaire des cartilages et des moyens d’union, qui favorise la luxation spontanée, si la gravité de l’état général ne prime pas tous ces désordres locaux.
S 3. — Symptômes généraux. — À côté de ces signes locaux, on rencontre des manifestations générales qui dépendent, pour la plupart, de l'infection primordiale, quelques-unes annoncent l’apparition de l’arthrite. Dans beaucoup de cas légers, on ne trouve qu'une réaction fébrile peu intense. Dans les cas plus graves, au contraire, on observe tout le cortège des phénomènes typhoïdes.
Souvent un frisson très violent ouvre la scène ; la tem-— pérature monte brusquement à 40° et même 41°. Après
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cette première ascension, la température s’abaisse, pour remonter de nouveau, en même temps que d’autres frissons se produisent: ainsi de grandes oscillations (pyohémie) ou bien une sorte de plateau analogue à celui des états typhoïdes (pseudo-rhumatisme infectieux). Dans les observations que nous citerons plus tard et dans les courbes que nous donnons, cette brusque élévation de la température est toujours très évidente.
Un des points les plus importants à noter, c’est la présence dans les urines de tous ces malades d’une quantité variable d’albumine rétractile, démontrant l’action de l’agent infectieux sur le rein. N’insistons pas bien entendu sur l'aspect de l'individu, sur son facies typhoïde, sur les phénomènes du côté du tube digestif, diarrhée, ou du côté des appareils circulatoires et respiratoires: ils ne dépendent évidemment pas de l’arthropathie. Bien souvent, du reste, la marche des symptômes généraux ne semble pas influencée par l'apparition de l’arthrite. On pourrait, à ce point de vue, diviser les manifestations articulaires en deux catégories, suivant qu'elles apparaissent primitivement et semblent être le phénomène principal, ou bien qu’elles sont secondaires, et ne représentent qu’un épiphénomène de l'infection.
S 4. Terminaisons. — Les arthropathies infectieuses peuvent guérir très simplement, sans laisser de traces : mais c’est probablement le cas le moins fréquent et lors même que la guérison a été obtenue, la jointure sera toujours plus faible et plus prédisposée aux affections consé cutives.
M. Verneuil insiste fréquemment, dans ses cliniques,sur la rareté du rétablissement intégral d’une jointuremalade, de la restitutio ad integrum. Quand un organe a été atteint d’une lésion sérieuse, il ne guérit jamais eomplètement ; il peut rester silencieux, conserver ses fonctions, mais il reste toujours exposé à redevenir malade, sous l’influence des causes qui, en toute autre circonstance, glisseraient
sur luisans l’atteindre.Delà cette proposition que, lorsqu'un organe a été atteint ainsi, il doit être surveillé; et lorsqu’une maladie se déclare, on aura raison le plus souvent d’en rapporter la cause à la maladie antérieure. Le fait est démontré pour les arthrites infectieuses, aussi bien que pour les arthrites traumatiques ou autres. On a vu des petites filles avoir, pour une cause ‘ou pour une autre, à l’âge de 8 ou 10 ans, une arthrite du genou et guérir, se marier à 20 ans.et présenter bientôt une arthrite récidivante, et l'articulation malade qui, lors de la première atteinte, n’a pas suppuré, suppurer, au contraire, à cette récidive.
O8s. (1). Dans un cas, il s'agissait d’une femme entrée à l'hôpital pour une arthrite du genou droit, ayant atteint profondément la jointure, car l'examen clinique démontrait que les cartilages étaient certainement altérés. Cette affection remontait à deux mois à peu près : les premiers symptômes avaient commencé à l'occasion de sa dernière grossesse. En la pressant de questions, on apprenait que cette. femme avait eu dejà une arthrite du même genou, il y a vingt ans, elle avait alors 23:ans ; à l'occasion de sa seconde grossese, elle étaitrestée trois mois malade sans marcher, depuis lors elle avait conservé l'intégrité deson membre, bien que dans l'intervalle, elle ait eu trois enfants, et c'est à la sixième grossesse seulement que le genou s'était enflammé.
Nous avons insisté à propos de l’anatomie pathologique, sur la fréquence de l’ankylose et particulièrement. de l’ankylose fibreuse; elle peut se produire très vite, mais sur tout elle s'accompagne d’atrophies musculaires rapides qui augmentent l’impotence du membre, qui déforment même l'individu, si elles portent sur des groupes musculaires importants et nombreux.Rien de plus caractéristiqueàce point de vue que l'observation d’arthrite blennorrhagique que nous rapportons plus loin (obs. Landouzy).
Ainsi que l'ont montré les travaux de M. Verneuil, ces atrophies musculaires jouent un rôle dans la production des luxations spontanées, au cours des fièvres graves et de ce qu'on appelait alorsle rhumatisme aigu; ce qui, pour un bon
nombre d'observations n’est que des arthropathies infectieuses. Le déséquilibre, entre les forces musculaires des différents groupes,produit des positions vicieuseset finalement la luxation, surtout lorsque les ligaments et les surfaces articulaires sont plus ou moins altérés.
Lorsque la terminaison fatale se produit, elle n’est évidemment pas causée par la manifestation articulaire, mais bien par les autres symptômes de l'affection.
‘Comme on le voit, il n’est.pas possible d'établir le pronostic des arthropathies, au point de vue général ; quant aux conséquences locales, nous pouvons dire qu’elles sont toujours sérieuses et peuvent ‘aller jusqu’à la destruction complète de l’article.